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aristide

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  Publié: 7 août 2007 à 14:08 Citer     Aller en bas de page

Pour ceux qui ont eu le courage de lire jusqu'au bout, la fin de l'histoire

Partie 6

Je fus tout de suite surpris de l’air sombre des autres. J’ai tout de suite compris qu’il se passait quelque chose d’important. Il fallait qu’on fasse rapidement le point sur la situation. On s’installa tous dans le salon. Ce fut moi qui commençai, pour la visite à la « police ». Je ne sais pas comment je me suis retrouvé dans la situation de rapporteur. Je crois que c’est Paul qui a dit de manière définitive : « vas y Christian, raconte notre aventure ! »

Alors j’essayai de relater les événements en m’attachant à l’essentiel. Puis Liliane prit la parole. Je n’avais encore pas tellement fait attention à Liliane. Je lui avais parlé à Lyon au moment d’embarquer dans le car, je savais qu’elle voyageait seule et qu’elle venait de St Etienne. Je ne lui connaissais pas ses talents de leader.
- La situation est assez grave, je ne vous le cache pas. Je vais d’abord faire le point de ce qui nous est arrivé pour nos amis.
Le ton solennel de Liliane nous inquiétait, mais personne n’osa l’interrompre, elle continua :
« Nous vous avons laissé hier soit vers 21h. Nous avons embarqué les valises, nos valises et les vôtres, le guide nous a dit que vous devions vous retrouver plus loin. Nous avons roulé deux heures. Il faisait bien nuit quand nous nous sommes arrêtés pour une pause. Un répit de courte durée car il n’y avait que la station d’essence d’ouverte. Le petit café qui la jouxtait était fermé pour cause d’attaque le jour précédent. Le gérant avait été braqué et tué, à ce que nous dit notre guide, par un groupe de malfrats qui avait emporté la caisse. Il se mit à nous mettre en garde sur le côté peu sûr de la région. Il nous prodigua des conseils, ne jamais s’éloigner du car, rester groupés ... Il aurait voulu nous faire peur qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Et effectivement, il a très bien réussi. Nous étions tétanisés par cette histoire et personne ne pensait plus à lui poser des questions gênantes , en particulier sur le vol des papiers et des cartes bleues.
Nous roulâmes encore deux heures avant de s’arrêter à nouveau. Cette fois en rase campagne. Le guide nous dit de rester dans le car, et le chauffeur descendit. Quand il remonta, une discussion très vive l’opposa au guide. J’ai cru qu’ils allaient se battre. Et puis il s’installa au volant et redémarra. Le guide s’installa à sa place habituelle et resta silencieux. Gérard prit son courage à deux mains et vint le voir.
- Il va falloir nous dire ce qui se passe maintenant ! Levez-vous, prenez le micro, on vous écoute.
- Il ne se passe rien, retournez à votre place !
On voyait qu’il était très en colère, il voulait, par le ton de sa voix faire peur à Gégé. Alors d’autres personnes sont venus à l’avant pour protester, et pour lui montrer qu’il avait tout le car contre lui et qu’il ne s’en tirerait pas comme ça. Certains commençaient à élever le ton comme toi, Robert.
Elle s’adressa à Robert, un marseillais au tempérament bouillant, qui partait au quart de tour quand quelque chose n’allait pas. Il avait une carrure d’armoire à glace, de quoi intimider notre guide.
- Il ne me fait pas peur. Et puis depuis le départ, il m’énerve, alors pour une fois que je pouvais me défouler un peu ! dit Robert très remonté.
Liliane reprit son récit :
