Tanné de la publicité? Devenez un membre privilège et dites adieu aux bannières!

LPDP - Page d'accueil
Devenez membre
Oublié M.Passe?
Compte privilège
Nouveau compte
Activer un compte
Oublié mot de passe?
Renvoyer code d'activation
Poèmes populaires
Hasards de l'équipe
Poèmes de l'année
Poèmes par thèmes
Publier un poème
Liste détaillée des sections
Poème au hasard
Poème au hasard avancé
Publications
Règlements
Liste des membres
Fils RSS
Foire aux questions
Contactez-nous
Chat
À Propos
::Poèmes::
Poèmes d'amour
Poèmes tristes
Poèmes d'amitié
Poèmes loufoques
Autres poèmes
Poèmes collectifs
Acrostiches
Poèmes par thèmes
::Textes::
Nouvelles littéraires
Contes d'horreur
Textes érotiques
Contes fantastiques
Lettres ouvertes
Citations personnelles
Textes d'opinion
Théâtre & Scénario
::Discussions::
Nouvelles
De tout et de rien
Aide aux utilisateurs
Boîte à suggestions
Journal
Le coin de la technique
::Images::
Album photo

Membre : 1
Invités : 336
Invisible : 0
Total : 337
· Poésidon
13084 membres inscrits

Montréal: 19 juil 21:43:17
Paris: 20 juil 03:43:17
::Sélection du thème::
Ciel d'automne
Lime trash
Soleil levant



LPDP :: Profil de Anne Aller en bas de page Cacher le panneau de droite


Anne

Poèmes : 5
Commentaires : 14
Connexions : 152
Pages consultées : 1292

Type de compte : Régulier
Membre depuis : 3 mai 2014
Dernière connexion : il y a un an

Cet utilisateur est présentement hors ligne.

Informations générales

Date de naissance : 14 juin 1990
Sexe : Féminin





Dernière entrée au journal

Publiée : 3 mai 2014 à 17:41
Titre : Renaissance

Praha (Prague) –République Tchèque- 12 Août 2010.

Les trottoirs brûlants et sales de la gare routière contrastaient avec le reste de Prague, « capitale magique de l’Europe »-selon André Breton. La faible brise n’atténuait en rien la chaleur étouffante de cette seconde semaine d’août. La nuit tombante, faiblement éclairée par les rayons jaunâtres des lampadaires, donnait à cet endroit de voyage un aspect de cimetière. Un cimetière de bus low-cost, un cimetière au par terre jonché de mégots, de diverses boissons alcoolisées et autres détritus propres aux gares. Le Bus low-cost Eurolines qui assurait le trajet Prague-Bucarest commençait à se faire attendre. Petit à petit des individus arrivaient, ils seront des compagnons de voyage pour ces prochaines 26heures. Leur allure renfermée et les multiples canettes avalées entre deux cigarettes accentuaient l’atmosphère angoissante. Deux Marlboro classiques s’écrasèrent et l’objet de la liaison entre cet endroit noirâtre et le Petit Paris roumain arrivait. L’entrée dans le bus fut mêlée à une sensation de gêne, une robe rouge à fleurs contraste en effet considérablement avec des sapes bon marché de l’est remplies de poussière. Le teint blanc légèrement hâlé paraissait translucide à côté de ces visages bruns. La place juste derrière les chauffeurs semblait toute indiquée. Une fois les coffres remplis d’objets en tous genres-lampadaire, matelas, frigidaires-le moteur commença à gronder. Adieu la ville dorée, la nuit était déjà bien avancée, les paupières tombèrent. Au milieu de la nuit les pleurs d’un enfant de quelques mois remirent à jour la réalité du voyage. Le bus était animé, si les cigarettes étaient restées en mégots sur les trottoirs de la gare, les canettes elles continuaient de désaltérer les voyageurs. Les deux télévisions diffusaient des films non regardés mais donnaient un aspect rassurant à cet environnement. Halte matinale, pour fumer évidemment- il est étonnant de voir des cigarettes s’enchainer aussi rapidement- et refaire le plein de canettes, il reste encore une vingtaine d’heures. Pour les femmes pause douche dans les lavabos de toilettes publiques, les enfants quelque peu hagards suivent docilement les yeux encore pleins de sommeil. Ce rythme resta le même durant ces longues heures de route. L’arrivée sur le territoire roumain fut un véritable cliché. A peine un pied posé au sol qu’une chaleur caniculaire vint prendre tout le corps et l’esprit, suivit de très près par plusieurs individus avec des enfants dans un bras et l’autre tendu vers les voyageurs. L’attendrissement n’est pas émotion maitresse ici, plutôt une sorte de brutalité mélangée à de la lassitude. L’émotion des compagnons de voyage face à ces requêtes ne témoigne également pas la moindre once d’attention, mais engendre un énervement ou un snobisme vif. Puis la nuit tomba à nouveau, et l’entrée dans Bucarest se fit enfin sentir.

