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La fée bleue


Le difficile, ce n'est pas de donner, c'est de ne pas tout donner. Colette
   
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17 février 2006
  Publié: 1er févr 2006 à 11:36
Modifié:  13 nov 2010 à 07:18 par Lunastrelle
Citer     Aller en bas de page

Depuis une heure, j’essaie de m’endormir. J’y parviens presque quand un vrombissement d’insecte m’agace. J’ouvre les yeux et quelle surprise de découvrir une curieuse coccinelle faire un tel tapage !
Si elle en a bien l’apparence avec des élytres rouges, ornés de points noirs, sa grande taille et le bruit qu’elle émet ne ressemble en rien à l’insecte en question.
« Bête à Bon Dieu » disent les anciens.
« Porte-bonheur » disent les autres.
Quant à moi, je ne sais si elle vient de la part du bon Dieu ou si elle vient m’apporter du bonheur.
Je décide de fermer les yeux. Après tout, elle finira bien par se poser quelque part. Je sais que je n’ai rien à craindre. Une coccinelle ne pique pas !
Je sursaute.
- Me voilà bien ! Dis-je à haute-voix.
Elle est entrée dans mon oreille !
Je panique.
Je ne sais comment l’en faire sortir quand j’entends distinctement :
- Calme-toi. Rendors-toi. Je ne te ferai aucun mal, bien au contraire. Je suis là pour exaucer un vœu.
Mon cœur s’affole. Mes mains deviennent moites. Je tente de contrôler la peur qui s’empare de moi.
« Je deviens folle, pensé-je. Oui, je délire complètement. Comment une coccinelle pourrait, non seulement communiquer avec moi, mais encore vouloir jouer à la bonne fée ? »
Puis, je me calme en me convainquant que je suis déjà dans le rêve. Je fantasme tout bêtement et dans ce songe je crois qu’un coléoptère à Bon Dieu me parle et que, sous l’emprise du divin, il va réaliser mon rêve le plus fou.
Je me laisse donc aller au bien-être qui m’envahit…

