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ChrisTale
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  Publié: 30 juin à 22:01
Modifié:  4 juil à 09:17 par Emme
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La porte s’ouvre puis claque aussi vite. Trop épuisé pour entrouvrir un œil, je ne lutte pas… Des volets roulants qui ne sont pas les miens s’ouvrent à un mètre de moi. De l’autre côté de ma couche ce que j’assimile à une infirmière actionne le bouton des stores. C’est quoi de cette chambre aussi fraîche qu’une rock star qui aurait passé la quarantaine. Entre les différentes ecchymoses jonchant le mur, on devine une tapisserie entre blanc délavé et gris dépassé. Je me sens comme un astronaute dans une centrifugeuse, l’infirmière et son bouton s’échappent à droite, puis à gauche. Là, ce sont trois nouveaux personnels hospitaliers qui débarquent autour de mon lit. Pourquoi trois ? Ils ne sont équipés que d’un tensiomètre. Ils se présentent tour à tour. Dans quel but ? À part la plus petite de la bande, je n’ai pas l’intention de les revoir. Eux me connaissaient déjà, semblait-il, au moins mon patronyme. Malgré l’étau enserrant mes tempes, je dois mener l’enquête. J’imagine me trouver dans l’aile Ouest d’un hôpital, celle qui n’a pas encore été rénovée. Mais pourquoi ? Comment ? Il y a quelques heures encore, ma femme me quittait pour personne et j’avais même un flacon d’haldol en main.

Non, je n’ai pas fait ça ? La plus mignonne me signifie que si. Pas le temps d’en savoir plus, ils m’ont pris ma pénombre, ma tension et quatre tubes de mon sang, et quittent la pièce d’un pas bien rangé. D’un effort surhumain, je tente de m’extirper de mon drap qui en a décidé autrement. D’une prise de judo pas très légale, il m’envoie au tapis. Je prends la mesure de mon état quand il s’agit de m’ériger. C’est plusieurs minutes qu’il me faut pour me dresser avec le strict nécessaire de fierté. Ça tourne, ça gire, ça révolutionne et ça donne envie de vomir. Vite, se recoucher. Dans le lit c’est la valse. Je n’ai pas le temps de compter les trois temps impartis que me voilà en compagnie de Morphée. Mais comme si j’étais puni, Morphée rejette mon âme et accepte mon corps. Je peux l’apercevoir ce corps inerte, et la sensation de houle se fait de plus en plus puissante au point que je me demande si je vais y rester. Et je ne déconne pas, je sens mes organes se faire la malle un par un, comme si ma carte de donneur d’organes se déchirait par à-coups.

On me coupe de cette sensation mortelle. Un mec qui, à pas grand-chose près, aurait pu être grand pousse la porte, il est suivi d’un autre mec, qui, s’il avait été plus petit, n’aurait pas été grand. À cet instant je connais précisément la définition de léthargie. Les chasses s’ouvrent péniblement. Ces messieurs se sont équipés de chaises, j’ai dans l’idée qu’il vont vouloir me faire avouer ce que je ne me souviens pas avoir fait. On se présente, on s’échange des nouvelles de la famille, des photos de vacances, pas pu l’inviter à la maison il est intolérant au gluten… Puis le médecin, c’est ainsi qu’il s’est présenté, me récite la fiche qu’il a sous les yeux. J’acquiesce abondamment. Tout y est, bipolaire, le traitement, l’allergie au paracétamol, les vaccins pas à jour et même ma séparation de la veille. C’est fou ce que la presse people est diablement efficace. Après ce questionnaire, il ose demander comment je me sens. Je lui raconte ma partie de Dr Maboul précédant son irruption dans la pièce. J’avais mal compris la question, comment je me sens en ce moment dans ma vie. J’ouvre si grand les yeux que mes paupières repoussent les limites de mes arcades sourcilières. Le petit chauve vient de me débiter tout mon pedigree, connais jusqu’à mon code de carte bleue et me demande ce qui me chagrine. Je récite à la virgule près le curriculum qu’il vient de passer en revue : bipolaire, sans emploi, perdu ma sœur, quitté par ma femme. Dois-je avouer la perte de mon Tamagoshi en janvier mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit ? « Je vois ! » il me lance. Enfin, il me pose des questions plus précises, de quoi sont faites mes journées, si je prends régulièrement mon traitement… Il note le tout dans un bloc-notes avec une écriture que l’état actuel de mes neurones ne me permet pas de déchiffrer. Il énumère à l’infirmier en civil les molécules à m’administrer, une liste à forte connotation anxiolytique. Cette entrevue a largement entamé mes forces.

