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Amandarine


De l'aube claire jusqu'à la fin du jour...
   
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  Publié: 24 nov 2014 à 08:46
Modifié:  22 déc 2014 à 11:34 par Amandarine
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    SAUTER DANS LE PREMIER TRAIN, éteindre clope et téléphone, paumer ses clefs, ses papiers.
Identité : inconnue. Destination : lointaine.

    Il reste une place côté fenêtre, la 17. Se frayer un chemin parmi la masse vivante, il est 17h34.
S'asseoir, baisser les paupières, enfin. Ne penser à rien : déjà fait. Respirer : trop tard. Départ 17h42.

À l'intérieur : les aiguilles s'anesthésient heure locale.

    Place 18, côté couloir, une vieille dame tricote. De l'autre côté : le défilé des immeubles, parkings, monuments, parcs, usines... Terrains vagues. Décor familier qui déroule sans fixer ses nerfs optiques, mille fois usés. Yeux livides sur vide, blanc sur blanc, ville fantôme.

Évocation : néant.

    Elle déroule la bobine, lentement, dénoue chaque ruban de l'enfance. Une comptine sans accroc, sans remord, sans sursaut. Puis elle lâche la ficelle rose-paillettes, balayant des cils le morceau de laine qui tournoie - arabesque légère - entre les arbres gris et nus - spectateurs anonymes -. Qui s'en détache au ralenti, au-revoir bouleversant qui la laisse de marbre, achève de décoller la fine pellicule qui la tenait encore quelqu'un.

    21-22, des enfants se disputent un goûter sanguinolent autour d'un feu de camp, se volent dans les plumes mais la faim enterre la hache de guerre. Elle, son ventre : des cendres.
    14-15, un couple d'amoureux, seize-dix-sept-ans. Ils ne parlent pas, elle a juste sa tête posée contre son épaule, et sa main gauche à elle dans sa main droite à lui. Place 17, sans âge, tête posée contre la vitre muette, et sa main gauche à elle dans sa main droite à elle. Pas d'alliance.
    À deux rangées de là, un homme en costume-cravate postillonne dans un i-phone. Dans sa boîte vocale, à elle, une pluie de pourquoi, comment et quand ricochent sans écho. Pas de trace, pas d'ecchymose.

Dans sa cage thoracique : odeur de lichen et bruit de coquille qu'on broie.

    Places 18, 19, 20, 21, 22, 23... les voix s'entrechoquent, s'emmêlent, se confondent puis se fondent. Côté fenêtre ou couloir ça défile, ça pleut, ça s'efface dans un bruit de coton. Ça tremblote, ça vacille, ça crochète et crachote. Cliquetis, rires étouffés, chuintements, chuchotements, ça détricote tout doucement...

Train à vapeur, elle se laisse glisser dans son lit première classe seconde peau.

    Crissement qui la réveille. Mi-close, elle observe la masse vivante quitter la carcasse encore fumante. Elle reste un long moment, seule à seule. Sur le quai désert, assise sur un banc, elle aperçoit une femme dont le regard court à droite, à gauche, consulte sa montre, les panneaux d'affichage. Elle se lève, marche un peu, à droite, à gauche, puis sa montre encore, panneaux d'affichage toujours. Se rassoit, serre ses mains pâles entre ses genoux creux.

    Il passe ses mains entre les mèches qui se balancent au-dessus de ses chaussures, voile ses yeux. Elle comprend, elle les prend, les baisse, les baise, se retourne et lui sourit. Il l'embrasse dans le cou, sur les joues. Ils s'embrassent, ils s'enlacent, s'embrassent encore.
    Le regard de la femme dans le train les suit toujours, puis de sa rétine ils se décollent : deux tâches de couleurs vives dansent entres les ombres flottantes.

