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LPDP :: Nouvelles littéraires :: Quelques fleurs pour la route - Chapitre 2 (5) Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Tilou8897

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  Publié: 8 août 2016 à 16:37
Modifié:  12 août 2016 à 10:49 par Tilou8897
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Shany descendit à Cathedral Parkway pour remonter la cent-dixième et partir sur Manhattan Avenue. Il n'y avait qu'une dizaine de minutes pour atteindre le Saint Lukes Roosevelt Hospital. Elle regarda sa montre. Il fallait qu'elle se presse, l'heure des visites n'était pas extensible et si elle traînait trop, elle ne tiendrait pas la promesse qu'elle avait faite à Clara. Rien ne l'y obligeait pas même sa nièce car il était de notoriété familiale que malgré son métier, Shany était réfractaire à l'idée même de mettre les pieds dans un hôpital, mais voilà, c'était une promesse et quoique tout le monde dans son entourage fût compréhensif, elle n'avait pas l'intention de se soustraire. Cela faisait partie de son caractère.

Sur le chemin, Shany s'était arrêtée dans une librairie pour y acheter deux ou trois livres. Elle ne connaissait pas les goûts de sa nièce alors elle espérait qu'au moins un des trois lui plaisent. "C'est l'intention qui compte..." lui aurait Amy, sa sœur. "Tu es vraiment trop terre à terre. Il faudrait que tu t'accordes un peu plus de temps libre. Et en sus, tu pourrais te trouver un petit ami par la même occasion". Shany soupira en bifurquant dans l'avenue. L'idée même d'entendre cette réflexion de la part d'Amy l'exaspérait. Elle n'avait pas le temps pour ce genre de choses et puis toutes les tentatives qu'elle avait initiées sur le sujet s'étaient soldées par de cuisants échecs en plus de plusieurs mois de "convalescence". Donc, non, elle ne pouvait pas accorder de temps à cela et elle ne voulait pas non plus. De plus, Shany n'avait pas la même vision des choses que sa frangine, elle estimait qu'il n'y avait pas de raison de bousculer les événements. Si cela devait arriver, elle voulait que les choses surviennent sans crier gare. Elle voulait la surprise et non avoir le sentiment de les avoir provoquées pour ensuite avoir la sensation de ramer pour qu'elles aillent dans le bon sens. Clairement, elle ne s'attendait pas à ce que tout cela lui arrive tout beau, tout chaud comme descendu du ciel mais l'idée d'être l'auteure de ses amours, cela ne collait pas. Peut-être était-elle encore restée dans un raisonnement d'adolescente mais elle assumait. Shany prit une grande respiration avant de traverser l'avenue. L'entrée de l'hôpital était de l'autre côté. Son périple à travers New-York était sur le point de trouver son point de chute. Il fallait qu'elle se calme. C'était important. C'était pour sa nièce et cela, cela n'avait pas de prix.

Clara, c'était sa nièce mais pas que. Shany n'aimait pas en parler et au final, presque personne exceptée sa meilleure amie, n'en connaissait la raison. Même Amy ne savait rien. Elle aurait pu s'interroger mais il faut croire que rien dans le comportement de Shany ne l'avait vraiment surprise.

Quand Amy lui avait annoncé qu'elle était enceinte de Clara, Shany n'avait pas reçu la nouvelle avec enthousiasme. Bien sûr, elle s'était arrangée avec la forme et même si Amy avait dû très certainement ressentir son embarras, elle s'était sûrement dit que c'était une forme de jalousie. Quoi de plus normal entre sœurs d'avoir cette espèce de compétition qui ne dit pas son nom de la première à annoncer à la famille qu'elle attend un enfant ? Dans le fond, tout le monde sait que c'est parfaitement ridicule et qu'il ne faut pas penser comme cela mais dans la réalité, la concurrence est réelle, inconsciemment ancrée dans les comportements des uns et des autres. On ne peut pas grand chose vis à vis de ces réflexes sinon afficher un certain discours qui le nie. Il reste que sur le plancher des vaches, les gestes, les paroles échappent au bon sens.

Il y a des choses quand on naît femme (et peut-être homme aussi, mais là, Shany ne pouvait l'affirmer) qu'on ne raconte pas même à sa famille, peu importe que l'on en soit proche ou pas. Ce sont des choses qui touchent tellement au cœur de l'intime et de ses blessures que la proximité affective est un handicap pour apprécier le partage et surtout avoir la bonne réaction. On le sait, on en a la conviction de manière innée et aller à l'encontre de cette conviction n'est vraiment pas naturelle. Alors presque personne ne le fait. Shany le savait, elle avait été plusieurs fois témoin de ce genre de situation.

Clara : c'était à la fois, l'événement qui était arrivé au plus mauvais moment pour lui rappeler son échec et sa naissance était aussi dans une chronologie tout à fait malicieuse, la plus belle chose qui avait pu arriver. Autant le dire de manière franche, Clara était un peu comme sa propre fille, par procuration.

