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Sucia Sonia


Au royaume des cyclopes les borgnes sont aveugles
   
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  Publié: 21 juin à 02:53
Modifié:  6 juil à 17:29 par Adamantine
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Ce texte est le résultat d'un atelier d'écriture auquel j'ai participé. Je ne sais plus trop comment j'en suis arrivée là mais je me suis bien amusée à l'écrire. Une bonne occasion de repasser par ici pour raconter n'importe quoi.


« - C’est moi, bonjour ! »

Inlassablement, et toutes les dix-huit secondes, Tout-à-coup hurlait sa réplique, litanie entêtante et balafrée, tout écorché vif qu’il était. Tel un diable sortant de sa boîte, il bondissait fortuitement de derrière la dune, flamboyant de tristesse. Le manège se répétait,

«  - C’est moi, bonjour ! »

invariablement, depuis des heures déjà. A chaque nouvelle sortie, il faisait mine d’être un homme neuf, resplendissant, d’un blanc éclatant comme une ampoule au néon. Le soleil luisant qui lui cuisait la peau se reflétait violemment dans ses yeux trop clairs,

«  - C’est moi, bonjour ! »

éblouissant quiconque aurait croisé son regard. Fort heureusement, ou malheureusement d’ailleurs (et ça personne ne pourra jamais le dire) il était seul face à la mer. Il n’y avait que lui sur la dune. Lui, et Jamais-jamais. Impassible, Jamais-jamais le regardait faire,

«  - C’est moi, bonjour ! »

hochant la tête de temps à autre, sans que l’on puisse vraiment savoir ce qu’il pensait de tout ce cirque. Sans un mot ni même un soupir, il considérait en silence l’irrémédiable pénibilité de ses souvenirs. Sa seule certitude résidait dans la possibilité d’une attente,

«  - C’est moi, bonjour ! »

intime et secrète, douloureuse et superbe. Plus d’une fois, il avait voulu se jeter à la mer, comme l’eau dans le sable. Mais il n’en avait rien fait. Il ne pouvait pas abandonner son ami, quand bien même il n’avait jamais su quoi lui répondre. Les vestiges de son

«  - C’est moi, bonjour ! »

existence ne lui étaient d’aucun secours, pas plus que ses moustaches, pourtant toujours impeccablement peignées. Les embruns rougissaient la peau de ses joues creuses tandis que la brise gonflait son ventre cuir. Partout la dune, et nulle-part à la fois. Il

«  - C’est moi, bonjour ! »

devenait à son tour grain de sable, transparent et anguleux. La main droite plongée dans l’entrebâillement de son veston, il regardait au loin le rien qui s’offrait à lui. C’était l’instant présent, humide et circonspect. « As-tu déjà lu Becket ? » finit-il par demander à

«  - C’est moi, bonjour ! »

Tout-à-coup. « Et Ponge ? Connais-tu Francis Ponge ? » Tout-à-coup ne répondait pas à ses questions. Il scandait sa tirade, toutes les dix-huit secondes, voilà tout, ce qui était déjà largement suffisant, la vie étant bien assez compliquée comme ça. Un spectateur

«  - C’est moi, bonjour ! »

extérieur aurait inévitablement conclu à la sensible absurdité de la scène. Pourtant, c’est de cette façon qu’ils communiquaient. Un léger frémissement de narine, un insoupçonnable tressaillement dans la voix de Tout-à-coup contentait Jamais-jamais, et il n’avait

«  - C’est moi, bonjour ! »

pas besoin d’en demander davantage. Il trouvait sa réponse là où d’autres l’auraient pressé de questions. Les deux compères se connaissaient par cœur, dans les moindres détails. C’est d’ailleurs à cela que l’on reconnaît les amitiés profondes, sincères et

«  - C’est moi, bonjour ! »

indescriptibles. Leur intimité reposait sur le postulat, simple et sans détour, que puisqu’ils n’avaient plus besoin de se dire les choses, ils se les répéteraient en boucle, à l’infini. Ils en avaient décidé ainsi, d’un commun accord et sans concertation aucune, un jour de

«  - C’est moi, bonjour ! »

novembre. Jamais-jamais suça longuement la coquille nacrée d’un bulot, puis il le goba tout d’un trait. Le bulot est un animal qui se tient sur un pied ventouse avec lequel il rampe. Quand il sort de sa coquille on aperçoit des petites tentacules positionnées entre ses

«  - C’est moi, bonjour ! »

yeux. Dans son dos il y a un tuyau qui sort, c'est par là qu'il respire. Sa coquille a une forme de cône enroulé et pointu. La coquille du bulot peut aller jusqu'à 15 centimètres. Le plus tenace des bulots peut vivre jusqu'à 10 ans. Sa coquille lui sert d'abri, il peut y

« - C’est moi, bonjour ! »

rentrer et fermer la porte avec un opercule. Tous les organes importants du bulot restent tout le temps dans la coquille, c'est une façon de protéger les parties fragiles. Le bulot est mangé par l'homme et pêché depuis longtemps. La pêche du bulot est

«  - C’est moi, bonjour ! »

réglementée, les pêcheurs doivent avoir une licence et attendre que les bulots atteignent 4,5 cm. On peut pêcher le bulot à marée basse ou en masse avec des casiers. La pêche a lieu la plupart du temps l'hiver. On le trouve principalement dans le nord de

«  - C’est moi, bonjour ! »

l'Atlantique(1). Ce rituel, qu’il accomplissait d’un air sérieux alors que poignaient les premières étoiles, marquait d’un long trait de bave la fin de sa journée, l’apex de son quotidien, le sommet de sa gloire. Sachant pertinemment que les plus courtes sont les

« - C’est moi, bonjour ! »

meilleures, Tout-à-coup se roula en boule jusqu’au lendemain matin, neuf heures précises.


1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Buccinidae

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Maschoune

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18 novembre
  Publié: 23 juin à 03:33 Citer     Aller en bas de page

On imagine aisément le plaisir que tu as eu à écrire cette nouvelle

Contente de te revoir par ici

  ISABELLE
Sucia Sonia


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14 novembre
  Publié: 30 juin à 02:22 Citer     Aller en bas de page

Merci pour ton retour !

Je consacre beaucoup moins de temps à l'écriture, mais elle n'est jamais très loin ..

  Pour vivre heureux vivons cachés.
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