    Elle sait ce qu'ils feront. L'hôtel où il l'aimera pour la première fois. Les mots qu'ils n'échangeront pas, les regards. Elle sait les baisers à n'en plus finir, la parfaite chorégraphie des corps, ça fait des siècles qu'ils répètent. Elle sait. La fluidité de leurs gestes, la synchronicité de leurs désirs, les à-coups consentis. Leurs langues magnétiques, le sang qui palpite, les muqueuses se feront moqueuses, et les frissons, et les murmures, les suppliques... Et dans trois jours les au-revoir, leurs larmes à tous les deux, elle au dehors, lui en dedans. Les lettres, les aiguilles, les photos, les mouchoirs, les oiseaux. Inexorablement, elle sait.

Comment ça fait dedans : long bruit de papier qu'on déchire.

On lui dit qu'il faut descendre maintenant.

    Elle rejoint le banc de la femme qu'elle était il y un an. Elle serre ses mains creuses entre ses genoux pâles, plonge sa tête en avant et ses cheveux recouvrent presque entièrement son visage. Une brise légère glisse contre son front, des doigts invisibles font se soulever les mèches châtains. Par réflexe, elle redresse son menton qui pointe vers le train qu'elle vient de quitter.
    Derrière une fenêtre, place 17, elle voit cette femme qui la regarde et qui pleure. Qui la regarde et qui pleure comme si elle n'était pas là, c'est une ondée qui la traverse. Bientôt la buée recouvre la vitre qui les sépare, et elle sait les sanglots, plus épais, plus profonds.

C'est un orage qui la prend.

    Le train siffle et repart. La jeune mariée en pluie et tous ses invités-fantômes défilent devant la femme du banc, longue marche blanche. La vieille couturière tenant la traîne, les petites indiennes en squaws d'honneur, le jeune couple amoureux en transit, l'homme en costume-cravate qui postillonne des grains de riz soufflés...

Plus elles s'éloignent et plus elles se rapprochent.

    C'est peut-être à ce moment qu'elle se rassemble, et le fil de laine échappée du châle de la mariée, la manière dont il se débat dans l'air, cette ballerine délivrée sur fond de métal gris et nu, à cet instant, ça la bouleverse infiniment.

 
RiagalenArtem


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  Publié: 24 nov 2014 à 11:55
Modifié:  24 nov 2014 à 12:02 par RiagalenArtem
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Noooooon ! Je suis dégoûté, j'avais mis un comment' à l'arrache et comme la brume de la vitre, la main du net l'a effacé....
Je ne recommencerai pas (j'aurais du faire un c/c) ms je n'avais rien prémédité, surtout de trouver ici une short-story, qui a fait plus que me toucher.
J'ai abordé le texte en observant ton style. Rien à dire. Sans fioritures, des phrases courtes comme j'aime et des descriptions au biseau. Un brin scalpel mais en survol. C'est léger dans la forme et poignant dans le fond...mais sans plaintes....un sobrité qui rend l'histoire d'autant plus "frappante"....

Je ne développe pas plus...inutile de décortiquer l'histoire...qui se tire comme un fil de laine du début à la fin (je fais allusion au tricot de la vieille dame et au châle de la mariée)...

J'ai une infinie empathie pour cette femme au regard pointu qui fait mal pique ses souvenirs....en flash-back.
Un bémol, c'tun détail, les mains creuses, je les aurais préférés pâles ou noueuses ou osseuses...)
La fin est terrible (dans le bon sens du terme ;-)....

Je dois quitter mais je reviendrai si je le peux...pour lancer un sourire du bout des cils à la femme sur le banc qui saigne sa mémoire.


Riagal
(et normal de dire putain qd on a mal a en crever....qd le papier déchire les entrailles, c'est pas très supportable...)
Me suis pas relu...j'envoie :-)

  "C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible." Gustave Flaubert -
Sybilla

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25 mai
  Publié: 24 nov 2014 à 19:53 Citer     Aller en bas de page



Bonsoir Amandarine,

Une histoire très touchante..
Merci de ce partage !


