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La vraie vie est ailleurs (Rimbaud)
   

Gaspard-Auguste

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Informations générales

Nom : Berthiaume René
Lieu : Terrebonne (au Québec)
Profession : journaliste et éditeur



Autres informations

Film préféré : Il était une fois dans l'Ouest
Style musical préféré : ballade et folklore
Écrivain ou poète préféré : Auster, Huston, Coelho, Babin, Marc Lévy, Amélie Nothomb, Marquez omb
Personnage de bande dessiné préféré : Rantaplan




Passe-temps

Lecture, musique, furetage dans Internet



Son histoire

Né sous une bonne étoile, belle carrière dans le journalisme culturel et le cinéma (ONF), toujours actif en tant que réviseur cette fois au Journal de Montréal, marié, père d'une adorable fille, prénommée Loreli, deux petits-enfants à chérir prénommés Mélina (2 ans) et Raphaël (6 mois), toujours marié et relativement en bonne santé.



Projets futurs

Faire publier mes manuscrits.



Autre

Toute une vie consacrée à l'écriture.
Quel bonheur !



Dernière entrée au journal

Publiée : 29 novembre 2008 à 15:05
Titre : Concerto pour mon père (1) - 2 commentaires sur cette entrée

Concerto
pour mon père


RÉCIT


par
RENÉ BERTHIAUME



AVERTISSEMENT

Comme d'autres qui sont passés à côté de leur vie, moi j'ai raté mon père.
De fait, tous les deux avons manqué ce rendez-vous. Il a donc fallu qu'il tombe un jour gravement malade pour que j'ouvre enfin les yeux sur lui. Sur la vie et le monde d'alors. Et, par la même occasion, sur moi-même !
Ce livre est une opération à cœur ouvert. Je l’ai aussi conçu comme un concerto. La première partie est un règlement de comptes. Le« Journal » des derniers jours en constitue la deuxième. Dans la troisième partie, je réhabilite la mémoire de mon père.
On voudra bien me pardonner la crudité de certaines scènes et la liberté que j'ai prise d'exprimer des vérités qui, à première vue, pourraient paraître choquantes et irrespec-tueuses.
Mais cette chirurgie était nécessaire, pour que son ascension fût rendue possible et, par le fait même, ma propre guérison. Vingt ans plus tard !
Et puis, pourquoi vous le cacherais-je ? il y a cette urgence de faire, de dire aussi. La vie nous tient toujours dans un état ou une situation d’urgence. Parce que la mort (chut !) est toujours aux aguets, à tout moment, quel que soit l’âge que nous avons.

La rédaction de ce livre a été entreprise il y a une vingtaine d’années, alors que mon père se trouvait à l’hôpital. Elle a été poursuivie le long des années. Ce n’est que tout récemment que je lui ai apporté les dernières retouches. Et si j’ai mis tant de couleurs dans ce livre, ce n’est pas sans raison. Car la vie de mon père, comme vous le constaterez, était remplie de couleurs. Sa vie aura été un grand feu d’artifices. Et une belle symphonie en trois mouvements, d’où le titre de cet ouvrage.
En parallèle, j’y raconte aussi beaucoup de moi-même. Et cela n’est pas sans raison non plus. Car nos existences se sont un jour confondues, tant le cheminement, les rêves et les dispositions d’esprit de mon père sont semblables aux miens.


Chaque homme, dans sa nuit étoilée, est une île déserte.

Prologue

Aujourd’hui encore, lové comme un soleil éternel et une blessure indélébile tout à la fois, au fond de ma chair, de mon cœur et de ma mémoire, le fantôme de mon père — qui m'était encore un étranger alors qu'il allait bientôt mourir… — me réapparaît.
C'était il y a dix ans. Je me trouvais auprès de lui, dans une chambre d'hôpital où son corps, telle une ombre figée comme un cierge, reposait sur un fauteuil bas installé à la droite de son lit. Ses yeux en lames de couteau étaient vides de toute expression. Ses os lui perçaient la peau, craquaient au moindre de ses mouvements. Parfois aussi, comme les ailes d'un oiseau blessé, ses mains noueuses battaient des doigts dans un ultime effort pour les porter à son front cireux — comme s'il avait voulu porter toute son attention à retrouver les gestes d'autrefois.
Cet homme que j'ai tant de fois détesté, si souvent renié, n'allait bientôt ne plus être de ce monde... et nous ne nous connaissions même pas !
Encore aujourd'hui, à l'été finissant de ma vie, je ne sais encore rien du véritable secret des êtres et des choses. Cependant, de l'avoir vu ce jour-là à ce point diminué, désargenté, astre mort, c'est comme s'il m'était devenu transparent et accessible... pour la première fois enfin !

Aurais-je su lui dire les mots et exprimer les gestes qu'il attendait de moi ? Je me taisais et me rassurais en pensant que ma seule présence lui était peut-être d'un quelque réconfort. D'ailleurs, papa était à ce point affaibli que lui parler eut été probablement été inutile.
Évidemment, j'étais rongé de remords. Comment expliquer que nous en étions arrivés là, tous les deux ? Je me suis approché de la fenêtre, dont la vitre était prise d'assaut par des flocons de neige en chamaille. Dehors il devait faire terriblement froid. La ville s'illuminait, annonçant déjà la fin du jour.
Oui, comment se fait-il que nous ayons été à ce point ennemis et si étrangers l'un à l'autre ? Pourtant, mon père est un homme admirable et sa vie a constitué une grandiose symphonie, voire un opéra fabuleux. Avais-je raison de penser qu'il fut pour moi un père exécrable et médiocre ?
J'en étais à ces réflexions quand il s'était endormi, tête renversée, bouche ouverte, les yeux alourdis par trop de larmes. Une infirmière s'était alors présentée. Avec son aide, j'ai transporté papa sur son grabat en usant de mille précautions pour ne pas le tirer d'un sommeil où il avait peut-être retrouvé, naufragé involontaire, ses îles d'antan.

