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LPDP :: Autres poèmes :: La Pierre des Enfances (...pour une Afrique) Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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pluriels


À ma femme et, puisqu'elle est toutes les femmes, à toutes les femmes pour elle encore
   
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  Publié: 13 jan 2008 à 17:04
Modifié:  2 oct 2008 à 12:31 par pluriels
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L A - P I E R R E - D E S - E N F A N C E S







Dans l'arbre l'idole récitée écoute les paroles de sa légende,
Une mort séculaire revenue lui redonne ses anciennes couleurs peintes,
Des poudres envoûtantes parfument les abords de la terre sacrée,
Le nu apparent des racines comme un défi libère l'insensé de ses nœuds
Sur un air sec et chaud.


Quelques huttes de branchages et de peaux et de latérites durcies,
Quelques cris presque silencieux bousculent la lenteur des poussières,
Quelques poules bavardes picorent d'invisibles grains autour,
Quelques enfants pleurent dans l'ombre ouverte des pailles,
Quelques râles se taisent soudain.


Une mort comme une faim et une faim comme une mort vécue avant la mort.


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Mon désert de lumière, mon pays de troupeaux lents et maigres,
Mes itinérances à chercher l'arbre fertile et le puits profond,
Et l'eau sous le sable attendant nos sueurs et nos immenses soifs,
Où êtes-vous?


L'enfance alors se promenait et se portait nue sous le pagne
Sur la hanche-berçeuse des mères lourdes de lait divin et de rires,


L'enfance était comme un sirop inconnu sur la table des jours
Mais nous ne savions pas lire les feuilles de l'avenir,
Notre monde était le Monde,
Notre voyage enfantait ses errances sur les saisons,
Notre miel était dans le creux lu des écorces sous l'abeille,
Notre lait coulait blanc dans nos calebasses des chèvres noires,
Notre nuit était feu sacré sous les toujours étoiles d'un aujourd'hui,
Mais notre mort venait de nos âges anciens et ridés et non de nos faims.


Reflets des oiseaux d'alors sur les eaux du lac des pluies fécondes,
Une boue luxueuse couvrant les contours d'un pays ivre,
Ivresse du chant de l'eau sur les épaules,
Ivresse du chant à la lèvre immédiate des bonheurs partagés,
Ivresses!


Les femmes pilant le mil et du sorgho rompu coulant les farines blanches,
Les épineux gardiens du bois des fagots sifflant dans le vent,
Les laines lavées séchant sous les huttes déjà couleur de terre
Et surtout notre rire comme un pain ajouté au silence du soir.


La seule brûlure sur nos plaies d'alors venant du soleil,
Nos plaies d'alors venant des griffes lues des épiniers,
Les griffes du lion sur nos poitrines disaient notre courage
Et nos poitrines formaient des rondes pour la danse des hommes
Quand nos femmes chantaient à nos côtés au milieu du cercle.


Mon Pays, Ma Souffrance,
Mon poison dans les veines, mon poison indélébile,
Ma vie sous tes feuillages dans l'ombre chaude des enfances mangées,
Mon puits vide béant sa terre creusée en vain,


Les femmes parties chercher l'eau si loin ne sont pas revenues,
Demain peut-être?


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Les cauris ne savent plus parler et se taisent,
Les gris-gris dorment sous les chiffons muets et impuissants,
Les os même dévorent la sève de l'arbre dans la poudre du sang des coqs,
Les charognards tournent pour nous et attendent - ils savent - notre vie ou notre mort,
Qu'importe! un même nom peut se donner à la même chose.


Le pied nu dans l'herbe jaune ne laisse pas de traces
Sauf le coucher cassé des tiges,
L'empreinte alors se libère du fardeau de l'air d'une sèche sève,
La plaine est comme un vide étrange sans ses oiseaux piailleurs,
Les eucalyptus sèment l'ovale cri de leurs feuilles odorantes grises
Dans l'absence des phacochères aux dents courbes.