Mes amitiés

Sybilla

  Le rêve est le poumon de ma vie
actuaire
Impossible d'afficher l'image
Dessine tes douleurs dans le sable et grave tes joies dans le rocher... Lao Tseu
   
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  Publié: 25 nov 2014 à 08:33
Modifié:  25 nov 2014 à 08:33 par actuaire
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Elle déroule la bobine, lentement, dénoue chaque ruban de l'enfance. Une comptine sans accroc, sans remord, sans sursaut. Puis elle lâche la ficelle rose-paillettes, balayant des cils le morceau de laine qui tournoie - arabesque légère - entre les arbres gris et nus - spectateurs anonymes - Qui s'en détache au ralenti, au-revoir bouleversant qui la laisse de marbre, achève de décoller la fine pellicule qui la tenait encore quelqu'un.

Elle sait ce qu'ils feront. L'hôtel où il l'aimera pour la première fois. Les mots qu'ils n'échangeront pas, les regards. Elle sait les baisers à n'en plus finir, la parfaite chorégraphie des corps, ça fait des siècles qu'ils répètent. Elle sait. La fluidité de leurs gestes, la synchronicité de leurs désirs, les à-coups consentis. Leurs langues magnétiques, le sang qui palpite, les muqueuses se feront moqueuses, et les frissons, et les murmures, les suppliques... Et dans trois jours les au-revoir, leurs larmes à tous les deux, elle au dehors, lui en dedans. Les lettres, les aiguilles, les photos, les mouchoirs, les oiseaux. À la perfection, elle le sait.

C'est peut-être à ce moment qu'elle se rassemble, et le fil de laine échappée du châle de la mariée, la manière dont il se débat dans l'air, cette ballerine délivrée sur fond de métal gris et nu, à cet instant, ça la bouleverse infiniment.


Quelques paragraphes parmi tant d'autres tellement fluides et mélodieux, si délicatement pixelisé d'images en mouvances par votre plume magique. Un bonheur esthétique embrasait mes sens lors de ma lecture. Un sens inné de l'observation et cette faculté inouïe de le faire partager. Superbe et en admiration devant votre plume.

Amitiés et bien à vous.
actuaire

  « La véritable amitié commence quand les silences ne pèsent plus. » Romain Werlen.
Tilou8897

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19 mai
  Publié: 25 nov 2014 à 16:34 Citer     Aller en bas de page

Magique... C'est tout ce que je peux dire... Le rythme est bien trouvé... à tout instant de la progression... Et le final... J'adore...

Je crois que bien que s'il fallait le mettre en images comme un film... J'ai déjà en tête la séquence...

En revanche... J'ai juste un endroit où j'ai pas compris... "Mi-close"... A quoi cela se rapporte-t-il ? Personne n'a fait la remarque alors je me dis que c'est moi qui n'ai pas saisi quelque chose... Mais bon... Je préfère poser la question car elle va me tourner dans la tête tout le temps où je n'aurais pas de réponse...

Merci d'avance pour l'éclairage et merci pour ce texte.

Amicalement

Tilou

  Elle me dit que mes guerres sont des fleurs fanées et qu'il reste une terre pour l'aimer ici bas
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  Publié: 25 nov 2014 à 17:08
Modifié:  25 nov 2014 à 17:12 par Amandarine
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Merci à tous (c'est peu dire !), je suis touchée par vos impressions, votre enthousiasme.

Enola, merci pour l'écho, ton ressenti, ta présence...

RiagalenArtem, je suis touchée par tes impressions. C'est ma première nouvelle et jusqu'ici je me sentais incapable d'écrire un texte un peu long (peur de manquer de souffle, impression de vide ou je ne sais quoi). Ça m'encourage vraiment à continuer d'explorer cette forme,
Pour les mains creuses, je garde ta remarque sous le coude ;-) Je laisse mon texte reposer quelque temps et j'y reviendrai le regard un peu neuf, voir ce que je peux améliorer. Merci !