***
Je me vois dans une prairie verdoyante.
Le soleil est au zénith.
Je tiens une ombrelle.
Ma robe blanche à crinoline glisse sur l’herbe comme une traînée de lys.
De-ci, de-là, des pâquerettes, des boutons d’or, des coquelicots parsèment la clairière pour mon enchantement.
Je ne sais pourquoi j’ai pris cette direction mais mon instinct me dit de poursuivre ma promenade. Il fait si beau que mon cœur est en fête. Alors, je chante en accompagnant mes pas.
Puis, un bruit sourd m’intrigue. Je me tais et écoute attentivement. Un galop se confirme.
Le cavalier fend l’air avec sa monture.
J’ai juste le temps de l’entrevoir avant qu’il ne disparaisse déjà.
Je reprends mon chant mais le cœur n’y est plus. Une image perturbe mes pensées, une seule qui s’impose avec force. Je vois sans cesse ce cavalier tout de noir vêtu.
Je ne pourrais dire s’il est jeune ou pas. Pourtant, j’ai le vague souvenir d’un homme grand. Ce qui m’a frappée le plus, c’est la manière dont il chevauchait avec fière allure.
Il est temps que je rentre pour le déjeuner.
Je rebrousse chemin et occupe mon esprit en reprenant ma chanson mais aucun son mélodieux n’obtient grâce. J’ai la tête ailleurs. Je rougis. Le trouble qui m’envahit est tout nouveau. Mon cœur bat bizarrement. Mes jambes me portent à peine.
Comment puis-je être troublée à la seule pensée de ce personnage que je ne connais pas, que je n’ai jamais vu mais qui, à chaque fois que je repense à sa brève apparition, me transporte de joie ?
J’arrive en retard, décoiffée, le bas de ma robe froissé et sali par les plantes herbacées et graminées que j’ai foulées.
Je tends mes gants et mon ombrelle à ma camériste et devant son air réprobateur, file me rafraîchir dans ma chambre.
Mes joues sont roses. Il n’y a pas que le grand air qui soit responsable de ma bonne mine et l’émoi qui m’étreint encore, en est aussi la cause.
Je remets quelques épingles à mon chignon, recoiffe les mèches que je laisse savamment glisser autour de mon visage et renoue le ruban à moitié défait. Je n’ai pas le temps de changer de robe.
Lorsque j’entre dans la salle à manger, Mère me réprimande :
- Mon enfant ! Dans quel état vous êtes-vous mise !
Je veux m’excuser quand mes joues virent au carmin.
Père s’entretient avec le cavalier tout de noir vêtu. Ils ne m’ont pas encore vue. Je ne sais si je dois fuir. Je me sens défaillir.
Mère s’inquiète :
- Encore trop de soleil !
Le ton qu’elle a pris, attire leur attention.
- En voilà une tenue ! S’étonne mon père.
Puis, d’un air gêné, il fait les présentations hâtivement :
- Cher vicomte, je vous présente mon unique fille Aurore.
Et sans emphase, s’adresse à moi d’un ton courroucé :
- Ma fille, vous me décevez ! Encore vos escapades dans la nature. Vous auriez pu, au moins, vous changer pour le déjeuner.
- Père, je suis désolée. Je ne savais pas que nous recevions.
- Monsieur le vicomte Raffaele di Cesare est de passage dans la région et nous fait l’honneur de nous rendre visite. Il séjourne chez nos amis Lavalière.
L’invité s’incline légèrement.
- Ne vous ai-je pas aperçue dans la clairière ?
J’opine de la tête et n’ose lever les yeux.
- Excusez la mise de ma fille. Sa liberté est d’une extravagance. Elle part à l’aventure dans la campagne pour trouver un endroit où elle y posera son chevalet. Elle se croit artiste et n’en fait qu’à sa tête.
- Vous peignez ? Quel passe-temps adorable ! Me montreriez-vous une de vos œuvres après déjeuner ?
Je bafouille.
Dieu que je suis sotte !
Que doit-il penser de moi ?
Je ne sais pas aligner deux mots sans trébucher sur l’un d’eux et, en plus, je rougis tout le temps.
- Passons à table, propose ma Mère.
Pour une fois, je lui en sais gré. Enfin, elle me sauve d’une délicate situation. Lui montrer mes croûtes comme les appelle mon Père, le ferait indéniablement rire. Je ne peux me ridiculiser plus. Je me suis suffisamment distinguée par ma tenue négligée.
Durant le repas, son beau regard, d’un vert si intense et si limpide, croise plusieurs fois le mien. Je suis écrevisse. Maintenant toute nouvelle rougeur ne se voit plus.
Avantage ou inconvénient ?
J’ai bien peur de lui paraître gourde et insignifiante.
Ses mains sont longues et fines. Je n’ose m’attarder sur ses lèvres qui m’attirent depuis le premier instant où elles se sont entrouvertes pour m’interroger : ne vous ai-je pas aperçue dans la clairière ?
Son annulaire est libre de toute alliance.
Mais pourquoi pensé-je à cela ?
Que m’importe qu’il soit marié ou pas !
Il peut du reste être promis.
En faisant cette remarque, mon cœur s’emballe. Je me sens brusquement oppressée.
Est-ce là un émoi amoureux ?
Serais-je en train de m’enticher de ce cavalier tout de noir vêtu ?
Raffaele ! Quel joli prénom !
Toute la magie de la Vénétie dont il est originaire.

***

Le repas se prolonge à mon grand plaisir. Tant que je l’aurai près de moi, je sentirai ce trouble m’étreindre avec délice. Cela en est presque douloureux mais j’aime cette émotion qui me paralyse et m’exalte en même temps.
Après le café, Père l’entraîne fumer un cigare dans le salon.
Mère me demande instamment de changer de tenue.
- Non ! Je vais peindre cet après-midi et cette robe finira bien la journée.
- Encore vos couleurs ! Mais quand deviendrez-vous une jeune fille accomplie ? Vous avez l’âge d’être mariée, mais avec un tel comportement, aucun gentilhomme ne voudra de vous. Vous finirez vieille fille ! Au lieu de broder votre trousseau, vous courez la campagne à la recherche de je ne sais quelle émotion que vous croyez saisir avec des couleurs. Votre père y mettra fin. J’y veillerai, croyez-moi !
Je m’entends lui rétorquer :
- Bien, Mère. Faites alors que j’épouse ce vicomte si charmant et j’abandonne les couleurs !
Dans un bruissement de jupons, je virevolte devant son air stupéfait.
Je me saisis d’une toile, de mon matériel à peindre et quitte le vestibule sans autre éclat.
Ce matin, j’ai remarqué un endroit ravissant. A cette heure de l’après-midi, la lumière est encore vive, mais vire déjà dans un camaïeu de jaune orangé qui m’émerveille.
Mon Maître à peindre est Manet.
Lors d’un séjour à Paris, ma tante me l’a fait rencontrer et, depuis, je ne vois la peinture qu’à travers ses œuvres. Tour à tour décrié comme un provocateur sulfureux et critiqué par ses pairs, il n’en est à mes yeux que plus intéressant.
Ils peuvent toujours rejeter sa peinture !
Le critique Paul Mants parle même d’un bariolage rouge, bleu, jaune et noir pour le portrait de Lola de Valence en s’insurgeant contre cette caricature de la couleur. Mais moi, je trouve extraordinaire sa manière de donner tant de fraîcheur aux nuances. De même, Edouard Manet rend justice à la nature en peignant en extérieur plutôt que de réaliser des compositions académiques en atelier.
Je ne suis qu’un pâle disciple de sa technique.
Dans son dernier courrier, il m’a conseillé de capter la lumière quand celle-ci rendait aux fleurs toute la splendeur de leur carnation.
Dans ma région, le soleil est vif et ce n’est qu’en ce milieu d’après-midi que j’y trouve les plus beaux reflets. L’instant dure peu et il me faut parfois tricher pour continuer de restituer à mon décor la même luminosité.

