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MISTERWEBY


de l'amour à la haine il n'y a qu'un pas...
   
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  Publié: 27 juil 2007 à 10:08
Modifié:  29 juil 2015 à 08:43 par MISTERWEBY
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Le vieux





Il est assis le vieux. Sur un vieux banc en pierre, qui a bien trois fois son âge. Et pourtant, il a pas loin de quatre-vingt dix ans déjà, le vieux. Ses traits sont marqués, sinueux, de larges rides le parcourent, comme le banc. Son banc. Son banc en pierre, usé par le temps, comme lui. Parfois il se dit que c’est son plus vieil ami, son plus fidèle compagnon. Il a tout traversé avec lui. Il l’a protégé durant la première guerre, lorsqu’il se cachait dessous. Il a été le témoin de ses tendres rendez-vous, de ses premiers baisers. De ses jeux aussi, lorsqu’il jouait aux cartes sur lui, ou lorsqu’il jouait à s’asperger avec la voisine, la petite Monique. Qu’est-elle devenue d’ailleurs ? Il ne l’a jamais su. Il lui arrive même de lui parler, à son banc. Certains disent qu’il est fou, mais ils ne peuvent pas comprendre…

Certaines mauvaises langues disent même que c’est la qu’il aurait conçu son premier enfant, sur ce petit banc, dans ce petit parc, à côté de sa maison en pierre, presque en ruines. « Comme lui ». Du moins c’est ce que disent en plaisantant les enfants du village. Le vieux, la ruine, ou « pépé la tremblote » pour les plus polis. A force de surnoms, Il en a oublié son prénom. A cause de l’âge aussi, sans doute. Pourtant il se souvient de ces moments sur ce banc. Le banc de sa jeunesse, celui de ses amours, de ses pique-niques en famille. Celui de la fête du village aussi, qui supportait un coin de l’estrade en bois du 14 juillet. Ce fameux 14 juillet où il a rencontré Charlotte, qui deviendra sa femme quelques années plus tard. Et qui partira bien avant lui, le laissant seul pour les dernières années de sa vie…

Quand les gens le croisent dans la rue du village, ils savent où il va. « Il va au banc. » Tout le monde le sait. Et tout le monde le connaît. C’est une célébrité ici. Le vieux du village, il n’y en a qu’un ici. C’est lui, le seul, l’unique. Il a tout connu du village, et il peut passer des heures à raconter ses histoires, la guerre, la libération, l’arrivée de la télévision, le maire communiste, l’arrivée des premiers citadins… Tout lui revient, quand il est sur son banc. Il ne sourit plus pourtant. Trop fatigué. Son visage est neutre, il se contente de regarder. Les enfants qui jouent, les boulistes du nouveau lotissement d’en face, les passants, les promeneurs et les chiens errants. Et les voitures. Il y en a de plus en plus. Et elles vont de plus en plus vite. Et ça fait de plus en plus de bruit. Il ne les supporte plus ces voitures, qui gâchent ses heures de repos sur son banc. Il est presque sourd pourtant : il faut lui répéter dix fois les choses quand on lui parle ! Mais les voitures, il les entend. Du moins, il les ressent. Il sent le souffle d’air qu’elles provoquent quand elles passent, et il sent le sol vibrer quand les camions passent trop vite. Il n’en peut plus de ces voitures, qui polluent et qui le font tousser un peu plus qu’il ne tousse déjà…

Depuis quelques années, il fait très chaud les étés. Le vieux ne sort plus trop, il reste au frais chez lui. En supportant la chaleur, comme il peut. En s’occupant, comme il peut. Il n’a pas la force d’aller à ce banc quand il fait trop chaud, mais ça lui manque. Il ne voit plus personne. Il ne passe plus devant la boulangerie, prendre sa demi-baguette en revenant de son banc. Il ne passe plus devant la mairie non plus, il n’est plus très au courant des affaires du village du coup. De toute façon son ami le maire est à la retraite depuis quelques années lui aussi…

