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Jacques-Marie JAHEL
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Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à vous. Albert Camus
   
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  Publié: 12 févr 2017 à 10:55
Modifié:  12 févr 2017 à 11:34 par Jacques-Marie JAHEL
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PASTORALE


Pièce en cinq tableaux


Personnages


L’Homme
Premier récitant
Deuxième récitant
Les pierres
La conscience de l’Homme
L’ornière du chemin
Les bergeries en ruine
Les herbes hautes
La source
Le hameau (abandonné)
L’Ancêtre de la forêt (Un frêne séculaire)
Le chœur des récitants



TABLEAU I

Ayant fui l’Hydre urbaine tentaculaire, tel un paria échappé de sa geôle, l’Homme marche dans une nature sauvage de moyenne altitude aux collines boisées de chênes verts. Par endroits de chauves mamelons apparaissent. Des éboulis de pierrailles coulent dans des combes.
L’Homme parle :

L’HOMME

J’ai transporté mon corps au-delà de sa déraison.
Je suis venu dans cette région de collines,
De bois et d’eau pour y laver une blessure
Aussi vieille que le temps. Avec des ruines,
Pierre à pierre, j’ai bâti un mur des lamentations.
Puis j’ai joué de la crécelle à en broyer l’azur.

PREMIER RECITANT

Il n’y a plus d’êtres en mal de vie
Dans ces lieux de grande sauvagerie
Atténués par les amas épars d’antiques bergeries.
Ici, les êtres ont fait le saut,
Par-dessus les collines, pour une transhumance
Vers des alpages de bitume rance.

DEUXIEME RECITANT

Sur les décombres croît la vipérine vulgaire,
Et l’ortie rouge bouge au grand soleil,
Trompeuse.
Et la chaleur qui point n’est qu’un bourdonnement
De mouches agaçantes et d’abeilles
Anxieuses.

TROISIEME RECITANT

Le pas de l’Homme sonne sur les pierres,
Comme un pas de mulet gravissant les sentiers,
Tout chargé du gros poids de sa misère.



TABLEAU II

Ancestral souvenir, la nature s’éveille aux bruits des pas sur la rocaille. L’on sent dans l’allure une peine insondable.
Les éléments composant cette chère nature, un à un, mettent l’Homme en confiance, le rassurent.
D’abord les pierres parlent.

LES PIERRES

Nous qui, dans les premiers matins du monde,
Après être sorties du ventre chaud de la terre,
Avons connu, au bord des éboulis, le passage des hardes ;
Nous qui avons donné, à l’Homme naissant, l’arme de silex
Issue de nos veines saillantes, afin qu’il dominât sur elles ;
Nous qui lui avons donné l’abri et la première étincelle,
Nous nous sommes faites les servantes de sa main isocèle
Qui sut deviner en nous les formes complexes.

Puis les temps ont changé que l’on crût éternels
Et l’Homme millénaire est devenu servile,
Abandonnant nos formes pour les produits des villes.

Nonobstant, nous continuâmes,
Stoïques sentinelles,
De nos arêtes vives telles des lames,
A taillader les vents dans le silence originel.

Après bien des décades,
Après bien des saisons et des lunes maussades,
Nous avons reconnu les saccades
De ton pas de mulet,
Tout chargé du gros poids de sa misère.
Homme, te voici revenu aux lieux de ta naissance
Après une longue et hasardeuse transhumance.

L’HOMME

Pierres des éboulis, pierres en strates et silex,
Marnes et autres pierres aux fossiles de murex ;
Pages figées mais vivantes de l’atlas du monde,
Ne vous méprenez pas sur le temps qui s’écoule ;
Ne jugez pas l’Homme dont le sort n’est pas
De rester figé. L’Homme est un torrent qui roule
Sur des lits de galets.
Dans les gorges ombreuses et dantesques
Des origines, d’autres eaux ont creusé ses chemins
Afin qu’il s’évadât et connut d’autres fresques.
Pareil aux abeilles ouvrières il a construit ses ruches
Et parcouru le monde tout semé de terribles embûches.
Sous des soleils mutants et la clarté des lunes,
Contrairement à vous qui restez éternelles sur vos bases établies,
L’Homme dans son vieil âge, après tant d’infortunes,
Acquiert la certitude qu’il n’est de meilleur lieu que le pays natal.

