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RiagalenArtem


Regards sur l'Invisible
   
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24 septembre
  Publié: 10 juil à 18:57
Modifié:  11 juil à 02:49 par RiagalenArtem
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A contre-jour, sur le bord d’un ravin, se dresse une chapelle rouillée.
C’est mon corps, c’est mon cœur disloqués où nul n’ira prier, ils n’ont rien à offrir, amputés, évidés, érodés.
Muets.

Intouchables, redoutés, repliés en origamis,
délestés du « joli ».
Dépouillés.

Blancs, aussi blancs que ces bouts de papiers déchirés, emportés par le vent.
Petits bateaux d’enfants.

Mon autel, mon ciboire, ma nef, mon transept ?
Un squelette élégant, un vitrail opaque.
Prier qui, prier quoi ? Le sens en est troublé.


Je n’ai d’yeux que pour vous et les actes manqués dont je suis hérissé.

Rien ne bouge, rien ne s’offre, il me faut l’arracher avec mes canines, avec ces doigts osseux, et ces mains étirées, et ces mains éthérées qui ne retiennent plus le sel de l’existence, le sable compact des plages fouettées par la tempête, la pluie chantante en « Barbara » sur les herbages en vagues libres.

Le bruit le plus beau du monde en mes cils abaissés sur un unique baiser.
La floraison d’un univers.


L’assassin assassine. Les meilleures intentions aussi quand un téléphone sonne le glas dans ma chapelle rouillée où les gisants gisent.

Il a suffi d’un « bang ». Un léger sifflement et une poignée de plombs aussi rouillés que ma chapelle.

Le ciel en était tout retourné.
Une cicatrice en lacérait la trame.
L’éther labouré par des sillons de cochenille,
une avalanche de cerises noires sur les bulbes d’or des soleils d’hiver.

La force de l’impact m’a laissé intact - du moins y ai-je cru.

On ne meurt pas qu’une fois.
On ne vit pas qu’une fois.
Une foi ardente tente de s’élancer dans la vallée des morts.

La pourpre sur mon épaule ne s’est pas effacée quand un toucher étranger en a effleuré l’étoffe.
Qu’elle habille gaiement ma chapelle rouillée qui se dresse au bord du ravin.

Bancale. Eternelle.

Qui donc est responsable de ce qui se prolonge ?
Les vies dans une Vie ?
Elles ne se célèbrent qu’en bonne compagnie.
Dans le feu de l’action, c’est une drogue dure, une accélération, une lacération d’ivresses.


Toujours plus loin, plus haut, négligeant les obstacles, fonçant sur une route d’ombres et de luxe, feux éteints.

Grisante est la vitesse, illusoire est la perte. Illusoire est le sentiment que rien ne s’est passé.

« I want to be alone », murmure Garbo dans le creux d’airain des revenants de ma crypte à claire-voie où les gisants levés conversent à voix voilée.

Corps des âmes dans les silences dont je suis le gardien et l’abri, la lance brandie sur l’intrusion des clameurs barbares.

Faille dans la foule curieuse et dérangeante.
Faille refermée au choeur de la chapelle rouillée que je suis à présent.
Faille des paroles englouties, de leurs vaines promesses, des bavardes chimères.

Parole revenue, parole réveillée que personne n'entend, que personne ne perçoit.

Le langage singulier, la Faille de nos Silences sur tout ce qui ravine, sur tout ce qui dérange sans un balbutiement...






Riagal - Le 11/07/2020 -


- I want to be alone : Je veux être seul(e) (phrase célèbre de G. Garbo, quand elle décida de quitter le "monde" et le cinéma pour toujours).

  "C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible." Gustave Flaubert -
Jacques-Marie JAHEL
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Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à vous. Albert Camus
   
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21 octobre
  Publié: 11 juil à 06:53
Modifié:  11 juil à 06:54 par Jacques-Marie JAHEL
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Bonjour Riagal,

Votre église rouillée ne serait-elle pas celle de la Portioncule ? où François d'Assise aimait à se ressourcer dans la prière et le dépouillement, plongeant au coeur des noires failles de ses turpitudes anciennes.
Une forte introspection qui prête à la réflexion et à la méditation.

Amitiés.
JMJ

 
Franck

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2 août
  Publié: 11 juil à 12:52 Citer     Aller en bas de page

Bonjour RiagalenArtem,

Ton texte, de par sa réflexion, sa densité et sa richesse poétique, me pousse à te dire que tes mots ne se lisent pas, non ! ils s’écoutent, tout simplement, un peu à la manière des livres-disques de Léo Ferré en son temps, je pense à « Et…basta ! »…Ect. Bon ce n’est qu’un avis bien personnel sur l’agréable impression que ton texte m’a procuré. Bravo à toi pour cette intense et belle composition.

Amitiés – Franck















 
Galatea belga


Mon rêve est la réalité banale d'un autre-Galatea-
   
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21 octobre
  Publié: 12 juil à 01:16 Citer     Aller en bas de page



Tenir toujours le four " invisible" semble to commandement primaire...


"Je n’ai d’yeux que pour vous et les actes manqués dont je suis hérissé."

...et pourtant, je crois, ton esprit, ton corps demandent de les voir et le faire vivre. En plein.

