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LPDP :: Nouvelles littéraires :: La chute / chapitre 1 : Blended scotch whisky (c&c) Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Mr Barnabooth


Je suis mon régicide et ma propre victime
   
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  Publié: 2 avr 2012 à 10:24
Modifié:  12 mai 2012 à 18:14 par Tilou8897
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La chute



À Boris Vian, il comprendra pourquoi.



Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
Effectivement tu es en retard sur la vie
La vie inexprimable.

René Char





I

Blended Scotch Whisky




.....Une seconde après avoir plongé dans le vide, je me rendis compte, à mon grand étonnement, que j’allais mourir d’une mort beaucoup plus lente que ne le suggérait le choix de mon suicide. Ma chute ressemblait à la descente d’un ascenseur qui blasé de devoir toujours atteindre le rez-de-chaussée, traînerait des pieds comme un gamin qui ne veut plus rentrer chez lui. Ou bien, c’était le mouvement d’un monte-charge au cordeau invisible et tiré par un équipage de plusieurs paresseux. Bref, je ne saurais comment l’expliquer, mais je chutais plus lentement qu’une cascade au ralenti par un magnétoscope. À croire qu’une espèce fantasque et divine m’offrait comme cadeau d'accueil, le loisir d’analyser tous les détails de l’hémisphère enrobant ma propre mort. Moi qui souhaitais pourtant au préalable avant ma chute, m’assassiner le plus rapidement possible et surtout sans rater mon premier coup d’essai.
.....Il faisait chaud, très chaud ce jour-là, le soleil semblait vouloir exploser d’une canicule à faire déprimer un chameau. Et toutes les fenêtres de l’immense building étaient restées ouvertes. Mais je n’avais pas choisi ce bâtiment pour mon grand saut par hasard. C’était dans ce chatouilleur d’azur où tous les jours, je me rendais pour gratter les touches de mon ordinateur à défaut des nuages, et imprimer les yeux au ciel les millions de documents comptables que j’emmagasinais comme un forcené tous les ans. J’avais d’ailleurs gardé la veste sombre que j’étais obligé de porter pour aller à mon boulot, et cela même si le mercure dépassait les cinquante degrés, mais le léger mouvement de chute m’apportait cette petite brise juste suffisante pour aérer les pores de ma peau. Je me sentais ainsi tomber comme un oiseau en lévitation, tel à mon aise dans un cinéma climatisé sans fauteuil, en homéostasie avec l’espace, et attentif au travelling de mon paysage de béton et de verre, déroulant ses dernières pellicules sur ma rétine, au fur et à mesure de ma descente lente et mortelle.

.....Par la fenêtre du centième et dernier étage, dans une ambiance morne et sur un plan sonore curieusement prolétaire, le champagne coulait à flot. Tout le sommet du building appartenait à la brillante White & Horse Investissement, multinationale spécialisée dans les placements de fonds de pensions internationaux, et les actionnaires fêtaient sans enthousiasme leurs profits substantiels avec tous leurs salariés qui avaient le statut de directeur écrit sur leurs cartes de visite.
.....La diversité était très bien représentée dans la discussion soporifique générale. Des africains partageaient leur coupe avec des arabes vêtus de djellabas en noir et blanc, où scintillaient leurs ceintures serties d’un jaune d’or légèrement gazolé. Quant aux arabes, ils causaient avec de grands gaillards aux cheveux blonds transparents, mi taches de rousseur, mi taches de vieillesse, qui leur répondaient toujours trop fort avec cet accent texan désagréable. Un peu partout dans la grande salle, décorée sobrement de miroirs démesurés et de peintures précieuses, des asiatiques, probablement des chinois métissés avec des japonais, pratiquaient le sport de la courbette avec ferveur sans pour autant renverser une seule fois le champagne de leur coupe. Personne ne faisait attention à moi qui chutais comme beaucoup de monde dans l’indifférence générale. Mais un homme de haute taille et de teint mat, tranquillement installé silencieusement dans un coin de la pièce immense, habillé impeccablement d’un costume de coupe italienne et aussi noir que ses lunettes, m’indiqua le col de ma chemise avec un grand doigt surbagué d’or, et me réprimandant d’un mauvais geste, me signifia explicitement que j’étais trop mal fagoté. Comme obligé par l’habitude d’une accusation sociale et sans faille, je pris le temps d’ajuster convenablement ma chemise au col de ma veste, avant de continuer ma chute vers les étages inférieurs.

