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LPDP :: Poèmes par thèmes : Concours « et si cette année doit être la dernière. » :: Texte 1 - L’apoptose du grand requin blanc Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Concours LPDP 2012

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  Publié: 18 nov 2012 à 14:40
Modifié:  27 déc 2012 à 11:59 par Ashimati
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L’Apoptose du grand requin blanc
par Élodie DARAUT


Si cette année doit-être la dernière, si nous ne devons jamais nous revoir. Embrasse-moi. Dois-je en rire ? ou en pleurer. La fin du monde. Allons bon !

Je plonge.

Un baiser de spectre, d’une momie enroulée dans ce passé qui ne fera plus rien éclore sinon des miasmes barbares, des années de servitude à la norme. La surface.

(voilà la fin, la fin de Toi) – Il me semble que cela fait des siècles que je ne parle plus qu’à un souvenir. Je nage vers les profondeurs. Je nage pour ne pas dire que je me noie.

Qu’en est-il de la fin de « nous » ? (à l’exclusion du fait que ce murmure ait pris vie bien après les univers et soit mort bien avant eux)

Dois-je en rire ? Quelques années passent, voilà la fin de tout. Refuge. Monsieur cancer, madame procrastination, Monsieur système et Madame Société, Monsieur fille, Madame fils, Monsieur larmes et Monsieur pleurs, Madame rire et Mademoiselle destin.

Bonheur gay, hétérosexuel et jmenfoutiste. Malheur gay, hétérosexuel et jmenfoutiste. Comme si la cause pouvait se réduire à la dette grecque ou au dernier mec de Steevie. Comme si la cause pouvait se réduire à moi-même.

S’intégrer dans cette France où s’y désintégrer. Plutôt frange que France à tout casser. Bleu, rouge, blanc, noir, carton, bouteille, pack. Et ton fils, celui qui porterait le nom d’Atoll ? Je nage loin, loin de tout ça. La pression qui écorche mes premières cicatrices. Les requins ne sont pas faits pour pleurer. Ils ne savent pas rire sauf pour manger ; si l’ouverture de leurs mâchoires correspond notre mimique.

Fixées sur un tissu fibreux très solide, elles se redressent vers l'extérieur lorsque le requin ouvre la gueule, ce qui lui permet de mordre plus facilement une proie et de la maintenir fermement grâce à la concavité des dents.

Bordel. Les dents creuses. Celle-ci devrait tomber. Elle ne tombe pas. Ma dernière rangée de dents qui me fait souffrir, qui a mordu trop profondément en toi. Trop et voilà qu’elles me font mal.

Tout est trop carré, trop étroit pour faire rentrer mon inconsistance, alors je mets le doigt dans la prise. Tous les doigts. Hein. Je mets

En fait

Non.

Tout est trop étroit et ils s’étonnent qu’on s’en sorte à coût d’aiguille. Mais voyez-vous un autre moyen de densifier l’univers ? De s’y parachever dans le génie alors que nous n’en sommes que la réalisation. Ah. Si l’univers était plus étroit et mon âme plus dense.

En fait, non. Les requins n’ont pas de doigts, pas de doigts voyez-vous. Cela est impossible, de saisir ces choses comme mes sentiments. Les dauphins si mais ils sont revenus dans l’eau. Ils en sont revenus de mes angoisses. Mais ils ont encore des mains.

Nous les requins ne l’avons jamais quitté cet océan. Nous imaginons cette terre où tu dois vivre et manger où je ne pourrai finir qu’en sushi (ai-je dit souci ?). Les requins ne sont pas fait pour pleurer ils sont fait pour mordre. Un requin ridicule et végétarien, une baleine qui pond des œufs. Permets-moi de plonger plutôt que de souffrir encore cette terre qui ne m’a pas porté.

Car oui, la passion comme la terre ferme c’est pour les enculés qui en ont des raisons de jouer dans les vagues, des cerveaux dont l’hémisphère nord aiment l’hémisphère sud. Des chances de la saisir cette opportunité de rire et de s’en foutre. Les autres ont la consommation et le travail. Les autres ont les abords des RER comme cris dans les tunnels, loin des turbo-jets privés et des croisières pour le Vénézuela. Parce qu’il faut des gens pour nettoyer la pluie et les feuilles des arbres, des gens pour nettoyer les gens et que tout cela reste désespérément sale.

Crois-tu que j’irai me perdre près d’eux ? Je suis bien trop noble et décadent.

La grosse usine à fabrique d’emballage (comme si c’était humain). Nous ne sommes pas encore capable de stocker l’électricité mais l’énergie humaine si. En films plastiques. En réservoir pour tanker qui vont d’ici à ici, de là à là se goinfrer de césar et de civelle sur des lits d’aubergines. Moi je voudrais traverser l’espace de ma salle de bain et la force de m’y noyer ailleurs que dans ma baignoire, et l’idée d’un planning qui ne serait pas un planisphère, de ne pas prévoir la course de toutes les étoiles, quand je n’ai jamais pu traverser ton ellipse.

