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LPDP :: Nouvelles littéraires :: Boulet chapitre 1 et chapitre 2 Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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pipoworld

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  Publié: 8 déc 2002 à 08:06
Modifié:  22 mars 2009 à 18:03 par Mustang (libre)
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J'ai déja posté le chapitre un, il y a déja un petit moment, je me permets de vous mettre aussi le chapitre deux de cette petite histoire, et si ça plait à quelques uns ,je vous mettrais les chapitres suivants.
Bonne lecture pour les courageux.

CHAPITRE 1
1

Je me réveille au son du coq, il est vraiment gentil de chanter pour moi, car sans lui, je ne saurais jamais quand je dois me lever. J’ouvre les yeux et hume l’odeur de la paille, quelle belle odeur. J’habite dans la grange avec mes amis les animaux, il y a Léon le cheval et Léa et Martin les deux cochons, ils me tiennent chaud quand j’ai froid.
Je suis déjà habillé, ça me fait gagner du temps, j’ai tellement de choses à faire pour Monsieur et Madame Urbains, d’abord chercher de l’eau. Je travaille pour la famille Urbains depuis tout petit, j’ai beaucoup de chance qu’ils s’occupent de moi, sans eux je ne sais pas ce que je ferais.
Tout en vaquant à mes travaux, je regarde le ciel, aujourd’hui il est très bleu et il n’y a pas beaucoup de nuages, j’aime beaucoup regarder les nuages.
Je ne connais pas mon nom, ni même mon âge, alors les gens m’ont trouvé plein de petits noms, j’apprécie beaucoup qu’on s’intéresse à moi, monsieur Urbains m’a appelé boulet. C’est comme ça que la plupart des gens m’appellent, je trouve que ça sonne bien.
Il faut que je me dépêche, madame Urbains n’aime pas que je flâne, si elle voit que je ne fais rien, elle ne me donnera pas à manger, ou alors elle me frappera avec un bâton qui fait mal, mais c’est normal, ils m’aiment beaucoup, d’ailleurs monsieur Urbains dit toujours : « Qui aime bien, châtie bien, et nous on t’aime beaucoup, vraiment beaucoup », ça fait toujours rire les invités et moi aussi, je ris, c’est agréable de savoir que des gens pensent à vous.
J’ai presque fini mes travaux de la matinée, je vais bientôt pouvoir aller manger sur la colline. Mr Urbains dit toujours « Va manger avec le vent, vous êtes tellement proches » . Il a raison, j’aime le vent qui soulève mes cheveux, qui entre dans mes habits, je me sens alors tellement léger. Si j’avais pu, j’aurais été un vent, mais je n’aurais pas pu aider monsieur et madame Urbains et ils m’en auraient voulu. Je m’allonge sur l’herbe et regarde le ciel, quelques nuages passent, j’aimerais tant savoir compter pour savoir combien il y en a. Moi, je leur donne des noms, je les appelle cochon, âne , chien, chat, mais je ne connais pas assez de noms d’animaux, alors il y en a toujours beaucoup qui n'ont pas de nom et ça me rend triste.
Cet après midi je dois aller chercher du pain chez le boulanger, lui il m’a appelé simplet, je trouve ça bien et vu que tout le monde trouve ça très bien aussi, c’est sûrement que ça doit être un joli nom.
Le boulanger a toujours des choses à me faire faire, ça me fait très plaisir de l’aider, il est gentil lui aussi.
Je sais qu’en chemin, je vais croiser les enfants du village, ils aiment bien jouer avec moi, on s’amuse bien. Ils me lancent des cailloux et moi je dois les éviter, des fois, je me fais toucher et ça fait un peu mal. Mais souvent, c’est moi qui gagne, alors ils me courent après, mais moi, je cours très vite.
Il y a aussi Ludivine. C’est ma meilleure amie, des fois on va cueillir des fleurs tous les deux dans la forêt, on discute et elle me raconte beaucoup d’histoires, j’adore l’écouter, elle a une jolie voix. Mais aujourd’hui, elle n’est pas là. Je suis un peu triste, mais je n’ai pas le temps de m’attarder, il faut rentrer les animaux dans l’étable avant que la nuit tombe, sinon ils auront très froid.
Je respire l’air frais de cette belle soirée, je suis heureux.

