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Coeur Orphelin
   

PierreCell

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Type de compte : Régulier
Membre depuis : 13 novembre 2019
Dernière connexion : il y a 3 jours

Cet utilisateur est présentement hors ligne.

Informations générales

Lieu : Laval, Québec (Canada)



Autres informations

Film préféré : Somewhere in Time
Style musical préféré : Tout ce qui sait me toucher
Écrivain ou poète préféré : Eddy Marnay (Parolier)
Personnage de bande dessiné préféré : « Rahan, fils des âges farouches »






Son histoire


Maturité de l'esprit, transparence et sens de l'humour doivent être au menu pour m'approcher et me connaître; l'important à mes yeux c'est d'être soi-même... « vrai », laisser couler et découvrir l'autre sans rien compliquer.

Le plaisir, la communication et l"authenticité : trois cibles essentielles que je juge essentielle de viser.

Je vis d'espoir en ce moment, j'espère des demains plus beaux.
J'aimerais rencontrer qulqu'un qui aime skier, ou aimerait apprendre.
J'aime les randonnées (vélos, pédestres), les expositions, les visites de musées, découvrir les régions du Québec (mon petit coin sur Terre).
J'aime m'adonner dans des discussions philosophiques sur l'état du monde, l'humanité.

J'aime regarder des documentaires sur la science et l'histoire.
Je suis fan de comédies et de science-fiction qui explorent la complexité humaine et propose une vision d'un futur meilleur pour l'humanité.

Je fais de la sculpture (bois, argile), je suis habile de mes mains (rénovations, bricolages, dessins, infographie 2D/3D), j'aime imaginer et créer des choses.

J'aime beaucoup réfléchir sur le pourquoi des choses, comment elles pourraient être meilleures et pourquoi elles ne le sont pas.

Je suis végétarien.

Ce dont je ne pourrai jamais me séparer ne sont pas des objets ; ce sont des choses qui m’animent et qui font que je suis l’être que je suis. Ultimement c’est ce que j’ai de plus précieux et beau à offrir à l’être que j’aime et qui m’aime en retour; c’est ce qui l’attirera vers moi.
En résumé je peux dire : « Mon rire, ma joie, mon espièglerie, la lueur dans mes yeux… l’enfant en moi ».

Si je suis ici, si vous me lisez, c'est que j'ai comme vous l'âme poète.
J'écris pour « Celle qui sera »

... voici une parcelle d'image de quelle représente pour moi:

Tout autant complexe que moi
Dans son unicité
Elle saura apprécier la mesure
De mon humble intellect
Et s’engager dans des discussions
Même lorsqu’elles sont futiles
Sur le sort du monde et comment
Il pourrait être meilleur
Parfois par simple plaisir… ou nécessité
Elle me proposera ou m’accompagnera
Dans des odyssées où à deux
Nous ferons notre petite part
Pour le rendre meilleur



Note :
Je suis du type de personnalité INTJ. (Voir le lien sur mon profil pour mieux me comprendre).
Ça été très révélateur pour moi de découvrir une démarche scientifique qui a su clairement mettre en mot ce que je ressens être... mais c'est aussi triste pour moi d'être rare. Je suis toutefois déterminer à rester le « rêveur-réaliste » que je suis.





Dernière entrée au journal

Publiée : 30 novembre 2022 à 09:27
Titre : Dichotomie

Dichotomie

Une longue réflexion a cours en moi... ce sera un long raisonnement que j'exposerai... j'ai besoin de le faire.

Élément # 1 :
Le parent qui met ou choisi de mettre un enfant au monde pour qu’un jour l’enfant prenne soin de lui.

Élément #2 :
L’enfant qui est le résultat d’actions, consentantes ou pas, d’individus.


Point de vue du « parent » (selon l’enfant devenu adulte)
• Le parent choisit de participer à mettre l’enfant au monde et le voit comme sa propriété.
• Pour ce parent l’enfant doit faire ce qu’il dit et doit lui obéir au doigt et à l’œil.
• Ce parent juge essentiel de corriger l’enfant en le battant lorsque celui-ci le contrarie.
• Ce parent juge approprié de dénigrer l’enfant.
• Ce parent considère l’enfant comme une extension de lui-même, l’enfant doit donc lui ressembler, il fera tout pour le modeler à son image et sera déçu et contrarié lorsqu’il réalisera que l’enfant ne répond pas à ses attentes.
• Pour ce parent « l’image » est très importante, les gestes et choix de l’enfant sont donc pour lui une réflexion de lui-même; il a de la difficulté a accepté que l’enfant soit différent, que celui-ci ait des intérêts différents et qu'il puisse aimer des choses également différentes.
• Ce parent considère que l’enfant lui doit respect, obéissance et honneur.
• Ce parent considère que même si l’enfant est désormais adulte, si celui-ci le contrarie, il peut encore le frapper.
• Ce parent ne s’excuse jamais à un enfant, « il ne se diminuera jamais » ainsi devant lui.
• Ce parent n’admet pas ces torts, selon lui, ce qu’il a fait a toujours été pour le bien de l’enfant.

