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LPDP :: Poèmes par thèmes : Rubrique exceptionnelle : "13 novembre" :: Les nations rassemblées Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Le Poète Masqué


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5 juillet
  Publié: 22 nov 2015 à 07:16
Modifié:  3 juil 2016 à 20:24 par Le Poète Masqué
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On entend une rumeur sur les montagnes, Comme celle d'un peuple nombreux.
On entend un tumulte de royaumes, de nations rassemblées : l'Éternel des armées passe en revue l'armée qui va combattre.
Ésaïe 13:4


Je vous abhorre, terroristes effrayants
Qui tirez dans la foule à la Kalachnikov !
Vous n'êtes pas de vrais et nobles musulmans !

Le monde entier va déployer toutes ses forces ;
Un déluge de feu va s'abattre sur vous !
On va vous écraser, dans une guerre atroce !

Toutes les nations vont vous mettre à genoux !
De puissantes armées sont sur le pied de guerre.
Les chasseurs bombardiers se dirigent vers vous !

Vous nous avez frappés ; nous sommes en colère !
Sur tous vos bâtiments les bombes vont pleuvoir !
Mettez-vous à l'abri et faites vos prières !

Vous nous avez plongés dans l'âpre cauchemar
Mais à la fin, après tous ces bombardements,
Nos drapeaux flotteront sur vos membres épars !

Le pilote de chasse sur ses instruments
Voit progressivement apparaître la cible
Et bientôt sonnera l'heure du châtiment !

Et nous éprouverons une joie indicible
Quand au cœur du brasier une hydre monstrueuse
Refermera sur vous ses mâchoires terribles !

Les hommes lèveront leurs mains victorieuses,
Soulagés d'avoir vu dans l'immense brasier
S'anéantir enfin vos légions affreuses !





___________________________________

© 2015


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Ombline


Je ne trempe pas ma plume dans un encrier mais dans la vie. Blaise Cendrars
   
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3 juillet
  Publié: 22 nov 2015 à 12:03
Modifié:  23 nov 2015 à 07:17 par Ombline
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Il est temps que toute cette terreur soit enrayée car on ne peut tuer avec une telle horreur au nom d'une religion qui n'est pas la religion musulmane mais juste celle d'être le plus puissant et de vouloir dominer le monde en utilisant la barbarie...Gardons espoir et que les mots Liberté et humanité soient notre lumière à venir...



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21 novembre
  Publié: 23 nov 2015 à 07:10 Citer     Aller en bas de page

Merci, Le Poète Masqué, du partage. Et nous dire que la poésie parle de l'Homme sous tous ces aspects. C'est vrai que je la préfère quand elle nous grandit vers un idéal élevé. Mais déjà se voir tel que nous sommes, voir nos bas instincts ; c'est déjà apprendre sur soi. Envers les terroristes de tous bord, je n'ai pas de haine. Plutôt écoeuré par leurs actes. J'éprouve plus de la pitié à leur égard. A bientôt !

 
Le Poète Masqué


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5 juillet
  Publié: 23 nov 2015 à 13:32
Modifié:  23 nov 2015 à 13:59 par Le Poète Masqué
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Citation de Ombline
Il est temps que toute cette terreur soit enrayée car on ne peut tuer avec une telle horreur au nom d'une religion qui n'est pas la religion musulmane mais juste celle d'être le plus puissant et de vouloir dominer le monde en utilisant la barbarie...Gardons espoir et que les mots Liberté et humanité soient notre lumière à venir...



Merci Ombline !
Que toute cette terreur soit enrayée ! Oui.
Merci pour votre lecture et pour ces mots splendides !

A bientôt, amie poétesse de la Passion des Poèmes...

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Le Poète Masqué


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5 juillet
  Publié: 23 nov 2015 à 13:39
Modifié:  23 nov 2015 à 18:41 par Le Poète Masqué
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Citation de Tipotlatch
Va-t-en-guerre et pleutre réuni : cela ne nous grandit pas...

Voilà de quoi nous donner à tous des cauchemars supplémentaires...

Non, lorsqu'elle se commet avec la geste guerrière, la poésie, même celle des plus grands, peut faire tous les effets de manche qu'elle voudra, elle ne mettra jamais que la seule misère de l'être humain en lumière en tirant dans l'ombre tout ce qui fait sa grandeur.