2

Ce soir là, beaucoup d’agitation règne dans le village, Ludivine la fille du maire a disparue. Les recherches s’organisent, les hommes mettent en place une battue, en espérant qu’elle se soit simplement perdue dans la forêt. Ce n’est que tard dans la nuit, qu’un des gars du village découvre le corps de la petite, à moitié dissimulé derrière un buisson. La petite fille, ou ce qu’il en reste, n’est plus qu’un amas sanguinolent de chair. Les villageois, horrifiés, recouvrent le corps et font venir le prêtre. Très vite, des cris de rancœur fusent, on veut châtier le coupable. Après une rapide inspection, on découvre un crochet de boucher prés du corps. Les esprits s'échauffent vite, un des villageois crie « J’ai vu le débile avec Ludivine qui se baladaient dans la forêt », d’autres en rajoutent: « J’ai toujours dit que ce simple d’esprit était un suppôt du diable, un serviteur du malin ! », « Allons le chercher et rendons justice !», « Brûlons le ». Les esprits s’embrasent, et le prêtre intervient rapidement afin de calmer la foule « Mes enfants, du calme, nous allons enfermer boulet dans une chaume et quémander dés demain matin les services du père inquisiteur Alain ». A l’évocation du père Alain, les esprits se calment, la réputation de ce saint homme le précède et son seul nom suffit a inspirer la terreur chez les gens du peuple. On emporte le corps et un groupe d’hommes mené par le prêtre se dirige vers la ferme des Urbains.

3

Il y a beaucoup de bruit, c’est bizarre. J’entends des cris, alors que dehors, il fait nuit. Je me lève pour voir ce qu'il se passe. Le père Martin, avec plusieurs messieurs du village, entre dans ma grange, ils n’ont pas l’air content. Je leur dit bonjour, mais un des gars me frappe avec un bâton et je m’écroule. J’ai mal, je sens qu’on me frappe encore, ça me rappelle des souvenirs, j’ai mal, puis c’est le trou noir.

4

Après avoir assommé boulet, les hommes l’enferment dans une petite geôle improvisée. Un coursier parti tantôt chercher le père Alain revient et annonce l’arrivée de l’inquisiteur pour le lendemain, d’ici le saint homme a demandé à ce qu’on mette boulet au pilori sur la place publique. Dés le lever du soleil.

5

Il fait noir, je me sens fatigué et blessé. J’ai fait quelque chose de mal, mais je ne sais pas quoi, j’essaye de me rappeler. J’ai oublié de ramener suffisamment de bois, c’est sûrement ça. C’est juste une petite punition, demain je m’excuserai et ça ira mieux. On me réveille, j’ai peu dormi, la punition doit être finie, c’est chouette. On me frappe encore et on me traîne sur le sol, j’ai très mal et je me mets à pleurer. Pendant qu’on me traîne par les pieds, j’entends les gens qui disent des choses méchantes sur moi, c’est injuste. Je regarde le ciel, il fait beau et il y a très peu de nuages, c’est joli, mes larmes cessent de couler. On m’attache à un grand morceau de bois, au milieu de la place. J’ai sûrement fait quelque chose de très vilain, tout le village est réuni, je vois monsieur et madame Urbains, les enfants du village, le maire, le prêtre et beaucoup d’autres. Je leur souris et leur dis bonjour, dans la vie , m’a t-on dit, il faut toujours être poli. Ils ne me répondent pas, ils crient, me traitent de démon, de suppôt du diable, je ne sais pas ce que ça veut dire, mais ils ont l’air furieux. Les enfants me jettent des cailloux, c’est injuste je ne peux même pas les éviter tant que je suis attaché et en plus j’ai pas trop envie de jouer. Les cailloux me font saigner, je sens que je vais m’énerver, et je hurle, malheureusement je n’ai jamais bien su parler et j’ai beaucoup de mal à me faire comprendre autrement qu’avec mes mains. D’autres personnes me lancent des cailloux, ce n’est pas du jeu…