Bucuresti (Bucarest)- Roumanie- 14 août 2010

Minuit et vingt-cinq minutes, me voilà enfin arrivée à Bucarest, mon ami rencontré en France l’année précédente, venu étudier la Géographie à Rennes et avant tout concrétiser une relation sentimentale, vint me chercher à la sortie du bus. Après des embrassades nous filons vers le métro afin de prendre le dernier. Quel soulagement de quitter ce bus à l’atmosphère pesante et d’arriver dans cet appartement en compagnie amicale. L’appartement de 60m2 est habité par toute la famille de mon ami, ses parents, ses deux frères (dont l’amie de l’un) et lui-même. Dès la première heure réelle sur le sol roumain, l’hospitalité roumaine se fit sentir, ainsi les parents dormaient dans la cuisine afin de laisser la « jeune française » dormir convenablement dans la chambre. Évidemment aucune protestation ne fit son effet. Mon ami -Valentin- me fit boire du coca glacé qui nous accompagnions de cigarettes et des bavardages jusque très tôt le matin.
Le lendemain je fis donc connaissance avec la famille et en réalité essentiellement l’adorable mère de mon ami, le reste génital se résumant dans le terme alcoolisme à tendance violente. Je découvrais la vie de mon ami, bien différente à celle que j’avais connue dans une bourgade bretonne durant un an. Cet ami, à la différence des autres mâles familiaux est d’une intelligence et d’une sensibilité admirables. Grâce à sa culture parfaite de la ville, je pus découvrir cette ville qui autrefois fut « le petit Paris », ville étonnante, délaissée, gâchée mais remplie, vivante, et finalement étouffante. Ainsi durant quelques jours je me laissais guider à travers les rues remplies de beautés architecturales oubliées et de mendiants estropiés.

18 août 2010

La ville nous étouffait quelque peu, nous partîmes donc à 20km chez la grand-mère de mon ami, dans la campagne roumaine. Adieu maquillage, eau courante et wc ! Là encore l’hospitalité incroyable roumaine me mit en émoi, ainsi que les soupes garnies de boulettes de viande ! La douche dans la rivière marron me fit rire, quand aux wc dans le jardin à coté des cochons eux réussirent à m’incommoder légèrement. Le soir on allait dehors avec les jeunes du village, boire des litres de bouteilles en plastiques de bière, fumer des cigarettes, mastiquer des graines de tournesols et chanter en chœur « voulez vous coucher avec moi ce soir ».

23 août 2010

Mon argent enfin arrivé via Western Union, Valentin et moi prîmes le train pour rejoindre une région plus à l’ouest de Bucarest, l’Olténie, région des plus belles voix traditionnelles roumaines. Ce train, qui nous emmenait vers l’objet de ma visite dans ce pays, collait parfaitement à l’image des roumains, il mit en effet tout son flegme pour le trajet, ainsi 250km en 6heures. Et nous arrivons à Tirgu Jiu, ville de l’artiste Brancusi. Les Mititei (saucisses grillées) et la Stalinskaya dans le parc de Brancusi, tout en admirant « la porte du baiser » réalisée par ce dernier, rendirent la soirée très agréable.