Reprenez-vous Le Poète Masqué !



Bonsoir ami de la Passion des Poèmes,

Je regrette que vous me découvriez avec ce texte un peu véhément, qui ne représente pas entièrement ma personnalité, je vous rassure.
Je vous remercie de m'avoir laissé un commentaire sincère, avec lequel je suis en partie d'accord : une opération militaire est toujours un fait déplorable qu'un poète devrait se garder de magnifier (comme je l'ai fait avec des vers empreints d'une certaine véhémence, effectivement). Mon texte a été écrit à un instant T, et la force d'un auteur est de pouvoir porter un regard critique sur ses propres écrits, opération que je suis tout à fait prêt à accomplir.

Permettez-moi de reprendre certains de vos propos (indiqués entre guillemets) et de les commenter :
--------------------------------------------------------------------
"des cauchemars supplémentaires..." : effectivement, je reconnais que mon poème dresse un tableau aussi cauchemardesque que celui des attaques terroristes, mais il s'agit d'une vision poétique, et la poésie n'est pas faite que de pétales de roses (et je le regrette, bien entendu).
-------------------------------------------------------------------
"Reprenez-vous Le Poète Masqué !" (rire) : oui, effectivement, j'ai laissé s'exprimer ma colère, mais l'écriture sert précisément à exprimer ses sentiments, et dans le cas présent, j'estime que cet accès de colère est un peu justifié. Je ne me mets pas en colère parce que l'on a dérangé ma coiffure mais parce que l'on a assassiné plus de 130 personnes à la Kalachnikov ! Et je pense que je ne suis pas le seul à éprouver cette colère (que nous devons bien entendu contrôler et canaliser, pour effectuer un traitement raisonné de la situation).
-------------------------------------------------------------------
"Va-t-en guerre" : oui, si vous voulez, mais je rappelle quand même qu'il s'agit d'opérations militaires destinées à neutraliser un groupe de terroristes. Ces opérations sont donc tout à fait justifiées,- et nécessaires. - J'ai ajouté une "hydre" pour rendre le tableau plus effrayant ; c'est peut-être excessif mais cette créature a surgi d'elle-même, si je puis dire...
---------------------------------------------------------------------
"Pleutre" / définition : "homme sans dignité et sans courage". Cette définition ne correspond pas à ma personnalité. Elle ne correspond pas non plus au contenu du poème. Je ne vois pas pourquoi vous employez ce terme ; il est venu automatiquement avec le terme "va-t-en guerre", semble-t-il, mais je le considère comme sans fondement par rapport à mes qualités humaines (dont le courage et la dignité font immanquablement partie). Je l'accepterai totalement et je m'engage à inscrire la phrase "Je suis un pleutre" sur mon front, au marqueur noir, si vous me démontrez que l'auteur de ce texte est un pleutre... J'attends donc la démonstration, avec le marqueur noir en main ! (rire)
------------------------------------------------------------------------
Encore merci pour votre commentaire (malgré le mot "pleutre" qui m'a un peu surpris), mais pour le reste, je peux tout à fait comprendre vos propos : "non à la guerre ; oui à la paix" ; mais ce principe n'est malheureusement pas toujours applicable, surtout dans les circonstances actuelles où des actions militaires et policières sont absolument nécessaires, bien entendu.

Merci de votre attention et à bientôt.

Le Poète Masqué.