6

Les villageois attroupés insultaient et lapidaient boulet. La pauvre créature perdit rapidement connaissance. Des trompettes se firent entendre au loin, le père inquisiteur Alain arrivait.
Une étrange et lourde atmosphère s’installa au centre du village Plus personne n’osait parler, de peur de déchirer le voile du silence, tandis que les martèlements de sabots chantaient une sourde mélopée. Le père Alain ne se séparait jamais de sa garde personnelle, une dizaine de cavaliers de dieu ,tout droit sortis d’un cauchemar, de grands et forts hommes, revêtus d’armures blanches impeccables, montés sur de grands destriers blancs, sorte de saints paladins semeurs de mort et de désolation. N’importe lequel de ces hommes pouvait tuer un vilain par simple caprice, ils étaient au dessus des lois des hommes. Mais beaucoup plus craint, leur impitoyable maître, l’inquisiteur Alain, était reconnu comme un terrible boucher, un homme qui ne reculait devant rien pour combattre le malin. Se déplaçant toujours à cheval, contrairement à la plupart de ses pairs qui préféraient le carrosse. On racontait que c’était un ancien mercenaire, touché par la foi, devenu croisé et nommé inquisiteur à cause de son total dévouement pour l’église et à la lutte contre le diable. Même la dizaine de dogues qui suivait la troupe paraissait amicale à côté de ces fous de dieu.
Les paysans se regroupèrent au centre de la place et le maire, tremblant comme une feuille, s’avança a la rencontre du cortège. Les cavaliers se mirent en faction autour de la place et le sieur Alain descendit de cheval et s’avança vers les villageois.
C’était un homme imposant, de forte stature, une énorme barbe dissimulait son visage, son front était couturé de cicatrices, seule sa robe d’inquisiteur et ses bijoux cléricaux rappelaient que cet homme était un serviteur de dieu.
« Villageois, aujourd’hui est un jour triste, un meurtre sordide a été commis, un blasphème envers notre seigneur, je suis ici pour châtier le coupable. Bourgmestre tenez moi au fait. »
Le maire toujours peu rassuré, prit la parole et expliqua les événements de la nuit et la certaine culpabilité de boulet.
« Je vais moi même interroger l’accusé, afin qu’il soit jugé selon le tribunal divin, je le soumettrai à la question. Nous verrons bien s’il est coupable. Détachez le et installez nous dans une chaumière, je ne veux pas être dérangé, allez me chercher mes affaires. Et tous priez pour votre salut et pour exorciser le malin.»
Boulet fut détaché et traîné vers une maisonnée où on le réveilla.

