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LPDP :: Nouvelles littéraires :: La chute / chapitre 2 : Black straight bourbon (c&c) Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Mr Barnabooth


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  Publié: 8 avr 2012 à 12:05
Modifié:  12 mai 2012 à 18:14 par Tilou8897
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La chute



À Boris Vian, il comprendra pourquoi.



Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
Effectivement tu es en retard sur la vie
La vie inexprimable.

René Char





II

Black Straight Bourbon





_ Vous avez bien du courage d’agir comme vous le faites ?
.....La surprise faillit me faire sauter dans le vide, ce qui aurait été drôle, si seulement cela avait été possible. Je rouvris brusquement mes yeux. Un vieil homme me dévisageait, tranquillement accoudé sur la balustrade de son minuscule balcon, il gobait du ciel bleu d’un air profondément malheureux. Il avait une tête à la Philippe Noiret, mais avec des lunettes et sans les cheveux. Seules deux tempes argentées brillaient au soleil, comme deux réverbères du Second Empire autour de ses oreilles :
_ Vous avez bien du courage d’agir comme vous le faites ? me répéta-t-il.
_ Quoi donc ? lui demandai-je.
_ Ben … De pouvoir vous suicider avec autant de sérénité !
_ Parce que vous, Monsieur, vous vous rendez compte que je suis en train de me suicider ?
_ Je vous ferais quand même observer que vous tombez d’une tour de cent étages, et il reste bien plus de trente mètres d’ici jusqu’au sol. Et même si vous chutez très lentement, ce qui je l’admets est fort curieux, vous n’en paraissez pas moins tomber posément dans le vide et dans le calme. Un meurtre vous aurait bien plus inquiété, il me semble. Et vous avez conservé un air tranquille, voire même un semblant de sourire apaisé. Ce qui m’oblige à penser que vous êtes tombé de vous-même. Donc il me parait clair que la définition d’un tel acte est un suicide.
_ C’est exact Monsieur ! Mais puisque vous êtes le seul être vivant de cet immeuble à l’avoir remarqué, permettez-moi quand même d’en être étonné.
_ Bah … Vous savez, dans notre société, très peu de gens s’intéressent concrètement aux réalités de ce qu’il s’y passe. Donc un exemple de plus ou de moins ne changerait pas grand-chose. En tout cas je me répète, vous avez bien du courage !
_ Ce n’est pas bien compliqué vous savez, quand on a les bonnes raisons, il suffit juste de se laisser aller.
_ C’est sûr, mon p’tit gars, c’est sûr … Mais pas toujours suffisant tu sais (il avait soudainement pris le parti assez juste de me tutoyer) ! J’ai connu dans ma vie tout un tas de gens qui avaient les meilleures raisons du monde pour s’envoyer en l’air, mais tous restaient accrochés à la rambarde. Vous croyez, vous les jeunes, exister comme les seuls êtres vivants à n’avoir jamais connu d’autre paysage qu’un dépotoir de merde. Dans un sens, vous n’avez pas tout à fait tort. Vous vivotez dans un tel marasme social que l’apocalypse devient pour vous plus une solution aujourd’hui qu’une conclusion en soi. Mais ce n’est pas pour autant que cela va remplir les placards à suicide. Plus de pauvres restés sur le trottoir pour y crever la dalle ! Ça oui, c’est certain ! Mais plus de noyés dans le canal, là je n’en suis pas si sûr ! Bizarrement l’humanité se suicide en permanence, quel que soit le bonheur de sa société. Il faut croire qu’un homme parvient toujours, même soutenu par une réussite sociale certaine, à se trouver suffisamment de bonnes raisons pour se tirer une balle dans la tête. Et quand son environnement lui en procure enfin, dans un contexte élevé de causalité à tout laisser tomber, il se dit alors qu’il serait trop bête de gâcher sa vie comme un seul shooter inutile. Il préfère donc survivre pauvrement pour la confier plus tard à une révolution qui en nourrira ses chiens. En gros ce que je te dis, c’est plus une société tourne mal, et plus l’homme à l’intérieur trouvera des raisons de survivre dans sa lutte illusoire pour la remettre en ordre.
.....Je restai circonspect sur cette dissertation aussi arguée qu’illogique et j’étais d’autant plus énervé de n’avoir aucune réplique en tête à lui répondre :
_ Et vous ? m'exclamai-je alors brusquement.
_ Moi quoi ?
_ Vous le professeur de suicide qui semblez tout savoir, vous êtes heureux dans ce monde de merde ?
_ Comme tout le monde, mon gars. Je passe une moitié de mon temps à me demander pourquoi et l’autre moitié à me demander comment.
_ La retraite est belle ? me moquai-je.
_ Misérable et dilapidée.
_ Des femmes ? Des enfants ?
_ Ceux que j’ai aimés. Tous partis.
_ Pourquoi ?
_ À cause de la femme du douzième.
.....J’éclatai d’un rire cynique tellement la situation me paraissait cocasse :
_ Et avec tout ça vous n’avez jamais eu comme moi l’envie de sauter ?
_ Bah, y’a bien longtemps peut être, je ne me souviens plus très bien de toutes mes tentatives. Mais aujourd’hui, à mon âge, plus besoin de sauter d’un building, je serais déjà trépassé à monter les étages. Non, il me suffit juste maintenant d’être un peu patient. De passer du bon temps, quoi ! Fumer quelques clopes, boire du pinard à table, plus quelques verres d’un bon whisky. Et le Facteur Funèbre se chargera du reste … Mais je dois te dire Petit, j’admire vraiment ton courage…. Allez tiens ! Accroche donc un peu ta cravate à la balustrade, on va causer autour d’un bon vieux Chivas de vingt ans d’âge.
_ Et pourquoi pas, mon vieux monsieur. (S’il m’appelait mon petit, je pouvais quand même l’appeler mon vieux, non ?) Un dernier verre avant l’impact ne sera pas de trop.

