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LPDP :: Nouvelles littéraires :: Sophie ou Comment la retrouver Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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AllantVers Cet utilisateur est un membre privilège

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Il ne faut écrire qu'au moment où chaque fois que tu trempes ta plume dans l'encre un morceau de ta chair reste dans l'encrier. Léon Tolstoï
   
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  Publié: 6 jan à 13:58
Modifié:  6 jan à 14:26 par AllantVers
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Sophie ou Comment la retrouver*

*Titre inspiré de celui de la pièce d’Eugène Ionesco “Amédée ou Comment s’en débarrasser”, l’histoire de Sophie étant un peu la même, à l’envers.

Sophie est une femme à la maturité, celle que lui a donnée la vie, en même temps que la petite fille qu’elle a été jadis et qui vit en elle à son insu. Dans les limbes du passé fermé à double tour, et dans un état d’effroi qui l’empêche de grandir, l’enfant de 4 ans se cache en silence dans l’obscurité, craignant par-dessus tout d’être retrouvée par son bourreau et de revivre la torture, abandonnée de tous.
Et pendant que la petite fille oubliée attend un secours, transie dans son réduit pendant des décennies, l’autre part d’elle-même grandit autour d’elle pour devenir une femme, la quarantaine passée, d’apparence solide, fiable. A ce détail près que cette femme ignore qu’elle abrite, quelque part au fond de sa chair, une enfant apeurée. Malgré ce malaise indéfini qui s’accroche à elle depuis toujours, malgré cette intranquillité, Sophie ne sait pas. La femme se souvient de son enfance difficile, mais elle a oublié ce qu’elle a subi à l’âge de 4 ans et croit que cette petite fille n’est plus, ou tout du moins est irréelle puisque vivant dans un temps révolu. Elle ne sait pas que cette enfant sidérée attend en elle une main bienveillante pour s’échapper enfin de l’intolérable passé, sa prison.
La vie n’a pas épargné Sophie, mais malgré les épreuves elle a su se construire, fonder une famille, puis une deuxième après la perte de son grand amour. Tout semble confirmer que c’est une femme accomplie, mère et épouse, amie ou collègue. Même si l’on soupçonne en elle une faille immense, de par cette inquiétude, aussi floue que fébrile, qui l’habite en permanence.
Survient alors un nouveau drame, une nouvelle douleur pareille à celle que la petite fille a éprouvée dans le passé, semblable par sa nature et sa violence inouïe. Malgré le caractère plus symbolique que réel de ce nouveau traumatisme, subi cette fois par Sophie, le cri d’effroi de la fillette résonne dans tout le corps de la femme, ébranle tout l’édifice.
Telle un barrage hydraulique fissuré qui cède sous le poids de l’eau, Sophie s’effondre face à ce tsunami de douleur. Puis assise sur la berge, elle assiste au désastre, voyant flotter sous ses yeux impuissants les images de son passé lointain emportées par les flots. Dans les débris, pas plus grande qu’un timbre poste, se trouve celle du prédateur de son enfance et elle se souvient alors. Elle se souvient de cette petite fille qu’elle était autrefois, meurtrie dans sa chair et son âme, pourtant si joyeuse “avant”. Elle se souvient de ce qu’elle a enduré. Et elle ressent si intensément sa douleur, avec une telle précision, qu’elle ne peut plus ignorer que cette enfant vit en elle dans l’effroi depuis le jour où elle fut une proie innocente.
Elle ne sait plus que pleurer, ivre de douleur. Mais elle sait en même temps qu’elle est enfin libérée de cette angoisse de voir à tout moment le barrage voler en éclats, et qu’elle va pouvoir cesser de s’élancer contre ses hautes parois pour en colmater les brèches, telle un pantin minuscule. Elle va pouvoir se reposer, et reconstruire.
D’abord le tri, choisir dans les débris ce qu’elle souhaite garder, ce dont elle ne veut plus. Bâtir un nouvel édifice avec ces morceaux sélectionnés, et avec pour ciment la rage de vivre. Replanter l’amour tout autour. Revivre, renouvelée et assez forte pour plonger en elle-même, telle un spéléologue, et traverser son passé vers la petite fille qui appelle à l’aide et dont elle ne peut plus désormais ignorer la présence en elle, ni la souffrance.
L’itinéraire, son passé à rebours, est jonché de défis. Ici un ravin qu’il faut enjamber, là une grotte dans laquelle elle doit s’enfoncer, et plus loin une tempête à affronter. Comme elle s’est reconstruite en ne conservant que ce qui l’ancre au présent, elle peut, précisément ainsi harnachée, risquer sans crainte une telle expédition. Elle n’a qu’une hâte : retrouver cette petite fille en elle, la consoler, la rassurer, et la ramener avec elle dans le présent. Se retrouver enfant.
Plus elle approche de la petite fille plus les sanglots se font entendre. Enfin elle la voit, elle est là, à la fois terrifiée et espérant de l’aide. Sophie déploie alors des trésors de patience et d’amour et parvient à apprivoiser l’enfant, la prendre par la main et la ramener à la lumière. Désormais elle ne la lâchera plus, elle va s’en occuper, lui réapprendre à aimer, à rêver, à rire.
“Ca va aller, tu n’es plus seule, je vais rester avec toi, prendre soin de toi, t’aimer et te protéger. N’aie plus peur, je suis là, tu ne seras plus jamais seule”.
L’enfant à son tour se reconstruit, redevient insouciante et joyeuse, mission accomplie. Et elle le lui rendra bien, à Sophie, qui se félicite chaque jour d’avoir à présent en elle une petite fille solaire, celle d’avant, avant qu’on ne la détruise. Une petite fille qui s’exprime librement, qui chante, rêve, danse, rit, aime : une enfant.
L’intranquillité cède la place désormais à une sereine légèreté, un équilibre épanoui entre passé et présent, une plénitude d’être.

