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Modifié:  7 mars à 14:04 par Emme
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repost du 9/05/2011

À Bérengère


Le bac général en poche, j’avais attaqué un BTS avec beaucoup de détermination. Ce premier trimestre avait été difficile. Il m’avait fallu m’adapter à ma nouvelle vie, loin de mes parents, loin de ma campagne, loin de ma fauverie, de la basse-cour, de mon chat, de mon chien et surtout de mes deux percherons, dont le seul travail consistait à tirer une vieille carriole avec moi dedans sur les chemins environnants.

Dans ce petit studio, la seule fenêtre s’ouvrait sur la façade lépreuse d’un immeuble. En tendant le bras, je pouvais presque le toucher de la main, bien sûr le soleil oubliait cette cour et passait son chemin sans s’arrêter. L’humidité était à son affaire, elle avait décollé le papier peint laissant apparaître un plâtre gorgé d’eau. Ma cuisine se bornait à un simple placard sur lequel mon père avait installé un petit réchaud à gaz à côté d’un évier, qui avait eu son heure de gloire, et au-dessus duquel un mini-ballon électrique fournissait de l’eau chaude. Le lit, un vieux clic-clac que je ne mettais jamais en canapé. Je dormais, mangeais, préparais mes exposés dessus.

Ce logement avait dû voir un nombre incalculable d’étudiants et la vétusté n’en avait tué aucun. Son prix ne grevait pas trop le budget de mes parents. Il fera l’affaire pour cette année.
Ce changement de vie m’avait perturbée, les notes de mes premiers devoirs traduisaient bien mon désarroi, mais je suis accrocheuse, la fin du premier trimestre approchait, j’étais crevée, mais heureuse pour deux raisons : mes notes remontaient et pour les vacances de Noël, je rentrais chez moi, dans ma campagne.

Les vacances sont là. Avec une joie non dissimulée, je fais un brin de ménage. Je range cette turne avant de partir. Enfin ! Je débarrasse un coin pour envahir un autre endroit. Je remue la poussière sans pour cela donner un aspect plus ordonné et soigné à ce studio… Mais que faire, quand la place manque… Mon train est en fin d’après-midi, ce soir je dormirai chez moi, dans un vrai lit.
Mon père m’attendait à la gare.
Ouf ! Il n’est pas en retard. Il est là piétinant sur le quai tout en dévisageant les voyageurs, il cherche sa fifille… Il ne le montrera pas mais je sais, que je lui ai manqué.
Coucou, je suis là, je lui fais un gros bisou sur sa barbe bien lisse, Sans mot dire, il prend ma valise et d’un pas ferme se dirige aussitôt vers le parking que l’hiver a déjà poudré de blanc. Une fine couche de neige est tombée dans l’après-midi.
Pour tout préambule, mon père me dit : le mauvais temps commence bien tôt cette année, il va falloir plus de fourrage pour les percherons. Ah mes percherons ! Je suis heureuse de les revoir et qu’importe s’il faut plus de fourrage, d’ailleurs en douce j’irai les gâter …

Ma mère avait entendu le bruit du moteur de la voiture, elle s’était précipitée sur le pas de la porte pour nous accueillir. Dépêche-toi, il fait froid ! À peine franchie la porte d’entrée, que mon chien me saute dessus pour me dire bonjour à sa manière, par contre, mon chat drapé dans sa dignité royale agit comme si je n’existais pas. Je souris, car, je savais, que ce soir, le premier qui sera sur le couvre-pieds de mon lit, ce sera lui, avec son ronron qui m’empêche parfois de m’endormir.

Pendant que ma mère défaisait et rangeait les vêtements que j’avais emportés, j’allais voir ma fauverie. Pendant ces trois mois d’absence rien n’avait changé, toute à ma joie, je me sentais « revivre », je terminais mon petit tour de maisonnée par ma chambre que je retrouvais comme je l’avais laissée en septembre. Ma mère avait mis le chauffage depuis le matin. Il y faisait bon. Ma nuit sera délicieuse.
La soirée se déroula dans la quiétude habituelle. Mes parents m’interrogèrent sur « ma nouvelle vie ». Ils acceptèrent mes explications. Je lisais parfois dans l’œil de ma mère un petit doute, mais nous marchions à la confiance, elle savait que je ne voulais pas les inquiéter avec mon vague à l’âme et elle ne voulait pas jouer l’inquisitrice.