.....Je fis donc tomber ma veste sur la rampe de son balcon, détachai ma cravate du col de ma chemise, et de la boucle de mon ceinturon, réalisai un double nœud de soie autour de la balustrade. Un instant plus tard, le vieux revint de sa cuisine avec deux verres et un flacon de son époque, comme ces bouteilles de scotch à fond carré qu’entre deux mauvais acteurs moustachus, on peut apercevoir dans certains vieux sitcoms de la télé américaine. Dans la situation étonnante de mon corps immobile comme une bulle d’air en suspension, j’éprouvais cette impression décalée d’un milliardaire ondulant sur un fauteuil flotteur dans la piscine d’un hôtel de luxe, où le concierge aurait remplacé le barman. Il n’en servit pas moins impeccablement les deux verres dans un seul geste, puis il m’en tendit un :
_ Bah tu sais, me rétorqua-il en trinquant son whisky avec le mien, avec une gravité aussi faible que celle-là, tu ne risques pas de te casser grand-chose mon p’tit gars. Tu m’as plutôt l’air d’être bien protégé par les dieux, toi hein ? Même si d’ailleurs, tu ne me parais pas du genre à croire en grand-chose.
.....Il venait de toucher là un point sensible. La rouille d’une question qui érodait le fond de ma cervelle depuis le début de ma chute. J’avais toujours été profondément athée et grand répulseur de miracle, il me faudrait accepter le fait que j’allais bientôt devenir le témoin principal d’un des plus retentissants désormais :
_ Mais si je ne sais pas comment l’expliquer, je ne vois pas non plus ce que je pourrais faire pour optimiser mon suicide, me défendis-je. Peut-être subirais-je une accélération avant de toucher le sol. Sinon, je tomberais comme sur un tapis de mousse et je prendrais alors le temps d’écrire un mauvais bouquin sur cette histoire de fou avant de recommencer.
.....Cette alternative me fit sourire. Une apparition métaphysique pouvait changer la face d’une vie, après tout. Je demandai au vieux déprimé :
_ A propos, à quel étage sommes nous ?
_ Au trente-troisième. Dans le haut de la base, et à l’orée du second tiers.
.....Le cynisme de mes trente-trois ans obtenu justement la veille me donna la subite envie de tremper au verre mes lèvres, comme un bateau balancé sur une mer de bourbon le jour d’anniversaire de son capitaine. Mais le whisky, aussi bon fut-il, me brûla la gorge dès la première rasade, ce qui eut pour effet de me faire tousser comme un bleu qui ne connaissait pas l’alcool. Le vieux se moqua de moi en un sourire horrible, pendant que j’apercevais pour la première fois l’immondité de ses dents gâtées :
_ C’est pas une liqueur pour les mauviettes, hein mon gars !
.....Et il engloutit son verre d’un coup sec, aussi vite qu’il s’en resservit un autre direct :
_ J’ai avalé de travers, lui mentis-je, en me forçant d’ingérer ma seconde gorgée comme un vieux cowboy. Mais je vous remercie, Monsieur, pour cet excellent whisky.
_ Tu m’étonnes mon gars, c’est mon carburant quotidien. Le moindre de mes sous est échangé immédiatement contre ce précieux nectar. Je te le conseille. C’est la meilleure élévation avant de replonger.
.....De manière générale, je n’arrivais jamais à donner précisément un âge aux séniors, et ce vieux monsieur bizarre ne dérogeait pas à la règle. Entre soixante et quatre-vingt ans, je présumais. Il était encore bien bâti, et autant le dire, beaucoup plus costaud que moi. Mais l’expression ridée de son visage m’apparaissait tellement morne, ses mouvements si apathiques, qu’il ressemblait à mes yeux plus véritablement à une statue délabrée, chauve et désenchantée, comme le marbre d’un vieil empereur romain sur le déclin. Seule sa bouche que des cernes laissaient pourtant refermée, si elle ne s’abreuvait pas de whisky, exprimait la vivacité d’un animal de chair et de sang, et je pressentais curieusement, au fur et à mesure que l’alcool nous asséchait, qu’il n’allait pas tarder à mordre ou à piquer :