LES PIERRES

Mais alors, Homme, qui es-tu ?

L’HOMME

Je suis la gloire vaincue ; le repos harassé.
Je suis ce grand guerrier au courage terrassé par la noirceur funeste
D’un cœur empli de courroux et de haine et dont la geste
N’est qu’un fredon lointain parmi les trépassés.

LES PIERRES

Encore, qui es-tu ?

L’HOMME

Je suis de ceux qui ont franchi les lignes
Avec un simple sac de toile sur le dos.
J’appartiens à ces gens qui ont cru au bonheur
En transportant ailleurs un peu de leurs racines
Sans savoir qu’ils trainaient avec eux toute leur misère ;
A ces terriens sans foi qui ont vendu leurs mains
Pour assurer l’égoïste confort de leur chair.

LES PIERRES

Tu t’es ressouvenu du lieu de ta naissance,
N’est-ce pas un bien, une large suffisance.
Les vertus de l’Homme sont dans la quintessence.

Féales, nous abritons des mondes en miniature ;
Cavernes de schiste et grottes de silice
Où nos sens exilés dans ces architectures
Perçoivent sans faillir les cœurs et leurs auspices.

L’HOMME

Si vous avez raison, nous le saurons bientôt,
Mais laissez-moi, encore, dévider mon amertume
De l’écheveau de vie qui s’étiole et se consume.

Le cuir du soulier est-il préférable au bois du sabot ?
J’ai cru cela un jour, cru aussi que l’araire
Qui creuse les sillons dans les travaux agraires
N’était pas l’instrument de mon itinéraire.
Et je n’ai pas suivi les traces de mon père.
J’ai remisé l’outil et son soc d’acier
Luisant comme une écaille bleue de glacier,
Et je me suis offert à l’Hydre Tentaculaire.

LA CONSCIENCE DE L’HOMME

Quelle que soit ta douleur il te faut réagir.
Ne laisse pas ton âme s’alentir.

L’ORNIERE DU CHEMIN

HOMME !...

L’HOMME (surpris)

Qui parle ?

L’ORNIERE DU CHEMIN

C’est moi !...l’ornière
Que tu suis depuis le bas du chemin.
J’ai tout entendu de ta conversation,
Mais toi tu n’as pas même prêté attention
Quand ton pied mordit à ma lèvre de terre.
Je suis née du charroi des grumes forestières,
Tandis que les verts tombereaux grinçaient dans la poussière.
Tu ne m’as pas connue, à cette époque ancienne,
Car la glaise de tes os était jointe à la mienne.
Tu n’avais point de nom et n’étais rien encore,
Que je savais déjà la forme de tes mains.

L’HOMME
(regardant ses mains)

J’ai humilié mes mains en les dérobant
A leur réalité. Il m’a fallu vieillir
Pour comprendre combien elles avaient raison.
O mes mains ! de boue séchée qui craquèle
Dans une ornière marquée d’empreintes
De roues et du pied des chevaux qui dorment dans les granges,
Je n’ai su lire que tard l’écriture de vos phalanges.

L’ORNIERE DU CHEMIN

Et encore ?

L’HOMME

Je vous ai arrachées au culte de la terre
Et vous ai imposé le culte des totems
De la civilisation. Puis je vous ai niées.
Puis j’ai haï la grossière conformité
De votre plastique terrienne. O mes mains !
Demeurez-moi fidèles comme deux petits chiens.

LA CONSCIENCE DE L’HOMME

La lourde et robuste écriture de ton corps,
Elle est là, inscrite dans la moelle de tes os
Comme la blanche vouivre de l’eau.