C'était il y a très longtemps. C'était hier. C'est aujourd'hui.

Dans la cour extérieure de l'hôpital que je traverse à grandes enjambées, l'obscurité est opaque et mystérieuse. Et de l'ombre semblent surgir des fantômes d'assassins et des rumeurs d'épouvante. Une émotion m'étreint, semblable en tous points à celle que je connaissais dans mon enfance quand l'heure de rentrer à la maison était passée et que la rue où je traînaillais se trouvait plongée soudainement dans une noirceur troublante. Où étais-tu alors, papa ?
C'est la même peur qui me tenaille, en ce jour d'avril, pendant je me glisse furtivement sur le trottoir enneigé jusqu'à mon automobile.
Le ciel est ridé comme une vielle pomme. Mon visage aussi ne doit pas payer de mine. Tel un somnambule, je prends le volant puis je file. Dans ma tête, tant les souvenirs que les regrets m'envahissent et troublent ma vision. Et quand je porte les yeux sur mon rétroviseur, c'est pour n'y voir que le masque de cire qui tient lieu de visage à mon père et qui me poursuivra jusqu'à la maison. Là où m'attend ma mère, sentinelle désarmée d'un château fort maintenant déserté de ses banquets fastueux.

Il est neuf heures du soir et je suis seul à seul avec elle, pour égrener des songes.
L'hospitalisation de son mari lui a procuré le plus grand soulagement. Elle mérite bien cette trêve, elle qui pendant de si longs mois a veillé sur lui jour et nuit, épuisant à cette tâche pénible toutes ses énergies. Maintenant qu'elle le sait entre des mains plus expertes que les siennes, elle a défroncé les sourcils. Savait-elle seulement que la mort de papa était imminente, ainsi que je venais de le pressentir si douloureusement ?
Nous sommes restés longtemps silencieux. Pendant ce temps, je me suis mis à l'écoute de cette grande maison, encore imprégnée de sa mâle présence, maintenant pétrifiée de chagrin. Chaque objet familier, suppléant à son absence, me crie à tue-tête le rappel de son être.
Sans lui dedans, cette maison est devenue sans âme. Le fauteuil massif du salon où l'on s'était accoutumé de le voir, tel un chat aux aguets, assis bien droit parmi des coussins pelucheux, évoque encore son souvenir. Tout comme le rappellent à sa mémoire la table en bois verni, les livres poussiéreux et les vêtements devenus inutiles encore suspendus à leurs cintres. Ces meubles, ces objets constituaient pourtant la mémoire d'un passé encore proche où les perles de sa joie s'étaient toujours enchâssées au collier des jours paisibles et routiniers.
Ce jour-là, la maison est triste, mais non pas muette. En prêtant bien l'oreille, je l'entends carillonner encore des éclats de rire des vieilles amitiés inusées quand, autour de la table de la cuisine toujours froide, se réunissait une assemblée turbulente de parents ou d'amis pour disputer des parties de cartes jusqu'à des heures tardives. Les échos sonores de ces joyeuses rencontres se répercutent encore dans ma tête. Tout comme tinte encore à mes tympans le cliquetis de la vieille machine à écrire de papa...
La voix douce de maman m'arrache soudain à cette vision contemplative du passé.
— Tu veux quelque chose à boire?
Je lui sais gré d'avoir respecté, pendant quelques instants, mon mutisme et mon désarroi. Pourtant, si j'étais venu la voir, c'était afin de lui parler. De me libérer surtout d'un nœud de vipères qui m'oppressait jusqu'à l'étouffement.
— Je suis allé voir papa après mon travail, cet après-midi, et...
— C'est bien, s'empresse-t-elle de répondre pour couper court à mon hésitation. Il a sûrement été content de te voir, surtout qu'il sait que tu as horreur des hôpitaux.
— Je... j'aurais bien aimé lui confier certaines choses, mais j'en ai été incapable.
Maman m'a dit comprendre cela.
— J'ai souvent été dur, méchant et injuste envers lui.
Un ange passe. Maman, jusque-là sereine, paraît troublée. Je n'espérais pas qu'elle me donnât tort ou raison. Ce que je désirais tout simplement, c'était lui ouvrir les écluses de mon cœur.
— Tu sais, les conflits entre père et fils sont monnaie courante. Tu n'as pas à te culpabiliser de cela.
Aurais-je dû lui avouer qu'au plus profond de moi ce n'est pas de l'agacement que je ressentais pour lui, mais de la haine ? Oui, de la haine ! Je sais bien que maman a toujours détesté entendre ce mot, mais il ne m'en vient pas d'autres à l'esprit. J'avais toujours éprouvé pour cet homme une aversion maladive et chronique. Tout, chez lui, m'horripilait. Et cela, quoi qu'il fît : parler au téléphone en empruntant une voix gutturale et théâtreuse; manger, respirer, bâiller, ronfler. Bref, le simple fait d'être là — tout bêtement — provoquait chez moi une constante irritation.
Que m'avait-il donc fait pour que, depuis mon ingrate adolescence jusqu'au jour où il est devenu gravement malade, j'aie pu le détester à ce point ?
Ouvrons les écluses...

(À SUIVRE)
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