24 août 2010

Après quelques brèves boutiques et dés-altérations, nous sommes allées tout au bout de la ville, dans ce que l’on peut nommer les blocs. Des dizaines de vestiges habitables de l’époque Ceausescu. Nous avions un nom, il nous fallait une adresse. Ainsi on arpentait tous les blocs, questionnant tous les passagers, et finalement nous avons trouvé. Une Rom sédentarisée, à qui le grand sourire bienveillant laissait apparaitre ses dernières dents, indiqua qu’elle pouvait nous aider. Il nous faudrait revenir le lendemain matin, on verrait ce que l’on pourra faire pour nous. L’euphorie et la vodka étaient de rigueur ce soir là.
25 août 2010Sur les coups de 11h, la boule au ventre nous nous dirigeons à nouveau vers les blocs. La femme édentée nous fit monter dans son appartement, toute la famille nous attendait et parlait en même temps à une vitesse folle. La chaleur, le stress et l’incompréhension de cette langue me monta très vite à la tête. Heureusement la sérénité de Valentin régnait en maitresse et diffusait ses ondes apaisantes. Le fils ainé muni de deux téléphones et d’internet était sans relâche en communication. Les recherches semblaient bonnes, puis la déception arrivait à grand pas dans la foulée. Il nous fallait retrouver cette adresse, cette famille l’avait bien compris et mettait tout son possible dans cette requête. Malgré les conseils de Valentin soupçonnant une arnaque ou demande de rémunération, je restais ébahie devant toute cette énergie déployée pour nous aider. Trois heures s’étaient écoulées déjà, je voulus sortir prendre l’air et racheter des cigarettes. Sur le chemin je pris également une boîte de chocolat, et nous dûmes rentrer vite afin que ces derniers ne succombent pas à l’air écrasant. A notre retour, l’assemblée était plus bruyante que jamais, nous avions un contact pour nous guider vers une première étape via communication téléphonique avec le fils aîné. Les larmes nous montèrent aux yeux, j’admirais la compassion de ces gens. Une fois les dispositions de communication et les embrassades passées, nous filâmes vers la gare. Direction Filiaşi, petite ville à 50km de là.
Le train était rempli d’hommes sortant de l’usine, leurs regards vitreux m’exaspéraient en ce moment irréaliste, Valentin me fit quelques traductions de leurs propos pour me faire rire, je le soupçonne d’avoir allégé les propos de cette masse on ne peut plus galante. Nous arrivions enfin à Filiaşi, la nuit tombait, nous allâmes à l’hôtel le plus proche de la gare et après une brève sortie en ville nous rentrâmes nous coucher dans cet hôtel quelque peu glauque, ayant pour principale clientèle des chauffeurs de bus bedonnant de bière et au teint de cendrier.

26 août 2010

Le rendez vous téléphonique avec le fils aîné était prévu à 9h. Nous devions donc nous rendre à la gare de Filiaşi et de là attendre l’appel du fils ainé qui lui-même était au téléphone avec une autre personne, et à partir des indications de cette dernière, nous devions trouver une première adresse. Il est facile d’imaginer le désarroi dans lequel je me trouvais face à cette organisation. Nous avons donc eu ce coup de téléphone, suivi les indications, qui bien évidemment nous menèrent dans un premier temps au bout d’un chemin face à face avec des chèvres. Une fois la bonne route trouvée nous avons commencé une épopée roumaine comme il se doit, ce qui se résume à des diverses personnes, des diverses versions, et beaucoup de paroles principalement avec les mains. Nous n’avons évidemment pas omis les divers verres d’alcool, signe d’hospitalité qui favorisent une inflation des diverses versions, et multitudes de paroles et de gestes.
L’après midi commençait et nous n’avions pas encore une adresse exacte mais déjà une ville, Rovinari, la ville des hommes de l’usine, destination peu alléchante de ce fait. Les trains étant d’un flegme trop poussé pour cette journée où tout était en accélération maximum, nous avons, je ne sais toujours pas comment à ce jour, été emmenés en voiture dans cette ville, avec deux personnes en plus, je ne sais toujours pas pourquoi non plus. Le temps de trouver la voiture, nous avions une localisation, un bloc près de la caserne de pompiers. Dans la voiture remplie de fumée de cigarette et d’excitation, Valentin et moi ne comprenions plus grand-chose à la tournure des évènements, nous étions embrouillés par cette journée, ces gens, mais la voiture roulait droit et c’était le plus important.