Point de vue de « l’enfant »
• L’enfant qui nait dépend du parent dès sa naissance jusqu’à sa majorité.
• L’enfant a besoin d’amour et d’affection.
• L’enfant a besoin d’être écouté et compris.
• L’enfant a besoin d’avoir confiance en ses moyens.
• L’enfant aurait aimé avoir un parent capable de s’exprimer et de s’ouvrir sur la vie.
• L’enfant aurait aimé avoir un parent empreint de bienveillance envers lui.
• L’enfant a été battu de multiple fois par le parent.
• L’enfant devenu adulte a été frappé pour la dernière fois par ce parent lorsqu’il avait 23 ans.
• L’enfant a toujours craint le parent… il en a eu peur.
• L’enfant c’est longtemps restreint de dire « non » au parent.
• L’enfant se souvient de tous ces après-midi où il n’avait pas hâte de rentrer à la maison après une journée d’école.
• Durant longtemps, l’enfant craignait de dire ce qu’il veut vraiment, ou faire de ce qu’il a véritablement envie, de peur de contrarier le parent. L’enfant faisait certaine de ces choses en cachette ou durant son absence.
• Lorsqu’il en avait le courage, l’enfant a confronté le parent et a à de rares fois réussi à le faire plier pour obtenir un peu de liberté.
• L’enfant se souvient de cet après-midi chez le marchand de chaussure avec le parent, où il a trouvé le courage de dire à celui-ci qu’il préférait des souliers plutôt que les bottines que le parent lui faisait toujours porter. Il se souvient du parent qui cette fois avait plié en achetant les souliers, mais pas avant d’avoir dit à l’enfant : « Tu n’as pas de style »… avec mépris.
• L’enfant se souvient de moments, entre 3 ans et 6 ans, où le parent jouait avec ses autres enfants et lui.
• L’enfant se souvient de rares moments où le parent à sincèrement chercher à lui faire plaisir.
• Un jour, « le parent » a pris l’enfant dans ses bras… l’enfant devenu adulte a été surpris par ce geste qu’il n’a pas retourné… il se souvient d’être resté figé… c’était la seule fois de mémoire.
• L’enfant devenu adulte se souvient aussi de cette fois en 2004, lorsque le parent l'a rejoint par téléphone. Il se souvient de cette rare et courte discussion ou le parent lui a demandé comment il allait et qu'il avait répondu : « Je ne suis pas heureux ». Il se souvient du silence puis du pleure timide du parent qui ne s'attendait pas à cette réponse. Il se souvient d'avoir réalisé que son parent peut pleurer. Il se souvient d'avoir essayé de le consoler en lui disant que c'est OK après tout, qu'il n'a pas à se soucier.
• L’enfant se souvient de la fois, lorsqu’il avait 14 ans, où le parent l’a battu si violemment qu’il est resté dans un état de choc quasi-catatonique durant 2 jours.
• L’enfant se souvient, à 16 ans, de la fierté du parent lorsqu’il a créé « seul » une maquette architecturale, super détaillée, sur laquelle il a travaillé durant 3 mois pour un projet d’école.
• L’enfant se souvient de la destruction par le parent de cette même maquette lorsque l'enfant a choisi de la modifier sans sa permission. Il se souvient des mots prononcés, du regard et du coup de poing du parent dans la maquette ce soir-là. L’enfant a accentué sa perception du parent depuis : ce parent se donne le droit de détruire les choses qu’il créé avec amour ou passion.
• L’enfant se souvient de la table à dessin que le parent lui a acheté lors sa première année d’études en architecture l’année suivante.
• L’enfant se souvient des cours de conduite automobile que son parent lui a payés.
• L’enfant se souvient des cours d’anglais privé que le parent lui donnait.
• L’enfant se souvient des après-midi d’été où le parent lui faisait faire des dictées.
• L’enfant se souvient, à l’âge de 5-6 ans, des matins dans le sous-sol de la maison, où le parent tentait de lui apprendre à faire des additions et soustractions… il se souvient des coups à la tête qu’il recevait lorsqu’il faisait une erreur.
• L’enfant se souvient de l’argent que le parent lui a donné pour qu’il s’achète le vélo qu’il voulait.
• L’enfant se souvient de la visite à la boutique informatique où son parent l’a surpris en achetant, c’était complètement inattendu, un modem (c’est un périphérique informatique) qu’il désirait.
• L’enfant se souvient de tout le confort matériel.
• L’enfant se souvient de ce matin où il a échappé l’assiette qui contenait le déjeuner que le parent lui avait préparé; il se souvient du parent qui l’a obligé à ramasser le contenu de l’assiette qui était mêlé à la poussière qui parsemait le plancher… il se souvient que le parent l’a forcé à le manger.
• L’enfant se souvient, autour de l’âge de 12 ans, lorsqu’il a pris la défense de son frère face au parent. Il se souvient du parent qui traitait son frère de bon à rien, il se souvient de la peur qu’il avait, mais aussi du besoin de le faire qu’il ressentait lorsqu’il a dit au parent qu’il ne croit pas que de dire ses mots aide son frère. Il se souvient de la réponse du parent après que celui-ci lui a demandé de le suivre à l’étage suite à l’intervention : « Je sais que tu aimes ton frère, mais ce que je fais c’est pour son bien »… « Tu n’es pas son parent »… il se souvient que le parent ne l’avait pas frappé cette fois-là et que ça l’avait surpris.
• L’enfant devenu adulte, se souvient à 32 ans des longues discussions avec son frère dépressif qui disait que le parent avait raison de dire qu’il était un bon à rien. Il se souvient des heures passées dans l’appartement du frère à tenter de lui faire comprendre que le parent avait tort, à essayer de lui faire comprendre l’impact négatif que celui-ci a eu sur sa vie. Il se souvient d’avoir répété à son frère : « Ce n’est pas vrai… ce n’est pas vrai… ce n’est pas vrai »... et que le parent avait tort, qu'il n'était pas un bon à rien. Le frère qu'il était se souvient de tout l'amour dans cet effort de « reprogrammer » son frère.
• L’enfant se souvient des multiples restrictions, en autres : qu’on ne peut pas aller jouer chez les enfants des voisins, on ne peut pas faire du vélo ailleurs que sur la courte limite de la rue devant la maison familiale, on ne peut pas aller aux fêtes des ami(e)s, on ne peut pas participer aux activités parascolaires.
• L’enfant devenu adulte, se souvient à 19 ans, d’avoir dû longuement plaider son droit de faire une sortie avec un ami en soirée pour jouer un jeu en réseau avec d’autres amis, donc de sortir du foyer familiale pour des raisons autres que scolaires ou encore faire des courses et que celui-ci a fini par accepter dû au fait que l’ami était le fils de son patron.
• L’enfant se souvient que cela a pris l’intervention de son professeur de cinquième année pour que le parent l’autorise à suivre un cours de natation… il aurait été le seul élève de sa cohorte qui ne serait pas allé.
• L’enfant se souvient de l’emprise du parent.
• L’enfant devenu adulte se souvient, autour de 18 ans, « du coup de doigt » atterri directement dans l’œil gauche qu’il a reçu du parent lorsque celui-ci lui a assené un coup par derrière… un genre de claque portée à la tête, la main ouverte, où un des doigts de celui-ci a frappé avec force son œil. Il se souvient de s’être roulé à terre de douleur ce soir-là et que le parent n’a fait que le regarder souffrir. Il se souvient du lendemain au collège, où il a dû quitter une classe en cours car son œil lui faisait trop mal. Il se souvient d’être allé à la clinique près du collège et que le médecin lui a donné un papier pour qu’il passe en urgence à l’hôpital voir un ophtalmologue. L’enfant devenu adulte ne peut s’empêcher de faire un lien avec la vision plus faible qu’il a de cet œil.
• L’enfant devenu adulte, ayant obtenu son permis de conduire, se souvient de l’impatience du parent lorsque celui-ci a tenté de lui apprendre à conduire une transmission manuelle. Il a finalement appris via un collègue de travail, puis un ami.
• L’enfant devenu adulte se souvient de tous les sifflements d’oreille qui suivaient les coups à la tête qu’il recevait du parent. Il se souvient des acouphènes qu’il entend encore aujourd’hui qui les lui rappellent parfois dans le silence.
• L’enfant se souvient des coups de fouet au câble électrique qu’il recevait sur son corps lorsque le parent le battait. Il se souvient de la fois ou le parent avait mal visé et que le coup du câble l’a atteint au visage. Il se souvient de la marque près de la bouche que cela avait laissée et qu’il ne pouvait pas dissimuler pour aller à l’école le lendemain. Il se souvient d’avoir menti à son professeur de cinquième année lorsque celui-ci lui a demandé qu’est-ce qui est arrivé ?… et d’avoir répondu : « je suis tombé dans l’escalier ». Il se souvient de la rencontre avec un travailleur social haïtien à l’école qui lui a posé la même question. Il se souvient de la nervosité du parent et de l’autre parent lorsqu’il y a eu cette rencontre à laquelle ils étaient tous les deux convoqués par certaines autorités. Il se souvient que s’était la dernière fois où il recevait ce genre de correction très précise, mais qu’elles ont simplement été remplacées par d’autres.

