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Lograth
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L'ire du dragon vert, ivre de flammes et de rage...
   
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  Publié: 1er juil 2002 à 15:58 Citer     Aller en bas de page


Le vent souffle sur le parc abandonné*. Et dans la condensation de l'air que mon amour et moi, à bout de course, respirons, alors que la neige tombant en gros flocons colle sous nos pas, notre haleine exténuée s'embue.

Nous nous remettons à courir et je cours derrière toi... Tu cours, tu cours dans le parc silencieux et glacé. Derrière nous, les traces de nos pas dans la neige folle.
Soudain, dans l'allure effrénée de notre course, un grincement retentit. Un grincement métallique qui suit le même rythme que nos enjambées dans la neige molle. Tu t'es arrêtée au son du métal qui cogne dans le silence blanc du parc et dans nos poitrines encore essoufflées.
Immobiles, tous deux, ton regard se promène alors sur les contours du parc et je le suis des yeux afin d'essayer de localiser tout comme toi l'origine du bruit, ce grincement métallique qui martèle le vent et qui s'insinue dans nos pores à moitié gelées. Tu frissonnes sous la bourrasque et la neige dans tes cheveux bruns s'emmêle en même temps que, tout comme moi, tu as finalement reconnu ce cognement sourd qui résonne à nos tympans endoloris...

Alors, à notre vue, s'offre la charpente enneigée, masse de métal esseulée, émergée du sol et servant à suspendre les balançoires d'enfants durant l'été.
Mais en ce matin d'hiver froid et gris, il y a longtemps que les balançoires ayant été retirées, plus rien n'est suspendu à l'armature de métal blanc. Rien, sauf, une veille chaîne rouillée, encore retenue à sa fixation, comme oubliée, se balançant dans le grincement sinistre de ce parc désert, blanc de neige.

Il fait froid et tu trembles légèrement sous ton manteau d'hiver. Mais, restant toujours à une bonne distance de toi, je te regarde t'approcher lentement de la chaîne et de sa modeste oscillation dans la froidure téméraire. Tu contemples cette dernière comme hypnotisée par son balancement méthodique au gré du vent et du son qui l'accompagne dans le murmure du vent. Je t'observe toujours et soudain, tu te retournes vers moi en me faisant signe d'approcher tout doucement. Je m'exécute silencieusement et rendu à ta hauteur, devant la chaîne qui nous surplombes, tu offres alors tes lèvres pulpeuses aux miennes alors que je t'enlace.
Une chaîne qui pend et grince, deux ombres sur la neige, un parc abandonné. Pas une parole n'a été échangée, mais un doux baiser, oui, dans la grisaille d'un soir de décembre.

Pour toi, j'inventerai les beaux poèmes, écrirai les mots les plus doux, évoquerai les rêves les plus fous, acquiescerai au plus sensuel de tes désirs, bref pour toi, je t'offrirai la lune ou changerai le monde et le façonnerai à ton image...

Dans tes yeux, j'ai croisé ton regard et me suis perdu dans l'ambre de tes prunelles et t'y ai reconnue, toi, mon amour. Un court instant, toujours enlacés, nous contemplons à nouveau cette chaîne rouillée qui pend du poteau transversal, au milieu de nulle part, dans un lieu si désert à cette heure...
Il neige! Et les arbres, autour de nous, sont dépouillés
et leurs vraies natures se retrouvent révélées, mises-à-nue. Ainsi, dans nos vies, en quelques semaines, nos âmes se sont déclarées l'une à l'autre, petit à petit avec un peu de temps et de compréhension. Mais, ce qui a fait mal, a fait mal à l'un aussi bien qu'à l'autre. Pourtant, dans cet échange, ce processus d'apprentissage long et difficile, nous avons appris à mieux nous connaître, à se faire confiance et à nous accepter.

Alors que je te serre toujours dans mes bras, la chaîne qui s'est soudainement arrêtée sans un bruit et sans qu'on y touche semble avoir immobilisé ton coeur qui a cessé de battre pour une fraction de seconde. Je te sens encore une fois frissonner sous mes mains, alors que tu te sépares de moi et t'éloigne de quelques pas. Je n'ai même plus besoin de te toucher, de t'entendre respirer pour savoir ce que tu penses. De loin, je te ressens, te hume et communique en pensées avec toi. Notre amour, alors, est-il une communion avec l'univers invisible?
Qu'importe! Car la chaîne a disparue en même temps que nos regards sur le parc désolé. Enfin, un son est sorti de ta bouche comme un murmure ou même un cri :

«Où est passée la chaîne ? N'y avait-il pas une vieille chaîne rouillée juste-là?» t'es-tu hasardée à dire.

