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  Publié: 23 mars 2016 à 07:40
Modifié:  23 mars 2016 à 12:01 par Shaim
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Six jours après, la valse des fous





Un petit cachet bleu a rejoint une petite pilule rose. Mais leurs yeux sont absents. Peu importe, leurs mains se rejoignent, les paumes à plat. Ils se tiennent face à face. Ils esquissent un joli pas de deux, doucement, bercés par une musique qui n’existe pas. La mélodie, ils l’entendent dans leur tête. Elle n’est pas forcément la même mais leur osmose est parfaite.

Une femme, un homme, ces anges aux cheveux blancs ont oublié beaucoup de choses. Mais ils n’ont pas oublié de penser, chacun de leur côté. Il n’y a pas de grandes envolées, ni de belles robes, ni d’habits en queue de pie. Seuls sont présents deux êtres qui vivent dans un monde différent.

Le personnel médical les regarde avec indulgence, avec envie aussi. Nous sommes loin des malades souffrant de troubles psychiatriques. Nous sommes en présence d’une douceur extrême, une douceur représentée par des paumes jointes. Et la ronde continue, les petits pas se déplacent, frôlant le sol. Ils se sourient sans même se voir.

Finalement, n’est-ce pas la représentation des couples modernes ? Une danse d’hypocrisie où chaque être reste dans son univers sans s’occuper de l’autre. Et autour de ce couple, tournoyant dans un espace illimité, d’autres êtres les observent ou les ignorent.

Le microcosme de cet hôpital particulier devient un résumé de la civilisation. Des sentiments divergents fleurissent. La plupart essaient de les ignorer, se replongeant dans leurs diverses activités qui vont de la partie de cartes au traditionnel tricot. D’autres les suivent des yeux, espérant trouver une personne dans l’assemblée, l’âme charitable qui leur offrira un instant de bonheur identique.

Au fond de la salle, un vieux monsieur bougonne. Marcel Devaut a gagné l’estime de ses enfants en acceptant contre son gré, cette villégiature dans cette maison de repos pour des vieux frapadingues.

Mais, Marcel n’est pas fou, juste fatigué. Et sa fatigue devient croissante quand il voit le spectacle désolant de ce couple qui danse. Enfin, ils ne dansent pas, ils sont là, l’un en face de l’autre, bougeant à peine les pieds. Eux, ils sont fous. Marcel possède toute sa raison, lui. Même si, de temps en temps, il fait semblant de ne plus reconnaître sa fille ou son fils quand ces derniers daignent lui rendre visite.

Sur la table basse devant son fauteuil, traînent des magazines : les petits cadeaux offerts, par bienveillance, aux résidents. Ces journaux, débiles, offrent comme particularité, une ancienneté certaine dans les nouvelles. Des anciennes nouvelles : Il peste contre cette idée. Les seuls thèmes qu’il apprécie sont les jeux : les jeux de lettres, mots croisés, mots fléchés, mots mêlés, mots à chier.

Une colère le prend. Même ses amis les mots le laissent tomber. Il fait partie des êtres abandonnés par tous. Et son dernier plaisir qui était de réfléchir pour remplir avec des lettres de petites cases, a disparu. Il lui reste des grilles de calcul où il faut placer des chiffres. Mais les chiffres ne l’intéressent pas. Il n’est pas possible de sentir des émotions avec des chiffres. Ils sont froids, glacés. Un mot peut donner beaucoup. Un chiffre reste abstrait. Un ensemble de lettres forment une farandole de mots, offrant aux yeux ébahis des textes merveilleux. Les chiffres ne donnent que des opérations stupides.

La dictature des mathématiques, Marcel l’a endurée pendant des années. Dans les derniers moments de son existence, il désire vivre le beau. Et le beau, son nirvana, passe par les livres. La bibliothèque de sa nouvelle résidence regorge de trésors. Les grands classiques cohabitent avec quelques petites merveilles contemporaines.

Mais Marcel a déjà épluché tous les rayons, dans sa boulimie de lecture. Il ne lui restait plus que ses petits jeux de mots. Maintenant, il ne lui reste que des jeux chiffrés. Et toujours, ces deux mêmes imbéciles pathétiques, au centre la pièce, offrant un spectacle minable de danse.

Quand Marcel n’a pas le moral, Marcel devient méchant, dans ses pensées, dans ses actes. Et le moral de Marcel est au plus bas. Il décide de quitter la salle commune et d’aller se promener dans le parc. Au moins, les oiseaux lui tiendront compagnie. Avec un peu de chance, il trouvera un chat à martyriser avec des cailloux. L’air frais lui redonne un semblant de moral. Les oiseaux sont partis depuis longtemps vers des contrées plus chaudes et aucun greffier ne se risque dehors en cette fin novembre.