***

Je peins depuis plus d’une heure quand un galop ralentit pour finir au pas.
Lui !
Je ne veux pas qu’il voit cette toile commencée où déjà l’esquisse d’un cavalier se détache dans le fond.
Raffaele descend de son cheval, puis s’approche de moi en souriant.
Que son sourire est séduisant !
Je suis tétanisée.
Je ne sais si je lui rends son sourire ou si mon visage se décompose.
- Pourquoi ne m’avez-vous pas attendu ? Je voulais tant voir vos œuvres, dit-il d’un ton de reproche.
Je retrouve ma voix.
- Elles sont quelconques.
Il rit en faisant claquer la cravache dans sa main.
- C’est à moi d’en juger. Que peignez-vous ?
- Rien d’intéressant. Et puis, je ne souhaite pas que l’on regarde mon travail en cours.
Sans réfléchir, je relève le bas de ma robe pour en couvrir pudiquement la toile. Quand je réalise que mon geste découvre généreusement mes jupons !
Raffaele affiche un air amusé.
- Je ne pense pas que vos parents apprécieront votre mise en couleurs, dit-il en riant de plus belle.
- Oh !
Je suis dans un tel embarras que je ne sais plus comment m’en sortir.
Si je rabats ma robe, il verra mon tableau.
Si je reste ainsi, ma tenue n’est guère celle d’une jeune fille de bonne famille mais plutôt celle d’une lavandière.
Ses yeux taquins me troublent au point de perdre l’équilibre et d’entraîner avec moi chevalet, toile et pinceaux.
Je m’affale sur le tout.
Une poule couvant ses petits !
J’ai si honte que les larmes me montent aux yeux.
Raffaele s’est accroupi et caresse délicatement ma joue en repoussant mes cheveux.
- Tout cela pour un regard sur une toile inachevée ! J’aurais dû poursuivre mon chemin sans m’arrêter.
- Non ! Vous n’y êtes pour rien. J’ai parfois un comportement bizarre. Je suis désolée.
- C’est moi qui suis confus. Vous n’allez pas rester ainsi. Puis-je au moins vous aider à vous relever. Je vous promets de ne pas poser un œil sur votre toile.
- Maintenant, cela n’a plus d’importance. Elle est fichue !
Je saisis sa main secourable et essaie en vain de mettre un peu d’ordre dans ma tournure. Raffaele se penche et m’aide à recentrer ma crinoline quand je sens le frôlement de ses doigts sur mon pantalon de dentelle. Je suis si bouleversée que s’il ne s’était pas brusquement redressé, je crois que j’aurais perdu connaissance, tant l’émotion était forte.
Son regard émeraude se trouble.
Je baisse les yeux.
Nous sommes émus.
Il se passe bien un long moment avant que l’un de nous deux trouve la force de parler.
- Voulez-vous que je vous raccompagne ?
Je secoue la tête.
- Non ! Vous en avez suffisamment fait. Je vais rentrer avant que l’on ne s’aperçoive de mon état.
- Aurore ! Notre rencontre est pour le moins curieuse mais croyez-moi, j’en garderai un merveilleux souvenir.
J’esquisse un pâle sourire et ne trouve rien à lui dire.
Je ne peux lui avouer que lui seul est l’auteur de mon embarras, que je perds tous mes moyens devant lui, que mon cœur bat la chamade et que j’ai follement envie de l’embrasser.
Soudain, je me mets sur la pointe de mes bottillons et dépose un baiser sur sa joue.
- Merci, de m’avoir pardonné, dit-il.
Je ramasse rapidement mes affaires, laissant volontairement ma toile gâchée dans l’herbe et m’éloigne sans me retourner.
Si j’avais osé regarder, ne serait-ce qu’une seule fois en arrière, j’aurais remarqué qu’il emportait ma toile.
Je marche d’un pas chancelant comme si j’avais bu plusieurs liqueurs. Je me sens grisée et en me remémorant mon geste osé, de nouveau le rouge me monte aux joues.
Je l’ai embrassé !
Oui, je l’ai embrassé !
Je garderai toujours ce contact d’une peau douce et ferme. Je ne pourrais dire quel parfum il avait mis car l’odeur du cigare se mélangeait aux fragrances boisées. Mes narines en retiennent le plus longtemps possible le souvenir.