_______________________________

Post scriptum : ah ! je crois que je viens de comprendre d'où vient le mot "pleutre". C'est parce que j'ai écrit en commentaire : "j'ai intérêt à ne pas laisser traîner mes coordonnées sur le site, je risquerais de le payer très cher ! Je ne laisserai pas ce poème indéfiniment dans ma liste, on ne sait jamais."
Oui, je prends déjà le risque de publier ce poème, mais je n'irai pas jusqu'à risquer de me faire assassiner. Je vous prie de m'en excuser... Effectivement, la préservation de ma vie est prioritaire. Si ce n'est pas une priorité pour vous, alors bravo ! Vous avez toute ma considération !
Donc, pleutre, non, puisque je publie déjà ce poème alors que je pourrais le laisser dans un tiroir ! Mais me faire assassiner pour un poème, je préfère éviter, si ça ne vous dérange pas...
Vous appliquez donc le mot pleutre à ma personne, d'accord, mais vous, avez-vous déjà publié un texte qui pourrait mettre votre vie en danger (ou mis votre vie en danger d'une quelconque manière) et iriez-vous jusqu'à vous faire assassiner pour un texte ? Je ne pense pas.
J'ai déjà pris un risque en publiant ce texte-ci ainsi que le précédent ; cela prouve que je ne suis pas un pleutre ; une lectrice a même salué ma démarche en disant que c'était "osé" ; et je pense que ça l'est effectivement, considérant que des Islamistes radicaux pourraient tomber sur ce texte et me le faire payer.
Je suis certain que vous serez d'accord avec cette analyse et que vous songerez à remettre en question l'utilisation du mot "pleutre".

Je vous remercie d'avoir prêté attention aux termes de cette publication et je vous prie d'agréer, cher ami de la Passion des Poèmes, l'expression de ma sincère considération.

A bientôt

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Le Poète Masqué


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  Publié: 23 nov 2015 à 13:56 Citer     Aller en bas de page

Citation de Jean-Claude Glissant
Merci, Le Poète Masqué, du partage. Et nous dire que la poésie parle de l'Homme sous tous ces aspects. C'est vrai que je la préfère quand elle nous grandit vers un idéal élevé. Mais déjà se voir tel que nous sommes, voir nos bas instincts ; c'est déjà apprendre sur soi. Envers les terroristes de tous bord, je n'ai pas de haine. Plutôt écoeuré par leurs actes. J'éprouve plus de la pitié à leur égard. A bientôt !




Bonsoir cher ami Jean-Claude,

"se voir tel que nous sommes, voir nos bas instincts ; c'est déjà apprendre sur soi."
Tout à fait !

Comme je l'ai dit, mon texte est un peu véhément mais il est difficile de rester de marbre face à l'horreur qui s'est produite.
De la pitié à l'égard de ces terroristes, oui, mais surtout de l'écoeurement, comme tu l'as également précisé.

Merci pour ta lecture et tes propos, cher ami.

A bientôt

  Vous pouvez prendre connaissance de mon système de versification, si vous le souhaitez (système personnel qui s'écarte des règles purement classiques).
Le Poète Masqué


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  Publié: 9 déc 2015 à 18:57 Citer     Aller en bas de page

Cher membre de la Passion des Poèmes,
Cher Tipotlatch,
Cher poète,


Tout d'abord, je salue la qualité de votre analyse et je la considère d'un œil extrêmement favorable, étant même content que quelqu'un réagisse de cette manière à mon poème.
Je vous ai lu attentivement, en éprouvant le plaisir de voir mon texte susciter un tel intérêt de la part d'un lecteur, et même si c'est pour en critiquer le contenu, je vous en remercie sincèrement.
Les rappels historiques que vous avez effectués ont retenu toute mon attention.
Je vous fais part des considérations suivantes en toute cordialité, sans aucune animosité ni agressivité de ma part. D'ailleurs, j'ai laissé passer plusieurs jours avant de répondre, afin d'ôter à mon discours le caractère passionnel qu'il pourrait présenter. Il est vrai que les événements tragiques du 13 novembre ont tendance à susciter de vives réactions, mais les êtres réfléchis que nous sommes parviennent à maîtriser leur discours, visiblement, même s'il s'agit parfois d'émettre une critique ou de tenir un raisonnement contraire à celui de l'interlocuteur. Malgré ces divergences d'opinion, chacun reste courtois, respectueux et d'une certaine manière, compréhensif. C'est très bien et je vous en remercie.

