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· NicoNavel
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LPDP :: Autres poèmes :: La voix du Capucin Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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RiagalenArtem


"Vivre éternellement serait aussi difficile-me semble-t-il-que dormir toute la vie" эт&#
   
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2 août
  Publié: 15 mai à 14:52
Modifié:  15 mai à 17:39 par RiagalenArtem
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"En Chine, quand les grands froids arrivent, dans toutes les rues des villes, on trouve des tas de petits singes égarés sans père ni mère. On sait pas s'ils sont venus là par curiosité ou bien par peur de l'hiver, mais comme tous les gens là-bas croient que même les singes ont une âme, ils donnent tout ce qu'ils ont pour qu'on les ramène dans leur forêt, pour qu'ils trouvent leurs habitudes, leurs amis. C'est pour ça qu'on trouve des trains pleins de petits singes qui remontent vers la jungle".
Jean Gabin, Un singe en hiver




Il était passager, il était en été un singe comme en hiver, un petit capucin qui avait froid et faim.
Il jouait les vivants, debout devant la glace, un grand miroir brisé, un grand miroir sans tain, il imitait les gestes, la marche des passants et leurs visages sereins dans leurs habits bien blancs.

Il se désespérait, forçait toujours le trait, n'étant pas dans la ligne, marchant tout de travers, comme le crabe-tambour, comme un chat de bitume, là au milieu des chiens dressés pour aboyer, pour chasser les intrus et puis donner la patte contre un peu de pitance et une récompense.

C'était peine perdue, il n'y arrivait pas, il était étranger à toutes ces grimaces, à toutes ces manières pour être dans le lot des "normaux" anormaux, des joyeux abrutis qui hochent toujours la tête, qui ne disent pas non et qui ne voient jamais au-delà du chapeau qu'ils arborent fièrement pour planquer leur cerveau. 

Quand on a dans le corps des fils de barbelés et que c'est "va ou meurt", et que c'est "cours ou crève", sous la chape de chaleur des tempêtes assassines, on ne marche pas droit. 

Quand on a des épines tel le hérisson, on ne fait pas semblant, ça vous pique la peau.

Refusant l'hallali, la chasse au renardeau, le cœur au bord des lèvres, on ne chevauche pas les montures dressées pour s'en aller tuer les graines de la révolte.

On n'écrase pas l'ortie, la mélisse odorante, les fleurs de pissenlit et les iris éclos qui en jettent plein les yeux, des yeux qui savent voir, et même regarder, des yeux écarquillés sur l'horreur ordinaire, des yeux de la pensée, une autre fleur flétrie.

Je suis le passager, ce singe du mois de mai, qui crie, tape du pied et que l'on n'entend pas. 
Je suis le capucin qui n'a pour tout autel qu'une page bien noire, un cahier pour missel, une conscience pour grimoire.

Je suis la mauvaise herbe, je suis l'orge et le teff, le grain de sarrasin poussant péniblement dans la blondeur des champs arrosés de puanteur sous leurs habits clinquants.

Et couché sur la terre, je fixe le soleil jusqu'à me "disparaître" avec pour compagnons mille autres petits singes qui me suivent gaiement...





Riagal - revu, le 15 mai 2018 -

  "C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Cedoit être un four invisible." Gustave Flaubert
RiagalenArtem


"Vivre éternellement serait aussi difficile-me semble-t-il-que dormir toute la vie" эт&#
   
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2 août
  Publié: 15 mai à 19:22
Modifié:  16 mai à 12:00 par RiagalenArtem
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Citation de Lisa "Babe"
Tout ce que j'aime !
Tous les capucins devraient crier, même si ce n'ait pas sûr qu'ils soient entendus.


Ben si, puisque tu lui as laissé une réponse. Et il t'en remercie...

