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Concours LPDP 2012

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  Publié: 18 nov 2012 à 14:49
Modifié:  27 déc 2012 à 12:04 par Ashimati
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Dans treize jours
par Jean-Pierre PEDAN


Bonjour !

Je suis une petite fille de douze ans. Je suis en pleine forme.

Et je vais mourir dans treize jours.

J’aime pas trop bien ça, mais ça ne me fait pas peur car je me dis que ça sera sans doute un peu comme quand je m’endors, le soir.

Peut être même que je me réveillerai sur une autre planète…

Alors là, ça serait drôlement chouette !

Une planète où il n’y aurait plus ni malheureux ni profiteurs. Plus de malades mal soignés. Plus de riches et de pauvres. Plus de jeunes prétentieux et de vieux cons. Plus de puissants, plus de soumis. Plus de noirs, de blancs, de jaunes, de rouges, d’olives…

Une planète où on serait tous frères, même entre filles, entre voisins, entre vrais gentils et faux méchants.

Une vraie planète, quoi !

Mon papa, avant de mourir pour de vrai, me disait que ce n’était pas possible, un monde comme ça. Que ça ne pouvait exister que dans mes rêves de petite fille.

Moi, je ne le croyais pas trop car je voyais bien, avec mes poupées, que ça pouvait marcher. Ma vieille Sidonie, toute déchirée, était drôlement copine avec la snob de Barbie, qui elle, était un peu amoureuse de Boubou, mon petit pantin d’Afrique. Et la princesse Clochette ! Elle était pas gênée du tout à côté du mal léché de Babalou, mon petit ours brun. Ils se parlaient, et même des fois ils s’embrassaient derrière mon dos. Moi, je faisais comme si de rien n’était. Il n’y a rien de plus beau qu’un baiser d’amoureux !

Mon papa, donc n’a pas attendu que ce soit la fin du monde pour s’en aller voir ailleurs. Il est parti en éclaireur. Emmenant avec lui un vieux cancer de fumeur de cigarettes.

Moi je sais qu’il est bien plus heureux maintenant.

De toute façon, quel que soit l’endroit où il est, ça ne peut pas être pire que dans l’horrible hôpital tout blanc où des grandes personnes très savantes avaient décidé de l’enfermer.

Alors, il s’est envolé un beau matin, rejoindre mes rêves.

Il s’est échappé.

Maintenant, il doit savoir que c’est moi qui avais raison quand on discutait tous les deux sur la vraie vie.

Il a sûrement compris, là où il est, que vivre c’est être heureux tout le temps. C’est rire ou sourire du matin au soir. C’est chanter, rêver, s’aimer, s’embrasser, danser.

C’est, ne pas s’inquiéter, ne pas se fâcher, ne pas s’énerver, ne pas se soucier de l’avenir, ne pas compter ses sous et surtout ne pas se mettre en colère contre les gens différents de nous.

« Papa, garde moi une petite place près de toi, j’arrive bientôt, avec maman et mes poupées. »

Dans treize jours.

Le jour de la fin du monde.

Bon. Je vous dis que je n’ai pas peur de cette fin là, mais je suis un petit peu tracassée tout de même !

Ma maman qui est toute triste m’explique que je me fais des nœuds dans la tête avec cette histoire de fin du monde, et que rien de tout se qui se raconte n’arrivera.

Maman, elle est comme Saint Thomas, elle ne croit que ce qu’elle voit. Mais je trouve que ce qu’on nous montre, en ce moment, n’est pas joli joli à voir, entre les politiciens véreux, les chefs d’entreprises escrocs, et les palestiniens qui n’aiment pas les israéliens, qui n’aiment pas les iraniens, qui n’aiment pas les américains, qui n’aiment pas les nord-coréens, qui n’aiment pas les Sud-Coréens, qui n’aiment pas…

Alors, ce soir, en pensant à tout ça, j’ai un peu le cafard. J’ai un peu envie de pleurer et de me faire couler des larmes tristes sur les joues.

Ma maman, elle vit pas comme une maman mais comme un pot de fleurs depuis que papa n’est plus là. En plus, c’est moi qui dois l’arroser tous les jours pour pas qu’elle se dessèche de trop. Mais moi, je ne suis qu’une petite fille de même pas douze ans !

