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LPDP :: Nouvelles littéraires :: Engrenages - Partie 1, Chapitre Deux (3/3) Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Tilou8897

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La vie n'a de sens que celui qu'on lui donne
   
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  Publié: 23 août 2007 à 15:09
Modifié:  20 juil 2010 à 15:50 par Lunastrelle
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Engrenages




Partie 1


Chapitre 2


[...]

Journal d'Alexandre, non daté


Les soirées chez Camille ont un charme qui n'est pas reproductible ailleurs. Je ne me fais aucune illusion quant à ce qui me pousse à croire cela. Je sais que le simple fait de parler de Camille est chez moi un signe positif. Même si cela ne s'avère pas vrai dans la réalité, je me borne à le croire et c'est certainement mieux ainsi.

Camille s'est installée confortablement au fond du canapé et a sorti une cigarette de sa poche. Elle l'a allumée.

"Vous ne parlez pas beaucoup." a-t-elle dit.

"On n'a peut-être pas rien à dire…" a répondu Samuel sèchement.

On sentait dans son ton une certaine méchanceté. Je ne savais pas vraiment s'il fallait prendre la chose au premier ou au second degré. Mais Camille ne s'est pas démontée. Elle a tout de suite lancé :

"Ah oui… Cela m'étonnerait. Il y a une citation de je ne sais plus qui, qui dit : Il n'est pas un silence qui n'attire quelque commentaire…"

"Et tu te charges de rendre vraie cette phrase en disant n'importe quoi ?"

"Charmant…"

J'ai souri à cette réflexion en pensant que c'était principalement Samuel et Camille qui se donnaient en spectacle entre nous. Ils avaient un talent certain pour donner du piment au banal dialogue que l'on peut avoir au quotidien. Le plus difficile était de savoir s'ils plaisantaient entre eux ou s'ils se détestaient vraiment. Je crois que ni Laurie, ni Sibylle n'auraient pu affirmer ni l'un ni l'autre.

"C'est une question !" a renchéri Samuel.

"Ah !… et bien, je vais te répondre que le silence entre plusieurs personnes est signe qu'elles sont angoissées parce qu'elles appréhendent l'inconnu."

"Moi, je ne crois pas, tu vois ? Je pense qu'elles attendent de connaître, de voir vivre cet inconnu. Simple question de ne pas imposer leur présence dans une situation où elles seraient hors de contexte."

"C'est un point de vue…" a dit Camille d'un ton qui laissait grandement douter qu'elle se rangeait à l'avis de Samuel.

"Je trouve que tu parles bien, comme un livre…" a-t-elle continué.

"Je lis."

"Tout le monde ne lit pas… Alexandre, tu lis, toi ?"

J'ai relevé la tête.

"Tu sais bien que non. Je m'endors au bout de deux lignes…"

"C'est quoi aussi ce que vous appelez lire ?" a dit Sibylle qui tentait maladroitement de faire de l'esprit.

"Si c'est lire des revues, des magazines ou bien lire des trucs compliqués, techniques…"

Et puis elle a haussé les épaules.

"Samuel ?…" a interrompu Camille.

"Lire des livres, des magazines, peu importe. Chacun peut trouver son contentement dans l'un ou dans l'autre. On peut lire de tout, des romans, des revues de cinéma, de voile et je ne sais quoi encore. Pour ma part, Sibylle le sait, je suis plus penché sur la poésie…"

Contre toute attente, c'est Laurie qui a enchaîné.

"Tu lis de la poésie ? Quel genre ?"

Alors qu'elle semblait s'être détachée complètement de la conversation (Don Quichotte au beau milieu de Guerre et Paix de Tolstoï), elle mettait les pieds dans le plat avec un intérêt certain pour la réponse à sa question.


* * *


Journal de Samuel, non daté


Amitié ou amour : où est la frontière ? Depuis longtemps, je cherche ce qui permet aux autres de faire la distinction mais moi tout seul, je n'y arrive pas. Je ne peux pas tout vous raconter dans le détail à moins de reprendre page après page, mon journal. Je ne peux pas vous raconter tous les moments de bonheur, toutes les péripéties un peu plus désagréables que cette particularité m'a fait vivre, mais je peux vous dire, en revanche et en toute sincérité, que c'est certainement mieux ainsi. En réalité, j'ai été à la fois le plus heureux et le plus malheureux des hommes, d'une part parce que j'ai aimé d'amour plus de personnes que n'importe qui, d'autre part, parce que j'ai détesté ces mêmes gens parce qu'elles étaient inaccessibles ou trop ordinaires.