( … )

Le parent en question est « mon père ».

Je crois qu’un jour je ferai un exercice similaire concernant ma mère.

Mes parents sont séparés depuis 1996… ils ont divorcé quelques années plus tard.

Le 26 novembre 2022, étrangement, le jour de l’anniversaire de ma mère, j’apprends via un message texte de la part de mon frère, que mon père vient de décéder des suites d’un cancer; mon frère était à son chevet dans le pavillon des soins palliatifs à l’hôpital.

Je savais depuis le mois de juin 2022 que ce moment-là arrivait. Ma sœur, qui est très proche de mon père, m’avait texté la nouvelle.

J’ai coupé tous les liens avec ma famille.
La dernière personne à qui j’ai donné des nouvelles il y a près d’un an maintenant, c’est mon frère, via le téléphone. Je l'ai vu en personne pour la dernière fois en 2016.

Personne ne sait ce que je vis en ce moment… mon arrêt de travail depuis la fin avril 2022, ma dépression que je soigne avec une thérapie et antidépresseurs, puis le fait que j’ai appris en septembre que je suis autiste (plus précisément, que j’ai un TSA de degré léger).
J’ai décidé, après de longues réflexions, qu’aucun membre de ma famille proche n’avait la sensibilité requise pour m’aider. J’ai évalué toutes les crises que notre famille a connu, ainsi que les personnalités et réactions des membres lors de celles-ci, pour conclure qu’aucun d’eux n’est apte à m’accompagner… que j’étais véritablement seul, que c’était mieux ainsi que d’être mal accompagné et frustré de l’être.

Mes parents ont eu 3 enfants. J’ai une sœur ainée, puis un frère cadet.

J’ai coupé tout contact avec ma sœur depuis décembre 2017.

En novembre 2017, j’ai vécu une première dépression majeure… épuisement professionnel. Je ne savais pas que j’étais autiste, je ne le soupçonnais même pas à l’époque. Je consultais une psychologue et elle m’avait demandé pourquoi je n’allais pas vers ma famille pour du soutien ? … je lui avais répondu qu’ils ne pouvaient pas m’aider. J’y ai longuement réfléchi durant deux semaines, puis j’ai décidé d’écouter ma psy et d’en parler à ma sœur à qui j’avais déjà annoncé mon arrêt de travail sans donner plus de détails.

À ce moment-là, je ne parlais déjà plus à mon père (depuis 2010), ni à ma mère (depuis 2012)… absolument aucun contact, j’avais qualifié de « toxique » leur impact sur ma vie et je ne voulais plus rien savoir d’eux.

J’avais donc contacté ma sœur par téléphone pour lui dire ce que je vivais réellement, mon état dépressif, le fait que je n’avais plus envie de vivre… que j’avais des idées noires, que je voyais une psychologue, que je prenais des antidépresseurs… je lui ai dit tout ça avant de lui expliquer pourquoi j’hésitais de lui en parler à elle puis à mon frère. Donc après lui avoir étalé tout ça, je lui fais part de la raison de mes hésitations d’aller vers elle ou mon frère. J’ai commencé par mon frère, j’expliquais à ma sœur que je trouvais qu’il commençait à bien aller... que mon frère me disait souvent dernièrement que c’était grâce à ma sœur et moi, du support que nous lui avons apporté. Ma sœur et moi avions vraiment pris soin de notre petit frère, nous sommes différents elle et moi, mais nous avions ça en commun… c’était très important pour nous. Je crois que nous avions plus d’expérience malgré nos manques respectifs elle et moi et qu'on a cherché à combler les manquements de nos parents en s’occupant de lui. Je rappelle toutefois souvent à mon frère que ses succès lui appartiennent, que j’admire sa force intérieure. À mon avis, ma sœur et moi avons été des facilitateurs, on était là pour lui redonner confiance en lui à notre manière, les gestes et les choix sont tous au mérite de mon frère dans ce qui forme maintenant les bases de son bonheur.