Même pas vieille !

Ma maman, je vais vous dire, elle file un mauvais coton, comme dit madame Sartori l’épicière du quartier, en parlant de son fainéant de fils.

Ma maman, elle s’effiloche. Elle peluche. Elle aurait besoin d’être retricotée

Je crois tout simplement qu’elle ne peut plus m’entendre à cause du bruit que font ses mauvaises pensées dans sa tête.

J’aurais envie de lui dire que ça c’est mal passé pour moi, à l’école, aujourd’hui. Que j’ai trouvé l’institutrice nulle à vouloir me faire faire des trucs nuls.

Des trucs du genre « robinet qui fuit et trains qui se croisent ». Comme si une seule personne au monde pouvait s’intéresser aux litres d’eau dans une baignoire, ou aux kilomètres parcourus par un train nul, partant d’une gare nulle et allant nul part.

Je voudrais tellement en prendre un vrai train, moi !

Un train qui m’emmènerait pas dans une baignoire ou dans une vieille gare, mais sur une planète ensoleillée où m’attendrait mon papa, tout souriant, comme avant son cancer.

Je ne veux plus de ce monde.

J’ai envie de m’enfuir.

De fuir comme le robinet de l’autre nulle.

Je suis tellement triste ce soir, qu’on dirait une adulte.

J’ai l’impression que les gens qui m’entourent déteignent sur moi. Je me sens comme un paquet de biscottes, parmi mille autres paquets, totalement identiques, sur un rayon de supermarché, en attente de me faire manger.

Avec une maman incolore.

Avec une mamy que j’aime pas, sans saveur et même pas inodore.

Avec une maîtresse d’école qui ne cherche pas à m’apprendre des choses, mais simplement à me classer par rapport à mes copines. Une maîtresse qui n’est pas là pour m’aider mais pour me juger.

Même dans la rue je n’arrive plus à trouver un peu de bonheur auprès des gens que j’observe. Ils sont tous en train de courir après leur ombre, comme des fous, sans s’apercevoir que leur vie est ailleurs. Sans m’écouter quand je leur récite un de mes poèmes.

Hello ! Regardez-moi ! Je suis là ! Toute seule ! Toute triste !

D’accord, je peux paraître insignifiante à leurs yeux. Mais quand même, ils pourraient sourire !

Je ne suis pas un vilain caillou ! Ni une vieille crotte !

Je veux bien leur en faire, moi, des sourires ! Je n’ai pas l’impression que si je leur en donne plein, il ne m’en restera plus pour demain. J’en ai des milliards et des milliards en stock.

En plus, je crois que j’ai découvert le secret pour en fabriquer d’autres, au fur et à mesure.

Mais un sourire perdu, un sourire qu’on fait à quelqu’un qui ne le voit pas, qui ne vous le rend pas, c’est plus triste que tout. Ça vous donne un air bête et aussi nunuche que celui de ma poupée Barbie, la snob.

Alors, j’ai envie de pleurer.

Alors, je deviens une petite fille qui se sent toute vieille.

Peut être que j’ai déjà tout vécu de ma vie.

Peut être que je l’ai mangée trop vite, ma vie, comme un dessert devant lequel je n’aurais pas su résister…

Peut être que la fin du monde, elle est faite exprès pour moi !

…Dans treize jours.


Moi, dans ce nouveau monde, je serai présidente…

…J’inventerai des lois un peu plus rigolotes,
Où les patrons perdront leurs sous à la belote.
Il sera interdit d’amasser des millions.
Tant qu’on verra des vieux mendier sur le béton.
J’obligerai les grands à copier tous les soirs,
Des lignes d’écriture en guise de devoir.
Ils copieront cent fois le mot « fraternité »
Ou bien « égalité » ou encore « liberté ».

Moi, dans mon nouveau monde, je serai présidente…

…En attendant, je suis toute seule dans mon coin,
Perdue. Avec des yeux justes bons à pleurer.
Mes mains sur les oreilles, pour ne plus écouter
Le bruit que fait mon cœur à crier son chagrin.

 
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