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LPDP :: Nouvelles littéraires :: Souffrance et Délivrance Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Varh


la vie, ce rêve réel qui peut se tranformer en cauchemar en gardant les yeux ouverts; je les ferme
   
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22 mai
  Publié: 2 août 2018 à 01:17
Modifié:  2 août 2018 à 07:53 par Maschoune
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Juste deux fois, elle m’a serrée dans ses bras et moi c’est mon cœur qui se serrait au fur et à mesure que son embrassade se prolongeait. Ni position assise, ni allongée, ni debout ne m’apportaient un instant de soulagement. Elle était là, à l’affut, bien décidée à intensifier son emprise… Enfin, quelques râles sortirent de ma bouche déformée et déshydratée et presque aussitôt il arriva avec dans sa main le Graal. Il ne me sourit pas mais il regarde avec perplexité mes bras… Je lui tends alors une main tremblante. Ces yeux rencontrent un court instant les miens tandis que le liquide salvateur emprunte le chemin de mes veines… Il suffit d’attendre… Recroquevillée, Délivrance allait enfin se pencher sur moi… Les minutes s’écoulent … et bientôt des assauts répétés s’enchainent avec rapidité et précision ; l’ennemie est douée, elle a bien étudié le terrain. Combien d’heures encore, mon corps peut-il la combattre ? Je tente désespérément une retraite en focalisant mon esprit sur un moment de quiétude … Malgré les réflexes de défense et de survie devant une telle agression, la fuite n’est plus envisageable. Ma respiration devient saccadée, oui j’aimerais l’expulser comme une femme sur le point d’accoucher… Je transpire à grande eau et je claque des dents ; je distingue à nouveau ses yeux … L’interne appelé arrive prestement, un coup d’œil aux différents minuteurs et branlebas de combat, mon lit semble voler, maintenant je bascule vers une surface bien plus dure et froide ; je capte quelques mots : opération en urgence, l’anesthésiste est près de moi…

6heures plus tard, je me réveille dans une chambre individuelle à deux lits, différente de la première et … Incroyable !!! Elle semble avoir disparu, remplacée par quelques tiraillements bien plus désagréables que douloureux. Je replonge avec délice dans les bras de Morphée… Dans la nuit, je suis tirée de mon sommeil par une jeune voix :
- Vous dormez ?
- Oui… Non… Je ne sais pas…
- Ahahahah… Cette première nuit, débarrassée d’elle, personne ne sait s’il dort, rêve ou juste pense… ça me l’a fait à chaque fois…

Cette fois, je suis certaine de mon réveil ; dans la pénombre, je distingue les traits d’un jeune garçon sans un cheveu sur la tête… Il semble détendu et me sourit gentiment assis sur le lit voisin. Je veux allumer mais je l’entends :
- Non, s’il vous plait pas la lumière ; mes yeux extrêmement fragiles ne la supportent pas.
- Pas de souci, nous resterons dans cette pseudo obscurité, le couloir reste toujours allumé.
- Je m’appelle Gabriel et vous ?
- Valérie mais je n’ai guère l’habitude de mon prénom et tout le monde lui préfère V.V
- Alors, comme je ne suis pas tout le monde, j’utiliserai Valérie