.....L’ambiance s’annonçait plus délurée dans les autres compartiments de la White & Horse. Car dans les étages du dessous, des boom-booms électroniques s’évadaient sauvagement par les fenêtres. Par la première ouverture qui accrocha mon regard, des hommes complétement débraillés dansaient sous des ventilateurs géants, tous bourrés en plein milieu de l’après-midi, et la plupart sautaient déjà sur les bureaux de leurs voisins. Un troupeau de femmes avinément sexy, bel échantillon post mortem de la gente à deux X, les acclamaient, vêtues de robes de toutes les couleurs plus courtes les unes que les autres. Certes la rigueur du poids des tissus était tout à fait adéquate à la dilatation du mercure, mais quand même ! Dans un festival de lingerie apparente, toutes se trémoussaient un peu partout dans les bureaux, au milieu d’un vol apocalyptique de factures, de contrats et de réclamations.
.....Soudain un parfum hautement couteux et féminin, effluve de vanille soufflée entre l’embouchure de l’épaule d’une blondasse décolorée et son affriolant décolleté jaune moutarde, me fit subitement penser à Samantha. Ma femme ! Cette petite salope qui savait charmer les braves ! Celle pour qui je me projetais à présent si lentement dans le vide. Je me demandais depuis des mois si je l’avais autant aimée qu’elle m’avait fait souffrir, ou bien vice et versa. Mais toutes ces questions de pendule à la con, c’est comme au vieux temps des grandes guerres, qu’importe la direction des batailles, quand on est pris pour de la chair à canon.
.....Malgré tout je m’en voulais à moitié de n'avoir laissé aucun message à Samantha avant ma chute. Dans le fond, on était toujours marié, ce qui sous-entend au moins de la communication, même si le sperme de son amant empestait durablement les papiers non-signés du divorce. J’aurais dû lui déballer tout mon amour meurtrier, jeter une allumette sur son tas de culpabilité. J’aurais ainsi soigné un peu de ma souffrance, juste en déposant une simple lettre écrite royalement à la plume, dans le con poussiéreux de son essuie-glace.

