Tanné de la publicité? Devenez un membre privilège et dites adieu aux bannières!

LPDP - Page d'accueil
Devenez membre
Oublié M.Passe?
Compte privilège
Nouveau compte
Activer un compte
Oublié mot de passe?
Renvoyer code d'activation
Poèmes populaires
Hasards de l'équipe
Poèmes de l'année
Poèmes par thèmes
Publier un poème
Liste détaillée des sections
Poème au hasard
Poème au hasard avancé
Publications
Règlements
Liste des membres
Fils RSS
Foire aux questions
Contactez-nous
Chat
À Propos
::Poèmes::
Poèmes d'amour
Poèmes tristes
Poèmes d'amitié
Poèmes loufoques
Autres poèmes
Poèmes collectifs
Acrostiches
Poèmes par thèmes
::Textes::
Nouvelles littéraires
Contes d'horreur
Textes érotiques
Contes fantastiques
Lettres ouvertes
Citations personnelles
Textes d'opinion
Théâtre & Scénario
::Discussions::
Nouvelles
De tout et de rien
Aide aux utilisateurs
Boîte à suggestions
Journal
Le coin de la technique
::Images::
Album photo

Membres : 3
Invités : 35
Invisible : 1
Total : 39
· Jean-Louis · Aude Doiderose · In Poésie
12909 membres inscrits

Montréal: 24 avr 15:05:38
Paris: 24 avr 21:05:38
::Sélection du thème::
Ciel d'automne
Lime trash
Soleil levant



LPDP :: Nouvelles littéraires :: Epistaxis Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

Avertissement

Ce texte peut ne pas convenir à certains lecteurs.



Page : [1] :: Répondre
Mr.Esthers
Impossible d'afficher l'image
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
5 poèmes Liste
38 commentaires
Membre depuis
1er juillet 2009
Dernière connexion
6 mai 2016
  Publié: 9 déc 2013 à 06:05 Citer     Aller en bas de page

Baby,

Je ne sais pas qui a peint mes ongles en bleu, et si salement aussi. Ni pourquoi. Pourquoi ils sont si longs, maintenant. Je t’ai dit ?
A force de regarder le rocking-chair vide à coté de la fenêtre, j’arrive à le faire bouger maintenant. T’attends que tout se taise en toi, que tout recule, la meilleure image que j’en ai, c’est celle d’une mer qui se retire. Tu vois ? Le reflux je crois. T’attends d’être en reflux constant, tu maintiens la mer comme ça, et ensuite tu inclines un truc dans ta tête. Légèrement, faut pas être brusque. Au début je l’étais et j’arrêtais plus de saigner du nez. Me suis évanoui même, à un moment. Mais maintenant ça va mieux.
Ça va mieux.
Et le rocking-chair se balance doucement, vide là, à coté de la fenêtre.

Y’a une femme qui t’a remplacée. Elle a le visage masqué, sauf le menton et la bouche. Et elle se sape qu’avec des voiles blancs – encore une de ces modes à la con sans doute – je ne peux pas voir son visage, je te l’ai dit ? Elle est derrière moi tout le temps, elle penche la tête sur le coté et me montre les dents. Elle sourit. Je la vois dans l’écran de la télé éteinte. Elle se lève et elle tourne un peu, elle se tord, elle danse. Parfois elle s’assoit ; elle écarte ses jambes voilées, et elle en déroule un tuyau au bout duquel se trouve un de ces masques à oxygène qu’on voit dans les films d’actions à la fin, quand le héros sourit dans l’ambulance.
Elle me le plaque sur le visage et je me sens mieux.
Ça va mieux, je te dis.
Ça va mieux.