TABLEAU III


L’Homme marche déséquilibré parfois par la pierraille. Soudain, avisant une sente, bifurque sur la droite.
C’est un sentier de chèvres bordé de mûriers, de fougères géantes, de groseilliers des rochers aux grappes retombantes. Il y a des trous d’ombre et de lumière. On est comme dans de l’eau.
Le sentier débouche sur un plateau ou l’éclat vibrant de l’air incise le dessous des paupières.

PREMIER RECITANT

La terre de nouveau fait éclater son ventre,
Libère ses instincts primitifs au cœur de ses antres.
Et c’est un fouillis de lierres qui se cramponnent et rampent
Sur les pierres branlantes et verdies;
Un fouillis d’herbes emmêlées et de ronces fleuries.

DEUXIEME RECITANT

Au creux de noires ravines pourrissent des troncs
Mangés par les orages, et dans leurs moelles mortes
Dansent des légions étranges de cloportes.

TROISIEME RECITANT

Les marteaux du soleil battent l’enclume des collines,
Et la lumière sonne aux murets de pierrailles.
Des chênes rabougris ont recouvert les drailles
Et leur verte toison moutonne comme un troupeau dense
Qui, jadis, empruntait ces espaces de transhumance.
Et l’on entend, au loin, pour toute causerie,
Les lamentations des vieilles bergeries.

LES BERGERIES EN RUINE

Ah ! Où sont nos fiers troupeaux endormis sur la paille
Qui, dès le matin, en passant les portails,
Sur nos seuils usés agitaient leurs sonnailles ?
Où sont nos chers troupeaux qui s’égaillaient,
Bêlant, sur l’herbe séchée des prés d’alentour ?
Ah ! que nous aimions tant les heures chaudes du jour
Tant, que nos murs de granit suaient des gouttes noires.
Hélas ! Nous ne sommes plus qu’ossements blanchis
Dans des sépulcres d’herbes hautes sur les promontoires.
Nous ne connaîtrons plus, quand les brebis baillaient
Dans le soleil couchant, aux portes des bercails,
Les longs étirements de leurs ombres solennelles.

LES HERBES HAUTES

Homme repose-toi de la noire chaleur !
Nous te ferons un nid d’ombre et de fraîcheur.

L’HOMME

Il m’est un souvenir qui me mange le cœur et m’ulcère.
Herbes, faites-moi une couche qui apaisera ma peine !

Sur vos nuques penchées à la courbure légère,
Je promène ma main en tactiles baisers
Et, du bout de mes doigts, j’égraine
Des chapelets d’ex-voto anathèmes.

Herbes faites-moi un reposoir
Pour calmer ma douleur qui est noire !

PREMIER RECITANT

Les vignes vierges démantèlent les pierres.
Dans l’emplacement des caves, les vipères
à terme baillent de douleur. Et les enfants,
déjà, cherchent à mordre la lumière.

DEUXIEME RECITANT

Sur un pierrier brûlant passe un lézard vert
Qui jette dans sa course des éclats d’angélique.
Les insectes coupables, dans l’épaisseur de l’air
Qui accable, invisibles, disent des confiteor
Et la guêpe noire enfile ses bagues d’or.

TROISIEME RECITANT

Au pied d’un pin noueux, dans la nuit d’une grotte,
Une source grelotte.

LA SOURCE

Je fis naître le hameau.
Le hameau, de ton père,
Aujourd’hui si désert !


LE HAMEAU (abandonné)

O source ! Tu me donnas la vie sur des fonts de grès rose
Lorsque ton eau chantait le baptême des jours.
Je fus un paisible hameau dont la vie, héritée
Des travaux agricoles, coulait en chaque logis
Comme une provende de bienfaits et de modestie.

Puis les familles se sont défaites.
Plus de feux de la Saint-Jean. Plus de fêtes.
Plus de troupeaux. Plus de bêtes.

Les ans aux ans ajoutés, de marbrures licheneuses
Ont couvert mon corps d’une cape lépreuse.
Abandonné, vieilli, déshérité
Et, par les pluies et les vents, tourmenté,
J’ai plié le genou sur un sol violenté…
Les fontaines écartelées
Dans le réseau des ronces-barbelés
-Hamas grotesques- se sont tues pour toujours.
Puis la mort a paru, muette, dans l’embrasure
Des portes ouvertes sur le vide des masures,
Jetant aux fondations ses sapes de verdure.