(ps : ce p'tit texte me tient à coeur. C'est la raison pour laquelle il fallait l'"actualiser" et le relier à un film culte pour les cinéphiles et pas slt, l'un des meilleurs rôle de Belmondo à mon sens, et à cette réplique de Gabin qui fait toujours un peu mal...Mais le p'tit singe ici, c'est moi tout craché, toujours en "révolution", encore plus maintenant..)....

  "C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Cedoit être un four invisible." Gustave Flaubert
mido ben

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17 août
  Publié: 16 mai à 11:32 Citer     Aller en bas de page

j'ai aime ma lecture

  mes mots viennent de l'encre de mes souvenirs et quotidien
Jean-Louis


J'ai défait la solitude. Il n'y a pas de chevet où je ne puisse m'asseoir. Andrée Chedid
   
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1er août
  Publié: 17 mai à 04:34 Citer     Aller en bas de page

Bonjour,
Petit texte, c'est vite dit Riaga,enfin si son auteur le pense...par-delà les mots et la passerelle qu'ils forment en terres étrangères, il y a un homme en son destin tout accompagné de ses espoirs et de ses délires.
Amitiés
jlouis


  Poésie, la vie entière (ex ULM47)
Drôle d'oiseau


La poésie est une source et nous irons tous y boire....
   
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17 août
  Publié: 17 mai à 07:00
Modifié:  17 mai à 07:01 par Drôle d'oiseau
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Le petit singe sait prendre ses aises sous ta couverture de mots..
Bravo Riaga
Jiçé

 
Catwoman

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« Rien, en Poésie, ne s’achève. Tout est en route, à jamais. Andrée Chédid
   
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12 août
  Publié: 19 mai à 03:34 Citer     Aller en bas de page

Hi Brother,

J'ai lu plusieurs fois cette version. A chaque lecture, mes yeux clignent sur le crabe-tambour, je revois les crabes vus aux Antilles et leur démarche de guingois. Rien à voir. Je sais
L'image s'impose d'elle-même.


Qu'importe l'allure, le ton, temps que nous restons nous-mêmes et pas toujours en Colère. Juste indépendants. La voix du Capu-sain, tu l'étends, je l'entends.

Biz

 
Cidnos
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17 août
  Publié: 19 mai à 04:36
Modifié:  19 mai à 04:37 par Cidnos
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Excellent car ton texte est riche d'expressions et parce que tu as tellement bien illustré le malaise de la différence.
Bravo
Bonne journée
Christophe

 
Galatea belga
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Mon rêve est la réalité banale d'un autre-Galatea-
   
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17 août
  Publié: 20 mai à 01:46 Citer     Aller en bas de page

l était passager, il était en été un singe comme en hiver, un petit capucin qui avait froid et faim.
Il jouait les vivants, debout devant la glace, un grand miroir brisé, un grand miroir sans tain, il imitait les gestes, la marche des passants et leurs visages sereins dans leurs habits bien blancs.

Il se désespérait, forçait toujours le trait, n'étant pas dans la ligne, marchant tout de travers, comme le crabe-tambour, comme un chat de bitume, là au milieu des chiens dressés pour aboyer, pour chasser les intrus et puis donner la patte contre un peu de pitance et une récompense.

C'était peine perdue, il n'y arrivait pas, il était étranger à toutes ces grimaces, à toutes ces manières pour être dans le lot des "normaux" anormaux, des joyeux abrutis qui hochent toujours la tête, qui ne disent pas non et qui ne voient jamais au-delà du chapeau qu'ils arborent fièrement pour planquer leur cerveau.

Quand on a dans le corps des fils de barbelés et que c'est "va ou meurt", et que c'est "cours ou crève", sous la chape de chaleur des tempêtes assassines, on ne marche pas droit.

Quand on a des épines tel le hérisson, on ne fait pas semblant, ça vous pique la peau.