Je n'ai pas répondu... Il n'y avait rien à dire, car c'était vrai... Elle n'avait jamais existée.
Il n'y avait jamais eu de chaîne se balançant sous le vent glacial à cette heure, dans ce parc, mais seulement nous deux depuis le début, inventant cette fable mentale au gré de notre fantaisie et de nos caprices intellectuels.

J'ai observé le sol à mes pieds et tu as suivi mon regard. À nos pieds, tracé en lettres malhabiles, une phrase entourée d'un coeur : «Je t'aime!»
Oui, ma belle, il n'y a jamais eu de chaîne, mais seulement de l'amour... de l'amour et de l'imaginaire...
Il ne neige plus!


Plusieurs années plus tard, alors que je suis seul dans ce même parc, en une fin d'après-midi de juillet... Je repense à cette soirée de décembre où nous nous étions embrassés pour les premières fois et à cette chaîne invisible que nous avions inventé dans la froidure de cet hiver-là.

Assis sur une table de pique-nique, alors que je songe à nouveau à notre amour d'antan aujourd'hui disparu, je revois notre parc tel qu'il était il y a quelques temps déjà, et m'aperçois que tout a changé depuis.
Maintenant, l'espace où il y avait, jadis, l'emplacement des balançoires (et où se balançait notre chaîne imaginaire dans le temps) a été déplacé et, aujourd'hui, à cet endroit (l'endroit où je suis) est occupé par une dizaine de tables de pique-nique avec terrains de pétanque. Plus loin, ils ont relocalisé les balançoires suspendues et ont fait un petit terrain de jeu pour les enfants. Entre les deux, une petite «barbotteuse» qui n'existait pas avant, mais elle est fermée présentement.

Il n'y a pas grand monde, dans notre parc, en cette fin d'après-midi... quelques individus et promeneurs s'y détendent, mais vraiment pas beaucoup.
Toujours assis à ma table de pique-nique, j'observe les gens du parc et le parc lui-même...
Peut-être seras-tu enchantée de savoir que le petit édifice en brique rouge, barricadé, du côté est du parc est toujours là, attendant là la venue d'un autre couple d'amoureux un nouveau soir de décembre?

Qu'importe! En cette fin de jour, alors que je ressasse nos souvenirs, les mots que tu m'avais écrits, dans une lettre, il y a plusieures années** me reviennent en mémoire, alors que je chiffonne ce bout de papier jauni avant même de le relire une dernière fois :

«Marc*** chéri,

Il y a tellement de choses que je voudrais te dire, mais les mots pour le dire me manquent ou trop souvent faute de mots, je n'exprime pas clairement ce que je veux dire. Je sais que c'est dur pour toi de me voir silencieuse pendant que tu guettes les mots qui enfin de compte ne sortent pas de ma bouche. Tu attends de moi que je te dise un mot, une parole de réconfort, mais ça ne vient pas. Tu as besoin de moi et je le comprends; mais moi aussi, j'ai besoin de toi pour m'aider à m'exprimer et...»

Et le reste de ta lettre se perd dans les méandres de mon esprit, mais je me rappelle que tu finissais en me disant m'aimer, suivi de ta signature et de becs (xxx).

Hélas! aujourd'hui, les belles paroles de ta lettre ne veulent plus rien dire, alors que je jette cette dernière dans une poubelle du parc, car ne pouvant plus communiquer avec toi, tu as réussi à enfermer mon coeur dans la plus solide des chaînes invisibles qui soient. Il y a 5 mois, 1 an, ou cinq ans et même plus, les mots te manquaient pour me parler et, aujourd'hui, il n'y a plus de place ou de mots, ni de temps ni même de besoin pour toi de devoir ou même d'avoir envie de communiquer avec moi. Comme la chaîne invisible de notre parc de décembre d'il y a quelques années, tu m'as ainsi ligoté poings et pieds liés dans un étau d'indifférence comme la propre prison isolée que tu t'es érigée sans murs, et j'y demeure à jamais ton prisonnier en goûtant constamment ton ressentiment et ta haine en étant forcé de manger le pain rassis de ta rancune et de ton mépris.


