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LPDP :: Poèmes par thèmes : Rubrique spéciale anniversaire : "18 ans" :: Sarah Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Tilou8897

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  Publié: 25 juin à 15:07
Modifié:  29 juin à 02:32 par Maschoune
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Sarah


Sarah regarde l’homme s’éloigner. Il a peut-être vingt ou trente ans de plus qu’elle mais elle est curieuse. Une « impression de déjà-vu », c’est ce que diront ses collègues lorsqu’elle leur relatera l’histoire. Mais cela ne la convaincra pas et le lendemain, elle retournera sur le quai de la Loire pour le revoir. Mais cette fois-ci, il ne viendra pas.

Malgré cela, le jour suivant, elle s’assiéra de nouveau sur le rebord du quai. Elle n’aura pas pris sa veste. Mauvaise idée pour un mois d’avril, car le vent encore frais en se mêlant à l’humidité du fleuve, glissera sur sa peau, s’infiltrera sous les tissus et la fera frissonner.

« Vous allez attraper froid comme cela… Vous devriez vous couvrir. »

Sarah se retourne et il est là. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il engage la conversation, qui plus est d’une manière aussi triviale. Elle lui sourit.

« J’ai oublié de prendre ma veste. Je ne suis pas si tête en l’air d’ordinaire. Je tiens cela de ma mère.

- Sûrement. » fait l’homme en esquissant un sourire.

« Sûrement ? Pourquoi dites-vous cela ? »

L’homme ne répond pas et a juste un haussement d’épaule.

« Vous habitez ici depuis longtemps ? » demande Sarah.

L’homme secoue la tête.

« Non, que depuis quelques semaines.

- C’est étrange.

- Qu’est-ce qui est étrange ?

- Vous semblez connaître les lieux… Quand vous regardez le fleuve, le quai… Vous n’avez pas l’air de découvrir… Je dirais même… »
Sarah hésite à terminer sa phrase. Déduire des choses avec si peu, n’était-ce pas aller un peu vite en besogne ?

« Même que quoi ?

- Même que vous revivez des souvenirs. »

L’homme la regarde d’un air amusé. Il sort un paquet de cigarettes.

« Peut-être bien que oui ou peut-être bien que non, allez savoir. Et peut-être que ces souvenirs, si ceux-ci en sont, ne sont même pas d’ici. »

Il s’allume une clope puis tire une longue bouffée.

« Je ne vous crois pas.

- Je vous trouve fort sûre à mon endroit. Vous tenez cela de votre mère aussi ? »

Boutade ou sarcasme, Sarah prend le parti de répondre sérieusement.

« Très certainement.

- Et pourquoi pas de votre père ? »

Sarah lève les yeux au ciel.

« Ça, c’est tout bonnement impossible.

- Je suis désolé, je ne savais pas… »

- Oh non, ne le soyez pas Il n’est pas mort, enfin, je pense… Mais, il pourrait tout aussi bien l’être que ça ne changerait pas grand-chose : je ne l’ai jamais connu. »

L’homme dandine de la tête.

« Vous savez, je vais reprendre vos mots : c’est étrange.

- Qu’est-ce qui est si étrange ? Que je n’ai pas connu mon père ?

- Non, ce n’est pas pour vous que je parle mais pour moi.

- Mais encore ?

- Ce n’est pas la première fois que je viens habiter dans cette ville et, chaque fois que je rencontre des jeunes filles ici, chaque fois, elles ont le même trait commun.

- Ah ? Lequel ?

- Elles n’ont jamais vraiment connu leurs pères. »

Coïncidence. Sarah le pense mais s’abstient de le dire.

« Cela peut faire réfléchir, en effet…

- Réfléchir. Vous savez, j’ai réfléchi. Et vous savez quoi ? Je n’ai jamais trouvé d’explication… »

Il laisse un silence avant de terminer dans un murmure :

« Ou peut-être que oui… »

Ils se taisent quelques minutes tous les deux. Sarah termine de manger son sandwich et l’homme finit de griller sa cigarette. Puis Sarah se lève.

« Je dois retourner au travail, fait-elle en forçant un sourire.

- Bon courage alors et bonne après-midi. » répond respectueusement l’homme.

Sarah s’éloigne et repense à la discussion. Elle se dit qu’elle ne retournera peut-être pas sur le bord du fleuve.