A mesure que le temps passe, je m'aperçois que je me suis monté un monde de chimères pour remplacer le lot quotidien d'apathies, de contrariétés. Chaque fois que j'ai dit ou fait quelque chose pour quelqu'un, celui-ci a pu se dire que je l'ai dit ou fait sincèrement. Toutes les autres fois où j'ai pu être blessant, corrosif, il faut qu'il me pardonne car c'était un geste de défense. C'est une réaction puérile, certes, mais elle n'a pas la même valeur qu'une vraie attaque empreinte de méchanceté. Je me plais souvent à dire que je ne suis pas méchant mais cruel, car la cruauté, dans mon esprit, est rattachée à quelque chose d'intelligent ce qui n'est pas le cas autrement.

Mais la plupart du temps, ce ne sont pas les gens qui sont cruels mais les circonstances. Je me rappelle d'une fin d'après-midi au lycée, dans la salle de détente où il y avait un baby-foot et un piano. Un regard oblique plein d'intensité, un sourcil arqué. Ce sont les premières choses que j'ai croisées du regard avec cette fille au calme inscrit sur son visage souligné par la délicatesse et le velours rosé de ses pommettes. Ce sont des détails qui ne m'échappent pas car l'on est souvent coupé de ces sensations au lycée, plongé dans un univers où la brutalité représente quasiment, l'unique mode d'expression.

J'essayais d'aligner quelques notes sur le piano qui les laissait muettes, ou les jouaient fausses. J'ai entendu Jeanne arriver derrière moi.

"Tu sais, tu ne devrais pas écrire des choses si tristes."

Au début, je n'ai pas compris de quoi elle me parlait. Ensuite je me suis souvenu du texte sorti de mes fonds de tiroirs que j'avais donné à Camille pour le publier dans le journal du lycée spécial littérature.

"Tu sais, le texte a plus de deux ans : c'est du passé."

Je l'ai sentie derrière moi, tout près. Je l'ai attirée contre mon dos. J'ai entouré ses jambes de mes bras. Elle s'est penchée et je lui ai soufflé :

"Je n'aurais peut-être pas dû, cette semaine…"

"Non…"

"Je suis avec toi… Si tu as quelque chose à dire, tu me le dis… Ne garde pas tout pour toi…"

Elle avait sa joue collée contre la mienne. Elle tremblait comme une feuille. J'ai appris plus tard, en fin de semaine, quand je l'ai trouvée en larmes assise sur les marches du lycée, que son petit ami était parti à l'armée, en Allemagne. Je vis sur une nostalgie permanente. Cette fille aux cheveux châtains qui, de ses doigts fragiles, chassait les mèches qui la gênait, m'a fait remonter en moi (et pour elle, le sentiment était identique), le besoin de tendresse élémentaire. Et c'est là que les choses de la vie sont cruelles car, ni elle, ni moi ne nous sommes fait d'illusion quant à cet instant qui nous avait rapprochés.





Tilou

(à suivre)

  Elle me dit que mes guerres sont des fleurs fanées et qu'il reste une terre pour l'aimer ici bas
aristide

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  Publié: 23 août 2007 à 15:45 Citer     Aller en bas de page

je me régale toujours autant, merci pour ce texte ...

 
Lunastrelle Cet utilisateur est un membre privilège



A chaque souffle s'accorde un vagabond
   
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19 août
  Publié: 24 août 2007 à 16:11 Citer     Aller en bas de page

J'attends la suite....

Grrr tu m'as laissé sur ma fin, pourquoi c'est déjà fini?????


  Je suis comme ce temps que l'on ne remonte pas : décalée et détraquée.
Billie


Ma bouteille à l'amer, je la vide, néant inné d'idées perdues en mer...
   
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17 septembre
  Publié: 24 août 2007 à 19:26 Citer     Aller en bas de page

Je voulais tout lire avant de mettre un commentaire...
J'attends la suite avec impatience...
Très bien raconté...



Billie

  CAUSTiQUE
Tilou8897

Administrateur


La vie n'a de sens que celui qu'on lui donne
   
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12 septembre
  Publié: 25 août 2007 à 15:36 Citer     Aller en bas de page


Merci à vous trois... Heureux que vous suiviez l'avancée du récit comme cela...

Mais c'est loin d'être terminé.... C'est juste ça que je peux vous dire...


En tout cas ça m'encourage à reprendre ce "vieux" roman et à le corriger vraiment pour en faire un récit.. plus cohérent

Amicalement,


Tilou

  Elle me dit que mes guerres sont des fleurs fanées et qu'il reste une terre pour l'aimer ici bas
strange


parce que quoi qu'il arrive j'aurais toujours des ennemies
   
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  Publié: 31 oct 2007 à 04:04 Citer     Aller en bas de page

Un vraie délice ton roman.

Amicalement
Strange.

  QUAND LE MYTHE DEVIENT REALITEE
opium
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20 février
  Publié: 5 févr 2009 à 17:51 Citer     Aller en bas de page

Bon, ,j'avance pas bien vite mais je suis toujours là...
Je trouve sympa de découvrir tes personnages.
A plus tard...

Sophie

 
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