Tanné de la publicité? Devenez un membre privilège et dites adieu aux bannières!

LPDP - Page d'accueil
Devenez membre
Oublié M.Passe?
Compte privilège
Nouveau compte
Activer un compte
Oublié mot de passe?
Renvoyer code d'activation
Poèmes populaires
Hasards de l'équipe
Poèmes de l'année
Poèmes par thèmes
Publier un poème
Liste détaillée des sections
Poème au hasard
Poème au hasard avancé
Publications
Règlements
Liste des membres
Fils RSS
Foire aux questions
Contactez-nous
Chat
À Propos
::Poèmes::
Poèmes d'amour
Poèmes tristes
Poèmes d'amitié
Poèmes loufoques
Autres poèmes
Poèmes collectifs
Acrostiches
Poèmes par thèmes
::Textes::
Nouvelles littéraires
Contes d'horreur
Textes érotiques
Contes fantastiques
Lettres ouvertes
Citations personnelles
Textes d'opinion
Théâtre & Scénario
::Discussions::
Nouvelles
De tout et de rien
Aide aux utilisateurs
Boîte à suggestions
Journal
Le coin de la technique
::Images::
Album photo

Membre : 0
Invités : 15
Invisible : 0
Total : 15
13204 membres inscrits

Montréal: 17 sept 19:28:03
Paris: 18 sept 01:28:03
::Sélection du thème::
Ciel d'automne
Lime trash
Soleil levant



LPDP :: Nouvelles littéraires :: Autopsie des confusions [esquisse] Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

Avertissement

Ce texte peut ne pas convenir à certains lecteurs.



Page : [1] :: Répondre
Tilou8897

Administrateur


La vie n'a de sens que celui qu'on lui donne
   
Statut: Hors ligne
Visitez le site web de ce poète. Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
659 poèmes Liste
18589 commentaires
Membre depuis
12 décembre 2006
Dernière connexion
12 septembre
  Publié: 2 août 2016 à 07:42
Modifié:  5 mai 2017 à 00:17 par Tilou8897
Citer     Aller en bas de page



AVERTISSEMENT :

Ce texte ne convient pas à tout public. Au delà d'une touche d'érotisme, le sujet principal peut heurter. C'est une fiction, une tentative d'exploration d'une psychologie qui pourrait déranger certains dans certaines valeurs morales.
Enfin, le texte est pour l'instant au stade d'un premier jet. L'histoire du narrateur sera sans doute amenée à s'étoffer avec d'autres détails sur sa vie et les conséquences psychologiques.





Autopsie des confusions




Métro Ligne 1, Station Argentine - Samedi, 8h32


Elle s'est assise sur le siège devant moi. Elle n'a même pas remarqué ma présence. Elle a souri et fait un petit signe à une femme un peu plus loin qui selon toute vraisemblance était sa mère. Et c'est là que j'ai réalisé que je devenais dangereux. Ce n'était pas un danger qui s'affiche clairement, un truc qui se remarque comme le nez au milieu de la figure. Non, c'était un danger plus trouble. Lorsque je l'ai réalisé, je me suis demandé depuis combien de temps, j'avais basculé. Je me suis aussi demandé pourquoi, mais là, forcément je n'avais pas la réponse, ou plutôt je ne voulais pas me confronter à cette réponse. Je l'ignorais, mais pourtant tout était construit clairement dans ma tête. Seulement, quand le cerveau a décidé de ne pas souffrir, quand le cœur a décidé de se protéger, coûte que coûte, il est vain d'essayer de lutter. Je ne crois pas au fait que l'on puisse soigner ce genre de choses. La seule échappatoire est de cloisonner un peu plus chaque fois, de remettre des barrières mentales un peu plus hautes, un peu plus épaisses. Et il n'y a personne à part l'intéressé qui puisse le faire. Et il faut que ce soit lui qui le fasse, car ce qui est en jeu dans ce chantier de construction, c'est l'identité, notre personnalité. Je ne parle pas de la personnalité au sens de la personne que les autres perçoivent, mais bien de la personnalité au sens de l'image que l'on a de soi-même, des souvenirs que l'on veut garder et des blessures qu'on ne veut pas soigner en guise de lieu de recueillement mental.