« Le guide se lança dans des explications gênées. Le chauffeur et lui avaient un différend qui n’avait rien à voir avec notre voyage, c’était tout. Robert se mis alors très en colère : « Dites au chauffeur d’arrêter, on n’ira pas plus loin et vous nous racontez tout ! » Dit Robert en attrapant le guide par le col. Celui-ci lança un ordre au chauffeur qui gara son véhicule sur le bord de la route. Il éteignit le moteur. Tout le monde s’était tu. Il régnait alors un silence particulièrement intense comme jamais je n’en ai senti dans toute ma vie. Une chape de plomb mêlée d’une angoisse particulièrement éprouvante. On avait l’impression que même le désert retenait son souffle. Le guide commença à s’expliquer après de longues minutes de ce silence horripilant : « Midames et Missier, on nous a volé les bagages à l’arrêt précédent » C’est tout, après cette annonce il est reparti s’asseoir à sa place comme s’il nous avait annoncé que le repas serait bientôt servi. Ce fut comme une explosion, tout le monde se précipita dehors pour vérifier que les soutes étaient bien vides. Il fallait la preuve formelle, cet événement était tellement irréel qu’il fallait que chacun vérifie. C’était comme un tour de magie qu’on a suivi très attentivement quand le prestidigitateur ouvre sa main et qu’il n’y a rien dedans ! Incrédulité ! Nous remontâmes dans le car, le guide prit la parole :
- Ne vous inquiétez pas, nous allons aller au commissariat pour faire une déclaration
- On fera rien du tout dit Robert, vous allez dire au chauffeur qu’il nous ramène à l’hôtel où nous attendrons les autres. Nous aviserons ensuite.
- Aviserons, quoi aviserons ? dit le guide
- Tu la fermes maintenant dit Gilbert, tu as très bien entendu ce que nous avons dit, alors exécution ! Tu n’as pas trop le choix.
Je n’en revenais pas. Gilbert était le plus calme de nous tous. Nous ne lui connaissions pas cette autorité. On connaît mal les gens finalement, ne s’attachant qu’à des signes extérieurs. La découverte d’une personnalité de quelqu’un est un fait bien connu dans les groupes, quand des circonstances exceptionnelles poussent les êtres humains dans leurs retranchements.
Gilbert prit alors la parole à son tour :
- Voilà où nous en sommes, Liliane vous a très bien exposé la situation. Nous avons été dépouillé proprement par une bande de malfrats, c’est clair maintenant ! Il fallait qu’on revienne ici pour vous récupérer, nous avons de la chance de vous avoir retrouvés. Mais la situation est dangereuse. La prochaine étape va être notre assassinat, il n’y a pas d’autres scénarios pour eux. La région est suffisamment retirée et les caches pour entreposer nos cadavres tellement nombreuses qu’ils seront assez tranquilles pour opérer à leur aise. Je propose qu’on monte dans le car et qu’on parte d’ici au plus vite. Même si la région est belle, il n’était pas dans mon projet de m’installer une concession à perpétuité dans une grotte.
Claude contesta :
- C’est bien joli mais on ne va pas demander gentiment au chauffeur de nous emmener là où on voudra
- Bien sûr ! c’est Liliane qui va nous conduire
Tout le monde se regarda incrédule
- Ne vous inquiétez pas dit Liliane, je suis chauffeur de bus à St Etienne. Je pense que la conduite ici en plein désert doit être plus tranquille que St Etienne aux heures de pointe, ne vous inquiétez pas.
On décida de surprendre le chauffeur, Seki et le cyclope, de les attacher et de nous faire la malle. Gérard qui aime bien découvrir, fouiner dans les lieux qu’il visite avait déjà reconnu notre « hôtel » et tous ses recoins. Il connaissait le quartier général de tout ce beau monde. C’est lui qui menerait l’opération « commando ».