Etonnant jeune garçon, il s’exprime différemment ; sa voix bien que toujours très jeune devient plus claire et sa manière de s’exprimer bien plus adulte.
- Comme tu le désires…
- Merci Valérie… Que viens-tu de subir ?
- Rien d’extraordinaire une opération pour m’ôter des calculs.
- Oh !!! La douleur est intense ; je me souviens de mon père bâti comme un bûcheron, à quatre pattes dans la salle à manger, pleurant et hurlant… J’étais jeune et je me souviens d’avoir demandé de ne jamais souffrir de la même manière… Ahahahah et tu sais j’ai été exaucé…
- Chimio ?
- Oui… Je ne compte plus les séances … Malgré mon âge, je dois être certainement, leur plus ancien patient…
- Raconte-moi si tu le veux
- Diagnostic à 6 ans et depuis 8 ans, j’ai passé 80% de mon temps ici… entre chambre et bulle. Es-tu allée au collège, au lycée, à la fac ?
- Oui, j’ai suivi le cursus scolaire.
- Quel est ton travail ?
- Chimiste
- Oh !!!! Un savant !!
- Ahahaha … en rien savant mon jeune ami… juste un métier comme un autre et plus l’expérience est grande et plus on devient spécialiste mais plus aussi on s’aperçoit que l’on ne sait rien… La nature recèle encore de grands mystères.
- Tu travailles dans un laboratoire pharmaceutique ?
- Oui… Etrange que tu associe la chimie à un labo pharma.
- J’ai suivi quelques protocoles d’études cliniques et j’ai posé beaucoup de questions. Donc sans avoir le savoir, j’ai appris à travers elles un grand nombre de choses diverses et variées. Tu sais, je crois que j’aurais été un bon médecin. Je suis incollable sur le corps humain.
- Tu peux toujours le devenir…
- Non, impossible pour moi. Je ne pouvais plus suivre l’école à partir de 7 ans et lorsque je le pouvais, un professeur me donnait des cours. Je sais lire, écrire, calculer je connais beaucoup en géographie et en histoire puisque je pouvais conserver juste une tablette avec moi… En fait, j’en possède plusieurs pour pallier leurs périodes de désinfection. Tu es mariée ?
- Non.
- Tu as des enfants ?
- Non plus… Libre comme l’air. Aucune attache donc heureuse…
- Tu dis cela avec trop de détachement pour que cela soit vrai.
- Oh !!! Tu as aussi suivi des cours de psychologie ?
- Ahahahah… Nonnnnnnn…. Tu fais juste comme moi lorsqu’on me demande si les filles m’intéressent… je réponds non… et je dis toujours une bêtise amusante à laquelle je ris et les gens autour aussi… Les filles sont mon plus grand mystère…Ahahaha elles appartiennent aussi à la nature…
- Ahhahahah…
- Tu es très jolie… Quel âge as-tu ?
- 35 ans…
- Nous avons juste 20 ans d’écart, demain j’aurais peut-être 15 ans
- Pourquoi peut-être ?
- Parce que j’ai appris à vivre au jour le jour… et demain est toujours trop loin pour moi… non s’il te plait ne me rétorque pas que je ne dois pas parler ainsi, que je dois avoir un but et m’y accrocher… pas toi, s’il te plait ; j’aime la franchise et les échanges sains comme avec mes copains quand ils ont le droit de venir me voir… Enfin quand mon seul ami vient me voir ; difficile de maintenir des amitiés depuis que l’école m’est interdite en raison des bactéries, des virus etc…
- Une leucémie ?
- Oui… et tu sais je suis enfin sorti de ma bulle de manière définitive aujourd’hui.
- Ohhh tu ne passeras pas ton anniversaire tout seul alors… Demain, ta famille et ton ami seront avec toi…
- Oui, ils seront avec moi… J’espère que cette réunion se déroulera bien…
- Tu en doutes ?
- Oui Valérie, j’en doute bien que moi je serai heureux de les voir.
Je ne comprends pas bien pour quelle raison, ma gorge est nouée et que je tremble intérieurement comme une feuille…
- Tu crois qu’ils auront la permission de t’apporter un cadeau ?
- Ahahahah… Je sais même qu’ils l’ont déjà acheté. Je leur ai dit il y a déjà quelques temps que j’aimerais une liseuse… Maman a regardé papa quelques instants et j’ai su que dès leur sortie de l’hôpital ils se rueraient dans un magasin. Trop contents que je désire quelque chose.
- Tu n’as aucune envie ?
- Si une… mais ils ne comprendraient pas et ils ne pourraient pas m’aider.
- Quelle est donc cette envie ?
- Si je te le dis tu vas rire ou tu vas me prendre pour un niais…
- Non, je te l’assure … ni rire, ni sarcasme, ni jugement…
- Valérie, j’aimerais qu’une fille m’embrasse sur la bouche…

Waouh !!! Je ne m’attendais pas à cette révélation !!! Je suis si bouleversée si remuée si… alors sans réfléchir, je me penche vers lui, je prends son visage dans mes mains et avec une extrême douceur, je pose mes lèvres sur les siennes. Ce baiser n’a aucune connotation sexuelle, ni même amoureuse et pourtant c’est bien de l’amour dont il s’agit… Un flot d’amour que je déverse sur ses lèvres exsangues et sa peau si froide semble se tiédir et retrouver une légère couleur. Lorsque nos lèvres se désolidarisent, je ne peux m’empêcher de plonger mes yeux dans les siens ; aucun mot n’est nécessaire… il me regarde émerveillé… Je suis épuisée, il a ressenti aussi ma grande fatigue et avec un splendide sourire il me fait signe de m’allonger dans mon lit.
- 3 heures du matin, Il est l’heure de dormir pour tous les deux… Valérie, merci… Le plus beau cadeau de ma vie…
- Avec plaisir Gabriel… Bonne nuit

Je ne tarde pas à retrouver Morphée…

Le lendemain matin, mes yeux cherchent Gabriel, mais le lit à peine défait est vide. L’infirmière passe rapidement pourtant je la retiens…
- Savez-vous dans quelle chambre se trouve Gabriel ? C’est son anniversaire et je désirais être la première à le lui souhaiter.
L’infirmière me regarde comme si ma tête était recouverte d’une choucroute vert fluo à pois roses…
- Gabriel ? Notre Gabriel ?
- Peut-être… Un jeune patient atteint d’une leucémie…
- …. Vous le connaissez ?
- Oui
- Ok… je me renseigne