Je n'ai jamais voulu me débarrasser de ma responsabilité quand bien même j'aie pu être la victime. J'étais une victime consentante. Sa victime. Mais je l'aimais. Et quoique j'affirme très facilement le contraire pour faire bien en société, je l'aime toujours contre vents et marées. Je ne saurais expliquer pourquoi. Je n'ai pas d'excuse à présenter pour me faire pardonner la faiblesse qu'elle réveilla en moi. Elle était jeune et fragile, un peu excentrique, sans filtre. Elle n'avait pas de limites, du moins, elle transcendait les miennes. Nous nous sommes rencontrés vite, nous sommes tombés dans le piège l'un de l'autre et nous lui avons fait l'amour autant que nous faisions l'amour l'un à l'autre. Nous aimions rester imbriqués, avec l'odeur de l'autre incrusté dans chacun de nos pores. Même la première nuit, même si la douleur et le sang s'étaient mêlés à nos douceurs sauvages. Les gestes étaient chaque fois un peu désordonnés, la proposition de plaisir en dehors du cadre. Je me souviens encore du mouvement et de la pression des paumes de sa main avec ses doigts de gamine, les bras tendus telle une volleyeuse allongée à la réception, pendant que nos langues et nos souffles s'entremêlaient, les miennes appliquées à la base de chacune de ses lunes à créer l'ouverture pour que l'air un peu frais de la nuit la fasse frissonner, en même temps l'extrémité des index et des majeurs attisaient la source de ses sueurs. Nous pouvions rester des heures ainsi à nous faire monter et redescendre pour reculer l'instant final. Il est même arrivé que nous le perdions de vue et que la nuit nous prenne. Nous restions alors ainsi, enfichés comme les pièces d'un puzzle improbable, incapables de reconnaître notre défaite devant nos heures de sommeil perdues.

Mais tout instant final, par définition, finit par survenir, même se répéter, et quand bien même il soit composé de l'addition de nos égoïsmes, il est une équation qui fait que si l'on ne met pas de draps sur les inconnues, cette même équation arrive toujours à trouver sa solution, peu importe l'histoire de l'un ou de l'autre, peu importe qu'on y soit préparé. J'aurais pu le voir, l'anticiper mais quand la balance est à ce point déséquilibrée, nous ignorons les évidences. Nous sommes invincibles, immortels et aveugles. Elle ne l'avait pas anticipé. Elle m'avait pris comme un objectif futur, mais son présent était déjà occupé. Elle avait besoin de temps. Nous nous ressemblions sur un point essentiel. Nous ne voulions rien abandonner. Sauf que.

Lorsque la nouvelle s'est imposée à elle, c'était un peu comme si le monde s'écroulait. Je l'avais entraînée dans des contrées qu'elle n'avait jamais osées imaginer. Mais au final, tout s'était construit sur la base d'un mensonge. Il aurait peut-être fallu que je la pousse à assumer sa trahison pour vivre l'autre vérité possible. Il aurait peut-être fallu pour cela que mes mots aussi sensibles puissent-ils être, lui dépeignent un choix moins cru. Je ne sais pas.

Mais ce n'est pas là, le problème. Les choix individuels gardent leur valeur et le respect qu'on leur doit. Non. Ce n'est pas le choix individuel qui pose souci. C'est quand une décision qui devrait se prendre à deux ne l'est pas. Quand on demande ensuite à l'autre de l'accepter et de l'accompagner...