***

Trois mois se sont écoulés depuis cette étrange journée. Raffaele ne nous a plus rendus visite. Je le savais de retour en Italie. Comme je n’ignorais pas non plus qu’il avait épousé Rose de Lavalière !
Je continue de peindre.
J’essuie toujours les foudres de ma mère.
Mon père, plus indulgent et surtout plus perspicace, devine ma déception amoureuse.
Sur mon insistance, il accepte enfin que je parte pour Argenteuil. Là, je rencontre chez Manet, celui qui bouleversera ma vie et ma peinture : Claude Monet !
« Le motif est pour moi chose secondaire, ce que je veux reproduire, c’est ce qu’il y a entre le motif et moi » m’a-t-il dit.
Comme j’ai compris aussi que ce n’est pas la lumière et l’ombre qui sont l’objet de sa peinture, mais la peinture placée dans l’ombre de la lumière.
En apprenant sa technique, j’entrais en religion.
Rares sont les femmes reconnues peintres mais, je n’ai d’autres aspirations que les couleurs.
Mon cœur, je l’ai donné à Raffaele.
Raffaele a donné le sien à Rose.
Je ne vis qu’avec l’unique souvenir d’un chaste baiser posé sur sa joue.
Cela suffit à mon bonheur.
Aucun homme ne pourrait comprendre ma passion pour la peinture et j’ai décidé de lui consacrer ma vie à défaut de l’avoir offerte au seul être que j’aie aimé dès le premier instant.
Cet amour nourrit mon art.
On finit par me trouver du talent.
Claude comme Edouard me conseillèrent de signer avec des initiales.
Ce que je fis.
Je suivis Monet à Vétheuil et y restais tandis que, cinq ans plus tard, il s’établissait à Giverny.
Mes œuvres se vendent bien par l’intermédiaire de Durand-Rueil, marchand d’art de Monet et sans que l’acquéreur ne sût que derrière quatre lettres se cachait la patte d’une femme.

***

Nous sommes en avril 1883. Je suis bouleversée par la mort de Manet. Amputé de sa jambe gauche gangrénée, Edouard est mort quelques jours plus tard.
Claude et moi, faisons le voyage pour lui rendre un dernier hommage. Je ne peux oublier que, sans lui, je n’aurais jamais peint et que ma destinée aurait été différente. De même que pour Monet, ma peinture est occupation obsessionnelle. Ma vie de femme lui a été sacrifiée.
J’ai déjà perdu mes parents.
Quinze années ont passé et, brusquement, je me sens seule à l’aube de mes cinquante ans.
Vieille fille ! Comme l’a prédit ma mère !
Dans chacune de mes créations, une variation du thème du cavalier tout de noir vêtu se détache dans le décor. On reconnaît le style particulier de ARDC par ce seul motif rémanent dans ses compositions. Je signe ainsi mes toiles.
Avec les années, mon art s’affirme et mes oeuvres sont de plus en plus recherchées. Ce genre plaît. Il devient à la mode et les critiques s’intéressent au mystérieux peintre.
La rumeur qu’une femme serait derrière les initiales, m’oblige à m’éloigner un temps de Paris.
Je décide donc de faire un voyage en Italie.