Je t' embrasse, fort.
Lilia


  Si visi amari, ama.Le Prince ...oh le Prince...
RiagalenArtem


Regards sur l'Invisible
   
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24 septembre
  Publié: 12 juil à 11:12
Modifié:  12 juil à 13:05 par RiagalenArtem
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Citation de Jacques-Marie JAHEL
Bonjour Riagal,

Votre église rouillée ne serait-elle pas celle de la Portioncule ? où François d'Assise aimait à se ressourcer dans la prière et le dépouillement, plongeant au coeur des noires failles de ses turpitudes anciennes.
Une forte introspection qui prête à la réflexion et à la méditation.

Amitiés.
JMJ


Bonjour Jacques-Marie, merci pour avoir osé donné une "idée", elle sera toujours la bienvenue surtout sur cette Faille sismique dont la lecture peut laisser songeur.
Mais la Chapelle rouillée est imaginaire et réelle à la fois. Elle se situe entre-deux-mondes. Loin du Poritioncule d'Ombrie de St François et de ses marbres et de ses ornements.
Mais la foi y règne hors toutes religions.
Ainsi le rapprochement avec celui qui parlait aux oiseaux se justifie. Il a trouvé la voie après un cheminement de doutes...et chanceux, l'a trouvée.
(ps : A propos, "St François le Crucifié" de Pierre Marthelot est un excellent ouvrage qui ouvre bien des portes...je vous en recommande la lecture).
Amités...

[citation=Franck]Bonjour RiagalenArtem,

Ton texte, de par sa réflexion, sa densité et sa richesse poétique, me pousse à te dire que tes mots ne se lisent pas, non ! ils s’écoutent, tout simplement, un peu à la manière des livres-disques de Léo Ferré en son temps, je pense à « Et…basta ! »…Ect. Bon ce n’est qu’un avis bien personnel sur l’agréable impression que ton texte m’a procuré. Bravo à toi pour cette intense et belle composition.

Amitiés – Franck

Un grand merci, Franck. C'est un beau compliment...pour ce texte "hors case".

Parler dans sa tête est une autre vision des silences. La tonalité prend toutes ses formes pour aller plus loin que les mots dits (maudits ?). Et cette musique intérieure ne me quitte pas, c'est un sillage...même si je n'en ai pas conscience. Comme un dédoublement nécessaire...mais c'est une autre histoire...

Amitiés...
Riagal ou Riaga (c'est plus court^^)...


  "C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible." Gustave Flaubert -
RiagalenArtem


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24 septembre
  Publié: 12 juil à 11:36 Citer     Aller en bas de page

Citation de Galatea belga


Tenir toujours le four " invisible" semble to commandement primaire...


"Je n’ai d’yeux que pour vous et les actes manqués dont je suis hérissé."

...et pourtant, je crois, ton esprit, ton corps demandent de les voir et le faire vivre. En plein.

Je t' embrasse, fort.
Lilia



La fameuse forge, oui...ma Lilia. Tu me connais bien. Je n'expliquerai pas plus avant...cela "chaufferai" trop".
La rouille n'est pas qu'usure. La Chapelle bien plus qu'un cénotaphe. Une sculpture d'âmes toujours en marche. Un hymne à la Vie...et à l'amor. Les deux se rejoignent et bousculent. Une chute pour mieux rebondir...une limpidité dans la complexité. Autant de facettes qui foudroient ou apaisent. Rien n'est joué...

Kisses and hugs...

(et sorry ms je ne suis pas doué pour les réponses, je serai plutôt du côté du "pourquoi"...; -)).


  "C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible." Gustave Flaubert -
marchepascal Cet utilisateur est un membre privilège


Le monde est en nous sommes le monde
   
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21 octobre
  Publié: 15 juil à 01:41 Citer     Aller en bas de page

Moi je plonge dans une toile de repos du guerrier genre guerre 1870 ( en france ) avec le visage fatigué de tant de batailles, de tant de temps à attendre une fin inéluctable... et je regarde autour de moi ce monde aux couleurs criardes, aux silences immergés...
Je vois des maux inaltérables, des incommensurables souffrances à regarder, dans l'incapacité à pouvoir changer la destinée de l'homme...
Souffrance ! Souffrance ! M'entends-tu-n'auras pas mon âme !!!

Adieu vie de misère, je retourne à ma maison en fier soldat que je suis "éternel"

marchepascal entre les deux mondes aux évolutions ( sans cesse...)


Génial Riaga (Fabuleuse épopée).

    Le temps comme le vent passe et ne s’arrête jamais!!!
Myo


Le bonheur se trouve comme un myosotis, tout petit, tout gentil dans un coin de la vie...
   
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19 octobre
  Publié: 15 juil à 14:33 Citer     Aller en bas de page

La faille de nos silences ... et cette peur du vide qui nous transperce ...
Une chapelle rouillée par le sel des embruns d'un océan déchaîné contre lequel elle a du faire front.
Et pourtant, à l'abri de ces quatre petits murs sans prétention se cache le mystère...
Le mystère du silence ... écoute ...il chante ...

Myo

 
RiagalenArtem


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24 septembre
  Publié: 3 août à 04:29
Modifié:  3 août à 04:30 par RiagalenArtem
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@ Marché, cher cavalier, continue de défier avec cette dynamique sans cesse en évolutions et révolutions. Non, "elle" n'aura pas le dernier mot !
@ Myo : je l'ai entendu, oui, il chante….dans son abri, porteur de tant de choses.
Merci à tous deux pour ce scintillement sous nos lignes qui se croisent pour le meilleur.
Je vous embrasse…
Riiaga...

  "C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible." Gustave Flaubert -
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