Je vous prie donc de prendre connaissance des considérations suivantes :

I. BELLICISME

Difficile de réagir à tous les points que vous avez abordés : je suis partagé entre l'acceptation des éléments de votre discours et le désir de corriger quelques propos,– correction qui n'aurait aucune valeur objective puisqu'elle n'aurait d'autre but que de réaffirmer l'attitude quelque peu belliciste (trop belliciste diront certains) que l'on dénote dans mon texte.
De la même manière, je suis partagé entre pacifisme et bellicisme, suivant des élans passionnels, d'une part, et suivant l'évolution des événements concernant le conflit actuel, d'autre part. Je ne vous cache donc pas que mon attitude est fluctuante ; je ne suis qu'un poète soumis à des passions auxquelles il essaie d'échapper au moyen de l'écriture. Je n'ai pas de programme politique, et encore moins de programme militaire (je pense que vous serez soulagé de l'apprendre !) De toute façon, les nations n'ont pas attendu mon poème pour engager des opérations militaires ; je n'ai fait que rendre compte d'événements qui s'étaient déjà produits, à savoir des frappes contre l'Etat Islamique, au moyen des chasseurs bombardiers cités dans le texte. Je ne suis pas à l'origine de l'intervention militaire. Sous un aspect un peu flamboyant, mon poème ne relate que des faits réels. J'y ajoute une certaine passion, pour susciter une émotion chez le lecteur, j'y affirme clairement le désir de voir Daech "anéanti", effectivement ; mais les hommes qui nous ont frappés ce 13 novembre n'ont-ils pas eux-mêmes franchi la ligne rouge ?... Si, assurément : ce sont eux qui ont franchi le Rubicon ; ce sont eux qui ont traversé le miroir qu'il convenait de ne pas traverser.
La question essentielle est finalement la suivante : "Comment devions-nous réagir ? Devions nous contre-attaquer, engager des frappes contre ces agresseurs ?" Je vous avoue que quand le drame s'est produit, ma première réaction a été de nature pacifique. Je me suis dit qu'il fallait stopper les frappes, pour que d'autres attentats ne se reproduisent pas. Je me suis dit qu'il fallait engager le dialogue avec l'EI (malgré l'horreur de ses actes). Puis j'ai malheureusement sombré dans une attitude belliciste, dont mon poème est le déplorable reflet... Pourquoi ? Parce que j'ai soudain été submergé par l'horreur des faits, précisément, de sorte que le poème s'est articulé autour de ces opérations militaires.

II. JOUETS POÉTIQUES

Vous avez relevé le caractère puéril de mon texte, et je suis pleinement conscient de cet aspect : quand j'écris, j'ai parfois l'impression d'être un enfant qui joue avec des petites figurines, avec des jouets... Dans le cas présent, ces jouets poétiques sont des chasseurs-bombardiers (en métal dans la réalité, mais peut-être en plastique pour moi, ou constitués d'une substance immatérielle) ; d'autre part, l'hydre que je fais apparaître, comme une méchante bêbête (plus méchante que les méchants) n'est finalement, elle aussi, qu'un jouet avec lequel je m'amuse. J'ai toujours eu cette impression depuis que j'écris, sachant que derrière ces jeux anodins se cache une terrible réalité, bien entendu.

III. LE GESTE BELLIQUEUX

« Je » derrière, tous devant ! » : effectivement, la structure du texte répond exactement à cette configuration : « Je vous abhorre, mais je laisse faire les puissantes armées, avec les chasseurs bombardiers ! » — et je rajoute une hydre pour renforcer l'intervention militaire, comme un ultime engin de destruction !
J'ai donc adopté cette attitude au moment de l'écriture du poème, certes.
"Belliqueux conducteur de char", "aurige" exalté : je vais finir par accepter le terme "va-t-en guerre" (auquel je préfère celui de belliciste, beaucoup plus joli, même s'il recouvre une même réalité) ; il me serait effectivement difficile de nier cet aspect.
On peut dès lors s'interroger sur la nature du geste belliqueux et sur les circonstances dans lesquelles on serait autorisé à l'accomplir. Il m'a semblé que les circonstances présentes pouvaient éventuellement justifier un tel geste, qu'il conviendrait toujours de retarder au maximum, en lui ôtant son caractère barbare lorsqu'il vient malheureusement à s'accomplir. Malgré la conscience de cette nécessité, je ne me suis pas efforcé d'éviter cette barbarie, puisque j'évoque les "membres épars" des citoyens de l'EI. C'est peut-être un caractère de ma personnalité qui trouve ici le moyen de faire surface, en s'opposant à d'autres aspects de ma personnalité (dont vous avez peut-être pris connaissance, ce qui me rassure par rapport à l'image que vous auriez de moi,- en l'occurrence celle d'un affreux "va-t-en guerre"). Or, comme je l'ai précisé, il s'agit de neutraliser un groupe de terroristes qui a fait de nombreuses victimes (morts et blessés graves) et qui menace de reproduire cette action meurtrière. Il est donc tout a fait légitime d'exprimer le désir de voir ce groupe anéanti. J'ai l'impression que ceux qui me traitent de va-t-en guerre ne sont pas conscients de la gravité de la situation. On dépose des fleurs et des bougies sur les lieux du drame, puis on retourne à ses occupations ; on tourne la page sans prendre aucune mesure concrète. L'intervention militaire constitue précisément une action susceptible de nous débarrasser de cette menace extrêmement lourde. Libre à vous de vous laisser exterminer de cette manière mais quand les kalachnikovs résonneront à vos oreilles ou que vous aurez perdu un être cher, je pense que vous souhaiterez vivement que l'on anéantisse ce ramassis de terroristes.

