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LPDP :: Poèmes loufoques :: Lettre d'un homme du monde à son libérateur - Satire 6 Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Charlentoine

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12 décembre
  Publié: 26 déc 2017 à 10:34
Modifié:  27 févr à 10:36 par Charlentoine
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Lettre d'un homme du monde à son libérateur

de France, au lendemain de la 2e guerre mondiale.


Très cher et vieil ami de la grande Amérique,

Vous vîntes récemment, d’un élan historique,
Nous sortir d’un bourbier pénible et insultant,
Et nous rendre l’honneur et nous faire content,
En débusquant l’intrus installé sur nos terres :
Aussi, de vous aimer je ne fais pas mystère.
Soyez remercié, fier Libérateur :
Jusqu’à la fin des temps, je vous suis serviteur !

Pour ce faire, pourtant, vous fîtes grands dommages,
Collatéralement, des dégâts à la marge
Qui sont comme cheveux au revers du veston…
Comme du pain béni pour le qu’en-dira-t-on !
Pour le dire autrement : je crains pour votre image
De peuple lumineux, aussi puissant que sage !
La vindicte parfois s’attarde à des détails,
Qu’elle agite partout comme un épouvantail !

Ainsi, sans prévenir, du ciel vous bombardâtes !
Sur Le Havre, Rouen, sur Lisieux la Béate,
Et sur Caen et ailleurs ; vous rasâtes souvent,
Au point qu’on se sait plus comment c’était avant !
Bien sûr, il s’agissait de chasser la vermine
Qui mangeait nos poulets, nos œufs, notre farine,
Et se donnait des airs de se sentir chez soi,
En s’adressant à nous dans un mauvais françois !
Mais je ne suis pas loin de penser, tout de même,
Que dans les gros avions frappés de votre emblème,
On a pu quelquefois y placer des lourdauds
Confondant le précis et le grosso-modo !
Vous rasâtes, mon cher, des maisons, des étables ;
Et plus que l’Allemand, tous nos amis ensemble
Vous fîtes tant de trous et tant d'embrasements,
Que d’aucuns ont montré un peu d'agacement !

C’est en toute amitié qu’ici je vous gourmande,
Car il n’est point de jour que quelqu’un me demande,
Des nouvelles de vous et de votre santé
Et de tous vos amis et de leur parenté !

Mais je voudrais encor évoquer une chose,
Une rumeur ici qui ne fait nulle pause :
Vous violâtes, dit-on, trois mille cinq cents fois !
Pourquoi cette poussée ? A quoi tient cet exploit ?
D’où tenez-vous si bien cette idée imbécile
Que les femmes d’ici ne seraient que faciles ?
A bien vous éduquer l'on a mis de l'ardeur,
Et vos mœurs sont bornées par d'austères pasteurs,
Alors quoi ! Le grand air de nos plages normandes
Aura surexcité vos trop sensibles glandes ?
Ou peut-être est-ce encor notre publicité,
Qui nous veut tous portés à la lubricité,
A l'amour que l'on fait sans trop de formalisme,
Avant de retourner au vice d’alcoolisme !
Et vous vous êtes dit qu’un peu de chocolat,
Quelques bas de nylon et du coca-cola,
Devraient bien - au pays du fromage à la louche -
Décider les faveurs de femmes peu farouches !

Le barbare vainqueur sait agir à propos,
Et n’a point le tracas d'honorer un drapeau :
Il se sert au pommier lorsqu’il veut une pomme
Et n’a d’autre souci que son plaisir, en somme !
Mais d’un soldat ami… d’un fils de Benjamin…
Qu’on appelle au secours pour vous donner la main :
La souillure nous est aussi de la souffrance,
Qui ne se résout pas à la loi du silence !
Nous sommes dans le temps du souvenir vivant,
Qui s’accommode mal d’état d’âme savant,
Et ne veut retenir, dans toutes les prières,
Que la mort et le sang et le feu de la guerre !
Pourtant il faudra bien voir une autre douleur,
La nommer au grand jour, sans esprit querelleur,
Si nous voulons demain regarder la Bannière,
Sans étoiles salies d’une triste manière !

Mais me voici bien grave et sans urbanité :
Je vous sais gré vraiment de toutes vos bontés,
De ce beurre et ce blé que vous nous envoyâtes
Dans de jolis colis, avec du riz, des pâtes.

A vous revoir l’ami, puisqu’il faut oublier
Tous ces mauvais moments proches d’humilier !

  Vive la poésie et le canon de 75
Jean-Louis


J'ai défait la solitude. Il n'y a pas de chevet où je ne puisse m'asseoir. Andrée Chedid
   
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14 décembre
  Publié: 26 déc 2017 à 13:23
Modifié:  26 déc 2017 à 13:27 par Jean-Louis
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Bonsoir,
Dans la catégorie loufoque (antiphrase, hyperbole, litote..) peut-être.mais que dire de ce texte si dense ! Sur le fond vous avez raison: plus de 20.000 civils furent tués, quant aux viols ce chiffre de 3.500 ne tient pas compte de toutes ces malheureuses femmes qui n'osèrent jamais parler...
Sur la forme; d'évidentes grandes qualités de style et de composition, c'est sûr...

