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LPDP :: Nouvelles littéraires :: L'amour au temps du Minitel Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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AllantVers Cet utilisateur est un membre privilège

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Il ne faut écrire qu'au moment où chaque fois que tu trempes ta plume dans l'encre un morceau de ta chair reste dans l'encrier. Léon Tolstoï
   
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  Publié: 7 mai à 07:08
Modifié:  7 mai à 18:09 par AllantVers
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Claudine raffolait des artistes, qui la faisaient rêver, c’est pourquoi elle choisit pour pseudo “Rrose Sélavy”, espérant en attirer un sur l'écran de son Minitel.
Très vite un sculpteur mordit à l’hameçon, Stéphane de son prénom. Elle put l’impressionner en lui révélant la signification de celui-ci qu’il ignorait : “le couronné”, ce qui ne manqua pas de flatter son narcissisme d’artiste.
De son côté il lui confia non sans fierté qu’il avait été en résidence à la Villa Médicis à Rome, après avoir été médaillé d’un concours prestigieux. Pas n’importe quel artiste, en plus !
Quelques bons mots échangés sur le petit écran noir, et il fut vite convenu qu’ils devaient se rencontrer.

Dès le premier regard échangé, dès le premier sourire, ils eurent tous deux envie de se séduire. Elle était belle sans le savoir, portait dans ses bras son chiot blanc, qu’elle avait emmené pour l’attendrir. Il en fut attendri, et même si ému qu’il en zozotait, de quoi la faire craquer.
Après le dîner, bien sûr arrosé, elle l’invita chez elle pour un dernier verre, où il fut un long moment captivé par un jouet de sa petite fille de quatre ans. Un écran lumineux sur lequel on pouvait créer des figures avec des clous de couleurs translucides. Il lui expliqua alors sur quoi il oeuvrait, un truc de fou : il reproduisait des tableaux de peinture classique sur des télécrans, un travail de fourmi et de très longue haleine qu’une très légère secousse, un tremblement, suffisait à anéantir : un Mandala d’occidental, en quelque sorte. Elle comprendrait plus tard l’importance du symbole de l’écran et de l’éphémère pour ce personnage. Pour l’instant elle était en train d’en tomber furieusement amoureuse. Bien sûr qu’ils étaient faits pour se rencontrer, bien sûr qu’ils allaient s’aimer passionnément !

Plus tard il l’emmena chez lui, mi-appartement mi-atelier, la caverne d’Ali Baba, elle adorait ça. Ils faisaient l’amour sur du Mozart, il l’appelait “mon lapin”, lisait “La vie est ailleurs”, la présentait à ses amis, aimait son esprit. Ils ne se quittaient pas.
Il était le champion des lapsus, elle lisait en lui comme dans un livre d’images. Un soir il répondit à un ami qui lui demandait s’il faisait toujours de l’art : “Oui, j’ai arrêté de fumer, c’est à cause de ça”… Il avait entendu “du lard”, il n’aimait pas son corps.

Très vite il dut s’absenter quelques jours pour une expo dans le centre de la France. Lorsqu’il revint enfin, ils se jetèrent sauvagement l’un sur l’autre, sans un mot, comme si leurs vies en dépendaient.

Et quelques semaines passèrent ainsi où seul l’amour partagé comptait, jour après jour.