L’HOMME

Ce n’est pas par hasard que je suis revenu.
Ton cri silencieux - ô, hameau - était comme un appel
Que mon âme a perçu au fond de ma mémoire.
Dans la cité profane, je me suis souvenu
Des charmes campagnards au hameau paternel.
O âme des pierres que vous aviez raison !
Inscrits sur les pages de ma mémoire
Qui s’ouvre feuille à feuille tel un ancien grimoire,
S’élèvent des cantiques
De réminiscences montant vers la lumière,
Aux douces voix tragiques.
Etranges psalmodies sous des voûtes de chair.



TABLEAU IV

L’Homme descend dans une combe, parvient à un torrent qui est la vie. Le ciel d’acier trempé tant il faut chaud est une écaille de truite.

PREMIER RECITANT

L’Homme, en contrebas, a franchi le torrent
De galet en galet posés sur le courant.
De l’azur blanc torride, au ciel de l’eau se mire
Et coule dans la combe où la roche transpire.

DEUXIEME RECITANT

Le torrent encaissé en amont dans une gorge obscure
Surgit en cet endroit dans un profond murmure,
Un moment libéré de sa geôle millénaire.
Le tumulte des eaux s’indure autour des pierres
Et luit dans la lumière comme un flot de mercure.

TROISIEME RECITANT

Tandis que l’Homme, ayant franchi les rives, solitaire,
Monte vers la lisière argentée des ramures.

L’ANCETRE DE LA FÔRET
(Un Frêne séculaire à l’envergure immense)

Homme ! au pas trébuchant sur le versant qui grimpe,
Comme un dieu repentant tu reviens vers l’Olympe.

L’HOMME

Oui, honorable Vieillard,
Je suis tel un dieu abattu et cruel
Qui a enfreint les lois du divin rituel,
Et pour avoir osé suis devenu mortel.

Que n’ai-je préféré l’étoile au réverbère,
Son éclat de corne peint en camaïeu
A l’éclat morne et froid d’une autre lumière
Qui plaque ses cristaux sur la vitre des yeux.

L’ANCETRE DE LA FÔRET

Je sais cela !
Le vent m’a rapporté le langage des pierres,
Et tes mornes paroles, ainsi que des oiseaux,
Sont venues se poser sur mes branches faîtières.

L’HOMME

Je…

L’ANCETRE DE LA FÔRET

NON ! Ne dis rien !
Ton cœur s’est souvenu qu’il fut pétri ici parmi les centaurées
Tel un pain de cinq livres à la croûte dorée.
Ce ressouvenir est une repentance -une prière à la nature adressée.

J’ai bien connu tes pères les bergers, lesquels,
Menant paître leurs troupeaux avec leurs chiens fidèles,
A l’heure la plus chaude, marquaient la pause
Sous mes ombrages en voûtes comme des arches.
Ah ! Ces humbles créatures étaient de nobles patriarches.


TABLEAU V


Le jour décroît. Le soleil, moins ardent mais chaud encore, mordore les strates d’une colline dénudée par les vents et les violentes pluies des mauvaises saisons.
L’Homme revigoré par ce sermon et libéré du poids grossier de son égarement, sent son cœur éclater tel un bourgeon printanier ; son âme se fendre et se fendre son ventre par où montent des lierres terrestres qui s’insinuent dans l’écorce brune de sa peau.
L’Homme, les jambes plantées en terre comme deux troncs jumeaux, voit de ses pieds aux orteils tords poindre des racines qui fouissent la terre jusqu’à l’humus primitif du monde.
Dans le feuillage de ses cheveux épars montent des chants d’oiseaux aux vols désordonnés et sa poitrine exhale le grand cri de la vie.

L’HOMME

S’il me fallait, aujourd’hui, délimiter
Le contour de mes actes et de mes pensers,
C’est avec une charrue que je le ferais.
Dans la bonne terre de leur composition,
Je sèmerais les graines d’une tout autre raison
Lucide comme un soleil de moisson.