L’arrivée à Rovinari

Après deux tours de la ville usine, nous avons trouvé la caserne de pompiers. Le bruit incessant autour de moi commençait à ne devenir qu’un écho lointain et les palpitations accélérées de mon cœur se faisaient de plus en plus entendre. Le chauffeur se gara et resta dans sa voiture à attendre en rythmant la musique populaire au rythme de ses goulées de breuvage quelque peu alcoolisé. Alors que Valentin et moi pensions désormais êtres seuls, les deux autres personnes sortirent en trombes du véhicule afin de chercher avec nous l’appartement, enfin la boule qui prenait peu à peu tout mon ventre floutait tout ce qui se passait. Nous avons donc fait un bloc, sans succès, puis dévisagés par des femmes dont les rondeurs dépassaient par tous les sens mais au grand sourire, démonstration réelle de curiosité, nous proposèrent leurs services. On nous désigna donc un autre bloc, au sein duquel des adolescents nous montrèrent un appartement tout en continuant de rouler sur leurs skates au milieu des couloirs. Ces couloirs, comme le bloc entier d’ailleurs, étaient d’une insalubrité peu descriptible, et il est vrai peu intéressante à ce moment précis. Mais plusieurs appartements sans portes avec des couloirs dans lesquels des chiens pissent au milieu des jouets de gamins, cela peut être considéré comme signe d’insalubrité, surtout quand personne ne trouve rien à y redire. L’appartement qui nous intéressait avait lui une porte, nous y toquâmes donc, on nous ouvrit, je crus faire un malaise. Ce logement, pièce en réalité tout juste décente pour un étudiant parisien semblait pourtant abriter plusieurs personnes. On y trouvait un grand lit, un matelas, un canapé, un réchaud, un lavabo et enfin une armoire. Enfin là n’était pas la cause de ma montée émotionnelle. Une femme nous avait donc ouvert, derrière elle trois enfants, tous quatre au regard interrogateur face à cette visite de quatre inconnus. Enfin inconnus...une des deux personnes nous accompagnant se trouvait en fait être la cousine de cette femme. Et cette cousine accompagnatrice après une brève embrassade regarda notre hôtesse, me pointa du doigt et clama : « Voilà ta fille de France ! ». La femme ne sembla pas comprendre, les enfants non plus, je fondis en larmes, Valentin fit des traductions, nous nous assîmes, nous réussîmes à renvoyer nos deux accompagnateurs, nous allâmes boire un verre la femme, Valentin et moi, nous parlâmes longtemps. Il y avait dans cet instant une sensation de douceur, de tristesse mélangée à une infinie joie. Je regardais celle qui m’avait donné la vie, rien ne pouvait être plus beau, les quelques larmes qu’elle versa furent pour moi le plus précieux des cadeaux, et à travers ces larmes, ces verres, ces cigarettes, ces explications, ces rectifications, ces regards étrangement complices, l’histoire de ma vie faisait surface.
Aéroport de Praha (Prague) République Tchèque-28 août 2010
Assise sur un banc dans l’aéroport, entre mon vol venant de Bucarest et celui allant à Paris, je regardais avec envie le café en face de moi, où l’on pouvait se débarrasser de cette chaleur et allumer légalement une Gauloise blonde, mais mon unique monnaie était roumaine. Dans ce genre de situation on oublie ce que l’on a pensé de l’Union européenne durant des deux dernières semaines et on se dit qu’il est temps que l’euro arrive partout. Puis machinalement je me dirigeai vers l’embarcadère sans envie, la tête abasourdie de ce voyage mais avec une sérénité implacable qui me permettrais sûrement d’affronter les parisiens d’ici quelques heures.


Répondre      Entrées antérieures


 

 



Liste de ses poèmes
Consulter son journal
Lui envoyer un message instantané
Etats des lieux (Poèmes d'amour)
- Mea maxima culpa (Poèmes d'amour)
- Air d'insouciance (Autres poèmes)
- Petite Fille de la Mer (Autres poèmes)

Seriez-vous prêts à contribuer activement dans une mise en version audio des textes d'auteurs du site (sous condition d'accord de la part de ceux-ci bien entendu) ?

État du vote : 997/13121

8.5%
 
 85 votes : Non, en fait je reste assez neutre par rapport à une initiative de ce genre.

7.5%
 
 75 votes : Non, cela ne m'intéresse pas

5%
 
 50 votes : Non, je ne crois que ce soit une bonne idée

16%
 
 160 votes : Non, mais ça peut être intéressant

1.7%
 
 17 votes : Aucun souci, je fais cela tous les jours

10.8%
 
 108 votes : Oui, pas de problème, je sais que je pourrais

19.3%
 
 192 votes : Oui, mais je ne suis pas sûr de savoir le faire

31.1%
 
 310 votes : Oui, mais je ne vois pas comment

 

 
Cette page a été générée en [0,0370] secondes.
 © 2000 - 2019 VizFX.ca - Tous droits réservés  |  Pour nous joindre
L'utilisation de ce site Web implique l'acceptation des Conditions d'utilisation. Tous les textes hébergés par La Passion des Poèmes sont protégés par les lois de la protection des droits d'auteurs ainsi que par des traités internationaux. Il est strictement interdit de distribuer, d'afficher ou d'utiliser ces textes de quelque manière sans l'autorisation de l'auteur du texte en question.

           
 
Oubliez votre mot de passe? Cliquez ici.