  MariePaule
Mawringhe Cet utilisateur est un membre privilège


Cambre d'Aze, montagne de mon coeur... Mon éternelle muse !
   
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  Publié: 6 jan à 15:31 Citer     Aller en bas de page

Bonsoir MariePaule !

Si ton pseudo avait été " Allantdroit" bien entendu l'histoire n'aurait pas eu la même teneur...

Ça, c'est pour envoyer une petite bouffée d'air frais après la lecture de ton récit, tu l'as bien compris ! Un texte difficile à soutenir dans une réalité malheureusement trop existante.

A saluer cette force, cette détermination qui ont poussé Sophie à remonter le fleuve de sa vie pour retrouver l'enfant brisée qu'elle a été et lui tendre la main... la ramener à la joie, à la vie ! Comprendre, faire la paix avec soi-même et continuer ainsi, par l'acceptation, à avancer. Les deux "parties de son être recollées"... Ce que j'appelle vivre avec son "nouveau moi " et surtout s'accorder avec.

Tu le sais autant que moi, il faut savoir casser, démolir pour mieux reconstruire et ceci est loin, très loin d'être une évidence. Il faut des mois, des années, pour certains(aines) presque une vie... D'autres n'y parviendront jamais, le drame est là.

Je ne peux que saluer cet écrit, porteur d'espoir et te remercier pour ce partage.

"L’intranquillité cède la place désormais à une sereine légèreté,un équilibre épanoui entre passé et présent, une plénitude d'être."

C'est superbe !



Mawr

  Les mots sont à la pensée ce que l'eau est à la terre: la vie!
Jean-Claude Glissant
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  Publié: 7 jan à 04:32 Citer     Aller en bas de page

Merci Marie-Paule pour ce partage réussi. A bientôt

 
Catwoman

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« Rien, en Poésie, ne s’achève. Tout est en route, à jamais. Andrée Chédid
   
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  Publié: 7 jan à 06:56 Citer     Aller en bas de page

Il faut parfois rencontrer une personne aimante et sécurisante pour revenir dans la joie. Tu l'as bien décrit.

A bientôt,
Catherine

 
Lucie Granville Cet utilisateur est un membre privilège

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  Publié: 7 jan à 08:47 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Marie-Paule, tu as raconté avec beaucoup de justesse (et de talent aussi) la nécessité de remonter jusqu'à l'enfance et la force qu'il faut pour réparer cette petite fille brisée. Lui tendre la main pour faire la paix avec soi-même est un cheminement indispensable pour espérer réparer ensuite la femme qu'elle est devenue, trainant son sac à dos de douleurs et de mal-être, en ignorant souvent les origines. Ces deux "Sophie" réconciliées ne feront plus qu'une pour devenir une femme un peu plus forte et plus sereine... Les réconcilier, c'est aussi raccorder l'esprit au corps (et vice-versa), l'un se détachant souvent de l'autre en cas de gros traumatisme, dans un instinct de survie... Je connais ce chemin à l'envers, effrayant, douloureux, et parsemé d'obstacles... Certaines victimes n'y parviennent pas et sombrent d'une manière ou d'une autre, j'aurais toujours une pensée pour elles... Merci Marie-Paule pour cet écrit si juste et teinté d'espoir... Lucie

 
AllantVers Cet utilisateur est un membre privilège

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Il ne faut écrire qu'au moment où chaque fois que tu trempes ta plume dans l'encre un morceau de ta chair reste dans l'encrier. Léon Tolstoï
   
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2 décembre
  Publié: 10 jan à 18:03 Citer     Aller en bas de page

Mawringhe, Jean-Claude, Catwoman, Lucie :

Merci de tout coeur pour votre lecture et votre appréciation.



Bibises
MariePaule

  MariePaule
samamuse
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l'important ce n'est pas le bruit c'est de savoir d'où il vient
   
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2 décembre
  Publié: 12 févr à 04:59 Citer     Aller en bas de page

oh MARIE PAULE, qui d' MAWR, de CAT à LUCIE, à JCG,
vu toutes ces richesses, j'ai fais une sauvegarde, pour développer plus tard.
SAM en bas "race". et
à bientôt.

 
AllantVers Cet utilisateur est un membre privilège

Correctrice


Il ne faut écrire qu'au moment où chaque fois que tu trempes ta plume dans l'encre un morceau de ta chair reste dans l'encrier. Léon Tolstoï
   
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2 décembre
  Publié: 13 févr à 14:25 Citer     Aller en bas de page

Citation de samamuse
oh MARIE PAULE, qui d' MAWR, de CAT à LUCIE, à JCG,
vu toutes ces richesses, j'ai fais une sauvegarde, pour développer plus tard.
SAM en bas "race". et
à bientôt.


Merci pour ta lecture, samamuse

MariePaule

  MariePaule
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