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LPDP :: Contes fantastiques :: La marche de l'eau Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Bobine

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  Publié: 5 mars 2017 à 11:36
Modifié:  11 mars 2017 à 11:04 par Maschoune
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Nala avançait à travers les dunes de sable gris. Sur son épaule, elle portait deux gourdes vides. Malgré le soleil qui brûlait sa peau déjà noire, Nala marchait la tête haute et les yeux rouges. Elle était fière. Elle était endeuillée.

Aujourd’hui, Nala était devenue une femme. La deuxième gourde sur son épaule le prouvait.

Aujourd’hui, sa mère était morte.

Un pas après l’autre, Nala traversait la dernière partie du désert. Elle avait presque atteint le puits.

Instinctivement, la jeune fille reconnaissait le chemin de l’eau, comme sa mère et sa grand-mère avant elle. Elle ne se souvenait pas d’une époque sans cette traversée, sans sa gourde. À présent, celle de sa mère lui revenait.

Avant de mourir, sa mère lui avait rappelé les lois du désert :

« Tu prendras le chemin du désert aux premiers rayons du soleil et tu reviendras avant qu’il ne disparaisse. Pas avant, pas après.

Sur ta route, tu ne parleras à personne. Ta fille, ta sœur, ta nièce, toutes pourront t’accompagner, mais tu ne leur adresseras pas la parole.

Ne t’écarte jamais de ce chemin imprimé dans ton cœur. Suis-le. Ta vie et celle de ta famille en dépendent.
Surtout, Dieu nous préserve, si jamais tu croises un être de feu, fuis. N’écoute pas ses promesses, ne tends pas l’oreille à ses mensonges, fuis. »

Elle était morte sur ce mot, fuis.

Sa mère n’avait jamais croisé d’êtres de feu. Personne n’en avait jamais vu. Pourtant, cet avertissement perdurait depuis des générations.

Parce que celles qui les voient ne reviennent jamais.

Au loin, Nala vit le puits. C’est dans une petite parcelle d’oasis qu’il avait été creusé. Un petit paradis au milieu de cet océan de sable. D’autres femmes du village y puisaient l’eau dont elles avaient besoin. Aucune ne s’adressa la parole. Nala les imita. Lorsque ses deux gourdes furent remplies, la jeune fille prit le chemin du retour. Dans le ciel, le soleil commençait à baisser.

Elle n’avait plus beaucoup de temps.

Dans son deuil, Nala n’avait pas prévu que la gourde de sa mère, beaucoup plus grosse que la sienne, la ralentirait dans sa course. L’astre du jour s’éteignait plus vite qu’elle ne marchait.

Elle y était presque. Son village n’était plus très loin. Elle le savait, de la même façon qu’elle savait retrouver ce puits utilisé depuis des générations par sa famille.

La gourde de sa mère pesait sur ses épaules et sur sa conscience, si bien que la lune apparut avant que Nala n’atteigne son but. Au loin, la lumière de l’astre de la nuit éclairait son village.

Ma première journée sans mère et déjà, je viole une des lois du désert. Si elle était encore en vie, elle en mourrait de honte.

Le poids de la peur vint s’ajouter aux fardeaux que devait porter Nala. Le sifflement du vent et les mouvements du sable la faisait sursauter. Heureusement pour elle, aucun démon ne vint troubler sa marche.

Tandis qu’elle se trouvait devant l’entrée de son village, Nala crut voir quelque chose. Au loin, ce quelque chose portait ses vêtements, ses cheveux, ses yeux, sa peau. La créature l’observait autant que Nala pouvait l’observer. La jeune fille se ressaisit. Il s’agissait surement d’un mirage.

Lorsqu’elle rentra chez elle, son père et ses frères l’accueillirent. Ensemble, ils burent l’eau qu’elle avait si durement gagnée. Son père l’avertit de ne plus rentrer aussi tard. Il lui rappela que la nuit appartenait aux être de feu.

Nala lui assura n’avoir rien vu d’anormal et il parut soulagé.

En silence, la jeune fille se souvint du mirage.

Pendant que la jeune fille se souvenait, le mirage l’observait.

*********
Le lendemain, Nala entreprit à nouveau la marche vers le puits. Elle était la seule à pouvoir le faire. La dernière fille de sa famille. Les hommes n’avaient pas accès au désert.

La journée passa trop vite. Encore une fois, Nala prit du retard sur le chemin du retour.

Je dois m’habituer à porter cette autre gourde. Je ne peux plus me permettre d’être dehors au coucher du soleil.

Nala refusait de briser une nouvelle fois les règles du désert.

C’est toutefois lorsque les deux gourdes furent pleines qu’elle comprit qu’encore une fois, elle n’y arriverait pas à temps. Aussi, ses pas se firent moins pressés. Hier, il ne lui était rien arrivé. Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui?

Lorsque la nuit tomba, la jeune fille était beaucoup plus loin de son village qu’elle ne l’avait été la veille. À mi-chemin, elle revit son double.

Au loin, au milieu d’un tourbillon de sable, l’autre Nala se tenait droite, fière. Elle lui ressemblait en tout point, mais ne portait aucune gourde sur son dos. Son double l’appela d’une voix si identique à la sienne que Nala en eut la chair de poule.

« Laisse-moi, démon! »

Lui répondit la jeune fille. L’autre se mit à rire avant de disparaître parmi les grains de sables qui l’entouraient.

Il me nargue. Au moins, je l’ai fait fuir. Bon débarras.