.....Tous les niveaux du siège de la White & Horse, dans le gland du building, vibraient littéralement de son et de lumière. Le bénéfice de cette année avait certainement été aussi dense et doré qu’un gargantuesque lingot. Chaque étage de la société montrait son tableau orgiaque, teinté d’alcool, de sexe et de cris grossiers. Lorsque j’arrivai au niveau du quatre-vingt treizième, un homme au corps de rugbyman, mais présentant une bonne figure sympathique, et muni d’une grosse voix nasillarde que complétait une cravate autour de son front, s’approcha de moi en me tendant une flûte :
_ Vous avez bien raison de prendre l’air ! me dit-il, en hachant tous ses mots. Il fait bien meilleur dehors qu’à l’intérieur, Et avec ce soleil, quel plaisir de n’avoir rien à foutre ? Hein, petit veinard, va ! Allez, tenez ! Vous prendrez bien une petite coupe ?
.....Je ne pouvais pas refuser un verre sous cette chaleur et qui plus est un verre de champagne :
_ Avec plaisir ! lui répondis-je.
_ Alors à votre santé ! Il tinta son verre contre le mien et me tapota brusquement sur l’épaule. Alors, mon cher, comment vont les affaires ?
_ Ça va, ça vient … Au gré de la crise… Mais comme vous pouvez le voir en ce moment, ça s’effondre un peu trop … lui précisai-je d’un air ironiquement sérieux.
_ La crise … Ha ha ha !
.....Il éclata de rire, ce qui lui donna un air encore plus bourré.
_ La crise, c’est rien ! Au contraire, c’est tout bon, la crise ! … Ça sert à faire de l’argent ! … Attends ! »
.....Il fouilla avec difficulté la poche arrière de son pantalon et en sortit une carte de visite toute froissée :
_ Tenez, gardez ça !
.....Un peu plus, s’il n’existait pas un demi-mètre de vide entre nous, il se serait probablement effondré sur moi. Mais nullement effrayé par le vertige, il me tendit simplement sa carte en avançant un bras de chemise musclé qui se perlait de rhum :
_ C'est rien, c’est cadeau ! … Appelez-moi si vous voulez vous faire du pognon, je vais vous en faire gagner moi !
_ Merci ... Maintenant que je sais où vous trouver, je repasserai vous voir au cours d’une autre promenade.
_ OK, me gueula-t-il alors dans l’oreille, c’est cool, passez donc me voir un de ces quatre ! Allez, je vous laisse tranquille à votre balade ! Et profitez bien du soleil, hein !
.....Puis il vida son champagne d’un trait avant de repartir festoyer avec ses collègues. Il choisit le bon moment. Juste quand les traders organisaient une chenille humaine ondulant dans une jungle de confettis entre les bureaux de la White & Horse. Pendant que je chutais, je le vis s’immiscer entre deux gros segments alcooliques. Et je ressentais comme des piqûres de bourdons, devant ma mort de haut en bas inexorable et lente, à regarder la joie s’égosiller comme le bonheur des porcs. C’était comme une pré mise à mort de luxe. Manquait plus que le cigare car j’avais déjà pris mes dispositions pour bien manger avant de sauter. Je sirotais tranquillement mon champagne en voulant m’étaler la face en lévitation d’une centaine de mètres contre le bitume. Ce tableau montrait des allures de dandy, comme l’élégant flotteur décontracté que je devais paraître, et même mon costume droit de travail savait se mettre à l’aise, sa coupe rigide et sobre polie par les courants d’air.

.....Malheureusement, mon altimètre diminuait toujours, comme un lavabo se vide goutte à goutte. Et non seulement mon verre s’asséchait rapidement, mais les autres sociétés qui se cachaient sous la White & Horse, le siège s’étalait quand même sur une dizaine d’étages, n’affichaient pas la même stratégie de réussite que le sommet du building. Fini le bling-bling, place à la carlingue ! Je traversai ainsi à la vitesse d’un escargot, gastéropode volant en lutte perpétuelle et illusoire contre la gravité, de nombreux bureaux tous identiques, et me rappelant par tellement de façons le mien, que je repris rapidement le goût de vouloir mourir très vite.
.....Chaque pièce était dessinée en noir et blanc, chaque bureau imprimé en niveaux de gris, tous remplis au ras bord de têtes de Clark Kent et de première Anna. Les mouches n’y volaient pas, certainement parce que les bureaux étaient trop bien aseptisés, mais si elles avaient pu résister aux pesticides de synthèse, on les aurait toutes entendues, tellement le silence était lourd et pesant, dans l’odeur de gel et de médicament que les fenêtres ouvertes me laissaient parvenir. Il me semblait pourtant que ces étages abritaient de grands noms. Je me souvenais au moins du prestigieux cabinet d'affaires Aberlour, et de la société Talisker qui traitait une partie des intérêts pétroliers russes. Toutes des entreprises qui pesaient pas loin du milliard. Je commençais à me demander si tout en haut du building, je n’avais pas adopté le mauvais choix de facette avant mon grand saut. Plein est. Au lieu de plein sud, où le soleil me rentrait par les yeux. La traversée par les coulisses. Car tout le spectacle des moments sérieux de travail que je parcourais sur le trajet de mon suicide, ne présentait que grisaille, têtes basses, et déception. Comme je ne remarquais personne, aucune personne ne me regardait, et ainsi, lorsque je croisais un miroir, je me voyais me balader comme un mateur fantôme parmi tous mes bureaux voisins. Mais le visage ridé d’un tel ennui profond que j’avais l’impression de flâner contre ma volonté dans une zone industrielle.
.....C’est avant tout pour tromper ma lassitude que je m’étais mis alors à compter les étages, puis je constatai que j’allais bientôt parvenir au niveau de mon propre bureau. En effet, dans la même situation de tous ces stéréotypes que je critiquais, je travaillais comme comptable au soixante quatorzième étage de ma tour des suicides depuis plus d’une dizaine d’années. On était plusieurs collègues à falsifier les comptes de Mr Johnny Walker, un américain barbu à la stature d’un gorille et au français grossier, surtout fin manipulateur de contrats litigieux reliant tous les médias du monde. Et deux étages plus tard, mon bureau me parut encore plus vide qu’auparavant. Avec sa moquette murale rêche et triste de couleur bleue grise parfaitement ajustée à ma table montée de papiers blancs, et aux multiples classeurs de métal qui lui muraillaient l’autour.
.....Il y avait moins d’une heure, par l’interminable escalier, je franchissais pour me suicider les vingt-six étages qui séparaient mon triste bureau du toit de l’immeuble, et il me venait maintenant l’impression d’y revenir comme un aimant en parachute. Et rien n’avait changé, comme rien n’y changeait jamais depuis longtemps. La photo de Samantha, où se ciblait lors de mes efforts quotidiens, l’essentiel de la couleur de l’air et des reflets du soleil, trônait toujours sur le coin gauche de la table à coté de mon écran d’ordinateur. Resplendissante comme au premier jour de notre rencontre. Ses cheveux libres et blonds, flottant autour de son épaule, comme moi à travers les fenêtres de mon bureau, effleurant cette vareuse rouge qui savait dans les décors marins, flatter la longueur de sa silhouette, et autour comme en harmonie avec eux, des mains de mer ondoyaient comme un ruban d'émeraude entre le sable blanc et le ciel azuré ; ah, si la vie pouvait tous les jours flotter comme aujourd’hui je meurs !