***

J’ai toujours rêvé de connaître Venise, ville qui abrite mon unique Amour. Aurai-je la force de revoir Raffaele ? Je crains de démystifier ce fantasme et de le perdre. N’est-il pas la source de mon inspiration !
Je verrai sur place si j’en ai la force et surtout le désir.
Nous sommes en plein carnaval.
J’ai l’intention de dépenser le reste de mon héritage familial en folies vestimentaires. J’ai été si longtemps sage et peu coquette que j’ai envie de mettre en valeur le reste de beauté que m’accorde encore la nature. Je décide donc de m’offrir de somptueuses toilettes et de très beaux masques. L’idée de me dissimuler m’enchante.
Cela fait trente ans que je me cache derrière quatre lettres, pourquoi aujourd’hui ne me cacherais-je pas derrière masque et dentelles !
Il est minuit.
J’ai rejoint la place San Marco.
Sous un manteau de velours de soie noire, ma robe est d’un jaune lumineux. Son décolleté dégage mes épaules en soulignant une gorge laiteuse. Mes cheveux sont relevés et retombent en boucles. Je porte un chapeau garni d’une voilette qui recouvre en partie mon masque d’or.
En dehors de mes yeux et de mes lèvres que l’on devine sous la dentelle, mon visage se dérobe à tout regard.
Cela m’amuse follement.
La place est envahie de femmes et d’hommes costumés qui rient et dansent en farandoles.
Leur rire est communicatif et je me laisse aller à cette ambiance joyeuse quand une main d’homme se glisse dans la mienne et m’entraîne dans un tourbillon. Tout de noir vêtu, il porte un masque blanc.
Nous grimpons des marches.
Nous courons d’un pont à l’autre.
L’inconnu guide mes pas vers un ponton où une gondole attend.
Il me soulève par la taille, m’y dépose en douceur et, toujours main dans la main, nous prenons place sur la banquette de cuir rouge.
Il me parle en italien.
Je lui réponds en français.
Il rit.
Que son rire est frais !
- Vous êtes parisienne ! S’exclame-t-il avec un délicieux accent.
Je ris à mon tour.
- Pas vraiment !
La gondole glisse sur le canal.
Sous la lumière d’un réverbère je découvre la couleur de ses yeux.
Ils sont d’un vert si intense et si limpide qu’ils me font penser à ceux de Raffaele.
Je suis si troublée que ma main tremble dans la sienne.
- Ne craignez rien, belle dame ! Je ne vous enlève pas ! Ma, je le regrette. Je vous invite simplement à une soirée où je n’ai pas le cœur d’aller seul et vous me paraissez bien solitaire, vous aussi. Quel sacrilège !
Derrière mon masque, je peux rougir sans en être gênée. Avantage que j’apprécie.
La promenade est de courte durée.
Le palazzo où se déroule la fête, est éclairé de torches qui se mirent dans le canal. Leurs reflets mouvants ressemblent à des rubans d’or flottant sur une eau argentée.
Je suis l’inconnu sans appréhension.
Musique et rires nous accueillent.
Un domestique prend nos manteaux, un autre nous tend une coupe de Champagne.
- Dites-moi, au moins, votre prénom, me souffle le beau masque blanc à l’oreille.
- Aurore.
- Je l’aurais juré ! Vous portez un prénom aussi lumineux que votre toilette. Moi, c’est Lorenzo.
L’illusion s’arrête là.
Je n’ai plus dix-sept ans. Il n’est pas Raffaele.
Le champagne noie ma déception. Au moins ai-je rêvé un instant que j’avais effacé les années et retrouvé mon merveilleux amour.
Lorenzo est un compagnon adorable, très attentionné.
Il danse divinement bien et, dans ses bras, je me sens légère.
Plus les valses se succèdent, plus son étreinte se resserre à m’en couper le souffle.
- Je vous en prie !
- Aurore, la nuit nous appartient ! Ne résistez pas au plaisir que nous avons d’être dans les bras l’un de l’autre.
- S’il vous plaît ! J’ai besoin d’air.
Nous allons sur le balcon. La vision de Venise en cette belle nuit étoilée est enchanteresse. L’air frais me fait frissonner. Attentif, Lorenzo met son bras autour de mes épaules. Je me laisse aller contre lui. Mon cœur qui ne s’était plus emballé depuis tant d’années, reprend une cadence bien particulière.
A mon âge, devrais-je être encore raisonnable ?
Mon masque qui ne dissimule que la moitié de mon visage, efface les années. Ma bouche est toujours pulpeuse et bien dessinée. Aussi, lorsqu’il retire son masque blanc et relève la dentelle qui la cache pour m’embrasser, je ne le repousse pas.
Dieu ! Qu’il est jeune !
Mon cœur défaille.
Lorenzo baise ardemment mes lèvres, mon cou, ma gorge, la naissance de mes seins. Ses mains caressent ma nuque, mon dos, ma taille. Nos corps s’enflamment.
Je tente de reprendre mes esprits, mais il me couvre toujours de baisers.
Un dernier sursaut de bienséance fait que je le repousse doucement, mais fermement.
- Lorenzo ! Nous sommes sur le balcon !
- Pardon, vous me faites perdre la tête. Aurore, je vous aime !
- Le champagne et toutes ces valses vous ont grisé. Vous ne me connaissez pas. Vous ne savez rien de moi. Je pourrais avoir l’âge de votre mère et vous dites que vous m’aimez !
- Oui, je vous aime ! J’ai vu le visage de votre âme, j’ai trouvé le chemin de votre cœur. Ne me dites-pas qu’il ne battait pas violemment dans votre poitrine lorsque je vous embrassais.
- J’étais très troublée. J’en conviens. Mais je n’ai plus l’âge de vous aimer.
- Balivernes ! L’âge n’est pas un handicap. L’amour ne s’embarrasse pas de préjugés. Vous m’avez ensorcelé. Je suis fou de vous. Mon amour, je vous aime !
- Laissez-moi reprendre mes esprits. Rejoignons-les autres invités.
Puis, je m’éclipse pour me rafraîchir.
Dans le boudoir, je retire mon masque. Il fallait s’y attendre. Mes joues sont rouges !
Je détaille mon visage dans la glace.
Certes, j’ai encore de beaux restes, mais je ne suis qu’une femme vieillissante.
Pourquoi Raffaele ne m’avait-il pas déclaré une telle flamme ?
A cette époque, j’avais tout pour rendre un homme heureux. Avec quinze ou même dix ans de moins, je me laisserai aller dans les bras de Lorenzo. Mais, maintenant, je ne suis que l’ombre de ce que j’ai été.
Je récupère mon manteau et quitte la soirée.
Je ne veux pas prendre le risque de l’affronter. J’ai résisté une fois, mais s’il continue à me dévorer de baisers, je ne sais ce qu’il adviendra.
Je n’ai que l’embarras du choix pour trouver une gondole qui me ramène à mon hôtel.