J’écris plus que dalle, maintenant.
J’en ai plus rien à foutre de ces connards qui kiffent tous Bukowski comme s’il était The Messie. Si t’es un héros quand tu fous plus de majuscules après les points, je connais des dyslexiques qui sont au moins des demi-dieux. Idem avec les types qui passent leurs vies à se beurrer la gueule.
Ils diront qu’y a plus que ça. Je dirai que je les encule.
Et puis j’emmerde Daniel Darc aussi. C’est ça l’orthographe ? Je sais pas si ça a un rapport. J’ai jamais aimé les types qui s’appelaient Daniel. Prénom de pute, crois-moi. Puis j’ai essayé, impossible de célébrer un clodo. Peut-être à cause du masque à oxygène. Mais j’ai jamais aimé les clodos non plus, c'est vrai. Si je m’écoutais, j’en crèverais un paquet la nuit venu. M’a toujours fait triper, ça. Tout ça tout ça. J’avais oublié.
Maintenant, je m’endors en y pensant. Le bruit de flotte des ventres crevés. Les os qui pètent net comme des branches sèches. La main qui écrase les joues barbues, qui s’écorche jusqu’à l’avant-bras sur les dents mouillées et crades, au fond. Les plus secrètes.
La dernière expiration au relent de bière merdée, qui gonfle un peu le tulle fauve du lampadaire à baldaquin, au-dessus.
Pssshhit ! Souffle la bougie de la life, baby ! C’EST MON PUTAIN D’ANNIVERSAIRE !
J’ai toujours voulu casser du clodo. Je te l’ai dit ? J'aime pas leurs odeurs. Ils sentent la merde. Leurs âmes sentent la merde. Un truc bleu-vert, comme une aurore boréale ou une carapace de scarabée. C’est joli, cependant, ouais. Ils n’ont plus beaucoup de dents, souvent. C'est à ça qu'on les reconnaît. Ils ne peuvent plus prédater.
Est-ce que je te l'avais dit ?
Moi je peux.

J’arrive à tordre les volutes de fer du balcon du voisin.
Juste avec les yeux.

(BOUM-BOUM-BOUM/PAMPAM/BOUM-BOUM-BOUM).

C’est le bruit que ça fait. Je te ferai écouter. Ça me file un goût de métal dans la bouche. L’envie de danser aussi, un peu.
Un peu.

J’ai encore inventé un jeu pour aller au travail. Maintenant je ne joue plus seulement « Au Dernier Qui Se Décale Pour Ne Pas Bousculer L’Autre ». Je gagnais trop. J’ai rajouté la règle du « Tu Baisses Aussi Tes Putains D’Yeux Vides. »
Ils n’aiment pas.
Parce que je gagne tout le temps, encore.

Même si je ne vais plus au travail.

Tu vois, ça va. Je survis.
Je m’amuse.

La Dame aux voiles blancs m’a offert une libellule tout à l’heure. Et une fleur de cerisier. Elle m’a embrassé le front. J’y joue parfois, à la libellule. En regardant mon ordi. Elle s’assoit derrière moi et elle me met son masque à oxygène.
Ensuite, je lui lis des statistiques. Que des statistiques que je dois lui narrer comme des contes. Elle ne veut rien d’autre.
« 1 français sur 5 ne se douche pas tous les jours/En 2012, chaque foyer comptait en moyenne 6,3 écrans/352600 cambriolages l’année passée, soit un toutes les 90 secondes/les types dont la femme gagne plus ont des problèmes d’érections/Tous les 4 jours, une femme crève sous les coups de son mari. »
Tu savais aussi qu’aujourd’hui, y’avait des femmes qui bouffaient leur placenta après l’accouchement ?
C’est plus cool que cette littérature moderne autocentrée, qui me donne souvent l’impression d’être en camera embarquée avec un gamin qui jouerait avec sa merde, assis sur son pot. Fermé à l’extérieur. Ou enfermé à l’intérieur. Je ne sais plus. C’est ce problème de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, je crois.
J’arrive plus qu’à voir un verre en partie rempli. Je me désintéresse du volume, je fais plus gaffe qu'à la nature du liquide.
C'est juste de la pisse. De la bile. Quelques larmes.
« Je ceci, je cela… »