Donc j’ai expliqué à ma sœur que je ne voulais pas me confier à mon frère car je ne voulais pas le freiner dans sa lancée, il semblait, pour la première fois de sa vie, vraiment bien aller, il venait de s’acheter « seul » sa première maison, il avait un travail qu’il aimait… bref, je ne voulais pas qu’il s’inquiète pour moi ou qu’il rechute à cause de moi et de mon état dépressif… je voulais le protéger. J'avais conclu que mon frère n’était pas apte à m’aider de toute façon, nous sommes très différent, je n’ai jamais perçu mon frère en tant qu’une figure de support émotionnel ou moral pour moi.

Ma sœur semblait comprendre mes raisons pour mon frère, mais lorsque je lui ai fait part de mes raisons à son égard… c’est là que cela a explosé. Je lui ai dit que je n’allais pas vers elle car elle raconte tout à notre père…

Lorsque j’avais arrêté de travailler, je l’avais dit à ma sœur, sans donner plus de détails… puis quelques jours après je reçois un appel… je connais la voix de l’homme qui parle, mais je ne la replace pas. C’est quand cette personne me dit « sais-tu qui est-ce qui parle ? »… c’est là que ça me revient « C’est Papy »… et oui, c’est mon père, à qui je ne parle plus depuis 7 ans, qui m’appelle. Il me dit que ma sœur lui a raconté pour mon arrêt de travail. Il me dit quelque chose à propos de comment c’est difficile le monde du travail… je lui réponds en effet, qu’ils en veulent toujours plus des employés… puis je lui dis que je vais terminer l’appel car je n’ai pas envie de parler en ce moment. Je ne lui ai pas dit que « je n’ai pas envie de « lui parler »». À ce sujet, j’avais dit à la psychologue que je voyais à l’époque que je n’ose pas dire à mon père tout ce que je lui reproche, que c’était ma façon de le respecter et de reconnaitre ce qu’il a pu faire de bon malgré tout. Que mon père a travaillé durement toute sa vie, qu'à certains moments il occupait deux emplois. J’expliquais à la psy que si je le faisais je crois que ça le tuerais tellement ce serait négatif dans la vérité… que je l’épargnais de cela par respect. C’est vraiment comme ça que je le voyais.

Donc, j’explique à ma sœur que j’hésitais à me confier à elle car elle raconte tout à mon père, je le fais en utilisant l’appel récent que j’avais reçu en exemple… puis… c’est là qu’elle explose… elle s’est mise à crier au téléphone, elle disait « Tu ne peux pas m’empêcher de parler à mon père ! ».
Je ne peux pas placer un mot… sa réaction m'a surprise, même si je sais que ma sœur a un tempérament impulsif d’habitude, cela m’a surpris. Je venais tout juste de lui confier que j’avais perdu l’envie de vivre, que j’étais en dépression, que je prenais des antidépresseurs, que je voyais une psy… bref que je n’allais vraiment pas bien, que j’hésitais à lui en faire part, puis elle me crie après…

… je tenais mon téléphone cellulaire loin de mon oreille tellement elle criait fort et n’arrêtait pas… je ne pouvais pas écouter cela. J’ai porté le micro de mon téléphone à ma bouche pour lui dire calmement que j’allais mettre fin à l’appel car je ne suis pas en état de l’écouter, que je ne peux pas gérer ça (sa réaction) en ce moment… elle criait toujours. Je répète une autre fois, puis une autre fois… elle crie toujours, je ne sais pas ce qu’elle dit mais elle crie toujours… je termine l’appel.

C’est la dernière fois que je lui ai parlé.

À ma sœur, depuis, je n’envoie qu’un texto une fois par année pour lui souhaiter bonne fête… mais c’est tout... elle ne répond jamais.

Depuis, ma sœur m’a texté à quelques reprises pour m’apprendre le cancer de mon père et que je devrais en parler à mon médecin à cause des risques héréditaires au niveau génétique. Une autre fois pour tenter de comprendre pourquoi je ne lui parle plus à elle, une autre fois pour m’annoncer ses fiançailles, puis une autre fois pour m’annoncer la date de son mariage.

En juin 2022, près de 5 ans après notre dernière conversation téléphonique, j’ai reçu un texto de sa part, puis un message vocale pour m’annoncer la mort à venir de mon père, qu’il ne lui restait environ 6 mois à vivre selon son médecin, que les traitements de chimio depuis février n’ont pas réussi à ralentir son cancer et que si j’avais quelque chose à lui dire… que c’était le moment.

Je ne savais pas vraiment quoi faire avec cette nouvelle.
Je vivais ma deuxième dépression en 5 ans. Je ne l’avais dit à personne à part deux amies proches. J’étais investi à essayer de me comprendre, dégouté du monde du travail, à la recherche d’aide en neuropsychologie, car cette fois-ci, je soupçonnais que « c’est moi » le problème, moi qui n'est « pas normal »… je soupçonnais que j’étais autiste, mon médecin aussi et je voulais éclaircir tout ça même si j’en doutais… j’étais au bout du rouleau. En plus, peu de temps après mon arrêt de travail j’avais commencé à faire des cauchemars ou la violence de mon père et la persécution de ma mère étaient à l’affiche. C’était trop de choses en même temps que je me disais.