7

J’ai l’impression d’être un nuage, la douleur semble être partie. Je suis nu et attaché à une chaise, un homme très grand et très fort est en train de prier devant moi. Il y a d’autres personnes, mais ma vue est un peu trouble, j’ai très mal a la tête. Je trouve quand même la force de leur dire bonjour et je souris un peu. Le monsieur me regarde, furieux, et se met à crier, « Tu te moques de moi, suppôt du diable ? ». Je ne comprends pas bien, je suis juste poli, je lui dis : « Non, monsieur».
« Pauvre créature, tu m’as l’air de ne pas avoir toute ta tête, alors avoue tes méfaits et tu ne souffriras point »
Je le savais bien, j’ai fait une bêtise, mais je ne sais pas laquelle, si seulement mes mains étaient libres je pourrait lui le dire, alors je me contente de dire : « Sais pas ». Parler m’est très difficile, j’aimerais tant pouvoir dire avec ma bouche ce que je dis dans ma tête, mais je n’y arrive jamais.
« Ha Ha HA, tu te moques d’un homme de foi, et bien je vais te faire avouer moi, mais d’abord je vais te rendre un peu plus coopératif. »
Deux hommes me tiennent et me mettent un objet dans la bouche, puis ils approchent un seau d’eau et commencent à me faire boire, je n’ai pas soif, puis il y a trop d’eau. Ca fait mal, j’essaye de me libérer, mais c’est trop dur. Je sens que je m’endors mais a chaque fois on me réveille et ça continue, j’essaye de respirer, de recracher l’eau, mais c’est impossible. J’y pense, je ne suis pas allé chercher l’eau pour madame Urbains, ce matin elle sera furieuse, elle va me gronder c’est sûr. Faudra que je m’excuse. Je me rendors et on me réveille, puis ils arrêtent, ils sont méchants, j’ai très mal, je pleure, je voudrais que ça s’arrête.
- « Tu as compris maintenant ?, On ne se moque pas de moi, avoue que tu as tué la petite Ludivine. »
Ludivine ? Je l’aime beaucoup, c’est mon amie. Je vais le lui dire, peut être que c’est son amie aussi, alors il arrêtera de m’embêter. « j’aime bien Ludivine », dis-je péniblement en souriant.
- « Ca je n’en doute pas, au point de la tuer même, vile créature tu avoues tes méfaits ?, Tu l’aimais tellement que tu l’as tué c’est ça ? »
Je sais ce que c’est la mort, j’ai déjà vu des animaux morts, ils montent au ciel pour se reposer. Mais Ludivine est trop petite pour monter au ciel, et pourquoi dit il que je l’ai tuée?
J’ai toujours très mal et je suis très triste, je ne verrai plus mon amie. Je me mets à pleurer, mon cœur me fait mal. Je hurle « Non !!! ».
- « Tu continues de nier, je vais t’aider à retrouver la mémoire, qu’on lui arrache les ongles un par un. »
On m’attrape la main, et un des hommes s’approche avec une sorte de grosse pince, j’ai peur.
Je ferme les yeux, j’espère que je vais me réveiller dans ma grange et que tout va s’arrêter, j’ai mal, très mal, je hurle, je m’endors. On me réveille, mais j’en peux plus, pourquoi est ce qu’ils m’embêtent, je pense aux nuages dans le ciel, au vent qui me caresse, à Ludivine, au retard que j’ai pris aujourd’hui dans mon travail, madame Urbains va être fâchée, c’est sûr.
- « Dis que tu l’as tuée, et tout s’arrête, mon petit, avoues ! « , hurle le grand monsieur.
Encore la douleur, j’ai même plus la force de me rendormir, je veux que ça s’arrête.
- « Dis que tu l’as tuée et tout s’arrêtera !!»
J’ai tellement mal, que les mots s’embrouillent dans ma tête. Je vais lui dire que c’est moi, comme ça après, ils me laisseront tranquille. Je ne peux plus parler, juste crier. « C’est moi ! », hurle-je de toutes mes forces.
- « Enfin tu avoues, la justice divine ne se trompe jamais, tu va être puni pour ce que tu as fait et tu serviras d’exemple pour tous ceux dont l’âme est impure. »
Ils ont arrêté de me faire mal, mais je suis si faible. Pourquoi dit-il que je vais être puni, je croyais que tout devait s’arrêter. J’ai beaucoup de mal à réfléchir, je voudrais juste dormir.
Je sens qu’on me traîne, on m’emmène sur la place et on m’attache par les mains et par les pieds. Tout le village est là et le ciel est encore plus beau que d’habitude, c’est joli. Je ferme les yeux et pense au ciel..

8

Le père Alain après avoir attaché Boulet à quatre chevaux dans le but de l’écarteler prit la parole.
« Aujourd’hui, la justice divine a encore fait preuve de clairvoyance en démasquant le démon qui habitait ce pauvre sot, le malin, par la bouche de cet être a avoué son crime. Nous allons écarteler le coupable sous les yeux de tout le village, pour vous rappeliez ce qu’on fait aux suppôts du démon, car vous êtes tous coupables d’avoir laissé la bête entrer dans vos vies. Père Olivier, pour votre négligence, vous subirez quinze coups de fouet et jeûnerez dix jours. La famille Urbains et votre bourgmestre recevront également quinze coups de fouet, pour n’avoir su voir la nature évidemment démoniaque de l’assassin. Qu’on l’écartèle !. »

CHAPITRE 2

1
« Attendez !! »

Un des chasseurs du village arrive en courant, l’homme est essoufflé et parle péniblement.
« un autre meurtre vient d’être commis, un enfant de charbonnier a été retrouvé, il y a une heure, dans le même état que la petite Ludivine, les charbonniers ont organisé les recherches ».
Le temps sembla s’être figé et tout les regards se tournèrent vers le père Alain. Le saint homme, aussi calme qu’à son habitude, prit la parole. « Qu’on suspende l’exécution, il y aurait donc un complice, je veux tirer tout ça au clair. Soldats, organisez la battue et toi vilain, conduis moi chez les charbonniers, enfermez le supplicié jusqu'à mon retour. »

2
Je sens qu’on me détache, ma punition doit être finie, c’est bien, je n’oublierais plus jamais de faire mon travail. Je me sens si fatigué et j’ai mal partout. Je sens qu’on me porte vers un cabanon, on m’y jette et quelqu’un me dit que si je m’enfuis on me tirera comme un lapin. M’enfuir ? pour aller où ? je suis bien ici, je veut juste dormir…