Un beau soir pourtant d’un air très solennel et fermé qu’elle ne lui connaissait pas, il lui annonça qu’il s’était trompé, et avait pris la ferme décision de mettre un terme à leur histoire, au motif qu’elle ne correspondait pas à son idéal esthétique et n’était pas assez cultivée. Il était déjà devenu un un autre, hermétique comme une cellule d’isolement, froid comme la banquise. Puisqu’il en avait décidé ainsi, leur idylle devait prendre fin. Rideau, silence de mort. Et pour toute explication, des mots qui sonnaient comme : “Je ne peux plus aimer Mozart, je viens de découvrir qu’il a un gros nez, et à part sa musique il n’a pas fait grand chose”.
Elle ne pouvait pas le croire, se résigner à cette fin. Elle se sentit amputée, brutalement renvoyée au néant dont elle sortait à peine après six mois d’un deuil atrocement douloureux, la vie lui arrachait encore une fois le coeur.
Après deux ou trois tentatives de dialogue auxquelles il avait réagi par l’agressivité et la menace, elle renonça à l’approcher, du moins physiquement. Mais elle était dans la totale incapacité d’accepter cette rupture, la violence de cette rupture. Elle n’avait pas rêvé, Stéphane était tombé amoureux d’elle, il avait peur, c’est tout, il suffisait de le rassurer, de lui prouver son amour.
Désespérée, puisqu’elle se heurtait douloureusement à un mur dans la réalité, elle devint marteau (“dehors comme dedans les murs n’engendrent que des marteaux”, lui avait-elle écrit dans l’une de ses tentatives d’approche) et se lança dans une aventure tout aussi désespérée.
Il s’agissait d’abord de le rencontrer, par “hasard”, autant que possible. Il fallait qu’ils se voient, qu’il le veuille ou non. Il fallait qu’il réalise de quoi il se privait. D’ailleurs il ne pouvait pas l’empêcher d’aller boire un verre dans ce bar branché qu’ils fréquentaient déjà l’un et l’autre avant de se connaître. Ils s’y croisèrent, bien sûr, il lui ouvrit même un soir la porte en personne. Et lorsqu’elle s’étonna qu’il fît le portier, il confondit le “tu” et le “on” en commettant encore un beau lapsus : “Lorsque tu es là, on ne peut pas faire autrement”, avait-il déclaré. Le même qui lui avait claqué la porte au nez la veille. Lequel fallait-il croire ? Et comment faire pour qu’il s’entende? Un beau spécimen de schizo.
Puisqu’il était double, complètement dissocié de lui-même, elle allait se connecter simultanément à cette autre part de lui, celle qu’elle aimait encore.
Bien sûr il réapparut sur le petit écran noir de son minitel, bien sûr elle le recontacta, mais en changeant virtuellement d’identité, pour ne pas être immédiatement et violemment rejetée, comme elle l’était chaque fois qu’elle essayait de l’aborder. Rrose devint Virginie, assistante sociale, aux cheveux blonds bouclés. Et comme elle resta la même dans tout ce qu’elle exprimait, il retomba amoureux derrière son écran. Lui seul était incapable de la reconnaître, tandis que certains de ses amis, témoins, assuraient pourtant qu’elle était parfaitement conforme à elle-même et reconnaissable.
C’est ainsi que l’une ou l’autre fois, le croisant dans la rue, Claudine le vit se détourner ou même se cacher en baissant les yeux, rougissant et tremblant, alors que la veille au soir il s’enflammait pour elle en tapotant sur son clavier et en lui donnant du “mon ange”.
Non, elle ne s’était pas trompée, il l’avait bel et bien aimée, mais ne pouvait l’assumer que derrière un écran, dans son imaginaire, étranger dans la réalité à ses propres sentiments, et même les rejetant. Une réalité si insupportable pour lui qu’il finit par confier à Virginie l’enfer que lui faisait subir Claudine dans la vraie vie, en lui écrivant ou lui faisant parvenir des cadeaux.
Cette position devint vite intolérable pour elle, enfermée, prisonnière du petit écran, étouffant dans son rôle de Virginie tandis qu’elle était repoussée en tant que Claudine. Bien sûr il était exclu que Virginie rencontre Stéphane, d’ailleurs il s’en accommodait parfaitement, évidemment.
Elle décida alors, de guerre lasse, de mettre fin à cette situation schizophrénique, en lui révélant sa véritable identité. Elle lui fit parvenir, sur son lieu de travail, un colis contenant un ange, et sur Minitel le message suivant : “La vie est ailleurs, ailleurs que sur cet écran”.
Puis elle lui téléphona : il décrocha furieux, hurlant et raccrochant immédiatement, à plusieurs reprises, sans avoir à aucun moment le réflexe de simplement débrancher son téléphone. Elle réussit néanmoins à obtenir un rendez-vous, afin de parler de toute l’histoire. Et lorsqu’elle put enfin le voir, et qu’elle lui déclara : “Virginie, c’est moi”, il baissa la tête et répliqua vigoureusement : NON !
Prenant alors la mesure du personnage et de son impossibilité à assumer la réalité, de sa dissociation, elle put enfin renoncer, en paix, à cet amour “fou”.

  MariePaule
Mawringhe Cet utilisateur est un membre privilège


Cambre d'Aze, montagne de mon coeur... Mon éternelle muse !
   
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  Publié: 7 mai à 15:47 Citer     Aller en bas de page

Bonsoir MariePaule,

Un texte poignant, difficile à commenter car touchant un milieu très particulier... Un milieu de souffrance intense de part et d'autre. Tu m'as embarquée dans ton écrit qui je t'avoue m'a vraiment serré la gorge. Merci pour ce partage intense



Mawr

  Les mots sont à la pensée ce que l'eau est à la terre: la vie!
Lucie Granville Cet utilisateur est un membre privilège

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21 octobre
  Publié: 7 mai à 16:00 Citer     Aller en bas de page

Une histoire touchante et atypique, qui aborde ce sujet avec lucidité. La souffrance des personnages est palpable, et on se laisse happer par ton récit jusqu'au dernier mot, quelque chose d'intense s'en dégage, et une certaine forme d'émotion persiste après lecture. Lucie

 
Tychilios Cet utilisateur est un membre privilège

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21 octobre
  Publié: 7 mai à 17:57 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Marie-Paule. Les mots s’assemblent pour laisser un certain trouble s’installer. Comme pour beaucoup de tes poèmes, ici, tout est plus suggéré que décrit. Le caractère des personnages se dévoile peu à peu dans cette ambiance particulière, et chacun à sa manière en dressera le portrait. Un texte talentueux qui pourrait laisser entrevoir un roman. Prends soin de toi, Georges.


  Il vaut mieux avoir raison seul que tort avec la foule.
AllantVers Cet utilisateur est un membre privilège

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21 octobre
  Publié: 11 mai à 08:46 Citer     Aller en bas de page

Mawr, Lucie, Georges merci beaucoup !

  MariePaule
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