Quelle bonne nuit, je m’éveillais au chant du coq, heureusement nous sommes en décembre les jours sont courts, ce bel emplumé ne m’a pas réveillée trop tôt.
À peine mon petit déjeuner pris. Je cours aider mon père, il donne la pitance journalière aux animaux de mon petit zoo domestique, ensuite, j’aide ma mère aux tâches quotidiennes. En un tour de main, j’ai repris mes bonnes habitudes. Quelques courses au marché du coin, un bon déjeuner et un après-midi qui s’annonce bien tranquille, comme je les aime, un seul petit souci, mes parents le soir vont dîner chez des amis et je n’ai vraiment pas envie d’y aller.
Je n’ai pas encore récupéré de ma fatigue trimestrielle. Je préfère rester au coin de la cheminée, d’autant qu’il fait froid, il est tombé de nouveau un peu de neige.
Vraiment je n’ai pas envie de sortir ! Mon père, cela ne le dérange pas, je crois même que cela l’arrange un peu, il n’aura pas la corvée de nourrir les bêtes ce soir. C’est moi qui le ferai. Belle occasion pour donner plus à mes percherons… Ma mère, saura trouver une excuse pour justifier mon absence auprès de nos amis.

Mes parents sont partis. Le jour est devenu nuit. Mes animaux sont soignés. Les volets sont verrouillés. Je suis seule, calée dans un bon fauteuil, je contemple près de la cheminée la danse des flammes multicolores.
Le feu est mon jardin de tulipes pendant les jours hivernaux. Il est la lumière qui déchire la nuit pour apporter la vie. Il est une présence amicale. Ce soir, il adoucit ma solitude. Sereinement, je regarde l'écorce de bois craqueter et se transformer en papillons lumineux, en particules de soleils clairs, en lucioles flamboyantes. Jamais je ne m’habituerai à ce spectacle merveilleux qui possède la vertu du voyage magique. Je suis bien. Ma rêverie m’emporte vers mon enfance, je romps cette douce langueur pour aller prendre sur une étagère, les albums photos.
Je choisis le plus ancien, celui tout écorné d’avoir été feuilleté. Mon père me regarde dans mon berceau, sa barbe blonde me frôle déjà les joues. En tournant les pages des albums, je grandis dans la maison autour des gâteaux d’anniversaire, dans les prés avec mes percherons, au bord de la mer. Là, mon père exagère, après s’être baigné, il avait la fâcheuse manie de secouer sa barbe ruisselante sur moi ! Chaque photo, ces instantanés qui marquent le déroulement de ma jeune vie me remplissent de joie. Cette longue absence me fait prendre conscience à quel point je tiens à mon cocon familial et qu’il m’a manqué beaucoup pendant ce trimestre.
Le feu verse maintenant dans le salon son dernier baiser clair, Il est temps que je monte me coucher. Je referme et range les albums photos.
Tout engourdie de bien-être je m’enfonce sous la couette pour une bonne nuit.

Mon bel emplumé ne lâche pas l’affaire, il prend très au sérieux son rôle de réveille-matin. Dès ses premières notes, je m’étire et saute du lit en pleine forme. Je descends à la cuisine prendre mon petit-déjeuner. Je retrouve mes parents qui ont déjà attaqué les tâches quotidiennes, un bisou, pour se promettre un bon jour et ma mère me dit :
Que fais-tu aujourd’hui ?
Rien ! Je t’accompagne si tu as des courses à faire,
C’est bientôt ton anniversaire ! Donne-moi quelques idées, si c’est un vêtement, tu viendras avec moi pour l’essayer.
Je n’ai besoin de rien, si au fait, approche-toi, je vais te le dire à l’oreille.
Tu demandes beaucoup ma fille, cela m’étonnerait que ton père exauce ton souhait.

La semaine se déroule le plus tranquillement possible, j’y tiens ! Je veux me ressourcer un maximum car le second trimestre va être aussi dur que le premier.
Mon frère est arrivé. Il vient pour mon anniversaire. Comme à son habitude il me taquine. Je joue le jeu. Nos chamailleries durent depuis vingt ans déjà. C’est notre ciment et aujourd’hui, je peux dire que c’est du béton.

Mes jours de congé défilent à toute vitesse. Ce midi c’est le jour « J » en mon honneur nous allons déjeuner dans la salle à manger, sur une jolie nappe brodée par maman. Mon père a sorti de sa cave une bouteille de bon vin. Je n’y connais pas grand-chose, je trouve simplement qu’il nous chauffe un peu les oreilles et nous rend tous d’excellente humeur. En conversation nous refaisons le monde…
Le gâteau arrive !
Avant de le mettre sur la table ma mère dit :
Il y a une surprise, allez tous les deux la haut, et ne redescendez que lorsque je vous appelle.
En disant cela, je vois ma mère faire un clin d’œil à mon frère, je crois bien qu’ils sont de mèche ces deux-là !
Je m’exécute, et tout en interrogeant mon frère du regard, nous montons dans ma chambre. Il ne dit mot, mais j’ai bien compris que son rôle est de m’empêcher de retourner à table trop tôt. Le temps me paraît interminable et la surprise commence à me saouler !