***

Dans ma chambre, après avoir retiré ma somptueuse robe qui me rendait si irrésistible, je fais un constat sans complaisance sur mon corps. Non déformé par des grossesses successives, il reste d’une relative fermeté, toutefois mes seins sont lourds, mes cuisses girondes.
Je suis loin d’avoir les attraits d’une jeune fille.
J’éclate d’un rire douloureux et enfile une chemise de nuit.
Demain, je rendrai visite à Raffaele.


***


Après avoir donné mon nom au majordome. J’attends dans un salon. Le Palazzo du vicomte est aussi luxueux que celui où se déroulait la fête d’hier soir.
Quelques instants plus tard, la porte s’ouvre.
Je reconnais immédiatement le maître de maison. Même sourire, mêmes yeux, mais ne les avais-je pas tant dévorés cette nuit ? Raffaele, Lorenzo sont si semblables dans mon esprit que je ne sais plus qui je vois !
- Aurore ! Quelle surprise après tant d’années ! A l’annonce de votre visite, j’ai fait répéter deux fois votre nom pour être sûr d’avoir bien compris. Vous aviez décliné toutes les invitations de Rose si bien que je ne pensais pas un jour vous revoir.
- Ma vie n’a pas été celle que connaissent en principe les femmes. Je me suis mariée avec la peinture et je n’ai enfanté que des toiles.
Raffaele rit.
- Savez-vous que j’ai adopté celle que vous aviez déjà mise au monde lors de notre rencontre et abandonnée dans une prairie ?
Je ris à mon tour.
- Non ! Ne me dites-pas que vous avez ramassé cette croûte inachevée !
- Eh bien si !
- Par pitié, pas cette horreur ! Ma chute l’avait irrémédiablement gâchée.
- Pas précisément. Je l’ai fait restaurer. Elle est même accrochée dans mon bureau auprès d’une autre toile pour laquelle j’ai eu le coup de foudre. Elle vous étonnera par sa ressemblance.
- Vous m’intriguez. Je veux bien voir ça.
En voyant mes tableaux dans le bureau de Raffaële, l’émotion est si violente que je m’évanouis.
Quand j’ouvre les yeux, je suis entourée de Raffaele et de…