3
Décidément, cette affaire devient ennuyante. Ce n’est pas tant le fait d’envoyer un innocent passer de vie a trépas qui me chagrine, c’est loin d’être le premier et ce ne sera pas le dernier, c’est sans doute la meilleure chose qui peut arriver à cette créature au vu de sa triste condition. Ce qui me chagrine le plus, c’est de passer du temps dans ce village de bouseux, avec tout ces imbéciles. L’innocence de boulet, à tous points de vue d’ailleurs, ne fait aucun doute et d’ailleurs le problème est surtout de ne pas perdre la face devant ces villageois, ma réputation passe avant la vie de ce rachitique. Mon dieu, envoyez moi un signe, en tant que votre fervent serviteur je n’ai pas droit à l’erreur. Essayons de trouver un autre coupable et nous verrons bien.

C’est perdus dans leurs pensées que l’inquisiteur et ses hommes se dirigeaient vers le camp de charbonniers.

4
Au camp des charbonniers, l’affaire se résolut très vite, les charbonniers, hommes pauvres mais habitués à la dure vie des bois, avaient capturés l’assassin, un homme quelconque, qui portait encore les traces de sang de sa dernière victime, il l’avaient battu à mort, avant de le démembrer et de le jeter aux chiens.
L’inquisiteur, furieux de n’avoir pu accomplir lui même la « bonne action » s’était empressé de faire fouetter les responsables, mais il ne s’attarda pas dans leur campement. La compagnie rentra très vite au village.
Le père Alain réunit une fois de plus les habitants du village, « Le monstre qui a commis les crimes de ces derniers jours, a été capturé et puni. Dans ma grande bonté j’ai décidé de laisser la vie sauve à boulet, disposez en comme il vous plaira. Soldats nous rentrons ».
La décision de l’inquisiteur laissa les villageois circonspects, mais après tout, que peuvent comprendre des bouseux aux voies du seigneur, la question que tout le monde se posait était : que faire de boulet ?
Le maire et quelques notables décidèrent de chasser boulet du village, il était hors de question qu’il reste, après tout, il avait quand même avoué le crime.

5
il fait sombre, je m’ennuie un peu. Je repense à tout ce qui m’est arrivé ces deux derniers jours, mais j’avoue que je n’y comprends rien. Vivement que ce soit fini. Penser commence à me fatiguer, je préférerais jouer avec les animaux, ou regarder les nuages c’est beaucoup plus amusant.
Quelqu’un entre dans ma cabane, c’est le maire, je lui dis bonjour, je l’aime bien, il est gentil, mais il n'a pas l’air très heureux, aujourd’hui. Il me parle, ses mots m’arrivent comme dans un rêve, j’ai l’impression que je les voit voler, ils planent et arrivent à mes oreilles un par un, je souris. Boulet… tu… dois… quitter… le… village… et… ne… plus… jamais… revenir… tu… pars… tout… de… suite… nous… te… donnerons… des… provisions… et… que… dame… fortune… soit… avec… toi…
Quand le dernier mot s’est posé sur mon oreille, je ne souris plus. Je me mets à pleurer, où aller et pourquoi faire ? Pourquoi sont ils tous si méchants avec moi, ils doivent être triste que Ludivine soit partie au ciel, je suis sûr que si je la leur ramène, ils ne m’en voudront plus. A cette pensée, mon cœur se réchauffe, retrouver mon amie et rendre le village fier de moi. Je souris au maire et lui dis péniblement « Je vais partir et je vais ramener Ludivine ». Qu’il a l’air triste, je comprends pas, il devrait être heureux que j’aille chercher sa fille. Tant pis, son sourire ne peut pas être parti pour toujours, je le lui ramènerais aussi.
Je prend le sac de provisions, un bâton et suivi de deux gars du village, je prends le chemin, on n’a pas voulu que je dise au revoir à monsieur et madame Urbains, ce n’est pas grave je serai vite de retour.