L’infirmière sort me laissant un tantinet dubitative… Quelques instants plus tard, l’interne me rejoint dans la chambre…
- Alix m’a dit que vous connaissiez Gabriel et que vous désiriez lui souhaiter son anniversaire
- Oui, c’est tout à fait cela. J’aurais aimé lui faire une bise avant que sa famille ne soit là.
- Sa famille est déjà là… Elle est auprès de lui.
- …
- Gabriel a quitté son monde de souffrance cette nuit peu après minuit. Il est parti sans un appel. Lorsque l’interne a découvert son corps, il a été bouleversé par le sourire qui éclairait la peau rosée de son visage… Il est parti serein et peut-être heureux…

 
doux18

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19 octobre
  Publié: 4 août 2018 à 09:32 Citer     Aller en bas de page


Merci à vous pour cette histoire porteuse de tristesse insondable et d' espoir infini...Une émotion déchirante...

Avec mon affection,

Emmanuel

 
samamuse
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l'important ce n'est pas le bruit c'est de savoir d'où il vient
   
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19 octobre
  Publié: 18 août 2018 à 02:44 Citer     Aller en bas de page

merci mon étoile filante, je pense toujours et souvent à toi.
ce vécu est une merveille, merci pour "Gabriel", comment te sens-tu de ton opération, répond sans calcul.
as-tu des disponibilités pour lire ?
en as-tu seulement envie ?
excuse mon ingérence, je te remercie pour limoges.
je suis un Bernard, rien avoir avec l'autre, ces pensées seront peut-être là pour lundi le 20 aout, la saint Sam c'est le même jour. une nouvelle communion comme à limoges serait-elle envisageable, à Toulouse ?
grosses bises ma grande.

 
Jacques-Marie JAHEL
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Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à vous. Albert Camus
   
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19 octobre
  Publié: 18 août 2018 à 04:07 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Valérie,

Enfin, Madame, vous voici revenue. Vous partîtes, toujours à courir, vers quelque affaire urgente et je vous retrouve, aujourd'hui, toute de miséricorde chargée comme une sainte.
Je vous remercie, mon amie, pour ce texte qui respire la compassion et l'Amour du prochain.
Fiction, rêve ou réalité qui révèle cependant l'émouvante sensibilité de votre être à offrir de l'apaisement, car il s'agit bien, ici, d'une offrande salvatrice.

Toute mon amitié apaisée, elle aussi.
Je vous embrasse.
JMJ

 
RiagalenArtem


Regards sur l'Invisible
   
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31 août
  Publié: 22 août 2018 à 22:24 Citer     Aller en bas de page

Me revoilà, my friend, au petit matin... pas forcément régulièrement - pas mal de choses en causes, mp later - et comme promis, j'ai lu ta nouvelle dans le détail....A part quelques "coquillettes" sans importance, il porte haut ta sensibilité et ton "étoile", - qui n'est pas éphémère : -). Un style apparemment simple mais qui recèle et scelle de belles âmes qui se sont retrouvées là et quand il le fallait...pour un premier et un dernier baiser. Un thème qui peut "trister" mais qui laisse à penser que....il n'y a pas de hasard. Et surtout un fil rouge, celui de l'empathie sans fausse pitié, et le sceau de la vie jusqu'au bout des batailles. Personages attachants et le petit mec parle "vrai".
Il y a évidemment bp de toi...mais tu restes en ton mystère. Et c'est très bien comme ça....; -)

Bisouxxx

Ton AR (j'ai pas tt dit ms j'ai pas le temps...à bientôt de tes nouvelles...)

  "C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible." Gustave Flaubert -
Y.D Cet utilisateur est un membre privilège


TOTO La terreur des mulots
   
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19 octobre
  Publié: 29 août 2018 à 11:47 Citer     Aller en bas de page

Heureux de te relire, Nouvelle superbement bien écrite - bravo-

Amitiés

Yvon

  YD
andre Cet utilisateur est un membre privilège
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9 janvier
  Publié: 20 déc 2018 à 16:47 Citer     Aller en bas de page

Le bonsoir poétique Varh

Très fort, et bien présenté avec des pointes de vécu qui ne trompe pas.

Une belle construction, bien au-delà des derniers textes que j'ai lus de toi.


"il a été bouleversé par le sourire qui éclairait la peau rosée de son visage… Il est parti serein et peut-être heureux…"

Beaucoup de choses ressortent dans ces dernières phrases.

Magnifique d'émotion vécue


Un vœu, chaleur d'un Noël poétique


André

  André Pierre
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