Sybilla,
ravie de ces impressions, merci :-)

Actuaire,
heureuse à mon tour que ce texte ait pu vous procurer du... bonheur (esthétique en plus !)
Votre commentaire est un régal Merci !

Tilou, merci :-)
Ravie de savoir qu'il t'inspire une scène cinématographique, j'adore !
Pour mi-close, c'est parce qu'elle venait de se réveiller. J'aurais pu écrire "les paupières mi-closes, elle observe..." mais je trouvais que juste "mi-close" (ça peut faire penser aux paupières mais aussi à la fille qui est "mi", mais se rassemble à la fin) c'était joli comme image

 
Tilou8897

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  Publié: 26 nov 2014 à 15:48 Citer     Aller en bas de page

De rien...

Je reviens sur le "mi-close"... A vrai dire en relisant ce soir, je me suis dit que j'aurais pu trouvé... Je comprends l'effet recherché mais je trouve que la chose n'est pas évidente...

Autre petite question... Au niveau du rythme, au moment de l'écriture, l'idée était d'avoir un rythme rapide ou posé et plutôt lent ?

C'est juste de la curiosité, mais j'aime essayer d'entendre le texte comme l'auteur l'a pensé...

Merci...

Belle soirée

Tilou

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  Publié: 27 nov 2014 à 11:35 Citer     Aller en bas de page

Salut Tilou,

merci pour ton avis concernant mi-close, c'est toujours intéressant comme retour.
Je vais laisser ce texte reposer quelque temps et puis je reviendrai le lire voir si ça "grippe" par endroit...

Concernant le rythme, la musique intérieure lorsque j'ai écrit ce texte était lente, étirée... J'avais aussi cette sensation d'une chute au ralenti, ou d'un vase qui se briserait, au ralenti toujours, et sans bruit...

Ta question sur le rythme me fait penser au sondage concernant la version audio des textes.
Je trouverais vraiment intéressant d'écouter un auteur dire son texte (même si on peut sentir la voix de l'auteur à travers son texte, ça apporterait vraiment un plus. Après certains textes s'y prêtent mieux que d'autres.) Et aussi découvrir comment les lecteurs vivent le texte oralement, on pourrait entendre des interprétations différentes et intéressantes je pense...

C'est cool tes questions en tout cas !

 
RiagalenArtem


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  Publié: 27 nov 2014 à 13:35
Modifié:  27 nov 2014 à 14:06 par RiagalenArtem
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J'ai comme l'impression qu'à force de "revoir" ta nouvelle, tu as alourdi et perdu en spontanéité.

"achève de décoller la fine pellicule qui la tenait encore quelqu'un." Je ne l'avais pas vu en première lecture, et ça me gêne un brin ;-).
Et "des enfants se disputent un goûter sanguinolent " ?

Tu avais mis "les mains pâles" comme je te l'avais suggéré et tu l'as enlevé...c'est toi qui vois après tt. Ce peut être un "effet" ms j'accroche tjrs pas à la formule.
"Mi-close" ? Pouquoi pas. Mais là dans la phrase, je ne vois pas bien...(ou c'est moi qui suis dans le brouillard ^^).

Bref, c'est très bien de retravailler sur un texte ms au bout d'un moment, on perd en légèreté. Et demander l'avis des autres, oui ms tu es maître de l'ouvrage.

Une question ? Tu envisages de faire un texte plus long ?

Dans un texte poétique, on peut se permettre certaines licences, de l'onirisme, voire de l'abscons.
Mais en écriture de nouvelles plus longues, de romans (je ne sais pas si tu l'envisages), il y a une intrigue, un fil rouge, des personnages (auxquels on donne la vie et c'est pas si simple, par fiches, pour leur donner de l'épaisseur, des goûts, des préférences, des tics, un background, etc...faire des fiches est le meilleur moyen de ne pas le perdre, c'est un peu fastidieux ms amusant au final...)
Le plus difficile est donner l'impression que tt glisse d'évidence, en fluidité. Ca demande du travail, bp de travail.