*


« Oui, oui… D’accord. On se dit : vingt heures, devant le parking du marché couvert… Non. Pas la peine de venir me chercher, je me débrouillerai toute seule !... Allez, bye… Moi aussi, je t’embrasse. »

Sarah raccroche le téléphone et ne peut retenir un soupir de soulagement. Certes, elle n’a pas réussi à éviter le repas au restaurant avec sa mère mais elle a esquivé l’après-midi « shopping ». Oui, il y a pire sur Terre que de passer trois heures avec sa mère à faire les boutiques mais les passer à décortiquer la moindre parcelle de sa vie privée, non.

Sarah va dans la salle de bain attraper son pyjama puis après s’être changée, elle se jette au fond du canapé en allumant la télévision. Comme d’habitude, cela a l’effet escompté et elle s’endort profondément en quelques minutes.



*


« Alors comment vont les amours ? »

Sarah lève les yeux au ciel.

« Je ne le sais pas… Cela fait un petit moment qu’elles ne me donnent plus de nouvelles. Sûrement en vacances à Rio de Janeiro ou aux Maldives… On peut changer de sujet, s’il te plaît ? »

C’est exactement pour cette raison que Sarah limite le temps de visite de sa mère.

« Ecoute, on ne se voit plus très souvent… C’est logique que je demande, non ? »

Sarah ne répond pas car c’est à tout égard une conversation destinée à mener nulle part. Elle tente de se rappeler depuis quand sa mère a débuté le petit jeu de « j’essaie d’être la meilleure copine de ma fille ». La réponse est évidente : depuis la fin de son aventure avec le dernier beau-père en date probablement.

Pas de surprise cependant. Sa mère est sûrement la personne qui a le moins de secrets pour elle. Mais pourquoi lui jouer toujours la même scène. Elle aussi sait probablement que sa fille n’aime pas cela.

Le serveur la sort de ses pensées en venant prendre la commande. A peine a-t-il tourné les talons que sa mère reprend la conversation.

« Je suis désolée… dit-elle en fouillant dans le grand sac obèse, victime de la fièvre acheteuse compulsive maternelle.

- Désolée ? fait Sarah trahissant une certaine surprise.

- Quoi ? Tu ne croyais pas que j’allais oublier, non ? »

Elle sort du sac, un petit paquet emballé dans du papier cadeau et la lueur d’espoir de Sarah disparaît.

« Tu ne croyais pas que j’allais oublier ton anniversaire… Vingt-deux ans, ça se fête tout de même ! Tu te rends compte ? Il y a vingt-quatre ans, j’en avais vingt-quatre aussi… »

Non, Sarah ne se rend pas compte. Si elle a évincé son anniversaire de son esprit aujourd’hui, ce n’est pas pour que quelqu’un d’autre le lui rappelle. Sarah se mord la lèvre en attrapant le paquet que sa mère lui tend. Elle tente de grimacer un sourire de circonstance. Le repas sera long. Très long.


*


Sarah se lève.

« Il faut que je rentre. Je vais payer. »

Elle ne laisse pas le temps de réagir à sa mère et se dirige droit vers la caisse. Vite. Elle fouille dans son sac à la recherche de sa carte bancaire. Elle n’est pas en veine ce soir car quelqu’un en profite pour la devancer.

« Bon anniversaire. »

Sarah relève la tête. C’est l’homme du quai.

« Pitié, ne vous y mettez pas aussi.

- Désolé, j’étais à deux tables de vous et j’ai par mégarde, entendu que l’on vous le souhaitait.

- Vous auriez dû entendre aussi que je ne suis pas fan de la chose, fait sèchement Sarah. Et qu’est-ce que vous faites là, d’abord ?

- Je dînais comme le font la plupart des gens qui viennent dans ce restaurant. »

Encore un sarcasme. Elle ne l’a pas volé. Elle a l’idée de s’excuser mais elle est trop énervée. Elle n’en a pas le temps non plus.

« Attends, ma chérie, pour tes vingt-quatre ans… Laisse-moi au moins régler l’addition… »

Sarah lève une nouvelle fois les yeux au ciel et se retourne pour faire face à sa mère. Elle n’a pas le temps de répliquer.

« Arthur ? »

Long moment de silence.

« Astride ? »

Sarah pivote de nouveau sur ses talons pour faire face à cet « Arthur ».

« Vous êtes amies ? lui demande-t-il.

- Non… Astride est ma mère…

- Tu es… Sarah ? »

Elle acquiesce.

« Où est Alice ?

- Elle va… bien. Merci pour elle… »

Sarah ne comprend rien. Elle se décale pour faire face à sa mère et à « Arthur » en même temps.

« Vous vous connaissez ? Et vous, comment connaissez-vous Alice ? »

Alice, sa demi-sœur de deux ans sa cadette. Comment peut-il savoir cela ?