Partie 7

C’est étrange comme on peut s’entraîner les uns les autres dans une espèce de folie collective. Quelqu’un avait dit qu’ « ils » allaient nous assassiner et c’était devenu une vérité biblique. Bon on va dire : le principe de précaution. Oui je veux bien, mais personne n’a émis aucune objection, il était clair que nous allions y passer aussitôt endormis ! Le phénomène de groupe fonctionne à fond, cette chanson de Brassens me revenait en mémoire :« Quand on est plus de deux, on est une bande de cons ». Gérard donna ses instructions. On allait partir tous ensemble vers le lieu de rassemblement de nos « futurs assassins » et nous leur tomberions dessus. Ils l’avaient bien mérité quand même, des futurs assassins, on ne va pas les louper !
On arriva au bout d’un couloir. C’était derrière la porte que tout allait se passer. Ils devaient sûrement être armés, il fallait jouer serré. Robert allait ouvrir violemment la porte et nous devions nous engouffrer pour profiter de l’effet de surprise. Chacun avait sa cible, on devait lui tomber à sept dessus. Les bras, les jambes, la tête, tout était prévu. Quel chef de commando ce Gégé ! Bon, je n’étais pas très rassuré, ma cible était le cyclope, celui qui me faisait le plus peur ! Je tremblais derrière cette porte où nous attendions le moment favorable.
Robert ouvrit la porte, donnant le signal à notre assaut. Nos ennemis étaient tranquillement installés dans des fauteuils à fumer des narguilés. Nous nous abattîmes sur eux en poussant de grands cris. Le chauffeur et le guide furent rapidement maîtrisés mais le cyclope nous donna davantage de fil à retordre. Ma fonction était de lui tenir les jambes, mais je n’y arrivais pas. J’ai cru qu’il allait réussir à se lever après qu’il m’eut envoyé un coup de pied dans le menton. Heureusement les autres vinrent à la rescousse et la grosses brute fut maîtrisée à son tour. Un peu sonné, je participais à la séance de saucissonnage de nos prisonniers. Entre deux nœuds je faisais une pause pour frotter mon menton endolori ! C’était mon baptême de commando, moi qui n’ai même pas fait mon service militaire ! Quand même quelque chose me chiffonnait. Nous étions venus à bout de ces trois costauds trop facilement mis à part mon hématome mentonnier comme dommage collatéral ! Une pensée comme ça vite oubliée car il fallait se dépêcher.
Nous montâmes dans le car et Liliane, comme un chef s’arracha. J’admirais sa virtuosité ! Il faisait jour, c’était le première fois que nous roulions de jour. Je ne sais pas si c’est l’émotion différée qui nous anéantissait mais personne ne parlait, il fallait digérer ce coup d’éclat ! Et puis surtout il fallait aviser. Bon, on avait échappé à de terribles étrangleurs, mais maintenant ? Au bout d’un moment, Haydé prit la parole. Encore un étonnement, il fallait croire que chacun allait avoir son moment de gloire dans cette aventure. Haydé la discrète dont on n’avait quasiment pas entendu le son de la voix, se posait en leader avec, je dois dire, une belle autorité :
- Il faut s’organiser. Nous avons échappé à nos bourreaux mais nous ne sommes pas tirés d’affaire. Nous ne savons même pas dans quel pays nous sommes ! Je propose la chose suivante : nous allons rouler le plus longtemps possible, jusqu’à temps que des policiers nous arrêtent. Enfin des vrais policiers, j’espère. A ce moment, on pourra alerter notre ambassade pour nous rapatrier.
- On va être encore arrêtés dit Monique. Je ne supporterai pas un autre interrogatoire !
- Tu le supporteras comme nous tous ! Tu as mieux à proposer ? Alors, vas-y ?
Haydé lui avait clos le bec avec toute son autorité . Puis elle se tourna vers les autres :
- D’autres questions ?
- Comment on va faire pour l’essence dit Laurence ?
Tiens Laurence, on aurait eu tendance à l’oublier celle-là. Avec sa copine Julie, elles avaient fait bande à part depuis le début, aussi elles ne s’étaient pas attirés que des sympathies. Il n’y avait que Paul qui les avait peut-être charmées avec des histoires de particules tournantes ? L’une d’entre elles avait peut-être des vues sur ce célibataire ? En tout cas, il appuya la question de Laurence :
- C’est vrai ça, il va bien falloir faire le plein !
Ces questions eurent l’air d’excéder un peu Haydé. Mais elle y répondit en gardant son calme.
- Gérard a tout prévu, dit-elle, il a fait les poches de nos « chers organisateurs », nous avons ce qu’il faut pour faire plusieurs pleins.
- Ce n’est qu’un emprunt dit Gérard, j’ai bien l’intention de leur rembourser au taux légal du pays. Mais comme on ne connaît pas ce taux, ni même le pays d’ailleurs, il va falloir qu’ils attendent un peu.
Il n’y a rien de tel qu’un peu d’humour pour faire tomber la pression. La réflexion de Gégé nous libéra un peu, j’ai cru que cette discussion allait tourner au vinaigre.
Je profitai de cette pause pour admirer le paysage. La route suivait une rivière très encaissée. Pas un arbre, pas un habitant, le site était vraiment grandiose. Nous remontions la rivière, la route s’élevait. En s’élevant, on aurait dit qu’elle en profiter pour s’alléger. Son étroitesse devenait de plus en plus impressionnante. J’imaginais que Liliane ne rigolait pas vraiment. Les rues de St Etienne n’ont pas grand chose à voir avec ces routes de montagne. Enfin ces routes !! C’est un chemin étroit que se déroulait devant nous. Et puis on arriva au bout de notre route. Un pont en bois avait été emporté par la rivière, plus moyen d’aller plus loin ! Plus moyen non plus de faire demi-tour ! Liliane s’arrêta, nous descendîmes pour nous rendre compte de la situation.