6
C’est la première fois que je quitte le village, je trouve ça assez stimulant. Je me mets à courir de ci et de là, je chasse un peu les papillons qui virevoltent un peu partout, mais sans leur faire de mal, évidemment. Il fait beau, avec quelques nuages qui passent tranquillement dans le ciel.
Je marche vite, car j’espère qu’au bout de ce chemin, je trouverai le ciel et Ludivine, elle est petite, sûrement qu’elle n’a pas dû aller très loin toute seule. Fier de ma déduction, je presse le pas. Je croise quelques paysans, je leur dis bonjour, mais ils ont l’air pressés aussi et refusent de me parler. Ce n’est pas grave, ça ne doit plus être très loin. La nuit tombe rapidement, je m’installe pour faire du feu et manger un peu de lard, il fait froid, je frissonne et je tremble un peu, quand j’entends hurler des loups, mais ça ira. Quand j’ai peur, je pense à Ludivine et me sens tout de suite mieux.

7
Cela fait déjà deux jours que je marche, que le monde est grand et en plus, aujourd’hui je n’ai encore croisé personne pour demander mon chemin. Il fait triste dans le ciel et dans mon cœur. En milieu d’après midi, je rattrape un attelage mené par un étrange personnage. C’est un petit homme, avec une barbe énorme et blanche, de plus, il est habillé comme une fille ou un prêtre. Il essaye de réparer la roue de sa carriole. On m’a toujours appris à aider les gens qui en ont besoin, alors je lui dis bonjour et décide de l’aider. Il s’appelle Mykos et il dit qu’il est un philosophe grec, je ne sais pas ce que ca veut dire, mais il a l’air d’en être très fier, ça doit être important, un philosophe. On a pas eu le temps de trop parler pendant la réparation, mais il est gentil et de bonne humeur, il m’invite à voyager avec lui. Je suis content, parce que je commençais un peu à fatiguer. Monsieur Mykos est très gai et il me pose beaucoup de questions.