Corps transparents sur des ventres vides bombés très ronds des enfants,
Une déjà lenteur achève le ralenti des mouvements,
Les mouches mangent la nudité des yeux noires et piquantes,
Les yeux - ha, nos yeux! - agrandis de pleurs ne se ferment plus
Et nos corps prennent dans le jour la forme blanche des linceuls.


Mon poids marque à peine le lit rouge des poussières,
Ma femme baise en vain du front les fétiches sous les arbres anciens,
La case à mil est vide d'une attente mourante,
Les luths abritent l'araignée sous leurs fils à musique,
Les démons sortent même dans le jour et ne craignent plus le soleil,


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Qu'es-tu devenu?


Brûlé, glacé,
Je brûle dans la glace froide de ma nouvelle mort,
La première étant celle de ma précédente naissance dans un monde déjà si mort,
Naître à la mort si proche l'âme si fraîche criant sa vie nouvelle.


Métamorphoses des semences obstinées voulant l'homme au hasard de son choix,
La femme impuissante créatrice lavant ses sangs impurs sur les pierres d'obsidienne


Griots réglant le rite des graines sur la parole de papier des lèvres,
Orale saison du chant dans les sphères des tambours,
Orale saison du mensonge sur la plaie des herbes nues,
Orale saison du feu s'ouvrant pour l'eau sur les pierres dures,


Fournaises noires du café sur le cercle du foyer là rond vivant,
Cercle du silence amère parole sous la langue cachée honteuse,
Un goût de vivre comme sucre dans la tasse d'émail,
L'œil mangeant l'œil de l'autre en affamé voisin,
Un seul sourire sur les gencives livrant le muet des dents solidaires,
L'autre en face comme un égal miroir de soi-même,
Maigreurs! et l'œil dissout au centre interrogatif flamboyant sous la pâleur des
flammes, Cendres!


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Ma force de vivre coulant de mon dos à la case
Et de la case à la terre,
Et de la terre à la racine,
Et de la racine à l'arbre,
Et de l'arbre aux Ancêtres,
Corps de néant bientôt rejoints sans colère et même sans larmes,
Puisque vivre n'est qu'un cri,
Autant mourir sans crier car crier épuise plus vite.


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Mes Frères et mes Sœurs déjà parties parfaites épouses et parfaites Mères,
Les griots immobiles récitent vos noms de mémoire,
Le vent les répète d'un sans-cesse parler
Et la terre vous mange vous qui ne mangez plus.


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Ma Pierre des Enfances comme un amour infini là dans ma main fermée,
Ma Pierre dans le poing.



(Extrait de "Preuves" dans "TRIBUS")

 
Eliawe Cet utilisateur est un membre privilège


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23 avril 2019
  Publié: 14 jan 2008 à 04:09 Citer     Aller en bas de page

Une certaine longueur mais on ne s'y ennuie pas.
C'est comme... une chute. Une descente aux Enfers.
J'ai vraiment beaucoup aimé.

 
pluriels


À ma femme et, puisqu'elle est toutes les femmes, à toutes les femmes pour elle encore
   
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18 avril
  Publié: 14 jan 2008 à 06:53 Citer     Aller en bas de page

Un certaine vision (d'autres sont plus belles et chantantes) que j'ai d'une certaine Afrique.

Il y a tellement et tellement à dire que ma longueur était une nécessité et il en reste tant encore pour en parler, fleuve des mots.

L'Enfer se trouve bien dans ces "Enfers".

Merci (simplement).

Mes Pluriels.

 
Andjik
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Le sucre ne vaut rien lorsque c'est le sel qui vous manque.
   
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11 juillet 2020
  Publié: 3 août 2008 à 08:24 Citer     Aller en bas de page



Sur-sur-sur-sublime Pluriels. Par où commencer ?

Mon Pays,
Ma Souffrance,
Ma Pierre des Enfances comme un amour infini là dans ma main fermée,
Ma Pierre dans le poing.


Tout est dans ces mots ! Tous mes hommages Pluriels !