Partie 8

Nous avions beaucoup roulé toute cette journée. Nous étions bloqués à 2000 mètres d’altitude sans pouvoir ni avancer, ni faire demi tour. J’ai une montre qui fait altimètre, ça ne sert à rien, je sais. Mais au moins si je dois mourir, je ne mourrai pas idiot, je saurais que mon trépas aura lieu à cette altitude ! Nous comptions nous faire « arrêter » par la police, sur cette route déserte et coupée, ce n’était pas gagné. Je ne voyais pas pourquoi des policiers auraient eu l’idée de venir par ici.
Nous inspectâmes le terrain. Pas moyen de faire demi-tour. Une marche arrière était trop dangereuse, même si Liliane était bonne conductrice, sur cette route souvent en surplomb c’était du suicide. Jacques prit la parole :
- L’affaire est grave. Nous voilà bloqués dans des montagnes désertes et la nuit va tomber. A cette altitude, nous allons avoir froid, il faut qu’on trouve un abri. Nous pouvons passer la nuit dans le car, ou alors aller nous réfugier dans des grottes. La région est un véritable gruyère ici, il y a des grottes partout. Nous y serons à l’abri, qu’est ce que vous en pensez ?
- Je pense que c’est une bonne idée, je suis partant, dit Gégé.
Seuls, Laurence et Paul voulaient rester dans le car. Tiens tiens, comme par hasard. ! Au moins, si on survit, ces deux là n’auront pas tout perdu dans ce voyage ! Nous montâmes explorer la montagne et pas loin du car, nous découvrîmes une grotte, une ancienne habitation troglodyte. Des espèces de banquettes avaient été aménagées dans les pièces, un véritable quatre étoiles, pour nous.
- Il paraît que c’est la grande mode d’aller coucher comme ça dans des endroits insolites dit Gilbert. J’ai failli aller un jour passer un week end dans une yourte en Sibérie. Ici ça vaut la yourte, en quelque sorte, mon rêve s’exhausse. Mais il y a aussi des hôtels creusés dans la glace au pôle sud. Et vous savez, c’est pas donné !
- Génial, on a tout ça pour le même prix s’exclama Robert, quand même ce voyagiste a fait fort ! La rudesse de la yourte, la caillante du pôle sud, chapeau !
- Ah mais moi, je ne vais pas dormir là-dessus, c’est bien trop dur ! dit Monique !
On avait l’impression que tout le monde attendait son intervention. Nous avions retrouvé la Monique râleuse que nous adorions, elle nous avait un peu inquiétés dans le « commissariat ». Aussi nous partîmes tous dans une grand éclat de rire cathartique. Géniale Monique pour faire tomber le stress, et elle ne se rendait toujours pas compte de ses dons !
- Mais qu’est ce que j’ai dit encore ? Il n’y a rien de drôle !
- Je t’expliquerai ma puce, dit Claude, je t’expliquerai, c’est pas grave.
On s’installa pour la nuit. Nous commencions à avoir faim, nous n’étions quand même pas des pros, personne n’avait songé à acheter à manger !
De ma couchette, j’apercevais un petit coin de ciel par l’entrée de la grotte. Le ciel était d’une pureté que je n’ai jamais vue de ma vie. Le silence impressionnant. On a oublié ce que peut être le silence dans nos sociétés technologiques. Il y a toujours quelque part un moteur, quelque chose qui fait du bruit, une route au loin, des avions dans le ciel … Ici il n’y avait rien que le silence, j’entendais nettement les battements de mon cœur directement dans mes oreilles. Avec Nathalie, nous nous serrions pour avoir moins froid. Elle me dit :
- Chéri, il est génial ton voyage, je n’ai jamais été aussi heureuse !
J’étais loin de m’attendre à cette réflexion et pourtant, je pensais justement la même chose. Après avoir vécu un moment aussi intense, on peut mourir ! C’est la dernière pensée qui me vint avant de m’endormir.