Quand je m’apprête à regagner le sommeil, on me fait signe que non. Nous allons à la découverte du service psychiatrie du centre hospitalier. Je dois sortir de la chambre mais y laisser ma dignité puisque je ne suis couvert que d’une blouse fendue. À part une manière de m’humilier, je ne saisis pas le sens de cette visite. J’aurais facilement deviné que là où trône fièrement un écran plat, c’est la salle télé, que les bouquins sont dans la bibliothèque et que le local avec des gens qui ont le même couturier est le bureau des infirmiers. À cet endroit, j’apprends que ma femme m’a apporté des vêtements dans la nuit. De retour dans la turne dix- huit, l’infirmier déballe le contenu du sac, sans vraiment de soin. Tel un chien policier à la recherche de drogue, il frétille du regard quand il met la main sur ma trousse de toilette. Il éjecte de celle-ci rasoir, déodorant et mousse à raser. Pour le rasoir, je suis apte à comprendre, mais le reste c’est plutôt flou. Les forces me manquent pour poser une question dont la réponse me sera abstraite. J’assimile les heures des repas. Et d’ailleurs, il est quelle heure ? On m’apprend qu’il est bientôt l’heure de dîner. Et je finis par poser la question dont la réponse fait peur : qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Comme susmentionné, ma femme est partie. Repassée plus tard pour prendre quelques affaires, elle m’avait retrouvé au sol, la bouteille d’Haldol vide en main. Les secours auront aussi retrouvé deux bouteilles de vin et des plaquettes de médicaments vides. Ma première réaction est de me demander comment j’ai pu me louper avec tout ça. Bon, je suis toujours là, on va voir quel genre de sursis on me propose.

Enfin habillé décemment, je rejoins la salle de réfectoire. Où vais-je m’asseoir ? Une mamie au toupet vrillé me fait des signes… Je continue à observer. J’ai le choix dans les voisins de table, une jeune très mince mutique et agitée, le papy rondouillard qui parle fort et dont le verbe est plus que confus. Je finis par trouver une table de trentenaires ou à peu près. Je dois retenir cinq noms et numéros de chambre. Mes capacités intellectuelles actuelles ne me permettent que de retenir Célia chambre deux et Bertrand chambre dix-sept (mon voisin). Au niveau des pathologies, on a deux schizophrènes, deux bipolaires et un dépressif. Je me présente alors, réponds poliment à la curiosité de mes camarades et essaie vainement de suivre les conversations. Je ne sais qui s’est fait dessus cet après-midi, tel autre ne veut pas partager la télécommande. Le tout est entrecoupé des cris de la mutique, en fait pas si mutique. Le personnel distribue les doses prescrites. Et la porteuse de perruque s’enquiert de si elle a bien eu ses cachets toutes les minutes jusqu’à ce que les tables soient plus propres que la salle de bain de Mr Propre.

Seul sur mon lit, je débriefe toutes les nouvelles informations qu’il me faut ingurgiter. Mon cerveau encore endolori ne me permet pas de réfléchir plus de quelques minutes. Il y a un truc qui me manque, mais quoi ? Après un effort intense, je me souviens que je suis accro à la nicotine. Pourvu qu’elle y ait pensé… Peut-être dans une poche cachée du sac… Toujours pas. Après une fouille minutieuse, il faut se rendre à l’évidence, elle a oublié de glisser du tabac dans mes affaires. Ça fait plus de trente heures que je n'en ai pas grillé une, j’ai besoin de fumer. Je vais devoir taxer mes colocataires de fortune. Je me rends donc à l’espace fumeur du service. Fort heureusement je n’ai pas eu à essuyer de refus. Bertrand me dépanne de bon cœur et m’assure que je peux le déranger, je lui rendrai la pareille le moment venu. C’est là le meilleur moment de la journée. Je l’apprécie cet instant…

À nouveau seul dans la chambre dix- huit, je ne cherche plus à cogiter. Je décide de m’endormir et j’y parviens, jusqu’à ce qu’une blouse blanche se pointe et me tende mon téléphone et deux paquets de cigarettes.

– Vos parents viennent de déposer ça pour vous.
– Je peux les voir ?
– Les visites se font de quatorze à dix-sept heures trente.
– Et on a droit au portable ?
– Oui.

Et elle s’en retourne. Quelle froideur, je la situe entre le camion frigorifique et la proie d’un trappeur. Qu’importe, j’ai enfin connu un peu de joie dans cette journée carrément bizarre. D’abord, les biens apportés vont m’être utiles ici. Puis, on pense à moi à l’extérieur. Cependant, je ne sais pas quel retentissement aura mon geste sur la famille.

Le temps de brancher mon téléphone et de le faire jouer quelques morceaux de musique, on frappe à ma porte. Enfin quelqu’un de civilisé dans ce service. Planté devant ma porte un jeune adulte me tend une main fébrile. Je la lui serre. Il marmonne qu’il s’appelle Sylvain (ou Sylvère) et qu’il habite Saint Après. Je n’ai pas le temps de m’introduire qu’il a déjà parcouru les trois mètres qui mènent à ma salle de bain. Il m’annonce qu’il a la même chambre et fait le chemin retour sans que je puisse dire un mot.

Je retourne sur le pieu las. « Surtout reste patient, ils sont malades. Ce n’est pas de leur faute. » C’est la réflexion que je me fais. Cette fois, je profite de la musique. Mais, même pas une chanson plus tard, je devine le crissement d’une paire de crocs sur le linoléum du couloir. C’est encore pour moi. « Traitement de la nuit ! » s’écrie la mignonne infirmière. Je devine en lisant sur sa blouse qu’elle a pour prénom Émilie. Un somnifère plus tard, je sombre dans un sommeil profond.

 
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