Et j'aimerais bien savoir quelles sont tes sources d'inspirations, comment tu t'organises.
J'aime ton "staccato" de mots....cela dit. Ms pas évident de faire une "critique" ici (dans le bon sens du terme).
Alors, écoute-toi...et accroche-toi.

Amicalement
Riagal

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  Publié: 28 nov 2014 à 05:12
Modifié:  28 nov 2014 à 05:26 par Amandarine
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Salut RiagalenArtem,

depuis la publication, je n'ai changé aucun mot, si ce n'est : "parfaitement, elle le sait" en "inexorablement, elle sait".

J'ai seulement voulu aérer un peu le texte avec des sauts de lignes et des espaces.

Je n'ai rien modifié d'autre.

Je n'ai pas changé les mains pâles. Dans la première version, la fille du souvenir avait déjà les mains pâles entre ses genoux creux, et la fille qui se souvient avait ses mains creuses entre ses genoux pâles.
J'aime bien jouer avec les répétitions et inversant les mots parfois.

Pour "sanguinolent", ce sont juste des petits indiens (les squaws d'honneur) qui se disputent une cuisse de lapin encore fraîche. L'histoire ne dit pas s'ils la mangeront crue, mais je ne crois pas.
Là aussi, j'ai joué en mélangeant/confondant la réalité avec ce qui est imaginé (ils jouent aux indiens).

Je vois que "mi-close" laisse un peu mitigé.
J'ai imaginé cette progression de la fille vide du début, qui devient "mi-close" (se réveille peu à peu de son rêve. De sa vie rêvée ou de son rêve éveillé ?) puis qui se rassemble à la fin...

J'affectionne ce genre de progression, les petits clins d’œil le long du texte, les jeux d'échos et de miroirs, les répétitions en inversant parfois les mots, ou en jouant sur les assonances, etc. En tâchant de garder la cohérence de l'histoire mais j'aime laisser ce petit espace de mystère, une carte blanche adressée au lecteur... J'aime l'idée de double sens, de seconde chance (voir plus), que rien n'est figé, que tout est possible...

Est-ce que j'envisage d'en faire un texte plus long ? Non. C'est ma première nouvelle et c'est la première fois que j'écris sur un format un peu long. Ça m'a plut, je suis entrain de réfléchir et de noter des choses pour en écrire d'autres.

Pour les nouvelles plus longues et les romans, en effet, ça demande rigueur et organisation (ce que j'essaie d'acquérir).

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

Nicolas Boileau

Pour ce texte, l'idée a mûrit quelques jours dans ma tête, ensuite j'ai noté mes idées, phrases, ou justes des mots, des sensations sur un cahier. Puis j'ai retapé le tout à l'ordi. Je n'ai pas écrit de façon linéaire, c'était des bribes éparses (j'avais quand même la chute mais d'autres choses se sont rajoutées pendant l'écriture) et peu à peu les ramifications se sont faites. Je l'ai écrit en 5h sans quitter l'écran.

Pour les sources d'inspiration, c'est difficile de répondre à ça, je ne sais pas en particulier. Tout inspire, tout peut inspirer.

Merci pour tes appréciations, j'ai l'impression que tu a perçu mon désir de persévérer d'en cette voie...

Au plaisir d'échanger !

 
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  Publié: 20 févr 2015 à 06:21 Citer     Aller en bas de page

J'ai vu la scène, peut être même l'ai-je vécue. C'est vrai, prenant, émouvant, poignant, souriant aussi...
Je vais arrêter là les adjectifs et juste vous remercier de ce beau moment de lecture.
Une nouvelle qui me donne envie de voguer avec gourmandise dans votre liste de poème que je ne fais que commencer à découvrir.
Merci pour ce beau partage.

  Si le berger a le Mans qui a les rillettes?
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