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Acide Sulfurique

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9 mars
  Publié: 14 déc 2017 à 09:47
Modifié:  18 déc 2017 à 15:37 par Acide Sulfurique
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« Je suis mort le jour où tu es partie ».

C’est cette phrase qu’il avait choisie pour débuter son roman. Malheureusement elle résumait à elle seule tout ce qu’il avait à dire. Pourquoi en écrirait-il plus, personne ne le lirait, le récit était trop intime. Il se rendait évidemment compte du paradoxe qui s’impose à l’auteur refusant de se dévoiler. Pourquoi écrire ce que l’on sait déjà ? A quoi bon inventer ce qui n’est pas ? Quel est le but de s’exprimer sans auditoire ? Ces questions latentes restaient insolubles dans l’océan de ses pensées, telles des gouttes d’huile refusant de s’y mélanger, condamnant tout accès à ce qui lui restait d’esprit, de mémoire, d’intelligence.

Néanmoins il avait tout de même commencé à l’écrire, ce roman, et cette phrase transcrivait à elle seule la gravité de sa situation. C’était une conclusion intemporelle tirée de la tempête d’interrogations et d’angoisses qui l’avaient submergé ce fameux jour et qui ne l’avaient quitté depuis.
Il se sentait devenu mort vivant, trop malheureux pour vivre, trop lâche pour mourir, il n’était rattaché à la vie que par les relations qu’il entretenait avec son entourage, comme s’ils s’étaient empressés de s’accrocher à lui tel un amas de tubes et de câbles pour ne pas qu’il périsse, rescapé d’un accident mortel maintenu en vie sur un lit d’hôpital.
Les médicaments n’arrangeaient rien, cette homéopathie de la détresse que représentent les anti dépresseurs et les anxiolytiques prescrits par des hommes en blouse blanche convaincus de leur efficacité n’avaient comme conséquence que de confirmer l’incurabilité de sa maladie car ils ne calmaient aucun symptôme, ni la peine, ni les questionnements, ni l’absence.

L’implacabilité de son cerveau ne cessait de lui rappeler de vieux souvenirs, son impitoyable encéphale se refusait à croire en la réalité de la situation, tant et si bien que tous ses rêves le renvoyaient aux rémanences du passé, à l’époque où elle était encore là. Lors de ces formidables instants il se sentait à nouveau en vie, puis arrivait le moment cruel du réveil, devenu au fil des jours synonyme de son décès. Chaque nuit il renaissait pour mieux mourir à l’aube. La torture était digne de celle des contes de la mythologie grecque.

Ce supplice ne faisait qu’accentuer le fait qu’il ne lui restait comme seules envies que celles de la voir, lui parler, observer ce qu’elle faisait, savoir où est-ce qu’elle était. Il n’acceptait pas son départ et tout ce dont cela le privait. Être ignoré est une douleur incomparable à celle d’être dans l’ignorance, et cette ignorance le dévorait à chaque instant. Il aurait tout donné pour la revoir, ne serais-ce qu’une fois, l’épier au coin d’une rue, sentir à nouveau son parfum, devenir « l’ombre de son ombre, l’ombre de sa main, … »

Elle restait là, seule, cette première phrase, à le narguer sans cesse de n’avoir l’inspiration pour lui trouver une compagne. Il n’arrivait à se décider d’écrire une histoire à laquelle il n’avait pas encore trouvé de fin.

C’est ainsi qu’il se décida un jour à vivre une dernière fois, le temps d’une soirée. Il prit son billet et partit la retrouver dans cette ville qui l’avait privé de sa chère et tendre, où peut être étais-ce de sa faute, qu’en savait-il, comment aurait-il pu savoir alors que tant de questions restaient en suspens. Le train arriva à quai après une éternité d’attente, et il descendit dans la gare bondée de personnes au regard vide et aux préoccupations futiles, courant dans tous les sens pour arriver à leur destination, convaincus de l’importance qu’ils se devaient d’y conférer.

C’est le soir qu’il réussit enfin à la voir, chez elle. Cette nuit fut si intense qu’elle en devint indescriptible. Il s’y passa des choses, il s’y déroula des trucs, à l’irréalisme de cette rencontre s’étaient invités les compagnons cachés de sa souffrance : la haine, l’incompréhension et la sommation. Une fois mélangés à lui, ce quatuor soudainement formé s’exprima librement ce soir là, sans barrières, sans peurs, sans regrets.


Lorsqu’il rentra chez lui il ôta ses habits, et écrit nu à l’encre pourpre la fin de son histoire.
« Tu es morte le jour où je suis parti »

 
aristide

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3 janvier
  Publié: 14 déc 2017 à 12:01 Citer     Aller en bas de page

J'ai beaucoup aimé. Bravo !

 
Maschoune

Modératrice


Je voudrais tout savoir pour pouvoir tout t'apprendre et tout avoir pour pouvoir tout te donner-Brel
   
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22 septembre
  Publié: 14 déc 2017 à 12:41 Citer     Aller en bas de page

Belle écriture, merci à toi

  ISABELLE
Acide Sulfurique

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5 décembre 2017
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9 mars
  Publié: 15 déc 2017 à 07:01 Citer     Aller en bas de page

Merci pour votre lecture et vos réponses !

 
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