« Alors tu es venu finalement la retrouver… Après toutes ces années.

- De quoi parles-tu, Astride ? Je n’ai jamais cherché à la trouver, nous nous sommes rencontrés sur les quais, par hasard.

- Je ne te crois pas, Arthur. Je ne t’ai jamais cru. »

Sarah ne comprend pas ce qu’il se passe mais elle fait signe au serveur pour qu’il accélère la cadence.

« Sortons. Apparemment, nous avons des choses à nous dire. »

Son ton est sans appel et sa mère comme Arthur bien que surpris la suivent sans mot dire. Une fois sur le trottoir, Sarah reprend les choses où elles se sont interrompues.

« Vous pouvez m’expliquer ? »

C’est après un long silence embarrassé que sa mère se décide à lui répondre.

« Je pensais qu’après toutes ces années, je n’aurais jamais à revenir sur ces histoires. Il y a des choses qu’il vaut mieux laisser là où elles sont. »

Les mots résonnent dans la tête de Sarah. Ils ont la même couleur que d’autres qui sont restés ancrés dans sa mémoire et ce ne sont pas des bons mots. Sarah ne peut se retenir de manifester son énervement et elle sait que sa mère l’a remarqué.

« C’est exactement pour cela que je ne t’en ai jamais parlé…

- Et c’est pour cela que je déteste les histoires lorsqu’elles ne sont pas racontées, réplique Sarah.

- Arthur et moi, nous nous sommes connus bien avant ta naissance et nous avons même été un temps ensemble mais nous étions très différents, cela n’a donc pas tenu. Malgré cela, nous sommes restés… Je ne sais pas trop… »

Sarah sur cette hésitation maternelle ne peut s’empêcher de regarder Arthur. Nul doute qu’il écoute attentivement les paroles de sa mère, ses yeux ne trompent pas mais au-delà de ça, impossible de déceler la moindre perturbation émotionnelle. Il émane de lui une sorte de sérénité curieuse.

« Nous sommes restés plus ou moins proches. Il se peut même que tu aies garder peut-être des souvenirs d’Arthur en vrai. Tu avais quatre ans quand tu l’as vu pour la dernière fois.

- C’est tout ? finit par dire Sarah.

- Je ne crois pas. » fait Arthur.

Sarah croise le regard d’Arthur. Il sait quelque chose ou croit savoir, c’est évident de le voir à la manière dont il pose les yeux sur sa mère et à la façon dont elle, détourne les siens.

« Arrête de jouer, Arthur, finit-elle par dire. Faut-il vraiment que tu fasses comme si tu ne savais rien ?

- Je ne sais pas, Astride. Tu as toujours cru que je savais lire entre les lignes et tu m’as même reproché à plusieurs reprises de ne pas savoir le faire. Et ce soir, même si ça fait des années que nous ne nous sommes pas vus, tu recommences. Que veux-tu que je sache ?

- Je ne veux pas vous paraître de trop dans l’histoire mais je peux savoir de quoi vous parlez ? fait Sarah sincèrement agacée par cet échange incompréhensible.

- Regarde-la, Arthur… » continue sa mère en ignorant totalement son intervention.

Sarah a un mouvement de recul. Arthur la regarde.

« Tu le sais même si je t’ai toujours prétendu le contraire…

- Mais quoi, à la fin ? s’exclame Sarah.

- Que tu es sûrement ma fille. » répondit Arthur.





Tilou, 25/06/2018

  Elle me dit que mes guerres sont des fleurs fanées et qu'il reste une terre pour l'aimer ici bas
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TOTO La terreur des mulots
   
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10 juillet
  Publié: 27 juin à 10:40 Citer     Aller en bas de page

joliment écrit, mais l'intrigue se devine tout de suite, et puis je ne fais pas le lien avec la date anniversaire du site 18 ans!, j'ai peut-être lu un peu trop vite...
Amitiés

yvon

  YD
Tilou8897

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  Publié: 2 juil à 00:47 Citer     Aller en bas de page

Hello, merci de ton passage. Pour dire la vérité, je ne suis pas satisfait du texte... Effectivement, l’intrigue ne tient pas la distance mais ce n'est pas le seul défaut. Le format très court m'a contraint à renoncer à pas mal de choses dans la narration et "condenser" n'a pas été simple... Voir trop compliqué.... Enfin pour le lien avec les 18 ans du site, il y en a un très personnel... Mais dans le récit, je n'ai laissé que la période de 18 ans.
Amitiés

Tilou

  Elle me dit que mes guerres sont des fleurs fanées et qu'il reste une terre pour l'aimer ici bas
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