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Y.D Cet utilisateur est un membre privilège


TOTO La terreur des mulots
   
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  Publié: 9 avr 2011 à 11:40
Modifié:  9 avr 2011 à 12:46 par Tilou8897
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Le soleil était déjà haut. Sous la chaleur habituelle, Omar, travaillait son lopin de terre. Ses mains calleuses armées d’une houe brisaient la terre rouge sèche, dure, dont la promesse de belles récoltes était faible. Le prix des semences grimpait et travaillant pour le jour, il doutait toujours du lendemain.
Il ne pouvait aller en ville sans revenir au village la colère au ventre. Là-bas, il voyait les frimeurs, flambeurs rouler dans de gros pick-up, des assoiffés de CFA qui bâtissaient leur fortune de drôle de manière. Tout leur était facile, ils n’allaient pas aux champs, ne semblaient pas travailler et pourtant, ils avaient dans leurs poches des liasses de billets de banque… Omar aimait quand même y aller. La ville lui apportait la rumeur du temps, les nouvelles des quatre horizons.
L’histoire qui le faisait rêver, était celle qui lui contait tous les bienfaits d’un paradis lointain. Au-delà des mers, il y avait des pays où le travail était facile. Avec les CFA gagnés, des personnes comme lui pouvait vivre beaucoup mieux et même faire parvenir des sous à la famille, qui du coup, pouvait à son tour faire des projets indépendants des récoltes.
Un jour trop dur, il embrassa sa femme, ses enfants et partit vers le nord. Il marcha longtemps, très longtemps.
En partant ainsi, armé de son rêve, il était prêt à affronter toutes les difficultés. Il voulait de toutes ses forces une vie meilleure pour lui et sa famille, et comptait bien ramener très vite un bout de paradis au village.
Son itinéraire, par les plaines et plateaux, par le passage des cols de montagne, par les sols durs, mous, marécageux, martyrisa ses pieds, oubliant ses semelles de peau, il allait vers la terre promise avec une seule pensée y arriver ! La fouler, la toucher avec ses pauvres mains calleuses de paysan.
Les échos lointains du paradis lui vantaient les ventres pleins ...Les femmes aux gros seins qui rient la bouche pleine de riz... Des soleils artificiels, qui donnent des nuits enfin sans étoile ! - Celles de chez lui, Il ne les aimait pas, ces bouts de glace sur l’ébène du ciel évoquaient dans son esprit les mauvaises légendes des griots.
Pendant plusieurs semaines, le soleil s’accrocha à sa nuque. Enfin il vit la mer. La traversée fut pénible. Il la fit avec beaucoup d’autres sur la barcasse d’un passeur, il ne comprit pas. Son corps plaie hurla de douleur... Les embruns chargés de sel voulaient simplement blanchir sa peau…
Débarqué de nuit sur une plage, le passeur lui dit : Dès le lever du jour, marche sur cette route continue vers le nord, tu vas rencontrer un camionneur, je crois qu’il est de chez toi enfin il te ressemble, donne lui le reste de tes euros, il t’emmènera à Paris, c’est là-bas que tu es attendu. Salut, et bonne chance.
Comme convenu, il marcha vers le nord, après bien trois quart d’heure d’une marche soutenue il vit un camion stationné sur le bas-côté, le chauffeur était noir, le paradis n’était plus très loin.
Comme pour le passage en bateau, il n’était pas seul, avant de monter le chauffeur lui remis un papier sur lequel était écrit un texte qu’il ne pouvait lire, il ne savait pas. En lui donnant, il lui dit ne le perd pas sans quoi… C’est à coup sûr ton retour à la case départ.
Le chauffeur déchargeait sa cargaison humaine tout au long du parcours. Le débarquement se faisait vite, un arrêt furtif, un petit coup de klaxon, la bâche arrière se soulevait, et le type sautait en souplesse sur le macadam, là, il disparaissait comme par enchantement.
Quand il descendit, il n’était pas le dernier, certains allaient plus haut vers le nord leur paradis pour eux n’était pas Paris mais Calais !