La faille est là. Et lorsqu'on ne peut pas cesser d'aimer, on compense et on mélange : la fille, l'enfant, l'adolescente et la mère. On n'a pas pu la protéger, elle, alors les sentiments s'enflamment. C'est comme une addiction qui ne veut pas dire son nom. Malgré cela, il faut avancer. Comme toujours, on préfère ignorer quand bien même, il faut se mettre à boire, à se saouler. C'est une stratégie d'esquive qui évite que nous nous remettions à contempler des décombres dont la confusion nous entraîne sur un chemin de compensation que l'on voudrait obstruer tant il est compatible à notre sensibilité mais contraire à toute raison.

De là, nous errons comme un fantôme. On s'accouple à des schémas relationnels qui nous permettent de garder pieds socialement et masque un amour qui s'exprime mal par un instinct paternel convenable en surface. Je ne sais pas dire si ce n'est qu'une histoire de circonstances qui s'additionnent et se mêlent, qui amène les gens sur le chemin de vie qu'ils empruntent. Pour mon cas personnel, j'ai toujours été convaincu du contraire même si l'on peut se faire aider parfois par le "hasard". Je dis cela mais je n'y crois pas vraiment. Quand j'ai recommencé à fréquenter, je suis tombé sur la seule "figure" qu'il m'était possible de chercher à cet instant-là. Quelqu'un tout autant cabossé, une mère mais une adolescente aussi. J'avais besoin des deux aspects dans la même personne. Même si c'était pour me mener nulle part. Elle, me prenait pour un ami, quelqu'un qui aimait suffisamment ses gosses pour me les confier et moi, je ne savais pas très bien pourquoi j'étais là. Aussi inconfortable, la situation fût-elle, j'étais affectivement bien. Mais pas dans la tête. Dans la tête, il y avait un deuil qui ne voulait pas dire son nom, il y avait un deuil auquel je n'avais pas droit. Pas de lieu, pas de témoin... Juste quelques phrases, quelques SMS ou emails et un film d'images gravées dans des souvenirs indélébiles. C'est comme ça qu'on devient double. On gère l'affectif banal de notre âge avec des ombres anonymes qui dans leurs rondeurs de leurs intimités, vous laissent un peu de leur chaleur et de leur sucre sur le bout de la langue autant que vous les repoussez ou les contentez avec une raideur que vous allez chercher dans les recoins de vos souvenirs.

[...]

Des mots. Des phrases. Des images. Des sensations. Je croyais qu’avec les années, ceux-ci partiraient balayés comme le reste, par le souffle du présent, à défaut de celui de l’avenir. Malgré cela, il faut bien le reconnaître : rien n’a vraiment changé. La pièce est toujours vide et il faut fermer les yeux pour se rendre compte de ce qu’il y avait de magique dans l’histoire. Je me rappelle encore ce soir là où je me suis promis de raconter ce qui faisait cette esthétique qui allait au-delà de la moralité. J’ai juré de faire entendre à mes pires détracteurs qu’au travers des déchirements, de la violence des mots et des événements, il y avait autre chose, quelque chose qui ne se décrit pas platement comme une pornographie naturaliste de l’intime. J’avais et j’ai toujours au fond de moi ce bouillonnement qui murmure de repeindre les murs de la même couleur qu’à l’intérieur.

On pense souvent à ces choses comme des relents de remords ou de regrets en oubliant que pour nommer celles-ci ainsi, il faudrait encore que les larmes qui remplissent à cet instant ces yeux soient celles d’un quelconque chagrin, d’une quelconque tristesse. A moins que. Le cœur humain est monstrueux, non pas essence mais par instinct de survie. Il est capable d’oblitérer n’importe quel fait pour s’affranchir lui-même d’émotions qu’on dirait « malsaines » en temps ordinaire. Les idées se mettent en place, s’emboitent sans même qu’il soit possible de protester. Il n’y a rien à faire : on est déjà condamné. On l’était dès le début avant même que notre existence soit effleurée. Condamné à se mettre un bandeau devant les yeux et à continue de marcher.