J'ai aimé cet image dans le miroir sans tain.
Malgré tout.
Vivement les grains de sarrasins dans la blondeur des champs !



lilia






  Si visi amari, ama.Le Prince ...oh le Prince...
marchepascal Cet utilisateur est un membre privilège


Le monde est en nous sommes le monde
   
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16 août
  Publié: 24 mai à 10:46 Citer     Aller en bas de page

Une nouvelle histoire bien heureuse de t’avoir rencontré...
Nous lisons et découvrons la pudeur de tes mots, la couleur, les dénivelés aussi🙂 car nous voyageons avec toi
Merci Riagal, la poussière sur ma veste me plaît, baroudeur l'on devient à te lire... Ta main stp, le souffle me manque !
Ici la lumière est si intense !

Marché









    Le temps comme le vent passe et ne s’arrête jamais!!!
Shovnigorath  Cet utilisateur est un membre privilège


Il y a l’ocean dans chaque goutte d’eau, Il y a un roman dans chacun de tes mots. Shovnigorath
   
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16 août
  Publié: 27 mai à 06:03 Citer     Aller en bas de page

C’est tout simplement FORT et très émouvant !!!!!!
J’ai tout aimé avec une attirance particulière pour les deux dernières strophes.

Merci Riaga


Sylvain

  Sylvain Vous souhaite la bienvenue et une agréable lecture
Le Poète Masqué


Bonjour/bonsoir chers amis. Merci de votre présence sur mon profil !
   
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  Publié: 29 mai à 10:35
Modifié:  29 mai à 10:36 par Le Poète Masqué
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Un magnifique symbole que ce petit capucin :
une sorte de paria sympathique que l'on s'efforce néanmoins de refluer vers la jungle, d'après les dires de monsieur Gabin.

Tu es parti de cette idée pour nous offrir un poème d'une grande profondeur, en précisant clairement que tu es en quelque sorte ce petit singe.

Cela m'incite à revoir "Un singe en hiver", que j'ai vu il y a très longtemps.


Et bravo pour ce poème original, non dénué d'une grande beauté !


Amitiés

  Vous pouvez prendre connaissance de mon système de versification, si vous le souhaitez (système personnel qui s'écarte des règles purement classiques).
M@rselO


“ Les lèvres de la sagesse sont closes, excepté aux oreilles de la raison „ — H. Trismégiste
   
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17 août
  Publié: 29 mai à 16:25 Citer     Aller en bas de page

Salut Riaga,

je l'avais posté il y a peu, mais je ne sais où, sur un sujet apparenté..

Donc, pour le plaisir :
L'imprévu

Amitiés

  M@rs
M@rselO


“ Les lèvres de la sagesse sont closes, excepté aux oreilles de la raison „ — H. Trismégiste
   
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17 août
  Publié: 30 mai à 03:08 Citer     Aller en bas de page

J'ai retrouvé la mémoire, mais ne peux ici indiquer le lien (artung !)
C'est donc "Le songe en hiver" de notre Ami Shovni....

  M@rs
RiagalenArtem


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2 août
  Publié: 26 juil à 05:50 Citer     Aller en bas de page

Un Big spassibo à tous : (ds le désordre) : Mido, Marché, Cat, Jiçé, Jean-louis, Lilia, Christophe, Sylvain, M@rselO (merci pour les liens même si je connais les scènes par coeur : -)), Le Poète M....pour chacune de vos réactions et de votre présence.

Une p'tite explication : je n'ai pas calqué ce texte sur le film, c'est l'inverse....(je l'avais vu en cinémathèque et je le trouve d'un modernisme de "ouf" ( rébellion oblige et là, il est en avance ou plus d'actualité, c'est selon) avec ses scènes cultes ...entre autres, la "motomachie" de Belmondo....et puis, tte cette insolence...et une tristesse sous-jacente et pudique que le vin n'apaise pas ou si peu...).

Bref, oui, c'est bien moi, ce capucin qui "tape du pied" ; -), et l'extrait mis comme un "rappel" se réfère à la fin du film...un moment de grâce....c'est pour ça que je l'ai choisi.
(slt je suis un capucin des neiges et d'océan...d'ailleurs je m'attarde pas trop, ça "brûle" de trop...)
Amitiés...
Paka !

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