Enfin ma mère nous appelle, je descends rapidement l’escalier, j’arrive en trombe dans la salle à manger, au premier coup d’œil rien de particulier, même pas de bougies sur la tarte aux pommes que ma mère a faite, deux jolis paquets à côté de mon assiette, c’est tout ! Le dépit commence à me gagner. Je ne comprends pas, mais ne dis rien. Où est donc la surprise ! Je m’assois et m’apprête à ouvrir mes cadeaux quand j’entends mon frère rire aux éclats, je lève les yeux interrogateurs vers mon père et là !
C’est le choc de ma vie ! Mon père a rasé sa barbe au niveau de son menton, j’ai 20 ans et je n’avais jamais vu la peau de son visage.
Devant mon émoi il me regarde en souriant. C’est ce que tu as demandé à ta mère je crois ?
Oui, oui ! Je n’y croyais pas, ma demande était un souhait, comme un vœu pieu. Je peux le toucher mais il est tout rouge dis-je…
Ce n’est rien, c’est le feu du rasoir, j’ai mis une lotion apaisante, viens y faire un bisou. Je t’invite à en profiter car le poil va repousser, et tu sais que ma barbe est sacrée. C’est la première fois que je la rase partiellement mais c’est aussi la dernière.

Je me précipite couvrir de bisous le petit menton, mon frère et ma mère en font autant. Mon père a quelques difficultés pour se dégager de nos sollicitations. Enfin, je contourne sa lassitude naissante en disant : je vais immortaliser l’instant, j’arme mon appareil photo numérique, je demande à mon père de prendre la pose. En quelques secondes, le voilà prisonnier du boîtier noir. Sans attendre, je cours éditer les photos sur l’imprimante de mon ordinateur. J’en tire deux. Une que j’encadrerai et qui restera sur la table de chevet dans mon studio, l’autre, je l'ai éditée en format d’identité pour la conserver en permanence dans mon porte-cartes.
Mon frère se moque de moi ! Tu veux montrer à tes copines, que la barbe de ton père, son choix ! C’est par goût esthétique, et non pas qu’il cherche à dissimuler un affreux bec-de-lièvre….
Il m’énerve celui-là ! Mon père calme la chamaillerie naissante par un grand éclat de rire…
L’après-midi fut joyeuse, mon père ouvrit une bouteille de champagne pour fêter les deux événements…

Enfin, j’ai vu une toute petite partie du visage de mon père. Une sensation d’apaisement m’a envahie. Aussi incongru que cela puisse paraître, j’ai toujours porté en moi ce désir. Petite fille, je croyais que mon père était né avec la barbe. J’enviais les copines dont le père avait la peau lisse. Il me semblait que son bisou du soir avant de m’endormir aurait été plus doux, plus tendre, plus affectueux.
Les petits bonheurs ont malheureusement toujours une fin. Les vacances se terminent, ma mère a préparé mon sac de voyage,

Mon père me raccompagne à la gare. Sur le quai les gens le dévisagent, probablement qu’ils s’interrogent sur le pourquoi de ce menton imberbe !
Le train entre en gare, je me hisse sur la pointe des pieds pour faire un dernier gros bisou à ce doux menton que je ne reverrai plus. Au revoir papa – merci - je t’aime.

  YD
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21 octobre
  Publié: 7 mars à 15:34 Citer     Aller en bas de page

Bonsoir mon Saturnin,

Quel beau moment je viens de passer avec Bérangère, cette fois ! Tu as l'art de m'embarquer dans tes récits que je trouve toujours trop courts !

Je suis bien dans tes atmosphères calfeutrées où règne toujours cette vie de famille et l'amour qui s'en dégage. Cette soirée près du feu de cheminée, j'y étais devant, magnifique ! Ce coq, je l'ai entendu et ce papa gâteux-gâteau pour sa fifille... Merci une fois de plus pour ce partage !

Allez, raconte-moi encore une autre histoire, plein d'histoires elles font chaud au coeur.

Yvon

Mawr

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21 octobre
  Publié: 9 mars à 08:31
Modifié:  9 mars à 08:32 par Y.D
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Lolotte

Merci de ton passage, tes mots me vont droit au coeur. Le fond de l'histoire est vrai, Bérengère à 20 ans n'avait jamais vu son père sans barbe. C'est une famille" baba cool "mais elle est extraordinaire d'une humanité rare.

  YD
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