Amicalement

Yvano

  J'aurais voulu que tu voies l'homme que je suis devenu.
pluriels


À ma femme et, puisqu'elle est toutes les femmes, à toutes les femmes pour elle encore
   
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18 avril
  Publié: 3 août 2008 à 17:43 Citer     Aller en bas de page

...ton Tout (mis ici) vaut tous les commentaires qui me manquaient (? pourquoi ?)sur ce poème où j'avais mis toute la ferveur qui m'anime - parfois - et je voulais lancer cette ...pierre loin et fort.

...avec toi, c'est fait!

Mes Pluriels (de ) et mes Amitiés (simplement fortes).

 
Galatea belga


Mon rêve est la réalité banale d'un autre-Galatea-
   
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19 avril
  Publié: 9 août 2014 à 01:49 Citer     Aller en bas de page

Mon Pays,
Ma Souffrance,
Les cauris ne savent plus parler et se taisent,
Les gris-gris dorment sous les chiffons muets et impuissants,
Les os même dévorent la sève de l'arbre dans la poudre du sang des coqs,
Les charognards tournent pour nous et attendent - ils savent - notre vie ou notre mort,
Qu'importe! un même nom peut se donner à la même chose.


Le pied nu dans l'herbe jaune ne laisse pas de traces
Sauf le coucher cassé des tiges,
L'empreinte alors se libère du fardeau de l'air d'une sèche sève,
La plaine est comme un vide étrange sans ses oiseaux piailleurs,
Les eucalyptus sèment l'ovale cri de leurs feuilles odorantes grises
Dans l'absence des phacochères aux dents courbes.


Corps transparents sur des ventres vides bombés très ronds des enfants,
Une déjà lenteur achève le ralenti des mouvements,
Les mouches mangent la nudité des yeux noires et piquantes,
Les yeux - ha, nos yeux! - agrandis de pleurs ne se ferment plus
Et nos corps prennent dans le jour la forme blanche des linceuls.


Mon poids marque à peine le lit rouge des poussières,
Ma femme baise en vain du front les fétiches sous les arbres anciens,
La case à mil est vide d'une attente mourante,
Les luths abritent l'araignée sous leurs fils à musique,
Les démons sortent même dans le jour et ne craignent plus le soleil,


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Qu'es-tu devenu?


Brûlé, glacé,
Je brûle dans la glace froide de ma nouvelle mort,
La première étant celle de ma précédente naissance dans un monde déjà si mort,
Naître à la mort si proche l'âme si fraîche criant sa vie nouvelle.


Métamorphoses des semences obstinées voulant l'homme au hasard de son choix,
La femme impuissante créatrice lavant ses sangs impurs sur les pierres d'obsidienne


Griots réglant le rite des graines sur la parole de papier des lèvres,
Orale saison du chant dans les sphères des tambours,
Orale saison du mensonge sur la plaie des herbes nues,
Orale saison du feu s'ouvrant pour l'eau sur les pierres dures,


Fournaises noires du café sur le cercle du foyer là rond vivant,
Cercle du silence amère parole sous la langue cachée honteuse,
Un goût de vivre comme sucre dans la tasse d'émail,
L'œil mangeant l'œil de l'autre en affamé voisin,
Un seul sourire sur les gencives livrant le muet des dents solidaires,
L'autre en face comme un égal miroir de soi-même,
Maigreurs! et l'œil dissout au centre interrogatif flamboyant sous la pâleur des
flammes, Cendres!


Pluriels , ce poème -puissant- que tu as écrit en 2008 est douloureusement actuel en 2014 et qui sait pour combien de temps encore.
Le Continent perdu manque sa chance pour mille problèmes , inaptitudes, haine, notre avidité et une injustice difficile à déraciner.
Émue.


galatea

  Si visi amari, ama.Le Prince ...oh le Prince...
pluriels


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18 avril
  Publié: 9 août 2014 à 03:07 Citer     Aller en bas de page

Merci pour ma ...Pierre à lancer, si loin, si fort que le Monde en tremblerait.

Mes Pluriels debout les yeux ouverts.

 
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