Le matin, le spectacle valait celui de la nuit . Un lever de soleil fantastique sur les montagnes. Une petite brume enveloppait le paysage, qui ne demandait qu’à se faire déchirer par les premiers rayons. Nous étions tétanisés par la splendeur de ce lieu.
- Un bel endroit pour une dernière demeure, me dit Liliane.
- Je n’arrête pas d’y penser, c’est bizarre, et je me sens rassuré au lieu d’avoir peur, lui répondis-je.
Nous redescendîmes au car. Nous retrouvâmes Laurence et Paul qui semblaient avoir passé une excellente nuit si on jugeait par leurs mines réjouies. Il fallait se décider, nous étions perdus dans cette montagne déserte, sans trop d’espoir que quelqu’un vienne à passer. Nous n’avions rien à manger, l’euphorie de cette nuit magique commençait à se dissiper, balayée par les problèmes concrets. Haydé résuma la situation :
- On n’a pas trop le choix. Je vois trois possibilités. Soit on attend ici que quelqu’un passe pour alerter les secours. Ou bien on part à pied, vers le haut, ou vers le bas. Si on fait demi tour, on connaît la route, la station où nous avons fait le plein est à trois heures de car, soit environ 180 kilomètres. La troisième possibilité est qu’on essaye une marche arrière très risquée avec le car, jusqu’à temps qu’on trouve un endroit pour faire demi tour, voilà, j’attends vos suggestions.
- Puisque le troisième possibilité dépend de Liliane, j’aimerais bien savoir ce qu’elle en pense dit Gilbert. Liliane, es tu capable de faire marche arrière sur cette route ?
- Je n’en sais pas plus que vous dit Liliane. Je ne l’ai jamais fait. Ca pourrait peut être s’envisager, vous me guideriez, à 3 ou 4 à l’heure.
- Moi je serais d’accord pour essayer dit Robert. Je m’installerai à l’arrière du car et je guiderai Liliane. On risque quand même d’y passer beaucoup de temps, je ne sais pas si c’est jouable.
- C’est mon avis aussi d’essayer dit Paul. On perdra un jour au maximum. Si on voit qu’on n’y arrive pas, on partira vers le col à pied.
Jacques prit la parole :
- Si tout le monde est d’accord, on va essayer. Liliane, tu es partante ?
- Allons-y, je ne promets rien !
On s’organisa, sous la direction de Jacques. Robert s’installa à l’arrière du car, Deux personnes devant et deux personnes derrière pour guider la manœuvre. J’étais devant . Mon rôle consistait à montrer avec mes mains la distance des roues au bord du chemin.
Le démarrage fut difficile, le car était dans un virage, ce qui obligea Liliane à souvent repartir vers l’avant. Elle mit dix minutes pour se sortir de ce premier virage, c’était pas gagné !
On gagnait un peu de temps dans les parties un peu plus droite mais dès qu’il y avait un virage un peu plus prononcé, il fallait encore dix minutes- un quart d’heure pour s’en sortir. A bout d’une heure on avait parcouru trois cents mètres. Il fallait s’arrêter pour faire refroidir le moteur qui avait beaucoup souffert lors de ces manœuvres. Une bonne demie-heure fut nécessaires. On s’installa sur ce rythme. Le soir vers 18h , nous avions parcouru deux kilomètres et demi. Nous étions découragés. Avant que nous commencions la manœuvre, Julie se proposa pour aller en reconnaissance pour trouver un endroit où on pourrait faire demi tour. Sportive et joggeuse, elle n’aurait pas de mal à faire l’aller retour. Julie remontait dans mon estime, jamais jusque là elle ne s’était vraiment intégrée au groupe, mais maintenant que sa copine Laurence avait d’autre préoccupations, son attitude avait changé. Pourtant à 18h, nous ne l’avions toujours pas vu revenir, et nous commencions à être un peu inquiet. On se donna jusqu’à 20 heures avant d’arrêter.. On continuait quand même mais on voyait que nous n’y arriverions