**

Mon deuxième malaise les a plus inquiétés. Allongée sur un sofa, je reprends de nouveau connaissance. Un homme est penché sur moi et écoute mon cœur.
Je murmure :
- Qui êtes-vous ?
Il ne me répond que par un sourire et s’entretient en italien avec mon hôte. D’après le ton et la tournure de leur conversation, celui-ci n’est autre qu’un médecin.
- Aurore ! Vous nous avez fait si peur. Deux évanouissements en si peu de temps. Le deuxième me paraissait plus grave. Votre regard reflétait une telle panique comme si vous aviez aperçu un fantôme. Comment vous sentez-vous maintenant ?
- Beaucoup mieux. Je suis confuse de vous avoir causé tant de tracas. Le choc de revoir mes deux toiles a été si fort que je me suis sentie mal, quant au second malaise, je le dois à une hallucination sûrement consécutive à mon premier étourdissement.
- Vos tableaux ?
Un sourire énigmatique éclaire mon visage.
- Je comprends pourquoi vous avez acquis cette toile. C’est tout simplement la première achevée.
- C’est ce que je me suis dit en la voyant. Incroyable ! Même décor, même composition, même cavalier. Mais la signature n’est pourtant pas la vôtre.
Je me relève doucement. La tête me tourne encore.
- Je ne suis qu’une femme Raffaele. Une femme ! Comment une femme pourrait vivre de sa peinture ! Je n’aurais été qu’une coloriste de dimanche. Mes seuls amis et maîtres, Edouard Manet et Claude Monet, m’ont suggéré de prendre un nom masculin ou de ne mettre que des initiales sur mes œuvres et de les vendre par l’intermédiaire de leur marchand sans que celui-ci ne devine le subterfuge. Ce que j’ai fait.
- Oui, mais quelque chose m’échappe : en dehors de la première lettre qui est Aurore, que représentent les autres ?
- Cherchez- bien.
Il pâlit.
A.R.D.C. Aurore Raffaele Di Cesare.
Il devine brutalement que je l’ai aimé au point de mettre sur tous mes tableaux un cavalier noir et de les signer de ses propres initiales. Mariage symbolique d’une jeune fille amoureuse.
- Ne dites-rien. C’est du passé. Ne vous reprochez-rien non plus. Sans cet amour impossible, je n’aurais jamais réalisé cette peinture que l’on s’arrache maintenant. J’ai été obligée de fuir Paris pour un temps. La rumeur qu’une femme se cacherait derrière ces quatre lettres devenait menaçante. J’ai sacrifié ma vie à la couleur et ne regrette rien. Je suis heureuse. Et vous, l’êtes-vous ?
- Pleinement. Rose, qui se trouve en ce moment chez sa mère, m’a donné un fils dont je suis fier. Elle va regretter de ne pas vous revoir, à moins que votre séjour en Vénétie ne vous retienne jusqu’à son retour.
- C’est possible. Je n’ai encore rien décidé.
- Où êtes-vous logée ?
- A l’hôtel.
- J’envoie une femme de chambre prendre vos effets. Rose ne me pardonnerait jamais de ne pas vous avoir offert l’hospitalité. Je n’accepterai aucune excuse ni refus.
J’acquiesce en souriant.
- Vous aurez un étage pour vous seule. La pièce la plus spacieuse et la plus lumineuse vous servira d’atelier. Cette fois-ci, vous ne m’empêcherez pas de vous voir à l’œuvre !
Pour toute réponse, je ris.

***

Avant le dîner, je m’installe dans mes appartements.
L’endroit est d’une telle magnificence que j’imagine durant un instant en être la maîtresse.
L’idée ne me réjouit pas outre mesure.
Non ! Mon atelier est ma vraie maison, mon antre, mon refuge où je me sens libre.
Ici, domestiques, obligations, réceptions doivent être le lot quotidien de Rose que je n’envie pas.
Raffaele est toujours aussi séduisant, pourtant mon cœur ne s’est plus emballé. Comment un tel Amour qui m’a fait vibrer durant tant d’années peut-il s’évanouir à la suite d’une rencontre avec un beau jeune homme au même regard !
La robe jaune pendue dans l’armoire me rappelle ses baisers fous. Je regrette presque de l’avoir quitté comme une voleuse.
Vais-je toute ma vie, ne rêver que de baisers volés !
L’heure du dîner approche. Il est temps que je me prépare. Je choisis une robe rouge comme le sont mes joues en pensant à cette nuit. Le corsage est suffisamment échancré pour découvrir mes épaules nacrées. L’ampleur des jupons met en valeur ma taille. Après tout, n’ai-je pas acheté ces toilettes pour en profiter ? Et ce soir, une belle occasion se présente puisque mon hôte reçoit quelques amis.
Un fauteuil est déjà occupé par un homme dont je ne vois que le dos. Raffaele m’accueille :
- Vous êtes éblouissante !
Puis il enchaîne en me présentant celui qui vient de se lever à son tour :
- Mon fils Lorenzo.
Le jeune homme s’incline.
- Vous sentez-vous mieux, me dit-il avec ce beau sourire que je lui connais si bien.
Je suis à deux doigts de défaillir. Donc, je n’avais pas eu d’hallucination, c’était bien lui que j’ai vu en ouvrant une première fois les yeux.
- Beaucoup mieux, merci.
Je m’aperçois qu’il ne me reconnaît pas. Je ne pourrais dire si je suis soulagée ou déçue.
- Lorenzo ! Aurore est une amie d’enfance de ta mère. Elle nous fait le plaisir de s’installer quelques jours chez nous.
De nouveau, mon cœur s’emballe, mon prénom éveillera sûrement un souvenir. Pourtant, aucune émotion ne trouble son beau visage et mon cœur se serre.
J’ai donc fait un merveilleux rêve. Cet Amour fou n’était que l’exaltation d’un désir passager. C’est mieux ainsi. Je ne souffrirai pas d’un regret.
Les autres convives arrivent. La soirée se passe dans une bonne ambiance. Plusieurs fois, j’essaye discrètement de croiser le regard de Lorenzo, mais celui-ci ne brille que pour la fille des amis de son père.
Je reconnais qu’elle est ravissante et pleine d’esprit.
Un pincement au cœur me révèle que j’éprouve de la jalousie. Moi, caricature d’une jeunesse perdue ! Comment un si bel homme, même à la lumière des bougies, ressentirait-il du désir pour une vieille femme ? Il ne pouvait y avoir que la magie du carnaval pour rendre cet amour possible.