Amicalement
jlouis

  Poésie, la vie entière (ex ULM47)
Maschoune

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Je voudrais tout savoir pour pouvoir tout t'apprendre et tout avoir pour pouvoir tout te donner-Brel
   
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  Publié: 26 déc 2017 à 13:49 Citer     Aller en bas de page

Voilà un texte qui aurait pu ne pas être placé dans la catégorie des loufoques tant ce qui y est dit ne l'est pas (je ne sais pas si ma phrase est très claire ).

Il y aurait matière à échanger sur le sujet évoqué, mais ce site n'est pas l'endroit idéal pour le faire ...

Je veux juste apporter une anecdote à ce sujet :
"Mon père, soldat mobilisé lors de la 2e guerre mondiale, a été fait prisonnier avec son unité dans les Vosges et a "terminé" la guerre comme prisonnier de guerre en Allemagne, à Nuremberg notamment. Il m'a raconté que, à la libération du "camp" où il était prisonnier et alors que les Allemands avaient déserté les lieux à l'annonce de l'arrivée imminente des "libérateurs d'outre-atlantique", les Américains libérateurs ne se sont pas forcément bien comportés avec les soldats qu'ils libéraient ...".

Voilà c'est tout ce que je voulais dire, et je précise que je ne porte là aucun jugement

  ISABELLE
Charlentoine

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12 décembre
  Publié: 27 déc 2017 à 03:48
Modifié:  27 déc 2017 à 03:51 par Charlentoine
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Je touche là, j’en suis bien conscient, à un sujet sensible qui, sur le fond, n’a pas sa place dans la rubrique « loufoque » ; une rubrique « satire » aurait été, pour le coup, plus appropriée. Le problème des viols à la Libération (c’est véritablement le cœur de ma satire, le reste n’est que secondaire) et le silence diplomatique autour m’ont toujours provoqué un profond malaise. La satire me permet, ici, par l’ironie grinçante, de vider mon sac sans m’énerver tout rouge. Pas facile ! Le viol est malheureusement monnaie courante dans beaucoup de conflits, mais ce qui est particulièrement insupportable dans ce cas, c’est qu’il s’agit d’un pays ami qui vient à priori pour nous aider et non pour nous salir ! La poésie, c’est aussi dire l’inacceptable.

  Vive la poésie et le canon de 75
Didier
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  Publié: 27 déc 2017 à 10:26
Modifié:  27 déc 2017 à 10:38 par Didier
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Transformer les exactions commises en tant de guerre par quelques-uns en un procès contre une nation, ne me semble pas une démarche sans intentions cachées, d’autant plus que les Etats-Unis ont sévèrement poursuivi et condamné les auteurs. Je tiens même à souligner que ce pays est l'un des exemples à suivre dans le domaine. A titre de comparaison, la Russie sur la même période dépasse le million de viols, la plus part des coupables n’ayant jamais été inquiétés.


 
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Il suffit d'oser ! (photo d'un poème d'Apollinaire, Tout terriblement)
   
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  Publié: 3 jan à 18:28 Citer     Aller en bas de page

Les américains, force d'occupation, ont réquisitionné la propriété des grands-parents maternels de ma femme (allemande) pendant 6 mois, jusqu'au début de 46. Ils se sont très bien comportés. Il faut dire que c'étaient des hauts gradés. Ils n'ont rien emporté, même pas une bouteille de bière.

Je veux bien croire que les américains n'étaient pas tous des anges. Des pas-anges, il y en a dans tous les pays. Tous les américains ne sont pas religieux.

Quant aux Russes... eh bien ! ils se sont comportés en Russes.Plusieurs viols du côté des grands-parents paternels de ma femme en Poméranie. Et des bombardements de colonnes de réfugiés civils qui quittaient la Prusse.

Au passage, la ville de ma femme, Pforzheim, a été intégralement détruite le 23 février 1945 par l'aviation... british. C'est le cas de Lorient, que je sache.

Une chose est certaine, il vaut mieux éviter les guerres. Et pour ce faire, une seule solution : ne pas les commencer.

Beau texte.

Bizzz JB

  La vie commence à chaque instant.
Charlentoine

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12 décembre
  Publié: 5 jan à 11:46 Citer     Aller en bas de page

Ce sujet, je le vois bien, à une résonance particulière pour certains, que je respecte profondément. Merci à ceux-ci d'avoir pris le temps d'un commentaire argumenté. Ainsi, nous aurons eu, vous et moi, l'opportunité de remettre un instant en exergue cette déplorable déviance observable dans quasiment tous les conflits. Amicalement.

  Vive la poésie et le canon de 75
Le Poète Masqué


Bonjour/bonsoir chers amis. Merci de votre présence sur mon profil !
   
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19 août
  Publié: 1er juin à 13:31 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Charlentoine,

Je suis non seulement impressionné par votre écriture impeccable, mais aussi par le sens des propos. On observe en effet des débordements effroyables au cours d'un conflit ; ce n'est pas très glorieux ; vous nous le rappelez en cette satire étonnante, qui nous informe de ces faits.

(Je suis venu lire ce poème après avoir lu votre dernier, qui m'a incité à découvrir votre poésie.)


Amitiés




  Vous pouvez prendre connaissance de mon système de versification, si vous le souhaitez (système personnel qui s'écarte des règles purement classiques).
Charlentoine

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12 décembre
  Publié: 6 juin à 05:49 Citer     Aller en bas de page

Merci de vous intéresser à ma poésie. Je reste sur un registre plutôt classique (avec quelques libertés) ce qui, il faut bien le reconnaitre, ne se voit plus que chez quelques dinosaures !

  Vive la poésie et le canon de 75
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