pas. L’issue serait une panne du moteur ou une panne d’essence, nous consommions beaucoup dans ces manœuvres. L’absence de Julie n’était pas un bon signe . Nous n’osions pas envisager qu’il lui soit arrivé un malheur, mais tout le monde avait cette idée quelque part dans la tête. Et puis vers 21 heures, nous avons vu arriver une voiture de police, avec Julie à l’intérieur. Elle nous expliqua qu’elle avait parcouru environ 20 km avant de trouver le fameux point où le car pourrait manœuvrer. C’était inenvisageable. Elle a donc décidé d’aller chercher du secours. Elle parcourut alors une quarantaine de kilomètres avant de trouver un village. Les explications n’ont pas été simples, mais le chef du village qui connaissait quelques mots d’anglais, a compris qu’il fallait appeler les secours. Nous devions notre salut à Julie sur laquelle nous n’avions pas arrêter de médire depuis le départ, comme on peut se tromper quelquefois !
Les formalités de rapatriement furent assez longues. Nous apprîmes d’abord que nous étions en Kazakhie, un pays dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Nous étions sans nos papiers, totalement dépouillés. Nous nous sommes installés dans une ville appelée Tchou. Il a fallu y rester une semaine avant que toutes les formalités soient réglées. Les distractions sont assez limitées à Tchou, mais l’ambiance était tellement bonne dans notre groupe que nous avons passé la semaine la plus merveilleuse qu’on ait vécue dans notre vie. La veille de notre départ, Christine m’a dit qu’elle voulait nous parler à moi et à Nathalie. Très intrigués nous l’écoutâmes :
- Il y a quelque chose qu’il faut que je vous dise, mais il ne faudra pas le répéter aux autres.
Elle avait pris un ton d’une extrême gravité.
- C’est au sujet du voyage. Je pense que je vais vous décevoir beaucoup …. Bon je me lance. Toutes nos « aventures » étaient bidons. Le scénario était écrit à l’avance.
- Et notre sauvetage ? ajoutai-je d’un air incrédule
- Pareil ! Nous savions que Julie était mûre pour aller chercher du secours, elle était attendue dans le village, la police était prévenue aussi.. Gégé et moi, sommes des taupes de l’organisation. Pour faire pression discrètement pour que tout se passe comme nous l’avions prévu. De ce point de vue ce voyage est une parfaite réussite.
- Mais pourquoi tu nous dis ça à nous ? dit Nathalie
- Je ne vais pas ébruiter l’affaire, je préfère que les autres croient qu’ils ont vécu une grande aventure et qu’ils s’en sont sortis grâce à leur courage. Tout le monde est fier et ravi, non ? Ils en ont eu pour leur argent, c’est ce qui compte.
- Et nous alors ? dit Nathalie
- Avant le départ, on étudie le profil psychologique des participants. Au passage, vous comprenez maintenant le pourquoi du prix de ce voyage. Je sais que vous ne vous épanouissez pas tellement dans vos boulots. La société qui organise ce genre de voyage veut se développer et désire recruter de nouveaux collaborateurs. Nous vous avons étudiés avec Gégé et nous pensons que vous avez tout à fait le profil. Vous avez vu, ce n’est pas compliqué, est-ce que vous désirez devenir une Nathalie et un Gégé ? Ne répondez pas tout de suite, vous me donnerez votre réponse à Lyon à l’aéroport. Pour rester discret, on va convenir de la chose suivante. Si Nathalie fait la bise à Gégé ce sera oui, si elle lui serre la main, ce sera non.
A l’aéroport St Exupéry, les au-revoir furent difficiles. Et puis nous nous sommes tous embrassés et nous partîmes chacun de notre côté.
Même la fin ils l’avaient prévue ! Très fort !

FIN

Voilà, merci d'être arrivé là.

 
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