PREMIER RECITANT

L’Homme en lisière de forêt a taillé un bâton
-Sombre rameau de néflier ou clair surgeon de hêtre-,
Une lourde canne - apanage des bergers.
Puis il est resté là, immobile et digne comme un santon
A méditer peut-être ?
Debout, quittant le noir pays des songes
A l’heure douce du soir quand les ombres s’allongent,
L’Homme a crié, les bras levés dans une invocation,
tel un Moïse inspiré, à en fendre les flots de ses pensers anciens.
L’Homme a crié si fort à tous les échos
Que sur les langues mutilées du crépuscule
S’imprègnent de noirs vols d’oiseaux minuscules.

L’HOMME

O pensers désordonnés de ma raison autrefois chancelante
(Qui blessent l’âme et les sentiments)
Gagnez la terre pour que la terre vous crée.
Que viennent sur vous la nuit d’une autre germination
Rédemptrice de vos égarements.

DEUXIEME RECITANT

Et voici que lève une nouvelle récolte !

TROISIEME RECITANT

Le soleil bascule au carrefour des collines.
Là-bas, dans les lointains, de noirs buissons d’épines
Sur la pourpre des cieux, dessinent des archivoltes.
Dans le temple de la nuit, une main de portor
Allume à l’infini des candélabres d’or.

PREMIER RECITANT

Dans les ravins obscurs glapissent des renards bleus.
Lors, la terre communie.
Lors l’âme de l’Homme à la terre s’unit.

L’HOMME

Enfin, je vis !

LE CHŒUR DES RECITANTS

Felix qui potuit rerum cognoscere causas. (Murmuré) *
Felix qui potuit rerum cognoscere causas. (Plus accentué)
Felix qui potuit rerum cognoscere causas. (A voix forte)


















* Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses (1)

(1) Virgile : Les Géorgiques II-489


 
Varh


la vie, ce rêve réel qui peut se tranformer en cauchemar en gardant les yeux ouverts; je les ferme
   
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  Publié: 12 févr 2017 à 12:19 Citer     Aller en bas de page

Bonsoir,

Je reste sans voix devant la richesse de ce texte... que je ne lirai certainement pas en un seule fois. Je viens juste de terminer le tableau II... Je recommencerai la lecture avant de poursuivre..
Magique écriture... Quel que soit l'endroit vers où notre regard se porte, tous les personnages ont leur importance...

Merci de cette nouvelle facette de votre talent

Mon amitié

V

 
Jacques-Marie JAHEL
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Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à vous. Albert Camus
   
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  Publié: 13 févr 2017 à 06:04 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Varh,

Votre commentaire et vos compliments me touchent.
J'avoue que le texte est dense mais il s'agit d'un retour au pays natal et cet Homme est chargé d'un lourd repentir.

Mes amitiés.
JMJ

 
Jean-Louis


J'ai défait la solitude. Il n'y a pas de chevet où je ne puisse m'asseoir. Andrée Chedid
   
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18 juin
  Publié: 13 févr 2017 à 08:55 Citer     Aller en bas de page

Bonjour,
J'y ai vu également , l'homme laisser derrière lui les brouillards humains et retrouver la paix au sein de la nature où chaque composants, rochers, arbres, plantes, eau ont quelque chose à dire. Un détachement radical soutenu par une écriture au lyrisme tantôt dépouillé, tantôt exalté.
amitiés

  Poésie, la vie entière (ex ULM47)
Jacques-Marie JAHEL
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  Publié: 13 févr 2017 à 13:22 Citer     Aller en bas de page


Bonsoir Jean-Louis,

Tu vois juste en écrivant que cet Homme a laissé derrière lui les brouillards humains; mais aussi, pourrait-on observer, les brumes gris brun des pollutions industrielles; aussi tous les bruits malsains et les maux sordides, figés en nos âmes, tels de noires épines et qui se heurtent en de constants pugilats expiatoires; le combat de nos idées, de nos remords, de nos échecs; de nos haines (?) ,de notre vilénie désapprouvée par lâcheté, souvent. Etc...etc...
Se découvrir tel que l'on est, sans fausse honte, face au miroir est le commencement de la rédemption.