.....Les entreprises s’étalaient encore sur une vingtaine d’étages, avant de parvenir aux appartements. J’allumai ma dernière cigarette et déposai mon paquet à côté de mon verre vide sur le rebord de la fenêtre du premier bureau abandonné que je rencontrai. Je commençais véritablement à me faire chier, et du coup, le cerveau grand ouvert, à me poser beaucoup de questions plus surnaturelles les unes que les autres. Ma situation devenait grotesque. Pour le suicidaire convaincu que j’étais devenu, me faire profiter d’un peu de festivités, d’un bon verre de champagne, de quelques épaules dénudées de blondes vénusiennes, puis du souvenir de ma femme avant le grand pas pour ma mort, passait encore. Pourquoi pas ? Juste une ironie discrète, un petit clin d’œil divin, et paf ! Ma tête rouge et pale, comprimée au noir corbeau du goudron. Mais maintenant, dans la condition de l’ennui dans laquelle j’évoluais, face à face avec un tas de bureaux dépressifs, la cinétique de mon suicide en devenait véritablement sordide. Les dettes, mon état traumatique de solitude, l’amant de ma femme et mon profond désir de le tuer, sans oublier ma lâcheté de ne pouvoir supporter la prison du psycho serial-killer de belles gueules que je serais devenu, tout cela existera toujours quand je toucherai le sol. Et il paraissait de plus en plus évident qu’à prolonger ma chute à cette même vitesse nanométrique, on ne me donnait aucune chance de me casser suffisamment les os pour pouvoir tout effacer. Tout juste le risque de me tordre un doigt de pied pour boiter me pendre à mon appartement.
.....Tout aussi étrange que l’extrême lenteur de mon suicide, était ce fait mystique et troublant que personne ne semblait se rendre compte de sa réalité. J’apparaissais pourtant devant eux en lévitation et l’air anormalement désabusé, mais personne, excepté ce môme attendant sa maman secrétaire, que je croisais un peu plus haut, et qui me demanda comment je faisais pour flotter de la sorte, ne semblait choqué par mon état de suicidaire dandy planant dans les airs. Même si au fond cette indifférence facilitait précieusement mon désir de non compassion, car le dégoût de la complainte à ma tristesse m’avait depuis longtemps forgé mille fois la gorge.
.....Je passai enfin le cinquantième étage, la moitié de la hauteur de ma chute. Depuis que j’étais arrivé au niveau des appartements, je rencontrai souvent des fenêtres fermées. Une personne, au passage en ruine, avait néanmoins laissé la sienne ouverte, et je traversai le salon d’une famille qui pique-niquait du métal d’une manière si étrange, qu’un moment, je me crus moi-même tout à fait normal. Ils étaient quatre : les parents buvaient tranquillement des grand verres d’or noir, assis par terre avec deux enfants dépareillés et frissonnants qui s’amusaient avec des parties de boulons. Il n’y avait pas de meubles, pas même de table, juste des coussins et des caisses militaires semés au hasard dans l’unique pièce, où une grande nappe rouge avait été dressée bien au milieu. C’était sur cette cible de sang que la famille était disposée. La gosse posait d’un air de crasse, avec ses cheveux bouclés emmêlés et les taches d’huile qui lui striaient le visage. L’autre môme, gamin d’à peine cinq ans, semblait plus propre, vu qu’on discernait plus nettement les traits blessés de son visage livide. Le père et la mère ne me regardèrent pas une seule fois, comme s’ils ne voyaient plus qu’eux. Par contre les deux enfants m’aperçurent tout de suite, en me scrutant d’un air vide et sec, tandis que les calots de fer roulaient sur le plancher crotté. Et je compris tout de suite qu’il leur était interdit de franchir le cercle rouge. Comme instinctivement ils savaient que je ne pourrais jamais rien faire pour eux.
.....Ce que des yeux sans larmes, au contour aride et au puits ridé par la tristesse, peuvent irradier comme douleur ? Cent fois plus que les rétines pleureuses ? En tout cas bien suffisamment pour me décider à refermer mes yeux de suicidaire un long moment.