Un jour de septembre, où le soleil lui accorde sa clémence, il retourne sur son banc, place de la Liberté, en passant devant la boulangerie et la mairie, comme toujours. Il s’assoit sur son banc comme à son habitude. Mais il ne regarde pas les enfants jouer, il ne regarde pas les boulistes non plus. Il à la tête penchée vers l’avant. Les enfants sont intrigués par ce comportement inhabituel, lui qui leur faisait toujours un signe de la main, ou qui frappait le sol avec sa canne en grommelant quelques injures incompréhensibles lorsqu’ils passaient trop près de lui en vélo. Aujourd’hui il est impassible. Alors ils s’approchent. D’abord avec leur vélo, pour espérer le faire réagir, puis à pied. Il garde sa tête baissée, mais ils devinent quelques larmes sur sa joue. « Monsieur, qu’est-ce qui ne va pas ? ». Il ne parle plus beaucoup le vieux. La fatigue, et aussi parce qu’il n’entend pas ce qu’on lui dit. Mais il devine la question qu’on lui a posée, alors il lève sa canne, et la dirige de sa main tremblante en direction de la mairie. Les enfants courent devant la mairie. Sur le panneau d’affichage de l’entrée, on peut y lire :

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Compte-rendu de l’assemblée du 12 aout 2004 :

Suite à l’augmentation de la circulation automobile dans le village,
et suite aux problèmes de stationnement inhérents, il a été décidé lors de l’assemblée générale la transformation de la place de la Liberté en parking de 24 places. Les travaux débuteront dès septembre.
---------------------------------------------------------------------------------------




Le vieux est assis sur son banc. Et il pleure. C’est la première fois qu’il pleure ici. Il sait que c’est sûrement la dernière fois qu’il s’assied dessus. Ses larmes coulent jusque sur le banc. Il regarde l’eau s’écouler lentement le long de la pierre, dans les dessins façonnés par le temps. Le soleil commence à disparaître derrière la colline, Il se fait tard maintenant, il a pleuré une bonne partie de l’après-midi, il doit rentrer maintenant. Il se lève en gardant la tête baissée, en signe de deuil.

Son regard s’arrête sur les traces de ses larmes. Elles ont suivi les contours de la pierre, pour dessiner des formes. On dirait des lettres. Des images lui reviennent : quelques jours après ce fameux 14 juillet, il avait gravé leurs initiales dans cette pierre. « CMC » se dessine en lettre de larmes sur le banc. Ça lui revient alors : « Christian M Charlotte ». Grâce à son compagnon de pierre, fidèle jusqu’au bout, il à retrouvé un peu de mémoire, et un peu plus même : un prénom, une identité…

En s’éloignant lentement, Il se retourne pour lancer un dernier regard et adresser une dernière parole à son fidèle allié : « Adieu camarade et merci pour tout ! ». Des badauds le regardent, étonnés, ils le prennent sûrement pour un fou. Ce n’est pas grave, pense-t-il, ils ne peuvent pas comprendre…


Photo sous licence Creative Commons, libre de reproduction
Origine : ICI

  Nous autres, poètes, quand nous avons de la peine, au lieu de la chasser, nous lui cherchons un titre [San Antonio]
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15 novembre 2011
  Publié: 9 déc 2007 à 12:53 Citer     Aller en bas de page

J'ai adoré ma lecture ...

Ça me fait penser quand j'étais toute petite, l'arbre dans ma cour arrière. Il était mort et il était dangereux, il aurait pu tomber. Mais j'étais jeune et ça j'en avait rien a foutre, je jouais autour et parfois je me demandais qu'elle âge il pouvait bien avoir. Ça m'intriguait, et j'me fesait des histoires avec ça. Peut-être qu'il avait connu les dinosaures ? Et le matin quand je me réveillais, je regardais pas la fenêtre entre ses branches et puis j'm'amusais a y trouver des formes, comme on fait avec les nuages. Hop, un oiseau ... Regarde ! Un Lutin. Mais un jour on l'a coupé, et puis j'étais jeune ... Et ce jour la, j'dois avoué, j'l'ai pleuré mon arbre.

C'est stupide dit comme ça, mais maintenant quand j'regarde par la fenêtre de ma chambre, y'a un vide qu'on ne pourait combler ...


Un magnifique texte.

 
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A chaque souffle s'accorde un vagabond
   
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7 avril
  Publié: 6 sept 2008 à 06:24 Citer     Aller en bas de page

J'ai adoré lire cette nouvelle, aimé frissonner sous cette histoire...


moi, c'est ma forêt dans mon village natal qui me manque, et mon cerisier...



  Je suis comme ce temps que l'on ne remonte pas : décalée et détraquée.
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