Tanné de la publicité? Devenez un membre privilège et dites adieu aux bannières!

LPDP - Page d'accueil
Devenez membre
Oublié M.Passe?
Compte privilège
Nouveau compte
Activer un compte
Oublié mot de passe?
Renvoyer code d'activation
Poèmes populaires
Hasards de l'équipe
Poèmes de l'année
Poèmes par thèmes
Publier un poème
Liste détaillée des sections
Poème au hasard
Poème au hasard avancé
Publications
Règlements
Liste des membres
Fils RSS
Foire aux questions
Contactez-nous
Chat
À Propos
::Poèmes::
Poèmes d'amour
Poèmes tristes
Poèmes d'amitié
Poèmes loufoques
Autres poèmes
Poèmes collectifs
Acrostiches
Poèmes par thèmes
::Textes::
Nouvelles littéraires
Contes d'horreur
Textes érotiques
Contes fantastiques
Lettres ouvertes
Citations personnelles
Textes d'opinion
Théâtre & Scénario
::Discussions::
Nouvelles
Portrait sous vers
De tout et de rien
Aide aux utilisateurs
Boîte à suggestions
Journal
Le coin de la technique
::Images::
Album photo

Membre : 1
Invités : 357
Invisible : 0
Total : 358
· froggy33
13573 membres inscrits

Montréal: 25 sept 22:24:32
Paris: 26 sept 04:24:32
::Sélection du thème::
Ciel d'automne
Lime trash
Soleil levant









LPDP :: Nouvelles littéraires :: Une enquête est en cours Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

Page : [1] :: Répondre
Joker


Trouvons ce qu'il nous manque dans ce que nous avons et dans ce que nous sommes.
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
131 poèmes Liste
663 commentaires
Membre depuis
15 octobre 2008
Dernière connexion
25 septembre
  Publié: 24 mars 2017 à 05:33
Modifié:  24 mars 2017 à 15:16 par Maschoune
Citer     Aller en bas de page

Une enquête est en cours

Fonctionnaire expérimenté, chef d’une direction, je suis accusé par mon nouveau ministre de tous les dysfonctionnements de son administration : plusieurs véhicules se « promèneraient dans la nature » et des frais de fonctionnement se seraient «évaporés». Une enquête est en cours, mais mon ministre de tutelle m’a quand même licencié. Son neveu a été nommé à ma place et entrera bientôt en fonction. Je vide mes tiroirs et rassemble quelques affaires personnelles dans mon attaché-case : un dictionnaire, mon carnet de rendez-vous, mes stylos, un crayon et la photo de mon épouse que je n’ose regarder. Ma secrétaire est en larmes. Mes conseillers et les huissiers m’ont fait une haie d’honneur qui conduit à la porte de sortie. Ainsi je quitte mes fonctions sous les applaudissements nourris de mes collaborateurs. Mais au lieu de rentrer chez moi « affronter » ma famille, je préfère me constituer prisonnier en allant me livrer à la police de mon quartier.

Le commissaire de police est embarrassé.

- Je veux bien vous arrêter sur-le-champ, mais pour cela il faut avouer un crime ou faire l’objet d’un avis de recherche. Il m’arrive de détenir préventivement des personnes qui influencent des témoins, qui cachent ou peuvent détruire des pièces à conviction. Votre lettre de licenciement indique que vous n’avez pas concouru à la manifestation de la vérité dans votre ministère pour connaître le responsable des dysfonctionnements. Cela n’a rien de répréhensible de mon point de vue, d’autant plus qu’une enquête est en cours. Je ne peux donc pas vous enfermer pour ce seul motif. Des agents de la ligue des droits de l’homme inspectent nos cachots. De plus, vous êtes présumé innocent par le code pénal. Je suis désolé, la justice des hommes ne peut rien faire pour vous, ni contre vous. Si vous tenez absolument à subir un châtiment, allez voir un curé. La justice de Dieu pourrait se prononcer sur cette affaire.

A l’entrée, je trempe ma main dans un bénitier et me signe après une génuflexion. J’avance dans la nef centrale et m’arrête quelques instants devant le grand crucifix suspendu derrière l’autel. Un confessionnal en bois massif est adossé au mur latéral sur ma droite. J’y entre. Il fait sombre. Je ferme la porte derrière moi. J’ai dû mal à discerner les traits d’un abbé qui porte une étole mauve sur sa tunique foncée. Sa voix est claire derrière la lucarne grillagée qui nous sépare. Après la bénédiction d’usage, à l’unisson nous prions ensemble. « Notre père » et deux « Je vous salue marie ». J’expose mon cas avec force détails. Par cette démarche, j’espère éviter l’enfer. Comme je me serai confessé, je ferai peut-être un court passage au purgatoire avant d’accéder au paradis.