Shany avait assité à sa naissance et l'avait suivi semaine après semaine, mois après mois. "Tata" était très vite devenue aussi indispensable que "Papa" et "Maman". Amy n'aurait pas pu envisager de sœur aussi impliquée auprès d'elle pour l'éducation de son premier enfant. Cette proximité de Shany avec Clara avait même été par moment conflictuelle. Shany ne se rendait pas compte de l'invasion dont elle était la cause dans les relations parentales. Amy avait même été jusqu'à gérer des tensions entre elle et Patrick, son mari. Amy connaissait pratiquement par cœur Shany et elle savait tout en en ignorant l'origine, qu'elle ne faisait pas les choses de manière intentionnelle. Patrick ne pouvait l'entendre et c'était bien normal.

Pour Amy, c'était déjà formidable de pouvoir compter sur sa sœur comme cela. On a tellement des doutes lorsqu'on avance dans la vie puis qu'on décide d'avoir un enfant avec celui qui partage votre vie, que c'était rassurant d'avoir ce point de repère. Se mettre en couple, se marier, à la limite, c'était presqu'un parcours de santé. Avoir un enfant, c'est dans les tripes que ça remue et que cela vient vous chercher. Shany ne pouvait pas l'ignorer.

Non, elle ne pouvait pas l'ignorer mais Amy, en revanche, ne pouvait savoir à quel point.


***


Une fois dans le hall, Shany se dirigea vers l'accueil et tenta d'interpeller le garçon qui se trouvait derrière le bureau. Ce dernier semblait complètement débordé et ce n'est qu'après deux ou trois minutes qu'il vit qu'elle lui faisait signe.

"C'est pourquoi, Mademoiselle ?"

Shany demanda le numéro de chambre de sa nièce.

"Département de pneumologie pédiatrique, c'est au huitième étage. Chambre 830. Vous pouvez prendre l'ascenseur au fond à droite du hall, là-bas."

Shany tourna la tête en direction de l'endroit que lui indiquait le garçon avec son menton.

"D'accord. Merci."

Elle tourna les talons et fila à l'autre bout du hall. Il y avait en effet un renfoncement où quatre cages d'ascenseurs étaient alignées. Elle n'eut pas l'occasion d'appuyer sur le bouton d'appel car les portes du troisième s'ouvrirent et l'indicateur de montée se mit à clignoter. Quelques personnes sortirent et Shany s'engouffra juste après pour se plaquer tout au fond. Ce n'était pas la place la plus stratégique au monde car, pour sortir, il faudrait sûrement qu'elle dérange toutes les personnes devant elle, mais dans un sens, elle préférait cette place car elle pouvait disparaître pendant quelques minutes et éviter aussi de croiser trop de patients. Certes, ceux-ci ne lui avaient rien fait mais le simple fait de les approcher de trop près, suffisait à la rendre plus nerveuse encore qu'elle ne l'était. C'était comme cela depuis quelques années et il n'y avait pas moyen de dissiper le malaise qu'elle ressentait.

L'ascension prit quelques minutes car à chaque étage, il y eut son lot d'entrées-sorties. Cependant, chose appréciable, au fur et à mesure, le nombre de personnes diminuait. Shany en ressenti un certain soulagement mais en même temps, elle se dit que ce n'était nécessairement de bonne augure. Sa nièce était hospitalisée dans un département de l'hôpital où les patients étaient considérés comme des malades à la pathologie spécifique et faisaient l'objet d'une surveillance médicale renforcée. Clara avait vraiment du courage, se dit Shany, bien que la réalité était que sa nièce n'avait pas trop le choix sur ce point.

Clara était née avec un dysfonctionnement de ses poumons. La chose avait été diagnostiquée relativement tôt après sa naissance mais les médecins n'avaient pas tout de suite posé un traitement clair. Les premiers avaient dit que cela se résorberaient avec l'âge et que ce n'était qu'un problème lié à un retard de croissance pendant la grossesse d'Amy. D'autres avaient prédit que le dysfonctionnement se stabiliserait au fur et à mesure des années et qu'avec la thérapeutique médicamenteuse adéquate, Clara retrouverait une vie à peu près normale pourvu qu'elle suive le traitement et ce, jusqu'à la fin de sa vie. Mais au final, aucun n'avait dit la vérité. Ils ne savaient rien sur le cas de Clara et la seule chose qu'ils étaient en capacité de faire, c'était d'éviter l'irréparable. Et voilà ce que cela avait donné, Clara était toujours logée à l'hôpital dans un environnement dit "adapté", c'est-à-dire, avec la machine qui lui permettait de respirer à portée de branchement depuis des mois et des mois.

Trois semaines plutôt, Amy lui avait même confié un soir au téléphone qu'il était question de passer par une greffe et que Clara était désormais sur la liste d'attente. Sa sœur en était bouleversée et Shany pouvait la comprendre mais elle n'avait pas été capable de la réconforter. Pour elle-même, cette option n'était pas synonyme de bonne nouvelle ou de solution. C'était une sorte d'aveu d'impuissance. Et même si elle savait qu'Amy et Patrick mettraient tous les moyens à leur disposition pour que tout soit fait au mieux, cela ne minimisait ni les risques, ni l'inquiétude d'une opération pareille.


(à suivre)

Tilou

  Elle me dit que mes guerres sont des fleurs fanées et qu'il reste une terre pour l'aimer ici bas
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