Combien de l’heure pour la pipe mentale devant la Sodomie de derrick et des sept infirmières ? Voilà ce que me propose le monde en placebo.

Mais je suis un requin, foutre dieu !

J’entends froisser les pas du monde, le tapis de ma déraison, j’entends éclabousser de rire les murs ternes qui s’empilent, un à un comme des graviers de plusieurs tonnes que l’on aurait nommé building, comme je nommais châteaux les grains de sables de notre histoire – ah, le beau calice des échos, le labyrinthe où mes pensées s’emmêlent vers une expérience de toutes façons létales. Les murs désespérément lisses, mes jours désespérément creux comme des kinders sans surprise.

Comme un bocal

Ah, voyez-vous depuis tout petit je suis le grand requin blanc. Ah oui. Né pour nager. Nage – Nage – Nage, mange. Enfoiré de poisson. Super ordre désordonné, mange les surfer facebook, mange les rateaux playschool abandonnés dans ton océan poubelle. Les gens préfèrent jouer avec les dauphins.

Ah le grand requin

Mon empire, le tien. Ma peau glisse sur mes tempes de grand requin.

Tout cela est trop sale pour un hypocondriaque comme moi. Mes grandes mâchoires et des serviettes hygiéniques, des sacs qui se prennent pour des méduses.

Je deviens lisse et sans abord. Tout ça n’a pas le goût du sang, juste celui de la merde en déliquescence

un squelette entièrement cartilagineux et de cinq à sept fentes branchiales latérales selon les espèces

Je nage pour ne pas dire que je m’enfonce. Pour ne pas dire que je fuis la cacophonie du monde et sa bariole d’images.

A une certaine profondeur, même si ça ne permet pas de trouver l’eau pure, au fond, tout au fond, il paraît que pour toute espèce, le sang finit par sortir par les yeux et on explose de l’intérieur. Mais au moins il y a le silence, cette obscurité froide qui ne prétend rien mais résume tout.

Je sens mon squelette qui craque. 2012 m ça fait combien en pression atmosphérique ? Déjà 16 ans que je m’enfonce.

On ne peut pas s’enfoncer dans l’air comme dans ses pensées. Ce serait ridicule.

Ce n’est pas la fin du monde. Juste la mienne.

Tout cela me donne envie de rire

De rire ou de pleurer.

Mais le requin ouvrela gueule et se tait.

Il n’y a aucune nourriture en profondeur, voilà une vérité qui accompagne mon apoptose et cependant que les ténèbres progressent, que mes cellules cartilagineuse concèdent au traitement que je leur fais subir, si la Foi est une lumière la connaissance la souffle en ricanant. Elles savent désormais qui est le maître et que le mettre est con.

Entends-tu les grands requins mourir au fond des fosses et être mangés par les crabes qui dansent ?

Si cette année doit-être la dernière,

Pour moi

je vous laisse la prochaine. Car un jour ou l’autre les crabes du fond des mers redeviennent de grands requins, qui pour certains se laissent couler au fond.

Par quelque douce saveur de ne pas faire ce pourquoi ils sont nés, pour quelque chagrin d’amour qui ont fait du plus grand prédateur, sa propre proie.

Entends-tu mes dents se refermer sur cet espace de demi-conscience qu’ont les poissons de mon espèce qui sentent le sang couler ? Qu’importe d’où ils viennent, quand ça commence, ils n’ont qu’une envie, en dévorer la source même (et surtout) si c’était eux-mêmes.

La terre s’embrase. Pour moi tout devient noir, obscur et pourtant si clair. Peut-être dans mille ans, peut-être déjà.

Si cette année doit-être la dernière, si nous ne devons jamais nous revoir. Embrasse-moi. Pas toi, pas l’océan, pas la vie ; Non l’univers,

pour que je fasse parti de tout l’amour qui n’a pas été conçu, tout celui qui l’a été.

Pour que je puisse m’endormir, comme avant,

Sur mon lit de sable blanc, comme quand j’étais un petit œuf de requin qui ne voulait pas grandir.

Loin de ma prétention de prédateur et là, tu m’aimeras avec les embruns et avec le vent et je n’aurai pas tout perdu.

(à moins que toi)

Là sans ressentir ta joue contre la mienne (en la ressentant déjà), je n’aurai plus envie de manger le monde, mais manger par lui je pourrai enfin m’arrêter de nager. Je ne me dirai plus que tout cela aurait pu être un rêve et l’oubli ne te rattrapera pas.

 
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