Le gravier de l’allée principale crisse sous ses pas. En voilà une jolie danse avec une jolie musique : pense-t-il. Cela change des pseudos échanges amoureux à l’intérieur. Marcel les aime bien, ces petits vieux. Il est juste déboussolé de ne plus pouvoir jouer avec ses mots, ses lettres. Il aimerait tant lire un nouveau texte, un nouveau roman. Lui aussi se pose des questions. Quand ce cauchemar va-t-il prendre fin ?

Son périple le conduit aux abords du parc. La grande grille est fermée. Voilà, enfermé comme un criminel. Il peste encore. Sa mauvaise humeur revient de plus en plus souvent. Il était vieux, il devient vieux con. Il comprend la démarche de ses enfants. Ils ne pouvaient plus s’occuper d’un débris comme lui avec un caractère impossible. Machinalement, il pose la main sur la poignée de la grille et, à sa grande stupeur, celle-ci s’ouvre. Marcel ne bouge plus.

Prévenir le personnel de l’hôpital serait le plus raisonnable. Mieux vaut prévenir que guérir ? Mais Marcel a besoin de soins différents. Il s’avance et franchit la grille. Il marche d’un bon pas, de plus en plus vite. Il éclate de rire. Voilà sa guérison. Marcel n’était pas fou, il le devient. Mais il crache sa folie à la gueule des bien-pensants.

Un petit arrêt au bord d’un arbre pour faire un besoin comme dans sa jeunesse. A qui va pisser le plus loin. Enfin débarrassé des toilettes aseptisées qu’offre un établissement médical. Retrouver la vie, la bonne bouffe, et peut-être plus. Il ne se fait pas d’illusions. Son âge lui enlève certains plaisirs. Alors, il va se contenter avec ce qu’il peut faire. Et il compte faire maintenant ce qu’il veut.

Dans la grande salle, le couple a fini de danser. La vieille dame est tombée au sol dans une dernière pirouette. Ses sourires se sont perdus dans des souvenirs. Un dernier rictus offert par la mort vient de troubler son cavalier.




Extrait de la Fronde des Lettres (Parution 2013)


  ODH MAD
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Modifié:  23 mars 2016 à 12:27 par Galatea belga
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Le microcosme de cet hôpital particulier devient un résumé de la civilisation. Des sentiments divergents fleurissent. La plupart essaient de les ignorer, se replongeant dans leurs diverses activités qui vont de la partie de cartes au traditionnel tricot. D’autres les suivent des yeux, espérant trouver une personne dans l’assemblée, l’âme charitable qui leur offrira un instant de bonheur identique.

Au fond de la salle, un vieux monsieur bougonne. Marcel Devaut a gagné l’estime de ses enfants en acceptant contre son gré, cette villégiature dans cette maison de repos pour des vieux frapadingues.

Mais, Marcel n’est pas fou, juste fatigué. Et sa fatigue devient croissante quand il voit le spectacle désolant de ce couple qui danse. Enfin, ils ne dansent pas, ils sont là, l’un en face de l’autre, bougeant à peine les pieds. Eux, ils sont fous. Marcel possède toute sa raison, lui. Même si, de temps en temps, il fait semblant de ne plus reconnaître sa fille ou son fils quand ces derniers daignent lui rendre visite.


Là où il y a des humains des microcosmes se forment et des dynamiques, qui se ressemblent un peu partout, fleurissent...

Ton extrait me touche car j'ai une maman de 91 , car j'ai une authentique passion pour l'observation des humains et en particulier des humain dans une condition assez localisée, comme par exemple ce site .
J'irai chercher ton livre .
Merci pour cette belle page qui montre ta sensibilité reconnue et pour nous avoir introduit- avec expertise- au monde des anciens, à notre monde de demain .





lilia

  Si visi amari, ama.Le Prince ...oh le Prince...
PapillonMystere
Impossible d'afficher l'image
N'entres pas dans mon âme avec tes chaussures.
   
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  Publié: 23 mars 2016 à 12:52 Citer     Aller en bas de page

Une très belle page que j'ai aimé lire.

je rejoins Lilia :Là où il y a des humains des microcosmes se forment et des dynamiques, qui se ressemblent un peu partout, fleurissent...
Amitiés

  Tuer le nomade c'est tuer la part de rêve où toute la société va puiser son besoin de renouveau.
coldasice

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25 janvier
  Publié: 24 mars 2016 à 05:05 Citer     Aller en bas de page

Merci de votre passage dans un lieu de repos ...... éternel

  ODH MAD
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