- Je veux bien vous absoudre, mais pour cela vous auriez dû commettre un péché. Il y en a de toutes sortes : les péchés pour mauvaise conduite, une imagination trop « féconde » aux yeux de l’Eglise, des pensées qui s’égarent, un regard qui s’attarde sur la femme du voisin, un parjure, un emploi fictif surpayé, j’en passe, mais le péché pour ne pas voir concouru à la manifestation de la vérité dans un ministère n’a pas été retenu par le droit canonique et encore moins par Notre Seigneur, le Christ, Roi et Sauveur. De plus, une enquête est en cours. Vous êtes innocent aux yeux de l’Eglise. C’est déjà en soi une bonne nouvelle pour vous. La justice de Dieu ne peut rien faire pour vous, ni contre vous. En revanche la justice des philosophes pourrait se prononcer sur cette affaire.

Avant de sortir de la cathédrale, je mets mille francs congolais dans un panier, l’équivalent d’un euro et allume un cierge que je dépose devant l’icône d’une Vierge noire. Je rentre dans ma voiture et reprends mon volant de « pèlerin » jusque devant l’immeuble de l’Institut National des Arts (INA) sur l’avenue du Flambeau. Dans le bureau du directeur, des livres tapissent les murs et des manuscrits s’entassent sur sa table de travail. C’est un écrivain-metteur en scène. Sa culture générale est impressionnante. Les tragédies grecques, les mythologies à travers le monde, la renaissance italienne, le siècle des lumières, les contes et légendes africains, rien n’a de secret pour lui.

- Je veux bien vous donner le conseil d’un vieux sage ivoirien, vous citer un proverbe tibétain, une parabole égyptienne du temps de Toutankhamon, le dicton à la mode en ce moment au pôle Nord, un enseignement tiré de la sagesse populaire flamande, mais pour cela vous auriez dû commettre une faute que la morale universelle réprouve. A ma connaissance aucune culture de l’antiquité à nos jours n’a condamné une personne pour ne pas avoir concouru à la manifestation de la vérité dans un ministère. Vous avez été renvoyé pour une chose qui reste à établir, une enquête est en cours. A ce stade votre attitude est difficile à évaluer. La vérité ne sera peut-être jamais connue ou bien elle sera proche de vos déclarations, impossible de le savoir au jour d’aujourd’hui. D’ailleurs nous, les philosophes et les dramaturges, nous nous interrogeons sur cette notion. Au juste, c’est quoi la vérité ? Est-elle toujours conforme à la réalité ? La vérité peut être surprenante ou évidente, apparente ou dissimulée. Elle peut aussi déranger ceux qui enquêtent. A juste titre, le législateur parle de vérité judiciaire pour bien signifier que cette notion est complexe et relative. Jean Cocteau a dit : « Je suis un mensonge qui dit la vérité ». Comment comprenez-vous cette phrase ? Dommage, j’aurais bien voulu écrire une pièce de théâtre sur votre motif de licenciement, mais cette situation inédite dépasse mon imagination. Je peux seulement vous garantir une chose : votre ministre est un artiste, car il faut l’être pour écrire une lettre de licenciement si fantaisiste. Malheureusement, la justice des philosophes et des dramaturges ne peut rien faire pour vous, ni contre vous. Rentrez chez vous, votre épouse pourrait se prononcer sur cette affaire.

Je n’ai plus de travail, pas d’indemnité, plus aucun revenu, ni épargne. Noël approche, il n’y aura rien sous le sapin. Ce soir, je demanderai un câlin à mon épouse avant de dormir.

- Dors ! Je ne peux rien faire pour toi, ni contre toi. Une enquête est en cours, mais je te préviens, mes parents pourraient se prononcer sur cette affaire.


  Une insurrection des vulnérables face aux infaillibles
Maschoune

Modératrice


Un petit baiser, comme une folle araignée, te courra par le cou... A. RIMBAUD
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
218 poèmes Liste
12485 commentaires
Membre depuis
26 mars 2015
Dernière connexion
25 septembre
  Publié: 24 mars 2017 à 15:16
Modifié:  24 mars 2017 à 15:16 par Maschoune
Citer     Aller en bas de page

Histoire à dormir debout ou à devenir chèvre pour le narrateur ...