***

C’est avec soulagement que je retrouve mes appartements. Le souvenir omniprésent de ses baisers me fait trop mal.
En faisant glisser ma robe carmin, je ne peux retenir plus longtemps mes larmes. Elles noient mon visage en flot continu.
Dans un geste désespéré, je décroche la robe jaune et enfouis mon visage dans la dentelle à la recherche de son odeur.
Je sanglote à présent sans me soucier que je peux gâcher la soie.
J’ai un frisson quand je sens un baiser sur ma nuque, encore une réminiscence qui me trouble au point de percevoir un souffle chaud dans mes cheveux.
Je me crois sujette à une folie soudaine.
Des baisers brûlants couvrent mes épaules. Je goûte cet instant avec délice. Des doigts frôlent mon dos et dénouent les lacets de mon corset pendant que des lèvres parcourent ma peau. Je tremble d’émotion. J’ai l’impression que mon cœur va exploser. Il cogne si fort que j’ai du mal à reprendre ma respiration.
Je retire la dernière dentelle qui cache encore ma chute de reins et me laisse bercer de baisers quand deux mains fermes me font pivoter. Le regard brouillé d’eau, je me blottis contre lui.
- Mon Amour, je vous aime ! Murmure Lorenzo en séchant mes larmes.
- Vous m’aviez donc reconnue, dis-je d’une voix éraillée.
- Comment aurais-je pu oublier vos yeux, vos lèvres et vos épaules ? Et votre prénom aurais-je pu aussi l’oublier, moi qui vous ai cherché comme un fou toute la nuit en le criant dans la foule ? Pardonnez-moi de vous avoir rendue jalouse, mais j’ai voulu que vous compreniez toute la souffrance que j’ai ressentie ce matin, croyant vous avoir perdue à jamais. En vous découvrant évanouie sur le sofa, j’ai cru au miracle. Dieu avait eu pitié de mon chagrin et de mes prières. Je ne voulais pas que vous vous aperceviez de ma vive émotion. Aussi, j’ai préféré me retirer et vous laissez seul en compagnie de mon père et du médecin. Il me fallait me ressaisir et, surtout, trouver un stratagème pour éveiller en vous l’amour que vous nous refusez.
Ses lèvres baisent mes paupières humides puis glissent sur ma joue pour mourir sur ma bouche. Le baiser s’embrase, nos corps s’emmêlent. Je ne résiste plus.

***

Les années ont passé. Lorenzo s’occupe de la vente de mes toiles à travers l’Italie.
Mes initiales ont été légèrement modifiées : ALDC. Les critiques ne s’en sont même pas aperçus. Mon L a toujours été mal fait, qu’on pourrait le prendre pour un R…
Au dernier Salon, mon tableau « L’homme tout de noir vêtu au masque blanc » remporte un très vif succès.
Puis, la rumeur enfle de nouveau, une femme se cacherait derrière les quatre lettres…

***

Le téléphone qui sonne depuis un long moment me sort brutalement de mon rêve. D’une voix ensommeillée, je réponds :
- Allo !
- JE T’AIME !

La coccinelle s’envole !

  Colette Abbate
Ladybird

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  Publié: 1er févr 2006 à 18:29 Citer     Aller en bas de page

Vos mots m'ont transporté, fait rêver...
Votre plume est fantastique.



Calimarose

 
angetine au sol


J'ai juste rêver un jour que je pouvais rêver pour de vraie.
   
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  Publié: 2 févr 2006 à 06:14 Citer     Aller en bas de page

magnifique!!
moi qui suit fleur blueu et qui adore c'est histoire tu m'as fais revee!!
j'en veux d'autre!!
tiens moi au courant des qu'une magnifique histoire d'amour nait dans l'alliance de ta plume et ton esprit!!
merci
angetine au sol

  Le parfum subsiste toujours au creux de la main qui offre la rose
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