IV. ***

Vous évoquez des "théâtres d’opération de sinistre mémoire" ainsi que plusieurs conflits marquants, dans votre paragraphe intitulé "Fleur au fusil". Je salue avec vous la mémoire de tous ceux qui sont tombés sur un champ de bataille. Vous rappellez également les propos de Winston Churchill, etc. - J'ai apprécié et considéré tous ces repères historiques auxquels nous devons constamment nous référer.

Comme vous le précisez bien, la poésie n'est souvent qu'une transformation du réel (vous employez le terme distorsion, notamment) : c'est très juste. La poésie n'a donc aucune valeur objective, et si l'on suit le raisonnement suivant lequel tout élan passionnel est nocif, on devrait supprimer tous les poèmes du site, souvent empreints de passions. L'expression totale de ces passions peut bien entendu mener à l'ambivalence que vous évoquez, au sein de laquelle s'entrevoit une certaine « misère de l’être humain » que le langage poétique ne parvient pas à dissimuler (il ne fait au contraire que l'amplifier de manière presque monstrueuse). L'expression de cette misère humaine permet peut-être de s'en extraire. Toujours est-il qu'un auteur ne doit pas craindre d'exprimer cette misère ; il n'est pas tenu de nous offrir constamment des vers empreints de grandeur,– une grandeur un peu fausse, "académique", qui ne s'accorde pas toujours avec les réalités de l'existence.
Il y a sans doute deux écoles, deux catégories de poètes : ceux qui expriment la grandeur de l'être humain et ceux qui en expriment la misère. Baudelaire, Sade, Zola, Dostoïevski, Lautréamont et bien d'autres ne nous ont-ils pas révélé des aspects monstrueux de la nature humaine ? N'ont-ils pas franchi le Rubicon, traversé le beau miroir que vous évoquez ? D'après vous, nous devrions nous contenter de contempler timidement notre reflet sans oser traverser cet objet réfléchissant ? Je pense plutôt que nous devons traverser ce miroir, voire le briser en mille morceaux ! C'est ce qu'ont fait les auteurs que je viens de citer, ce qui a valu à Baudelaire d'être assigné au tribunal pour outrage aux bonnes mœurs. Vous suggérez donc qu'un poète devrait s'abstenir d'écrire certaines choses. Ici encore, il y a deux catégories d'auteurs : les "transgresseurs" et les "non-transgresseurs" (que je nomme aussi les "timides"). Je me réclame de la première catégorie ; je suis de ceux qui tentent de dépasser "l'expression convenue, insipide", l'expression de pure forme, souvent rencontrée dans les poèmes que nous lisons. Cela ne m'empêche pas de m'interroger par la suite sur la nature de l'un de mes textes, et je vous remercie de m'avoir invité à effectuer cette opération intellectuelle.

