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doux18


L’homme n’est qu’une fleur de l’air tenue par la terre, maudite par les astres, respirée par la mort
   
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  Publié: 21 févr à 17:45
Modifié:  21 févr à 17:53 par doux18
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Comme un mirage dans la Nuit

Ce fut lors de cette nuit que tout changea pour elle, une nuit comme tant d’autres, l’éternel trait d’union entre le crépuscule et l’aube. Au matin elle se souviendrait d’une parenthèse magique, d’instants de bonheur que l’on effleure une seule fois dans sa vie terrestre.

Dans sa petite chambre du 20ème arrondissement, la jeune femme de 22 ans lit tranquillement, quand subitement elle ressent un trouble, un trouble qui se mue en excitation. L’impression que les lattes du plancher se désagrègent sous son corps fluet, que son univers familier et son cortège de certitudes s’emballe. Une petite voix s’adresse à elle, une voix aussi ténue qu’un filet d’eau asséché. Des bribes de mots, des syllabes à peine audibles, des phrases qui pourtant s’adressent à elle, rien qu’à elle. Elle s’accroche à cette petite voix issue des abysses de son âme et descend lentement l’escalier.

Et elle se retrouve dans la rue, elle peut presque toucher la pénombre, scruter ses brouillards, déchiffrer son opacité. Au début ses pas sont timides, hésitants, puis elle prend de l’assurance, toujours guidée par l’appel silencieux martelé sous ses tempes. Les boutiques sont fermées mais elle voit leur lumière. Elle avance au hasard des devantures, quand soudain son regard est attiré par une petite boutique de vêtements d’aspect modeste. Et là, derrière la grille, elle voit un chapeau, un petit chapeau féminin orné de coquelicots brodés à la main. Elle se sent irrésistiblement attirée par le motif écarlate et désormais elle sait que sa vie s’articulera autour de cette fleur, qu’elle sera l’ornement de son existence, la parure de ses rêves. Elle reste immobile de longues secondes devant le chapeau, séparée de ce trésor par un simple grillage fermé à double tour. Quand elle en a conservé une image mentale assez prégnante, elle se remet à marcher. Les lampadaires pleurent leurs faisceaux de lumière sur sa petite silhouette en mouvement, dans leur course éperdue pour mordre les ombres.

Puis elle s’arrête devant une autre boutique, et au milieu d’accessoires en tout genre son regard se fige sur un nez de clown. Pour elle qui a toujours été attirée par l’univers des saltimbanques, elle sait que ce n’est pas un hasard. Ce nez a été mis sur son chemin pour une raison précise : elle a l’intime conviction qu’elle veut devenir clown, pas dans une heure ou un siècle, mais immédiatement, à cet instant précis. Dispenser des bouquets de sourires, des gerbes de bonheur, comme un paysan jette la semence à grandes brassées dans le vent ou sous la pluie. Des germes qui donneront de petits éclats de félicité, des bris de Rêve.

Et c’est de nouveau la marche sous les nervures de la nuit, une marche accompagnée de la petite voix qui murmure toujours dans sa tête, qui la guide dans l’entrelacs des ruelles, dans le dédale des venelles marbrées d’une obscurité profonde. Tout lui semble irréel, un instant elle s’imagine qu’elle est dans un songe. Mais elle transmue ce songe en réalité, elle rêve les yeux ouverts et la conscience en éveil, tel un alchimiste qui métamorphose un bout de métal en lingot d’or.
La nuit n’a jamais été aussi sombre, mais son cœur n’a jamais été innervé d’une lueur aussi radieuse.

Elle ne peut pas s’empêcher de contempler, toujours à travers la devanture d’une boutique close, une robe de mariée d’un blanc immaculé, virginal. C’est une robe toute simple, mais d’une simplicité qui la touche, qu’une couturière a brodée et cousue avec minutie et passion, le sens du détail associé au souci du travail bien fait. La tête de la jeune femme se remplit alors d’images d’Epinal, elle se prend à rêver d’un mariage d’amour réciproque, de communication des sens et de l’esprit. Vivre en autarcie dans la félicité, comme si une sarabande d’anges bienveillants veillait sur des sentiments d’une intensité inédite.

Elle se sent heureuse d’avoir découvert ses trois trésors, ses trois porte-bonheur qui, elle en est intimement convaincue, l’accompagneront toute sa vie. Elle chérira plus que tout les coquelicots, elle sera une clown passionnée, elle vivra un amour inconditionnel.

Alors elle entame une danse sous les étoiles, des étoiles surprises de ce spectacle singulier. Une jeune femme qui valse avec un cavalier imaginaire, une jeune femme qui a allumé l’étincelle de ses désir, qui se consume de plaisir sous la voûte céleste.

Cette danse improvisée la guide vers un bâtiment majestueux qui aimante son attention. En s’approchant elle se rend compte qu’il s’agit d’une Eglise, et dans une impulsion soudaine elle pousse le lourd battant de l’édifice. En une fraction de seconde elle est arrachée à l’obscurité par des centaines de cierges allumés. Fascinée par cette auréole de lumière, elle approche ses mains et sent la douce chaleur qui s’en dégage. La jeune femme erre dans cette atmosphère solennelle, contemple les gravures figurant les étapes du calvaire du Christ, fascinée par ce fils de charpentier qui a porté sa Croix et fait perdurer sa Foi des dizaines de siècles après lui.
Cette église est un havre de paix pour elle, un refuge au milieu des ténèbres, un abri au cœur de la tempête. Elle feuillette les livres de psaumes, s’attardant sur certains, s’approche de l’Autel qui trône au fond de l’édifice, comme un berger guidant ses brebis égarées.

Et soudain elle découvre les vitraux qui ceignent les cloisons de l’église, surprise par ces carreaux de verre qui figurent des Saints ou des scènes de la vie du Christ. Alors elle sort de sa poche son carnet et son crayon qui ne la quittent jamais, et, les mains encore engourdies par le froid, elle se met à reproduire ce qu’elle voit. Elle dessine et gribouille, rature et se reprend sans relâche, comme une mission sacrée, elle qui n’est pas croyante. Elle dessine encore et encore, jusqu’à ne plus sentir ses mains, jusqu’à ce que des gouttes de sang perlent sous ses ongles. Alors elle remet le cahier maculé de sueur dans sa poche et reste silencieuse de longues minutes, figée dans cet instant miraculeux.

Alors, enfin, elle referme le lourd battant. Dehors les premières lueurs d’une Aube incertaine se disputent avec le Crépuscule agonisant, les rues commencent à s’animer lentement. Les étoiles pâlissent, les ombres se dissipent.

La jeune femme rentre chez elle le cœur en liesse, heureuse d’avoir vécu une nuit magique imprimée pour des décennies dans son âme. Et c’est une clown au chapeau de coquelicots et au nez rouge qui pousse la porte de son appartement, une clown qui tient fermement dans ses doigts endoloris un petit cahier aux minces feuillets saturés de dessins de vitraux.


Les Astres se souviendront longtemps de cette jeune femme qui, par une froide nuit de janvier, s’est mise à danser sous les constellations, comme un météore de lumière, comme un sillon de clarté dans le royaume des ombres.


Pierre-Emmanuel

  Pierre-Emmanuel
doux18


L’homme n’est qu’une fleur de l’air tenue par la terre, maudite par les astres, respirée par la mort
   
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19 août
  Publié: 22 févr à 06:28 Citer     Aller en bas de page

Merci Barbamimi

C'est une amie qui a vécu cette sorte de rêve éveillé, je l'ai écrit pour elle.

Amicalement

Pierre-Emmanuel

  Pierre-Emmanuel
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