J’ai passé quelques jours à réfléchir sur comment réagir. Je sentais une pression de bien faire les choses… l’attente des autres à mon égard. J’ai longtemps été celui qui répare et trouve des solutions dans ma famille. J’étais très investi et présent pour ma sœur et mon frère. J’avais envie d’être là lors de ces moments, même si c’était difficile… si je voyais une solution là où personne n’en voyait, je m’investissais.

Ma sœur a été là aussi pour moi durant quelques années, je lui ai fait savoir comment j’ai apprécié, c’était important pour moi qu’elle le sache, important pour moi de le démontrer… de « lui dire » et lui faire « ressentir » clairement. Mon frère m’a apporté un peu d’aide physique lorsque j’ai eu besoin de bras pour entrer et déplacer des matériaux lorsque je faisais des rénovations chez moi, mais ça ne l’intéressait pas de m’aider lors des travaux… ni que je partage avec lui mes connaissances sur comment faire certaines rénovations... il n’avait pas d’intérêts pour ça alors je n’ai rien forcé… nous sommes différent et j’ai apprécié l’aide qu’il a pu offrir, je lui ai fait savoir. J’ai pu observer à quelques occasions comment ça embarrassait mon frère de ne pas pouvoir m’aider plus, de ne pas savoir quoi m’offrir pour me faire plaisir, alors parfois il m’offrait un peu d’argent… je lui disais que non… c’était OK… pas besoin, mais il insistait alors… j’ai fini par accepter sans rien dire si ça lui fait plaisir. J’ai toujours clairement ressenti la reconnaissance de mon frère à mon égard.

Ma sœur elle, c’est une autre histoire, j’ai toujours perçu qu’elle prenait pour acquis l’aide que je lui apportais. J’ai senti que pour elle, c’est un devoir que notre père nous a inculqué; mon père disait que nous (ses enfants) n’avions « pas besoin » d’amis que les seuls amis dont nous avions besoin c’était nous trois (sœur et frères). Donc venant de ma sœur, j’ai toujours ressenti que c’était « normal » ce que je faisais, même si ça me demandait beaucoup d’effort lors de certaines de ses crises. Au travers des années, j’ai consolé ma sœur, je l’ai aidé monétairement aussi, je l’ai supporté, accompagné… mais jamais elle ne m’a fait savoir comment elle a pu apprécier mon aide… je ne l’ai jamais ressenti autrement qu’un devoir que j’avais selon elle.

Ma sœur m’a volé de l’argent et je l’ai pardonné.
Ma sœur m’a menti et je l’ai pardonné.
Ma sœur m’a battu, même adulte… et je l’ai pardonné.
Ma sœur m’a hébergé durant une période de ma vie et je l’ai remercié.

Ma sœur, je le réalise de plus en plus, me fait penser à mon père… elle était très proche de lui, mon père, comme elle disait plus jeune, était son « Papy adoré ».

Alors voilà que j’ai cette situation où le sens du devoir m’appelle. Mon père ne sera bientôt plus de ce monde et selon ma sœur, si j’ai quelque chose à lui dire… c’est le moment.

Au bout de quelques jours à réfléchir sur comment réagir, j’arrive à une solution… « pour moi ».
C’était inconcevable pour moi de courir au chevet de mon père, de passer quelques mois avec lui jusqu’à sa mort… j’avais l’impression que j’aurais fait semblant, que ça n’aurait pas été sincère… de quoi aurait-on parlé ? Qu’est-ce que j’aurais dit? Je me le demande vraiment… surtout si par respect à son égard, je me refuse le droit de lui dire tout ce que je lui reproche, surtout maintenant qu’il est mourant.

Non, je n’allais pas faire cela. La seule solution avec laquelle j’étais bien, c’est d’aller le voir « si » et seulement « SI » il me réclame… pas autrement.

Il a mon numéro de téléphone, il peut m’appeler s’il veut me parler, il l’a déjà fait 5 ans plus tôt.
Alors s’il m’aime… s’il trouve en lui une force dans cet amour, il le fera.

Je n’en ai pas parlé… ni à ma sœur, ni à mon frère… je me suis dit que ce dont j’ai besoin c’est « quelque chose d’authentique » « venant » de lui… sans intermédiaire.
Il peut m’appeler, il peut m’écrire une lettre… il a mon adresse, il sait où je vis, bref, il n’existe aucune force qui l’en empêche tant qu’il est en vie et encore en possession de ses moyens.
C’est la seule condition qui fera que je me déplacerai pour le voir… la seule où je ressens que nous pourrions « être vrai » l’un envers l’autre… c’est ce dont j’ai besoin, de cette authenticité dans le partage pour défaire tout ce qui a brouillé entre nous et établir quelque chose de sain… rencontrer l’humain, l’enfant qu’a été mon père… le voir vraiment et lui pardonné.

Mais ce moment n’est jamais arrivé.
Mon père est décédé dans me réclamer.
Il est décédé sans me téléphoner.
Il est décédé sans avoir tenté de me voir en personne.
Il est décéder sans m’écrire un mot.
Je n’ai « rien reçu ».

Je savais bien que c’était possible tout ça lorsque j’ai pris cette décision.
Je n’ai pas de regret… je suis simplement triste… je trouve la situation très triste.
Je trouve triste que mon père n’ai pas été capable de dépasser cette forme de limite qu’il semble s’être imposé.
Je suis presque certain qu’il s’attendait que ce soit moi qui fasse les premiers pas… mais je crois qu’il ne comprend pas que « malgré l’amour que j’ai su lui démontrer », que malgré cet amour… « Je le crains »... « Que j’ai peur de lui »…

Je crains sa violence.
Je crains son regard.
Je crains ses mots… « sur moi ».

Je n’étais pas assez fort, surtout en ce moment avec ma dépression, pour gérer cette situation avec les attentes qui la composent je crois.