(à suivre)


© Mr B.
Janvier 2012


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Marcel42


Le poète est un collectionneur de mots. Dans son album, chacun devient une fleur imaginaire.
   
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27 octobre 2017
  Publié: 3 avr 2012 à 01:03 Citer     Aller en bas de page

Une nouvelle surréaliste dans une prose très poétique.
Cordialement,
Marcel.

  Marcel
Jeanne


Les mots savent de nous ce que nous ignorons d'eux. René Char
   
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  Publié: 3 avr 2012 à 16:23 Citer     Aller en bas de page

J'ai accroché et j'ai bien envie de lire la suite...
A très bientôt donc
Amitiés
Blottie

 
Chevalier Liqueur


Je ne suis pas là pour être aimé...
   
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17 septembre
  Publié: 6 avr 2012 à 08:03 Citer     Aller en bas de page

J'ai bien accroché le concept de la chute au ralenti.
J'attends aussi la suite.

Bises.

  N'attends pas que je sois tombé pour la France...
Mr Barnabooth


Je suis mon régicide et ma propre victime
   
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  Publié: 6 avr 2012 à 11:43
Modifié:  6 avr 2012 à 12:58 par Mr Barnabooth
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Merci à tous les trois pour vos commentaires, ça fait d'autant plus chaud au cœur que ce texte a été crée dans le labeur, avec des briques de doute et du ciment de sueur ...

La suite est déjà écrite, en plusieurs parties, et la fin quasi signée ...

Ne restez pas trop sur le style de la chute, car la continuité risque de vous surprendre ...

Je publierai la seconde partie très prochainement, en espérant que l'histoire de ma plume vous plaise autant ...

Amitiés de Mr B.

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2 août 2013
  Publié: 10 mai 2012 à 06:09 Citer     Aller en bas de page

Merci Sienkiewicz pour ton commentaire constructif et tes comparaisons flatteuses ... Je ne suis pas encore complètement satisfait de l'ensemble mais ce second essai restera au moins une étape dans mon désir de prose ...

Les suites sont différentes, toutes ont leur propre style et leur finalité, je serais intéressé après ta lecture de connaître ton avis sincère sur les autres chapitres.

Amitiés

Mr B.

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