Lorsqu’elle rentra chez elle, Nala ne parla pas de la chose qui avait volé son apparence. Son père l’avertit une deuxième fois de faire attention, de revenir avant que le soleil ne se couche. Il lui rappela que les êtres de feu étaient dangereux, au coucher du soleil. Nala aurait voulu lui répondre que si ce qu’elle avait vu était un être de feu, ils étaient plus froussards que dangereux. Elle eut toutefois la sagesse de se taire.

Au loin, un être de feu l’observait.

*********
À son réveil, Nala fut accueillie par son père. Il n’avait pas dormi.

« Tu n’es pas obligée de transporter la gourde de ta mère si elle te ralentit. »

En se préparant pour la marche, en préparant les deux gourdes, Nala lui répondit :

« Je le dois. Maintenant que maman n’est plus là, c’est moi la femme de la maison. »

« Tu n’as que 14 ans, Nala. »

Nala s’arrêta sur le seuil de leur petite cabane.

« Tu ne comprends pas, ce poids m'appartient »

Sur ces mots, elle quitta son logis pour se diriger vers le désert. Son père ne tenta pas de l’en empêcher.
La première traversée se déroula sans encombre. La chaleur et le sable furent les seuls obstacles que Nala dû surmonter et elle s’y était habituée.

La jeune fille se promit une nouvelle fois de rentrer avant le coucher du soleil.

Lorsqu’elle arriva au puits, Nala constata avec horreur que le temps avait passé trop vite. Elle était plus en retard que la veille. Elle courut, en vain.

Lorsque la nuit tomba, Nala n’apercevait même pas son village au loin. Cette seule constatation la fit frissonner. En gardant son calme, la jeune fille continua d’avancer sur ce chemin qu’elle connaissait par cœur, mais qu’elle n’avait jamais emprunté à la tombée du jour.

Puis, Nala s’arrêta. Elle laissa tomber ses gourdes.

Au loin, elle vit sa mère.

Sans l’appeler, la jeune fille alla à sa rencontre.

Au loin, sa mère était belle. Son teint n’avait plus cette teinte macabre qui indique la maladie. Sa mère se tenait fière, forte, au milieu du désert comme la femme qu’elle avait toujours été avant que la mort ne l’emporte. Nala s’arrêta à quelques pas de l’imposteur lorsqu’elle réalisa son erreur.

Les morts ne reviennent pas.

Dès qu’elle eut compris, la chose qui avait d’abord volé son apparence pour ensuite prendre celle de sa mère retrouva sa vraie forme.

Un être de feu.

L’être de feu éclata de rire avant de prononcer les mots fatidiques :

« Tu as brisé toutes les lois du désert.

Le pacte est rompu.

Nous ne te devons plus rien.

Petite fille qui se prend pour une femme, tu nous appartiens.
»

Autour de Nala, le sable se mit à danser. Il tourbillonnait et l’engloutissait peu à peu. Entre les grains de sable qui fouettaient son visage, Nala entrevit sa propre silhouette. L’ultime moquerie de l’être de feu. Sa dernière image terrestre. Tandis que le désert l’avalait, Nala eut une pensée pour sa famille.

Pardonnez-moi.

*********
Dans les jours qui suivirent, le père de Nala fut rassuré de voir que désormais, sa fille respectait les lois du désert. Elle revenait avant la nuit et les deux gourdes sur son dos étaient toujours pleines.

Par contre, lui et ses fils tombèrent malades d’une maladie qu’il ne connaissait pas. Cette maladie commença par brûler leur peau portant habituée à la chaleur du désert. Chaque jour, de nouvelles brûlures apparaissaient sur leurs visages, sur leurs corps. Ensuite, elle les empêcha de manger. Avaler signifiait passer par le mur de douleur qu’étaient devenues leurs gorges. Surtout, cette maladie leur donnait soif. Très soif.

Heureusement que Nala allait bien. Heureusement qu’elle leur ramenait à boire.

Tandis que lui et ses fils s’abreuvaient de son dur labeur, Nala, elle, les observait.

Jamais elle ne buvait de cette eau qu’elle leur ramenait.

 
Varh


la vie, ce rêve réel qui peut se tranformer en cauchemar en gardant les yeux ouverts; je les ferme
   
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9 octobre
  Publié: 5 mars 2017 à 14:08 Citer     Aller en bas de page

Bonsoir Bobine,

J'ai vraiment adhéré à votre histoire que j'ai lu sans m'interrompre ... J'ai accompagné Nala dans sa quête d'eau quotidienne... Votre écriture est claire et se lit facilement...
Alors pas de point négatif pour moi et j'attendrai votre prochain texte avec plaisir...

Merci de ce partage et bienvenue sur le site

Amicalement

V

 
Bobine

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28 avril
  Publié: 5 mars 2017 à 15:24 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Varh,

Merci d'avoir pris le temps de lire mon histoire et d'y laisser un commentaire. Je suis contente de savoir que vous avez apprécié votre lecture.

J'essai de trouver mon style d'écriture et de l'améliorer, alors pour moi, tous ce que vous m'avez nommés est d'une grande importance.

Merci encore pour votre aide et au plaisir,

Bobine

 
Maschoune

Modératrice


Je voudrais tout savoir pour pouvoir tout t'apprendre et tout avoir pour pouvoir tout te donner-Brel
   
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18 octobre
  Publié: 11 mars 2017 à 11:05 Citer     Aller en bas de page

Bienvenue sur LPDP

Tu fais une entrée pleine d'imagination, merci à toi

Au plaisir de te lire

  ISABELLE
Bobine

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28 avril
  Publié: 12 mars 2017 à 15:44 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Maschoune,

Merci pour ton commentaire positif.


J'ai hâte d'être plus active sur le site et de poster plus d'histoires et de commentaires.

Vivement la fin de ma session qui approche .

 
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