Il y a quelques années, mon frère m’a confié qu’il a choisi de faire la paix avec mon père.
Mais dans les faits, voici comment cela s’est passé :
Mon frère venait d’acheter sa première maison. Ma sœur et moi étions content pour lui, nous étions en 2016, mon frère va mieux, il a l’air heureux. Il n’y a que ma sœur et moi qui connaissons son adresse, nos parents n’en savent rien, mon frère ne leur parle plus… comme moi. Ma sœur décide de changer cela sans en parler à mon frère, elle donne la nouvelle adresse de celui-ci à mon père. Et voilà, un jour, sans y être invité, mon père se pointe chez mon frère. Mon frère surpris, décide alors et dit à mon père : « Je crois que nous deux on doit tout effacer et commencer à nouveau ».

Lorsque mon frère m’a raconté cette histoire, je ne l’ai pas jugé, ce n’est pas ma place, ce qui se passe entre mon père et lui ça leur appartient. Est-ce que ma sœur a bien fait ? Moi je lui en aurais voulu. Mais j’essaie de me mettre à la place de mon frère… l’enfant que mon père disait « était un bon à rien » à ses yeux. Mon frère se retrouve désormais face à mon père en tant que propriétaire d’une maison, avec un bon emploi, mon frère est fier de son accomplissement et du regard de mon père, cette forme de reconnaissance a une certaine valeur. Je ne suis pas dans la tête de mon frère, mais je peux essayer de le comprendre ainsi, comprendre son ouverture, à ce moment-là, à effacer le passé et repartir sur de nouvelles bases avec mon père.

Moi je ne suis pas capable d’effacer… je me souviens de tout.

Une part de moi était contente pour mon frère si ça lui fait du bien. Mais quelques années plus tard, mon frère m’apprend comment mon père a tenté d’imposer sa vision sur sa vie en désapprouvant certains de ses choix, il m’apprend comment il a trouvé ça déplaisant et déplacer, puis comment il a dû mettre de la distance avec lui. Il m’apprend aussi qu’il a du faire pareil avec ma sœur pour d’autres raisons quand même similaires… tout en restant poli et respectueux.

Lorsque mon frère avait repris le contact avec mon père, il m’a aussi raconté certaines discussions qu’il a eues avec lui, notamment une qui portait sur la crainte de mon père de se retrouver seul sans que personne ne prenne soin de lui. Mon père, selon mon frère, se plaignait souvent de cela lors de leurs discussions, il semblait faire allusion à ses propres enfants à ce sujet. Une part de moi trouvait cela bizarre car il s’était remarié depuis le divorce avec ma mère… pourquoi craindre de se retrouver seul ? Peut-être qu’à mes yeux, j’avais toujours imaginé que mon père mourrait avant sa nouvelle conjointe qui est plus jeune que lui, alors cette peur me paraissait bizarre. Mais dans le fond, selon les valeurs que je connaissais de mon père, selon les coutumes de son pays peut-être aussi, une part de moi à toujours ressenti qu’il avait peur qu’aucun de ses enfants ne saurait ou voudrait prendre soin de lui. Peut-être aussi qu’il craignait que si cette responsabilité ne revenait qu’à ma sœur, qu’elle ne pourrait pas complètement l’assumée.

Mon frère n’a pas entièrement coupé le contact avec ma mère.
Il prend le temps de lui remettre en personne des fleurs lors de son anniversaire… et depuis qu’il est père, ce qui est récent, il juge important que son fils connaissent sa grand-mère.

Toutefois, il y a deux ans, lors d’une discussion avec lui, il me fait part que selon lui je fais bien de couper le contact à ma sœur, ainsi qu’avec ma mère, car lors de discussions avec celles-ci, elles ne cessent de lui rappeler comment elles trouvent dommage que je ne sois plus là car j’aurais pu les aider avec certains de leurs besoins : ma sœur pour des travaux de rénovations et ma mère pour l’aider à faire son épicerie car elle n’a plus d’auto… et aussi pour tondre son gazon. Il me fait part qu’elles ne demandent pas comment je vais, mais qu’elles se plaignent seulement du fait que je ne suis plus là comme avant, ou comme elles le souhaiteraient pour les aider.

Ma mère, que j’évite à tout prix depuis un évènement de 2012, m’a laissé un autre message vocal dernièrement. J’ai bloqué son numéro de téléphone car je ne veux pas faire l’erreur de lui parler, mais je ne peux malheureusement pas bloquer ses messages vocaux, alors je les prends. Elle m’en a laissé plusieurs sporadiquement depuis 2012, tous déplaisant, tous « des demandes », tous « des reproches ». Selon elle, je suis un ingrat d’avoir coupé tous contacts avec elle.
Le dernier message qu’elle m’a laissé concernait mon père, elle a appris sa mort, qu’on m’avait mis au courant… et le fait que je n’ai pas été à l’hôpital, ni aux funérailles apparemment. J’ai reçu le message vocal de ma mère le 27 novembre à 9h00 du matin. Mon frère m’a texté à 11h14 du matin le 26 novembre pour m’apprendre qu’il était à l’hôpital avec mon père et que le médecin ne lui donnait plus que quelques jours à vivre… puis il m’a texté une autre fois le même jour à 14h49 pour m’apprendre le décès de mon père. Personne ne m’a avisé d’une date pour ses funérailles. Je n’ai contacté personne… et au moment où j’écris ce texte, nous sommes le 30 novembre 2022, aucune information à ce sujet... j’ai un peu de misère à suivre ma mère.

