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Ossette


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  Publié: 2 juil 2017 à 20:23
Modifié:  8 juil 2017 à 05:15 par Ossette
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La première chose à laquelle je pourrais penser, c'est l'approche du corps dans le médico-social. Notamment, et parce que c'est ce que je vois beaucoup dans mon travail, la tendance que l'on peut avoir à approcher une personne par son handicap.

On va approcher une personne lorsqu'elle est tétraplégique, on va toucher son corps dans des moments intimes, et du coup on va rentrer dans son intimité, dans sa vie, de manière "brutale", sans forcément pouvoir, ou vouloir, prendre cette personne avec tout ce qui la fait et non juste le handicap qui fait qu'on s'en occupe.

Ce n'est pas que l'on n'y pense pas, ou qu'on ne voit pas la personne réellement, mais c'est un métier qui demande une certaine carapace, une certaine protection pour pouvoir continuer à le faire... Quitte à parfois en perdre son humanité... Ou celle de ceux dont on s'occupe, avec qui on vit, que l'on accompagne.... Tous les mots sont possibles ici. On peut même dire ceux qu'on aime.

On oublie vite (pour se protéger, pour ne pas blesser, pour savoir être) dans ce métier qu'on ne s'occupe pas d'un corps, d'un handicap, mais d'une personne avec une vie, une histoire, une famille, de l'amour, de la peur, des horreurs et des merveilles.
Pour ma part, je vis avec les personnes pour qui, avec qui, je travaille et j'entends souvent que mon travail est trop présent dans ma vie... C'est là qu'est le souci. Pour moi, ce n'est pas un travail. C'est variable en fonction des jours, mais c'est avant tout les gens avec qui je vis, même si, oui, par la loi il s'agit d'un travail.

On va s'approcher d'eux, avec des gants, des masques et c'est normal en soi. Pour des raisons d'hygiène, de sécurité... Mais cela n'en reste pas moins des personnes.
On va écrire des papiers, créer des projets, parler d'eux à la troisième personne, ne pas leur faire la bise... Mais en se battant pour qu'ils puissent vivre, on ne leur reconnaîtra pas une identité complète.

Si je dérive du sujet, je parlerais d'Alzheimer... De ceux qui vivent ce chemin-là. Famille, professionnels, personnes... Cette maladie touche tout le monde, et pourtant peu de gens la touchent vraiment.
On a tendance à rectifier le tir, à corriger, pensant aider. Alzheimer ne fait pas d'une personne aimée une autre personne. Faire un deuil sans la mort est une violence, tant pour la personne dont on fait le deuil que pour celle qui le fait. Je parle d'expérience et ne donne ici que mon propre avis bien sûr.

J'ai fait le deuil de ma grand-mère avant sa mort. Elle ne nous reconnaissait plus, ni moi, ni ses enfants, ni son mari... Elle pensait être dans sa jeunesse, elle oubliait, elle prenait peur...
Puis elle est devenue violente verbalement, dépendante physiquement, paralysée... Un chemin de vie difficile, j'irais même jusqu'à dire immonde. Mais, et ce fut là mon "erreur", c'était ma grand-mère jusqu'au bout.
Que ce soit cette femme aimante, ou bien celle qui me suppliait, qui pleurait, elle restait quand même ma grand-mère. Alors il a fallu tenter de communiquer, parler, exprimer ce que nous pouvions nous dire.

Alzheimer est une saloperie, mais ce n'est pas la mort d'une personne. C'est un autre moyen de communiquer, une autre manière de raconter, de se raconter. C'est un chemin bien difficile, qu'on ne choisit pas, et qu'on vit rarement bien. Mais pour l'avoir vécu un temps, c'est aussi ça, vivre jusqu'au bout.
Une personne qui en est atteinte, reste une personne avant tout. Elle a été aimée, elle a aimé, elle a vécu, elle a grandi, pleuré, rigolé, sûrement fait des tas de choses avant de sombrer lentement.
Alors il faut s'en souvenir comme telle, et mettre du rire sur les larmes séchées.