-Lograth

*Il s'agit du Parc «Lalancette» à Montréal, dans le quadrilatère formé des rues «Hochelaga» et «de Rouen», entre les rues nord-sud, «Nicolet» et de «La Bourbonnière».
**extrait d'une lettre d'une ex-conjointe dont on taira le nom ou le prénom.
***Le prénom a été changé délibéremment.

  "Nous rencontrons l'amour qui met nos coeurs en feu, puis nous trouvons la mort qui met nos corps en cendres." [Tristan L'Hermite, extrait de "Les Amours"]. "Le Temps n'a d'autre fonction que de se consumer : il brûle sans laisser de cendres." [Elsa Triolet, extrait de "Le Grand Jamais"].
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  Publié: 28 oct 2002 à 16:44 Citer     Aller en bas de page

Hum, il y a une différence entre-nous, cher Gérald!
Moi, j'ai réussi à en faire mon deuil de cette liaison, mais disons que ce texte m'a servi d'exécutoire à l'époque, oui!
Car, c'est toujours difficile ces amours perdus impossibles à retrouver... Enfin, j'espère pour toi que t'as encore une chance, parce que moi, vu la fin de ce texte, t'auras compris que maintenant que la haine a fait place au reste, je n'espère plus rien... Même plus à la simple amitié de sa part comme je l'aurais au moins, souhaité...

Ah, l'amour est si souvent cruel, cher Gérald!

  "Nous rencontrons l'amour qui met nos coeurs en feu, puis nous trouvons la mort qui met nos corps en cendres." [Tristan L'Hermite, extrait de "Les Amours"]. "Le Temps n'a d'autre fonction que de se consumer : il brûle sans laisser de cendres." [Elsa Triolet, extrait de "Le Grand Jamais"].
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  Publié: 28 oct 2002 à 17:04 Citer     Aller en bas de page

Ouais, t'as un bon point, là!!
T'as réussi à trouver quelque chose qui nous rattache à ces amours perdus que l'on a espéré "revoir" ou qu'on espère encore...

Comme je l'ai dit pour Gérald :
Ah, que le destin (autant que l'amour) est cruel!

  "Nous rencontrons l'amour qui met nos coeurs en feu, puis nous trouvons la mort qui met nos corps en cendres." [Tristan L'Hermite, extrait de "Les Amours"]. "Le Temps n'a d'autre fonction que de se consumer : il brûle sans laisser de cendres." [Elsa Triolet, extrait de "Le Grand Jamais"].
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23 mai 2011
  Publié: 28 oct 2002 à 17:15 Citer     Aller en bas de page

Ouais, j'vois ça d'ici!

  "Nous rencontrons l'amour qui met nos coeurs en feu, puis nous trouvons la mort qui met nos corps en cendres." [Tristan L'Hermite, extrait de "Les Amours"]. "Le Temps n'a d'autre fonction que de se consumer : il brûle sans laisser de cendres." [Elsa Triolet, extrait de "Le Grand Jamais"].
Magik_Rune


Il est toujours possible d'espérer, et c'est justement cela qui est désespérant.
   
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11 avril 2013
  Publié: 29 oct 2002 à 11:41 Citer     Aller en bas de page

Ne sommes nous pas tous, à un degré quelconque, prisonnier(ère) de nos propres chaînes que sont nos émotions, nos souvenirs ?

Très beau, un simple 'bravo' ne suffit pas.

Guillaume

  À force de brûler de désir, l'être se carbonise, et les cendres viennent assécher les larmes...
Lograth
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23 mai 2011
  Publié: 30 oct 2002 à 18:29 Citer     Aller en bas de page

Eh bien, merci, jeunes gens...
Merci de l'intérêt que vous me portez et tu as bien raison, Gérald, chacun sa manière de voir les choses...
En tout cas, bonne chance avec ta "Fleur"
Et merci Magik, pour tes compliments.

  "Nous rencontrons l'amour qui met nos coeurs en feu, puis nous trouvons la mort qui met nos corps en cendres." [Tristan L'Hermite, extrait de "Les Amours"]. "Le Temps n'a d'autre fonction que de se consumer : il brûle sans laisser de cendres." [Elsa Triolet, extrait de "Le Grand Jamais"].
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