Le message de ma mère disait précisément ce qui suit, « avec un ton sur la colère » :

« Ah Pierre, j’y tiens beaucoup à ce que toi tu te mets avec les autres pour t’occuper des funérailles de ton père. Ton père est décédé, il a pris soin de vous autres, il vous a mis à l’école, il a tout fait pour vous autres. Maintenant c’est le temps, que toi tu te mets debout avec les enfants-là pour faire ses funérailles. Je ne veux pas que tu restes indifférent à ça du tout, du tout, du tout… du tout ! Ton père est décédé, tu te mets debout avec ta sœur et ton frère… et puis tu vas t’occuper des funérailles… c’est toi le garçon ainé OK ! Alors je compte sur toi pour aller prendre soin de ton père OK ! Il est décédé, t’as pas été aux funérailles, t’as pas été à l’hôpital, je pense que tu devras te mettre debout en tant qu’homme pour s’occuper de ton père. Ne soit pas ingrat. Un homme ingrat ça n’existe pas… OK ! »

Quand j’écoute le message… et je l’ai écouté plusieurs fois quand même… c’est tellement violent dans le ton.

… mais je ressens aussi de la tristesse chez ma mère… elle ne semble pas en revenir d’apprendre mon mutisme et mon inaction dans tout ce qui arrive, surtout un évènement de la sorte, je n’avais jamais fait ça avant, c’est moi qui prenais certaines crises en charge « avant », moi qui consolais, moi qui agissais en médiateur, moi qui trouvais des solutions, moi qui réparais.
Ma mère ne sait rien de ce que je vis en ce moment et je ne veux pas lui dire car elle est vraiment capable du pire…
… et je l’ai « vu » faire « le pire » dans d’autres situations.

Le fait est que j’ai peur que dans ma vulnérabilité actuelle, j’ai peur que ma mère dans ses élans d’actrice et de fabulatrice, arrive à convaincre des gens d’une histoire quelconque ou elle serait une mère aimante qui s’inquiète pour son pauvre fils qui ne va pas bien et me fasse interner. C’est clair que je vais me défendre si elle allait là et que je ferai tout pour ne pas que ça arrive… mais je n’ai pas envie de vivre ça.

Ma mère, croyez-moi, en est vraiment capable.
Je préfère qu’elle ne sache rien de ma vie… c’est mieux ainsi… elle est très intelligente et manipulatrice.
Certaines personnes croiraient qu’elle est une sainte tellement elle arrive à manipuler les gens.

Ma mère n’a jamais été bienveillante à mon égard.
Si elle rend un service c’est pour que tu lui en dois plein d’autres en retour.
C’est une manipulatrice et une menteuse.
Je trouve triste de parler de ma mère ainsi, mais c’est la vérité qu’elle m’a fait vivre.

Alors, j’ai ressenti la tristesse de ma mère dans son message, mais ce que j’ai ressenti, la connaissant, c’est la honte qu’elle vit à savoir que son entourage apprendra tout ce qui se passe en ce moment concernant mon absence en ce qui concerne mon père. Quel genre d’éducation ai-je reçu que certains diront ? Je crois qu’elle craint que cela rejaillisse en questionnement sur sa qualité de mère de la part de ceux (les autres) qui apprendront éventuellement certains détails de la situation dans notre famille ? C’est tout ce que je vois. Je ne vois aucun amour à mon égard, aucune tendresse dans son discours, aucune tentative de questionnement profond à essayer de comprendre la situation à mon sujet. Selon elle, je dois tout à mon père… il a tout fait pour ses enfants, tout fait pour moi… et c’est à moi de redonner maintenant en m’occupant de lui. C’est ça qu’il faut démontrer, c’est ça l’image que « les autres » doivent voir… un bon fils, bien élevé.

( … )

Il y a une scène d’un film qui m’a profondément marqué lorsque j’ai revisionné celui-ci en tant qu’adulte il y a quelques années. Le titre du film c’est « Devine qui vient dîner ? » de 1967 avec l’acteur américain d’origine bahamienne Sidney Poitier.
Dans cette scène, le personnage qu’il jouait avait une discussion avec son père. Je crois que la meilleure façon de faire part de ce qui m’a marqué dans celle-ci c’est de retranscrire le dialogue, donc le voici :

[ DÉBUT DE L’EXTRAIT ]

< Le père : >
« Écoutes mon garçon, il faut que tu comprennes, je ne veux pas essayer de te dire comment tu dois conduire ta vie, mais tu n’avais jamais fait de bêtises jusqu’à présent. Depuis ton enfance tu as été un objet de fierté pour ta mère et moi… et tu le sais. Mais cette fois-ci tu fais fausse-route. Toute cette affaire a été trop précipitée. Toi-même l’as admis. Mais prends le temps de faire le point… réfléchi. As-tu pensé aux discussions que cela va soulever ? Dans 16 ou 17 états vous serez des hors-la-loi, vous serez des criminels !
(Note : Le fils voulait se marier avec une femme « blanche » et le père vient de l’apprendre… ils sont aux États-Unis dans les années 60.)
… et si tu me dis que les lois ont changées, la mentalité des gens elle n’est pas près de changer. Vraiment pour un garçon qui n’a jamais fait un faux-pas de sa vie, tu as perdu la boussole ! »

< Le fils : >
« Attends ! C’est moi seul qui déciderai ! Moi seul… alors tais-toi ! Et ne m’empêche pas… »
(Interrompu par le père)

< Le père : >
« Je ne tolèrerais pas ce ton là ! Tu n’as pas le droit de me traiter de cette façon après tout ce que j’ai fait pour toi ! Je te rappelle que je suis ton père !
Oui je n’ignore pas tout ce que tu es, ni ce que tu as fait toi-même, mais tu oublies que c’est moi qui me suit crevé la peau pour pouvoir t’élever comme tu l’as été !
Sais-tu combien de chemin j’ai fait avec ma sacoche en 30 ans ? 120 000 Km ! … et la nuit je tondais des pelouses pour que tu puisses rester dans tes livres au lieu d’aller décharger des caisses au marché ! Sans compter tout ce que ta mère aurait dû avoir si pour toi elle ne s’était pas privée de tout ! … et je ne parle pas de chose de luxe… un manteau de tous les jours, des chaussures de tous les jours ! Tout ça ne compte pas pour toi ! Ça t’es égale de faire le désespoir de ta mère ?!