Le bout de papier bien serré dans sa main, il suivit le dernier relais ; Un blanc au regard mauvais qui ne parlait pas. Par le métro il l’emmena enfin vers celui qui guiderait ses pas dans cette grande ville. Il était noir comme lui. Cela le rassura.
Dieu dit : Donne-moi ton papier, tu es arrivé en terre promise. Viens ! C’est le début. Il t’en faut passer par là. Tu dormiras dans cette cave. Regarde les autres, quand tu auras gagné de quoi payer et rembourser ton voyage, tu auras comme eux une chambre dans les étages.
Tous les matins un chauffeur blanc au volant d’une camionnette venait les chercher, lui et les autres. Après un parcours qui n’en finissait pas, ils se retrouvaient sur des chantiers, lesquels affichaient sur leur palissade de protection de la pub aux euphémismes douteux « nous travaillons avec plaisir à votre futur confort, ou, il fera bon de vivre ici…»
Tous les jours, la noria des toupies de béton déversait des tonnes de ciment qu’il fallait étaler. Les manches de pelles, ou de râteaux rendaient les mains plus calleuses que jamais avec un plus : L’hiver ; Sous l’action conjuguée du froid et de l’agressivité du béton des gerçures très profondes les crevassaient jusqu’au sang !
Pendant la courte pause du midi, une petite baraque de chantier l’abritait un peu des intempéries. Là, il essayait de reconstituer ses forces pour tenir l’après-midi. Abruti de fatigue, son cerveau était vide et même son âme semblait être enfuie de son corps. Pourtant, il n’avait pas le choix. Il devait tenir. Il se devait de continuer pour un jour prouver au village qu’il avait gagné le défi qu’il s’était imposé. Sa force, il la puisait le soir, quand la nuit donnée par ses paupières closes, il entrevoyait le soleil de chez lui. Il lui réchauffait le cœur et sa mémoire jusqu’au lendemain matin.
Des mois d’été, des mois d’hiver s'écoulèrent, depuis son arrivée, Il n'arrivait pas à ôter une drôle de petite contraction à la gorge, laquelle, d'ailleurs semblait gêner le bon riz qu'il avalait tous les soirs avec gourmandise. Il avait fait l'amour avec des femmes aux gros seins, mais là encore la petite contraction de la gorge persistait
Un soir qu'il était couché‚ sur le dos, les yeux humides et les paupières closes, à la recherche de son soleil, les pensées ailleurs… là-bas... il entendit la voix de Dieu et Dieu était entouré‚ de femme qui riaient aux éclats, d'enfants aux jeux bruyants et de bruits familiers comme celui du manioc pilé. Plus lointain, il entendait des percussions dont le rythme touchait son âme.
D'un seul coup, l’ambiguïté qui le minait depuis son arrivée s’estompa, il comprit qu’il s’était trompé, que la terre promise n’était pas ici mais là-bas. Ses yeux s'asséchèrent, la petite boule dans sa gorge avait totalement disparue.
Heureux, il se précipita vers ses compagnons. Il leur dit : je viens d’entendre Dieu. Maintenant je sais que la terre promise est là-bas, d’où je viens...
Ses compatriotes sourirent. Viens donc voir le paradis à la télé, hier, le logeur a installé une antenne parabolique… Les désirs de l’absence, ils connaissaient.
Il mit longtemps à économiser trois sous pour repartir. Lorsqu’il revint au village ses enfants étaient devenus de jeunes hommes, eux aussi étaient en proie aux mirages… Ils rêvaient au fameux paradis, de l’autre côté de la mer.

  YD
josette


la vie est une belle rose qui s'épanouit lentement
   
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13 octobre
  Publié: 7 oct 2015 à 11:40 Citer     Aller en bas de page

quel magnifique et émouvant récit sous ta si belle plume!

merci Yvon,pour ce remarquable et talentueux partage,

délicieuse soirée,

sincères amitiés,

Josette



 
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19 octobre
  Publié: 7 oct 2015 à 13:10 Citer     Aller en bas de page

Josette

Merci infiniment pour ton passage sur mes écrits, je suis heureux qu'ils te plaisent

Bonne soirée

amitié
Yvon

  YD
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