C’est plus vrai, aussi. Parce que c'est vide, les statistiques. Ça ressemble au monde, aux gens qui marchent dans la rue. Dehors, tu reconnais aisément tous les héros des sondages, les personnages principaux des recensement et des enquêtes. Des fois l’après-midi, on se place à la fenêtre du salon, Elle et moi. D'une main, Elle maintient le masque à oxygène sur mon visage. De l'autre, elle les désigne un par un, l'index tendu, le pouce levé. Je fais le bruit d'une détonation à chaque fois et il arrive que nous rions tous les deux, quand ça les fait trébucher sur le trottoir. Mais la plupart du temps il n'y a que le silence. Ils continuent de marcher tandis que nous les tuons. Ils font comme s'ils n’étaient pas déjà deads. Ils ont l'allure altière de ceux qui savent vivre sur une planète à la fois ronde et plate comme un diagramme en camembert. Je te les montrerai. Je t’en lirai, aussi, si tu veux.

Je crois que j’ai un doigt incarné. Tu vois, comme un poil. J’ai du m’endormir avec l’annulaire de la main gauche repliée, et il s’est enfoncé dans ma paume. Il est devenu noir à force. Ma main pue aussi.
Ça fait un mal de chien, putain.

Dommage qu’il y ait plus de clodos dans la rue.

J’ai découvert des vidéos marrantes que je regarde sans cesse. Je te l'ai dit ? En me brossant les dents. J’arrête plus de me brosser les dents pour rester beau. Pour le redevenir. J’ai les incisives plus sexy, dénudées comme des épaules de putes. Il y'a des types qui balancent des clebs du haut de ponts, des types qui défoncent des troupeaux de vaches en camion, des types qui sucent des dauphins, des types qui crèvent les yeux de femmes assassinées au couteau, sous des statues couvertes de neige. Difficile à trouver, faut aller sur des sites pornos extrêmes. T’y vas toi aussi ?
J’ai remarqué, t’as toutes les bizarreries possibles et imaginables. Viol, inceste. C’est donc que c’est pas bizarre d’y penser. Je veux dire, si des types s’organisent pour rassembler des gens prêts à filmer et jouer les scènes, ou juste pour les diffuser, c’est que c’est normal.
Non ?
Non ?
Ils mentent, ils mentent tout le temps, avec leur littérature merdique en noir et blanc du corps et de la baise, de la clope de l'Absolu et de la vie la nuit.
Be Free, Be Sexy, Be Excessive! Black XS !
Ensuite ils rasent et maquillent des femelles orangs-outans qu’ils appellent Pony. Ils leurs mettent des chaînes aux poignets. Et ils les baisent pour pas cher. Tu peux regarder sur Internet si tu veux.
Je te montrerai, ça aussi.
On jouera à la libellule. A la fleur de cerisier.
Ils mentent. Mais Elle me l’avait dit.

Quand t'y réfléchis, il manque qu’un truc. T’as des vidéos avec des amputés, mais t’as pas de pornos avec des trisomiques. T’as pas de gens qui baisent avec des stomisés, non plus. Tu sais ? C’est gens auxquels on dévie le trou du cul sur le ventre, quand ils ont des cancers ou des trucs du genre.
J'ai cherché.
Je pensais qu’ils aimeraient enculer des ventres de chauves. Mais non. Ça n'arrive jamais.
Ils ont bon fond.

Je crois.

J’ai une gueule à avoir la porphyrie. C’est Elle qui me brosse les dents maintenant, parce que j’y arrivais plus. J’ai ma tête sur ses genoux, je vois les petits poils brillants et tordus sur ses bras. A la lumière de ma lampe de bureau, ils ont l’air blonds.
Et doux.
Ça lui file un air maternel. Les poils blonds sont l’apanage des gens bienveillants. Ça développe ma confiance en elle. Je doutais au début et je le lui ai dit, elle ne m’en a pas voulu. J’ai vraiment mal aux gencives. J’ai du mal à retenir mes larmes quand elle s’occupe de mes dents. Elle ne me reproche pas de mouiller ses voiles avec mes larmes muettes. Elle me caresse la tête. Elle m'embrasse les paupières. Puis les gencives dénudées, ça me va super bien. Tu me trouveras beau, à ton retour. J’écoute toujours la même musique. Personal Jesus, mais ralentie x4. Ça fait battre des trucs dans mes yeux, même si je sais pas trop quoi. Rétine ? Zonule ? Fossette patellaire ?
On s’en branle. En tout cas c’est agréable. C’est mieux. Avec le masque à oxygène, c’est le paradis.
Ça va, tu vois.