Je me moque de ce que dit ta mère, elle a aussi peut-être perdu la tête.
C’est une affaire entre « toi » et « moi » !

< Le fils : >
C’est la première chose sensée que tu viens de dire… c’est une affaire entre toi et moi.

< Le père : >
… oui et ce que je veux dire c’est que (interrompu par le fils)

< Le fils : >
Non tu as dit ce que tu voulais dire.
Alors maintenant à moi.
Tu dis que tu n’as pas l’intention de te mêler de la façon dont je mène ma vie.
Tu n’as pourtant pas cessé de le faire.
Tu prétends me dicter mes droits de faire ceci mais pas cela !
Tu fais le compte des sacrifices que tu as fait pour moi !
Je ne suis pas d’accord avec toi.
« Je ne te dois rien du tout ! »
Si tu avais parcouru à pieds un million de kilomètres, tu n’aurais fait que ton devoir de père… rien d’autre !
Parce que c’est toi qui m’as mis au monde… puis à partir de ce jour-là, tu te devais de pouvoir faire tout ce que tu pouvais pour moi. Et j’en devrai autant à mon fils si jamais j’en ai un autre ! Mais ça ne te donne aucun droit sur moi. Rien ne t’autorise à me dire « quand » et « où » j’ai dévié de ta ligne… ni à essayer de m’obliger à vivre selon « tes » conceptions !
Tu ne connais pas la personne que je suis à présent… tu ne sais rien de l’adulte qui est ton fils… tu ignores ce que je pense, ce que je sens… et si je m’efforçais de m’expliquer je pourrais parler des années ça n’avancerait à rien !
Tu as 30 ans de plus que moi Papa.
Toi et tous les autres attardés de ta génération pensez que la façon dont vous avez vécus est la seule bonne !
… et tant qu’il restera une trace de cette génération, tant qu’elle ne sera pas éteinte, vos fils devront porter le fardeau de vos préjugés mesquins !
Ah… ce fardeau il est temps que je m’en libère !
(Note : Le fils se calme… il prend une pause… il regarde tendrement son père dans les yeux.)
Papa…
(Le fils sourit)
Tu es mon père… et moi ton fils.
Je t’aime beaucoup… il y a 37 ans que je t’aime et je t’aimerai toute ma vie.
Mais tu penses à toi comme « un homme de couleur »... moi je pense à moi comme « un homme ».
(Une pause)
Maintenant j’ai une décision à prendre. Il faut que je la prenne « seule ». »

[ FIN DE L’EXTRAIT ]


( Note: Voici le lien de la scène du film en question sur Youtube: https://youtu.be/fYOGzBEmSbI )

Oui le père de cette scène me rappelle mon père.
La scène me rappelle la génération de mon père… celle remplie de préjugés, celle fermée, celle qui ne montre pas sa vulnérabilité, celle qui demande, celle qui oblige, celle qui ne respecte aucune limite. Cette génération qui vit dans le paraitre, la même qui vit dans la convenance hypocrite. Cette génération qui m’a fait mal… celle que je rejette et de laquelle je ne veux rien. Celle dont je veux me laver… celle qui me rend triste… celle qui m’a blessé et qui m’affecte encore aujourd’hui.

Je ne crois pas qu’on peut me comprendre, même avec tout ce que j’ai écrit jusqu’ici. Je doute même que certains ce soit rendu jusqu’ici. Parfois j’ai l’impression que les mots… tous les mots sont peut-être vains ? Que je ne sais pas dans le fond les utiliser.
Mais ça me fait du bien d’écrire… j’ai eu besoin de le faire cette nuit.

J’ai donné le titre « Dichotomie » à ce texte car pour moi, il y a, dans tout ce que j’ai vécu avec mes parents à ce jour, deux éléments ou concepts très précis qui s’opposent :

Élément # 1 :
Le parent qui met ou choisi de mettre un enfant au monde pour qu’un jour l’enfant prenne soin de lui.

Élément #2 :
L’enfant qui est le résultat d’actions, consentantes ou pas, d’individus.

Je trouve que mes parents ont tout compris de travers dans leurs conceptions.
Selon moi, ce n’est pas à l’enfant de prendre soin du parent, il n’y a pas d’obligation.
L'enfant ne doit « rien » au parent, c'est le parent qui a un devoir et une responsabilité.
« L’enfant » s’occupe du parent « s’il en a envie »… de la même manière que je me suis occupé de mon frère et de ma sœur… par ce que je les aime « et que j’en avais envie »… même si c’était difficile par moment.

L'enfant « offre », l'enfant « donne » son amour et son temps au parent parce qu'il en a envie.
L'enfant le fera, même lorsque c'est difficile et lourd… encore parce qu'il en a envie.
Ce n'est pas quelque chose qui se commande... c'est quelque chose qui se ressent tout naturellement... c'est ça à mon sens qui est beau dans l'amour qui a cette qualité.
Il existe le concept d'un parent qui aime mal son enfant.

Je n’ai pas envie de m’occuper de mon père… j’ai trop mal et je suis trop blessé.
Je n’ai pas envie « de me forcer »… et je me fous de ce que tout le monde va penser… je ne vais pas bien et je m’occupe de moi.
« Je ne me forcerai pas pour les plaire. »
Je ne ferai rien en ce sens pour plaire à qui que ce soit ou pour soigner l’image de quoi que ce soit.

Je n’oublie rien… je « le » vie, je « le » ressens, « j’en » suis marqué… et c’est « là »… il n’y a absolument rien d’effacé… et ça pèse lourd avec tout le reste.

Alors je serai muet parce que c’est tout ce que je peux et que j’ai envie de faire… pour le moment.

Ce sera « à ceux qui en ont envie », de s’occuper de mon père, de le faire… je n’en ferai pas partie… il ne m’en a pas donné l’envie.

( … )

Si c’est seulement l’autiste qui parle, l’autiste qui agit… il en sera ainsi.

Je n’ai plus d’effort à donner.

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