Merci à toi et à ton imagination des plus fertiles

  "Me reviennent les instants partagés. D'autres ont disparu. Et s'inventent ceux que j'ai manqués."D. de Vigan
Joker


Trouvons ce qu'il nous manque dans ce que nous avons et dans ce que nous sommes.
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
131 poèmes Liste
663 commentaires
Membre depuis
15 octobre 2008
Dernière connexion
25 septembre
  Publié: 24 mars 2017 à 16:09 Citer     Aller en bas de page

Merci Maschoune. La base de cette histoire est vraie. J'ai remancé la narration, mais en réalité une personne a vraiment été licenciée pour cette raison "bizarre"

J.

  Une insurrection des vulnérables face aux infaillibles
Varh


la vie, ce rêve réel qui peut se tranformer en cauchemar en gardant les yeux ouverts; je les ferme
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
33 poèmes Liste
1415 commentaires
Membre depuis
5 novembre 2016
Dernière connexion
23 décembre 2019
  Publié: 26 mars 2017 à 09:18 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Joker

Je regrette pour l'acteur malgré lui de cette bizarrerie... mais égoïstement je ne regrette pas le texte que vous en avez tiré. ..

Toujours fan à la fois de l'écriture mais aussi de l'imagination....

Je regrette les conteurs d'antan ceux qui ont su amener l'enfant que j'étais dans des contrées lointaines ... vos textes provoquent cette même impression avec l'adulte que je suis devenue... finalement je conserve tjs une petite part de candeur..

Merci .... et je dis: "Encore..."

Ma sincère amitié
V

 
Joker


Trouvons ce qu'il nous manque dans ce que nous avons et dans ce que nous sommes.
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
131 poèmes Liste
663 commentaires
Membre depuis
15 octobre 2008
Dernière connexion
25 septembre
  Publié: 27 mars 2017 à 07:17 Citer     Aller en bas de page

Merci à toi chère Varh.

J.

  Une insurrection des vulnérables face aux infaillibles
libellules

Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
27 poèmes Liste
415 commentaires
Membre depuis
27 décembre 2016
Dernière connexion
26 septembre 2019
  Publié: 27 mars 2017 à 09:17
Modifié:  27 mars 2017 à 09:18 par libellules
Citer     Aller en bas de page

J'ai beaucoup aimé la lecture de l'enquête est en cours.

Cela m'a rappelé Kafka à cause de l'injustice de la situation initiale (l'abus de pouvoir) et de la quête de l'individu qui se retrouve isolé, en difficulté, et se heurte à l'absurdité de sa situation.

Face à un motif de licenciement absurde, précisément en quête de justice ou de châtiment,
le personnage central est en quelque sorte quasi 'absous' 3 fois de suite à 3 niveaux différents: devant la loi, la religion et la morale. Personne ne peut l'aider mais tous savent qu'il est fort probablement innocent et que les dés sont truqués . . . de ce fait ils contribuent tous à empêcher la vérité de faire surface et laisse l'homme impuissant se dépêtrer seul dans les méandres labyrinthiques du mensonge qui se dit vérité.

amitiés

  Libellules
Joker


Trouvons ce qu'il nous manque dans ce que nous avons et dans ce que nous sommes.
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
131 poèmes Liste
663 commentaires
Membre depuis
15 octobre 2008
Dernière connexion
25 septembre
  Publié: 28 mars 2017 à 07:38 Citer     Aller en bas de page

Merci à toi chère Libellules.

  Une insurrection des vulnérables face aux infaillibles
Page : [1] :: Répondre

 

 



Répondre
Version imprimable
Avertissement par courriel
Autres poèmes de cet auteur
Share
Cocher cette section lue
Cocher toutes les sections lues
Visites: 653
Réponses: 6
Réponses uniques: 4
Listes: 0 - Voir

Page : [1]

Les membres qui ont aimé ce poème ont aussi aimé les poèmes suivants :



Nous n'avons pas assez de données pour vous afficher des recommandations. Aidez-nous en assignant une cote d'appréciation aux poèmes que vous consultez.

 

 
Cette page a été générée en [0,0310] secondes.
 © 2000 - 2020 VizFX.ca - Tous droits réservés  |  Pour nous joindre
L'utilisation de ce site Web implique l'acceptation des Conditions d'utilisation. Tous les textes hébergés par La Passion des Poèmes sont protégés par les lois de la protection des droits d'auteurs ainsi que par des traités internationaux. Il est strictement interdit de distribuer, d'afficher ou d'utiliser ces textes de quelque manière sans l'autorisation de l'auteur du texte en question.

           
 
Oubliez votre mot de passe? Cliquez ici.