Ça va.

Le vase en cristal vient d'exploser sur la table. J’arrive à faire trembler l’appartement, quand je me concentre. Ça me fait claquer des dents. Tu ne te moqueras pas ? Ça créé un rythme. Une respiration. C'est important, le rythme. Sans rythme il n'y a plus rien. J’arrive à le faire en libérant un peu de mer dans ma tête. Je retiens le reflux, j'incline, et je relâche juste de l'écume. (BOUM-BOUM-BOUM/PAMPAM/BOUM-BOUM-BOUM).
Ça fout de la poussière du plafond partout, mais je ferai le ménage je te le promets. Ça plaque les rideaux sur les fenêtres ! Ça souffle la fumée de mes cigarettes ! Ça renverse la vaisselle ! Ça fait vibrer les murs ! Ça pousse l’eau de l’aquarium, la surface devient oblique, tu verras comme c’est chouette !

Je suis désolé pour tous ce sang. Je suis désolé pour tout ce sang. J’en ai vraiment foutu partout. Je suis désolé pour le sang. Je suis désolé de plus savoir écrire tout. Ou tous. C’est Bukowski. C’est Black XS. C’est ces vidéos étranges et ces statistiques.
C’est ton absence.

Ton absence aussi. Je te l'ai dit?

Et puis mon nez qui pisse. Je suis désolé, quand t'es pas là, j’arrive plus à l’arrêter.

 
Bombadil

Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
71 poèmes Liste
634 commentaires
Membre depuis
16 décembre 2012
Dernière connexion
24 avril
  Publié: 11 déc 2013 à 04:20 Citer     Aller en bas de page

  Je suis Charlie
Mr.Esthers
Impossible d'afficher l'image
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
5 poèmes Liste
38 commentaires
Membre depuis
1er juillet 2009
Dernière connexion
6 mai 2016
  Publié: 11 déc 2013 à 14:27 Citer     Aller en bas de page

(merci!)

 
Datura.


⠨⠺⠓⠕ ⠙⠑⠑⠍
   
Statut: Hors ligne
Visitez le site web de ce poète. Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
83 poèmes Liste
578 commentaires
Membre depuis
20 août 2011
Dernière connexion
21 avril
  Publié: 11 jan à 06:13
Modifié:  11 jan à 06:15 par Datura.
Citer     Aller en bas de page

C'est marrant quand un clodo écrit de la littérature moderne autocentrée. Tu devrais pas t'en vouloir à ce point.
T'as bon fond.

Moi j'ai plus de dents mais certains sont pires. Ils ont perdus leur coeur.

 
Page : [1] :: Répondre

 

 



Répondre
Version imprimable
Avertissement par courriel
Autres poèmes de cet auteur
Share
Cocher cette section lue
Cocher toutes les sections lues
Visites: 541
Réponses: 3
Réponses uniques: 3
Listes: 1 - Voir

Page : [1]

Les membres qui ont aimé ce poème ont aussi aimé les poèmes suivants :



Nous n'avons pas assez de données pour vous afficher des recommandations. Aidez-nous en assignant une cote d'appréciation aux poèmes que vous consultez.

 

 
Cette page a été générée en [0,0623] secondes.
 © 2000 - 2017 VizFX.ca - Tous droits réservés  |  Pour nous joindre
L'utilisation de ce site Web implique l'acceptation des Conditions d'utilisation. Tous les textes hébergés par La Passion des Poèmes sont protégés par les lois de la protection des droits d'auteurs ainsi que par des traités internationaux. Il est strictement interdit de distribuer, d'afficher ou d'utiliser ces textes de quelque manière sans l'autorisation de l'auteur du texte en question.

           
 
Oubliez votre mot de passe? Cliquez ici.