  ZZ
THOMAS Cet utilisateur est un membre privilège


Ne crains pas d'être ignoré, mais d'être ignorant.
   
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30 juillet
  Publié: 3 juil 2017 à 00:54 Citer     Aller en bas de page

Après presque 20 ans à traîner dans les hopitaux, j'ai un regard sur ton texte assez proche. J'ai accompagné des personnes mourantes, soigné le corps, pansé les plaies quelques années. Puis depuis 10 ans la psychiatrie, dont ces dernières années en service de contrainte.

Le rapport à la personne soignée est très travaillée dès nos études d'infirmiers. La neutralité bienveillante, une condition sine qua non, qu'il n'est pas si aisé de s'approprier (s'intérioriser). Certaines personnes (leur histoire) happent des petits bouts de nous. Il y a une distance au delà de laquelle nous leur sommes étrangers et en deçà de laquelle, nous n'aidons plus et nous brûlons les ailes.
Chaque accompagnateur social ou sanitaire fait ce qu'il peut avec ce qu'il est.

Notre intrusion dans leur vie intime demande de notre part le plus grand respect et l'acceptation de la différence.

Quant à nos expériences personnelles... Elles en sont irrémédiablement changées. Car la mort, la souffrance, la maladie sont des choses, trop vues, rendues "normales". Comme mises distance de nous et acceptées comme des réalités permanentes, là où avant elles étaient reléguées au rang des "choses qui peuvent éventuellement, peut-être arriver, mais surtout aux autres".

Une chose que m'a ôté mon métier: c'est l'espoir. Maintenant, quand quelqu'un est malade gravement dans mon entourage, je n'arrive plus à espérer, "je sais". Je sais les évolutions possibles, j'ai les images en tête des conséquences, je revois les pleurs des familles. J'ai une vision terriblement lucide qui empêche de laisser mon coeur au repos. Je n'entends pas facilement les sirènes de l'espérance.
Je te rejoins encore ici Ossette. Je fais mes deuils du vivant des gens, lorsque le décès était "prévisible". Et ça c'est dur à vivre, quand sur leur tombe tu n'es plus en colère, tu es déjà dans l'acceptation, là où les autres se débattent encore.

Pour terminer(je me suis éloigné de ton réel propos), je pense que nous devons, nous société, refaire de la place à toutes ces personnes cassées, malades, handicapées, différentes. Nous devons regarder au delà des handicaps et des apparences pour que chaque personne garde sa dignité, conserve son histoire et dans la mesure du possible sa liberté de choix et de vie.

 
ODIN
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J'ai une langue, qu'elle soit utile et subtile!
   
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16 octobre
  Publié: 3 juil 2017 à 03:49 Citer     Aller en bas de page

Ses métiers ne devraient-ils pas être exercés pendant un temps, avant une carapace?

 
Maschoune

Modératrice


Je voudrais tout savoir pour pouvoir tout t'apprendre et tout avoir pour pouvoir tout te donner-Brel
   
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17 octobre
  Publié: 3 juil 2017 à 08:43 Citer     Aller en bas de page

OSSETTE, ton témoignage, étayé par celui de Thomas, est à la fois
éprouvant et émouvant ...

Tu as bien fait de l'écrire ici,
il ouvre les yeux,
permet d'appréhender les choses différemment ...
peut-être ...

Merci à toi

  ISABELLE
Cidnos
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16 octobre
  Publié: 8 juil 2017 à 07:36 Citer     Aller en bas de page

J ai trouvé vos témoignages enrichissants
Merci
Christophe

 
Chado


Sourie à la vie et elle te sourira.
   
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17 mai
  Publié: 4 août 2017 à 05:35 Citer     Aller en bas de page

Très belle description de cette maladie ravageuse.

Chado

  Chado
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