8
- « Quel est ton nom, ami voyageur ? »
- « Boulet », dis-je en souriant.
- « Quel nom peu commun, pour un être peu commun, aussi apparemment. Oui tu es peu commun l’ami, car tu as l’infime chance de m’avoir rencontré, je suis un grand sage et philosophe, j’ai parcouru de nombreuses routes et je suis allé dans de nombreux pays. J’ai quitté ma belle Athènes pour découvrir et comprendre le monde, car je pense qu’il est impensable de se prétendre philosophe si l’on est pas en harmonie avec le monde. Tu me trouves suffisant et imbu de moi même ? et bien je le suis et je le revendique, je sais ce que je vaut et j’en suis fier. La modestie est l’apanage des faibles et c’est un vilain défaut, car être modeste c’est être inconscient de ce que l’on est et des qualités qu’on a. Tu comprends ?»
Mykos parle beaucoup et les choses qu’il dit ont l’air intéressantes, même si je ne comprends pas tout. En tout cas, je suis content de voyager avec quelqu’un d’aussi important.
- « Oui monsieur Mykos, je crois que je comprends. »
- « Je vois que tu parles peu, c’est une grande qualité, que de savoir écouter les autres, tu dois être un peu sage aussi, dis moi ce qui pousse un jeune homme à parcourir les routes avec si peu de bagages et une telle confiance dans son prochain ? »
- « Je suis parti chercher Ludivine, la fille du maire de mon village. »
- « En voilà une quête honorable, es-tu son amoureux ? s’est-elle enfuie ? »
- « Non elle est montée au ciel »
J’espère que je ne l’ai pas blessé. Mykos s’est arrêté de parler et semble être ailleurs, je n’ose pas parler, de peur de le déranger.
- « Peut être que je me suis trompé et que c’est moi qui ai eu de la chance de te rencontrer, la vie vous réserve de sacrées surprises, parfois. Donc, si je comprends bien, tu as quitté ton village pour chercher une fille qui est montée au ciel ? »
- « oui »
- « Mais, tu sais qu'on ne peut pas ramener les gens qui sont morts ? »
- « Pourquoi ? » dis-je surpris.
- « Parce qu’ils sont morts, tout simplement, ils n’existent plus, tu saisis ? »
- « Non, Ludivine existe, si elle n'existait pas, j’irais pas la chercher. »
Le philosophe reste encore un moment dans le silence, j’apprendrais plus tard que, quand les sages ne parlent pas, on dit qu’ils réfléchissent. Mais normalement, ça ne marche que pour eux, j’aurais vraiment aimé être un sage.
- « Effectivement, tu as raison, philosophiquement parlant, on ne peut affirmer qu’elle n’existe pas. Elle est juste ailleurs, sous une autre forme, j’avoues que je n’y avais jamais réfléchi sous cet angle. Mais même en admettant qu’elle existe ailleurs, comment comptes tu faire pour trouver l’entrée du ciel ? »
Parfois les sages, c’est très bête et ça pose des questions bêtes.
- « Je vais suivre le chemin jusqu’au bout »
Le sage réfléchissait encore, c’est embêtant, les gens qui réfléchissent beaucoup, parce qu'on s’ennuie pendant ce temps, du coup j’en profite pour regarder le paysage. On traverse un champ de blé, alors je m’amuse à regarder très vite les épis de blé, comme ça, le temps passe très vite, je suis content de mon nouveau jeu.
- « Je crois que je commence à comprendre où tu veux en venir, arrête moi si je me trompe, tu considères qu’en croyant très fort à une chose, tu peux la réaliser, d’où ton assurance et ta certitude de retrouver ton amie et tu conçoies le ciel sous une forme non pas symbolique mais physique, te rendant du coup son accès possible. Tu situes son entrée au bout du chemin, formule qui désigne le terme de ton périple, voyage que tu es incapable de situer dans le temps et que par analogie, on peut associer à la recherche de la sagesse que mène tout bon philosophe. J’ai raison n’est ce pas ? »
Je ne comprends rien à ce que dit Mykos, alors je continue mon jeu, il y a vraiment beaucoup d’épis de blé, je me demande d’ailleurs combien il pourrait y en avoir dans ce champ.
- « Tu sais combien d’épis de blé il y a dans ce champ ? »
Mykos se remet à réfléchir, même pour un sage ça doit être long, de tout compter, moi, ça ne me dérange plus, quand il réfléchit, j’ai toujours mon jeu. Ca me donne un peu mal à la tête de regarder le blé, mais moins que quand Mykos parle, je souris.
- « Ton sourire est éloquent et tu es de loin le plus sage de nous deux, effectivement chacun de ces épis de blé représente une vérité ou une opinion, ce qui revient au même, donc peu importe mon interprétation, elle n’en restera pas moins un épi dans un champ de blé. Il est incroyable que je sois aussi transparent pour toi. Que faisais tu, à ton village ? »
J’en étais sûr, il ne sais pas compter non plus, et bien tant pis je le saurais peut-être jamais.
- « Je m’occupais des animaux, je dormais avec eux et je regardais passer les nuages en dînant en compagnie du vent ».
- « Oui je comprends, la description de ce contact avec la nature est ta façon de me dire que mon harmonie avec le monde n’est pas encore réalisée. Tu m’as ouvert les yeux, avant, je mettais le doute au paradigme de ma pensée, alors qu’en fait, seules d’intimes convictions, comme celles de ta quête, me permettront d’avancer vers la sagesse. La nuit va tomber, nous avons bien discuté, arrêtons nous à cette ferme, au loin. »
Pas trop tôt, je commençais à fatiguer. Je me contente de hocher la tête.

9
Ce soir là, j’ai bien dormi, nous sommes tombés sur de sympathiques paysans et nous avons bien dîné. Mykos parlait peu, il semblait être ailleurs, mais j’avais fini par comprendre que les sages étaient comme ça.
Le lendemain matin, Mykos me dit qu’il avait pris une grande décision, et qu’il allait rester avec les paysans, pour travailler dans les champs et suivre mon exemple. Il m’a dit beaucoup d’autres choses, mais je les ai pas comprises, mais il m’a surtout donné sa carriole et des provisions et aussi un peu d’argent. Je l’ai remercié pour sa gentillesse, je crois qu’il m’aime bien ou alors, il était content que je l’aide à réparer sa roue, alors il m’a fait un cadeau. Ca faisait longtemps que je n’avais pas rencontré quelqu’un d’aussi gentil, c’est le cœur très léger que je reparts sur le chemin.
Zut, je me suis remis à réfléchir, c’est sûrement la faute à Mykos, parce qu'avant je réfléchissais pas beaucoup. Je me demande si le chemin vers le ciel est encore long, j’ai encore eu une idée, vu que beaucoup de gens et d’animaux montent vers le ciel, il doit y avoir quelque part un grand escalier ou une grande échelle, j’aurais plus de chance en allant vers les montagnes. Finalement, penser, c’est pas si mal, ça aide à trouver des solutions, je vais essayer de ne pas oublier ça.
Tiens, un nuage en forme d’ours, que c’est beau.

 
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