La vérité que l'on ignore, c'est que toutes les valeurs se sont renversées et que les barrières deviennent perméables. Plus on avance, plus la route se transforme et cela ressemble à s'y méprendre à du funambulisme. Faudra-t-il un nouveau choc pour que la vie daigne remettre les choses à l'endroit ou serons-nous condamnés à flirter avec notre part de ténèbres ? Je n'ai pas de réponse et je crois que personne n'est en position pour faire croire qu'il pourrait y avoir une issue. Elle peut exister comme elle ne le peut pas. Il n'y a rien d'écrit à l'avance. Il ne nous reste que nous-mêmes sur qui compter.

Est-ce que le fait d'avoir ressenti le danger, nous en protégera ? Est-ce vraiment un danger ? Comment des sentiments aussi forts, aussi arrachés à nos entrailles peuvent-ils être un danger ? Je crois que je vais faire comme je l'ai toujours fait. Je vais continuer d'ignorer.

Mon cœur est sûrement malade de ses refoulements mais je n'ai pas vraiment envie de me considérer comme à l'image d'un être que je ne suis pas.




Tilou

  Elle me dit que mes guerres sont des fleurs fanées et qu'il reste une terre pour l'aimer ici bas
Y.D Cet utilisateur est un membre privilège


TOTO La terreur des mulots
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
286 poèmes Liste
5056 commentaires
Membre depuis
7 décembre 2010
Dernière connexion
13 septembre
  Publié: 2 août 2016 à 08:29 Citer     Aller en bas de page

Le fil de ta réflexion m'a captivé. Nous avons tous en nous ce genre regret/remord qui nous titille, le côté on a loupé quelque chose, on n' a pas su... ton texte m'a renvoyé à mes propres interrogations enfin c'est comme çà que je l'ai compris.

Amitiés poétiques

Yvon

  YD
Tilou8897

Administrateur


La vie n'a de sens que celui qu'on lui donne
   
Statut: Hors ligne
Visitez le site web de ce poète. Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
659 poèmes Liste
18589 commentaires
Membre depuis
12 décembre 2006
Dernière connexion
12 septembre
  Publié: 5 août 2016 à 03:55 Citer     Aller en bas de page

Merci Yvon de ce retour. Ce texte fait partie de ceux qui sont les plus compliqués à écrire car ils font sens à partir du moment où l'on trouve la bonne nuance. Je suis assez heureux de voir que le texte malgré son "contexte" particulier puisse renvoyer à des expériences personnelles. Cela veut dire, peut-être que je me trompe, qu'on peut trouver une manière de raconter sans avoir une espèce d'épée de Damoclès au dessus de la plume.

Il y a aura des séquelles à ce texte... Je ne sais pas encore quand je les écrirai mais c'est certain.

Merci encore

Amitiés

Tilou

  Elle me dit que mes guerres sont des fleurs fanées et qu'il reste une terre pour l'aimer ici bas
Page : [1] :: Répondre

 

 



Répondre
Version imprimable
Avertissement par courriel
Autres poèmes de cet auteur
Share
Cocher cette section lue
Cocher toutes les sections lues
Visites: 658
Réponses: 2
Réponses uniques: 2
Listes: 0 - Voir

Page : [1]

Les membres qui ont aimé ce poème ont aussi aimé les poèmes suivants :



Nous n'avons pas assez de données pour vous afficher des recommandations. Aidez-nous en assignant une cote d'appréciation aux poèmes que vous consultez.

 

 
Cette page a été générée en [0,0247] secondes.
 © 2000 - 2019 VizFX.ca - Tous droits réservés  |  Pour nous joindre
L'utilisation de ce site Web implique l'acceptation des Conditions d'utilisation. Tous les textes hébergés par La Passion des Poèmes sont protégés par les lois de la protection des droits d'auteurs ainsi que par des traités internationaux. Il est strictement interdit de distribuer, d'afficher ou d'utiliser ces textes de quelque manière sans l'autorisation de l'auteur du texte en question.

           
 
Oubliez votre mot de passe? Cliquez ici.