Merci, Jean-Louis pour ta perception philosophique des êtres et des choses.

Très amicalement.
JMJ

 
Varh


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13 juin
  Publié: 14 févr 2017 à 13:49 Citer     Aller en bas de page

Bonsoir Jean-Marie,

superbe!!!....
Le retour au source est souvent bénéfique... Pour qu'une plante malade reparte plus vigoureuse, il est nécessaire de tailler la partie visible et prendre enfin soin des racines...

Merci beaucoup... un vrai plaisir de lecture et de réflexion...

Mon amitié

V

 
Jacques-Marie JAHEL
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  Publié: 15 févr 2017 à 08:36 Citer     Aller en bas de page

Bonjour V,

Merci pour avoir lu mon texte jusqu'au bout et de l'avoir apprécié.
Il est vrai qu'il pourrait-être repris, poncé, limé et voire pourquoi pas développé;
mais j'aime la saillie des mots restés bruts.

Votre réflexion pertinente quant à l'émondage des plantes afin de leur rendre vigueur est une heureuse métaphore. L'homme d'aujourd'hui, comme ceux d'hier aussi, disons simplement l'homme en général a un grand besoin d'être émondé afin de retrouver force en ses racines...

Bien amicalement.
JMJ


 
Le Poète Masqué


Bonjour/bonsoir chers amis. Merci de votre présence sur mon profil !
   
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18 juin
  Publié: 27 févr 2017 à 05:52
Modifié:  27 févr 2017 à 05:54 par Le Poète Masqué
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Bonjour Jahel,

Une pièce sublime qui nous fascine d'un bout à l'autre, jusqu'au cinquième tableau où l'homme retrouve ses racines, se reliant enfin à son moi profond après s'être détaché de la ville qui l'avait dénaturé.

Un dialogue fascinant, en effet, entre toutes ces entités naturelles et l'homme.

Un changement significatif s'accomplit dans l'âme de cet homme au fur et à mesure qu'il reprend contact avec cet univers ancestral.

J'ai beaucoup apprécié le thème ainsi que la présence presque palpable de tous ces éléments naturels...

Merci de nous avoir offert cette merveille !
Et merci de m'avoir invité à la découvrir...

Un coup de coeur !

  Vous pouvez prendre connaissance de mon système de versification, si vous le souhaitez (système personnel qui s'écarte des règles purement classiques).
Jacques-Marie JAHEL
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  Publié: 27 févr 2017 à 07:41 Citer     Aller en bas de page



Bonjour Poète Masqué,

Merci d'avoir pris le temps de lire cette pièce jusqu'au bout. Merci aussi de l'enthousiasme que vous manifestez après cette lecture, merci enfin pour votre analyse et vos commentaires appréciés et appréciables.

Mes sincères amitiés.
JMJ

 
baguette

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  Publié: 17 nov 2017 à 05:10 Citer     Aller en bas de page


Me revoila sur ce texte profond Ami Jahel que je découvre
médusée sur une nature sauvage, mais protectrice devant cet Homme épuisé et malheureux par toutes les iniquités des hommes, et qui revient au Pays natal. Toute la nature est là
dans sa force et sa générosité lui apportant une nouvelle ouverture d'esprit où il retrouve à nouveau l'énergie et la force
de repartir, comme décrit dans le dernier tableau.

Un texte profond, un partage génial qui m'a beaucoup plu dans
ces temps tourmentés que nous vivons actuellement sans
respect pour cette terre qui nous a tout donné.

Merci Ami pour ce partage.

Avec mon amitié.

 
Jacques-Marie JAHEL
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  Publié: 22 nov 2017 à 15:34 Citer     Aller en bas de page

Merci à vous chère baguette pour votre élogieux et néanmoins véridique
commentaire.

Bien amicalement.
JMJ

 
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