V. BOUGIES ET JOLIES FLEURS

Déposer des bougies et des fleurs sur les lieux d'un massacre, en rendant un vibrant hommage constitué d'expressions signifant que le crime est ignoble et que le résultat est déplorable, en éprouvant une compassion et une tristesse passagère, cela ne suffit pas ; et c'est ici que je pourrais renvoyer le mot "pleutre" à ceux qui se contentent d'accomplir cette belle action (qui n'empêchera pas les terroristes de réattaquer).
Je vous demande donc à votre tour de vous interroger sur votre attitude, et plus particulièrement sur l'un de vos poèmes, intitulé "L'Affiche Rock". Cette affiche est bien belle,‒ comme le fut l'Affiche rouge d'Aragon, en son temps,‒ mais comme pour mon poème, la magie des mots n'est qu'illusoire : votre poème contient autant de strass que le mien (sinon plus), sachant que vous avez recyclé (le terme n'est pas très joli), disons "repris" certains vers d'Aragon (ou en tout cas la structure du texte), ce qui confirme le caractère artificiel de votre composition. Vos effets de manche sont plus discrets que les miens, mais ils sont bel et bien présents, et de manière peut-être plus insidieuse. À partir du moment où nous composons des strophes et des alexandrins, nous faisons des effets de manche, sachant que certains sont plus visibles que d'autres.
En définitive, vous ne faites que déplorer le drame, et votre poésie peut être la plus magnifique qui soit, ça ne fera pas reculer les terroristes. Ce qui les fera reculer, ce sont des armes, ce sont des européens qui sortent les griffes et montrent les dents ! Ce qui les fera reculer, c'est précisément l'européen déterminé, organisé, pleinement conscient de la menace qui pèse sur lui, l'européen combatif, lancé à toute allure sur son char de guerre et prêt à défendre chèrement sa vie ! Il ne faut donc pas confondre une attitude combative avec une attitude belliqueuse.
En ce qui me concerne, je vais acheter une arme à feu pour me défendre. Je ne me laisserai pas assassiner par ces tueurs sans réagir, contrairement à ceux qui se contenteront d'invoquer le pouvoir des fleurs. L'heure n'est plus à la belle poésie aragonesque ; nous devons réagir autrement qu'avec des mots (et pour moi, ce sera avec des balles si quelqu'un essaie de me tirer dessus).
Ma profonde misère me permettra de rester en vie tandis que d'autres emporteront leur grandeur d'âme dans la tombe, sachant que des proches en pleurs viendront encore y déposer des fleurs et des bougies, au lieu de prendre les armes... D'ailleurs, les français ne le chantent-ils pas haut et fort dans leur hymne national :

« Aux armes citoyens !
Formez vos bataillons !
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons ! »

Vous reconnaîtrez que l'hymne français est extrêmement belliqueux,– aussi belliqueux que mon poème ! On y parle également de combats violents, d'« ennemis expirants » (à rapprocher de « membres épars » figurant dans mon texte), etc. Dès lors, si certains français n'ont pas l'intention de réagir aux attaques de Daesh, ils renient en quelque sorte leur hymne national, et peut-être leur drapeau : il s'agit là d'une forme de désertion.

VI. ***

Je répète une réflexion formulée précédemment, pour faire taire définitivement ceux qui emploient le terme "va-t-en guerre" à mon égard : ceux qui utilisent ce terme (un peu trop facilement, d'ailleurs, comme englués dans une sorte d'héritage pacifique) prouvent qu'ils ne sont pas conscients de la gravité de la situation. Ils font preuve de dénégation, voire d'irresponsabilité. Les spécialistes du conflit ont d'ailleurs affirmé la nécessité d'engager des opérations militaires contre l'EI. Mon poème s'inscrit donc dans le cadre de ces opérations.

Je n'ai pas évoqué beaucoup d'événements historiques dans mon discours, car je ne crois pas qu'il faille absolument s'y référer dans le conflit actuel. Les spécialistes en jugeront. Mais je précise quand même que j'ai une certaine connaissance des batailles les plus marquantes de l'Histoire, de celles d'Alésia, Salamine, Constantinople à celle de Stalingrad, en passant par Wagram, Trafalgar, Lépante ou Las Navas de Tolosa, jusqu'aux conflits les plus récents. J'en ai étudié plusieurs dans le moindre détail. J'ai même écrit une pièce de théâtre consacrée à la bataille du fort de Loncin, qui s'est déroulée en 1914 : plus de 350 soldats sont morts dans l'explosion du fort, bombardé par la Grosse Bertha, un obusier lourd employé par l'armée allemande.
Je pense que la guerre actuelle menée contre l'EI n'est pas pire qu'une autre et qu'il n'est pas déraisonnable de l'engager, sachant qu'une coalition serait plus forte que cet Etat en termes de puissance militaire. D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi nous attendons aussi longtemps avant d'envoyer des troupes au sol, puisque c'est ce qui devra se produire tôt ou tard si nous voulons anéantir totalement ce groupe terroriste.

Enfin, je rappelle le bilan des attentats du 13 novembre : 130 morts et 350 blessés (dont 99 sont plongés dans un état critique), suite à une série de fusillades et d'attaques-suicides meurtrières perpétrées dans la soirée du 13 novembre 2015 en Île-de-France par trois commandos terroristes. Vous continuerez d'ignorer ces faits tant que les balles des kalachnikovs ne siffleront pas à vos oreilles, me semble-t-il.

VII. CONCLUSION

C'est en vous exprimant mon profond respect et mes meilleurs sentiments que je vais conclure ce texte, en précisant que je suis très heureux d'avoir engagé ce dialogue avec vous et que je prends tous vos propos en considération. Ce qui signifie que la réflexion au sujet de mon texte se poursuivra dans ma pensée, sachant qu'une même réflexion pourra s'engager dans la vôtre au sujet de la véritable efficacité des bougies, des fleurs et d'une grandeur d'âme un peu factice.

Si l'on avait pu retenir les chasseurs-bombardiers, et si auparavant les terroristes avaient pu être touchés par la grâce et lâcher leurs armes avant d'accomplir leurs gestes meurtriers, je serais le premier à m'en réjouir. Ce n'est malheureusement pas le cas, et nous devons à présent poursuivre le combat contre l'EI.

Nous avons donc exposé nos opinions respectives : certaines personnes sont favorables à une intervention militaire tandis que d'autres la considèrent d'un mauvais œil, obéissant à un mauvais réflexe pacifiste. Le débat s'articule autour de ces deux opinions opposées. Au reste, j'ai tout à fait le droit de me réjouir de ces opérations militaires, en rappelant l'objectif poursuivi par nos armées :

« Les hommes lèveront leurs mains victorieuses,
Soulagés d'avoir vu dans l'immense brasier
S'anéantir enfin vos légions affreuses ! »

L'hymne national français n'est pas très éloigné de ce discours. Il dit exactement la même chose, en d'autres termes. Mon poème s'inscrit donc dans le cadre d'une tradition incitant à la combativité, une attitude absolument nécessaire quand nous sommes confrontés à des ennemis essayant de nous anéantir,— l'objectif de Daesh étant d'instaurer un califat dans toute l'Europe, après nous avoir fusillés, décapités et réduits en esclavage. 130 morts à Paris : c'est maintenant que nous devons réagir, pas quand il sera trop tard...

Je vous remercie d'avoir prêté attention aux termes de cette publication et je vous prie d'agréer, cher Tipotlatch, cher poète, l'expression de ma sincère considération.

Le Poète Masqué

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Nov 2015

  Vous pouvez prendre connaissance de mon système de versification, si vous le souhaitez (système personnel qui s'écarte des règles purement classiques).
Esperanza


Rien n'est si doux que le charme d'aimer ..Victor Hugo
   
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  Publié: 7 févr 2017 à 18:00 Citer     Aller en bas de page

Le poète masqué est en colère ... comme je comprends

Dans ces moments là il fait bon de regarder le ciel ...

Létie

  Létie
Le Poète Masqué


Bonjour/bonsoir chers amis. Merci de votre présence sur mon profil !
   
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  Publié: 8 févr 2017 à 04:08 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Esperanza,

merci beaucoup d'avoir lu et commenté ce poème, rédigé juste après les attentats...

A bientôt

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josette


la vie est une belle rose qui s'épanouit lentement
   
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2 novembre
  Publié: 9 mai 2017 à 07:24 Citer     Aller en bas de page

je ne puis qu'approuver ta juste révolte, Le Poète Masqué, vu les tragiques évènements qui s'étaient déroulés.

merci pour ce remarquable partage,

délicieuse journée,

sincères amitiés,

Josette

 
Le Poète Masqué


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5 juillet
  Publié: 1er juil 2018 à 21:15 Citer     Aller en bas de page

Merci beaucoup Josette ;

je réponds un peu tardivement.

A bientôt

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