_ Et vous, alors ? le devançai-je.
.....C’était la seconde fois que je lui balançais brusquement cette interpellation, et j’avais l’impression de lui foutre mon poing dans la gueule à chaque fois :
_ Moi quoi ?
_ Vous êtes bavard de philosophie à deux balles, mais vous ne parlez pas beaucoup de vous, ni de vos raisons qui soulignent cette expression profondément abattue que l’on peut lire sur votre vieux visage.
_ C’est que je n’ai rien d’autre à raconter qui soit vraiment plus intéressant que toi.
_ Même pas à propos de la femme du douzième ?
_ Rien de plus à préciser que c’est une sacrée salope. Mais tu connais déjà ça, toi ? On connaît tous les deux les étapes, non ?
.....Il m’avait clairement mouché une seconde fois. Toutes des salopes ! C’était la sale expression qui me sillonnait le cœur depuis ma rupture avec Samantha. Et cette dépression me lacérait les tripes que mon avis à propos des femmes ne devienne résumé que par ce simple constat. Longtemps, je me suis refusé de le croire, non vraiment, je ne le voulais pas, mais plus rien n’y faisait. Si je réfléchissais un tant soit peu à ma vie, j’en revenais irrémédiablement couché sur la souillure de cet écho, comme blessé de la conclusion de mon dégoût durable des femmes qu’avait fait exploser mon amour maudit de Samantha :
_ Alors ! Je n’ai pas raison, reprit le vieux ? Les histoires de suicide au masculin sont toutes les mêmes. C’est d’abord à cause d’une femme, et c’est surtout parce qu’on se fait chier sans elle. Ce qui t’a fait sauter, mon gars, et c’est aussi ce qui me force à boire sous quarante degrés en plein après-midi, conclut-il en finissant son second verre cul sec. Bien plus précisément que tu ne pourrais le croire !
.....Et c’est justement à ce moment précis, dans la déglutition de sa vieille bouche que je remarquai la photo qui me chatouillait les yeux pour la énième fois, sur une commode de sapin usé, servant de séparation entre la cuisine et le salon. Les mêmes cheveux blonds, la même silhouette enrobée de rouge, et ce même décor de paysage marin bleu sur blanc. La photo de Samantha. Ce qui s’avérait pourtant impossible. Et assurément farfelu. Comment ce vieil homme pouvait-il entretenir une quelconque relation avec Samantha ? Toute sa famille que j’avais rencontrée quelques fois, habitait toujours dans le sud, à un bon millier de kilomètres d’ici. L’incompréhension totale me submergeait, et si j’étais déjà tombé un tant soit peu, je ressentis brutalement l’impression de chuter pleinement dans un gouffre géant. Puis nos deux regards s’entrecroisèrent comme deux lames d’acier choquées par la surprise :
_ T'as l'air tout drôle, quelque chose ne va pas mon p'tit gars ? me demanda le vieux, que la déconstruction de mon visage rendait plus alerte à mon égard ?
.....Je lui montrai la photo violemment du doigt et je l’attrapai difficilement par l’épaule ; c’est qu’il était vraiment encore costaud ce vieux con pour son âge :
_ Ça veut dire quoi cette putain de photo sur ta commode ?
_ Quoi ? Ah oui, la photo ! De toute façon, il aurait bien fallu que tu la vois ? Ça doit te faire un choc, hein ? Laisse-moi te répondre précisément : c’est juste une photo qu’on aurait dû tous les deux brûler depuis longtemps.
_ Mais c’est la photo de Samantha, mon vieux ! C’est à cause d’elle que je me suis jeté de ce putain d’immeuble ! Et je la retrouve maintenant chez toi ? C’est quoi ce bordel, C’est une blague ?
_ Figure-toi que j’aurai préféré ne jamais avoir à la connaitre ta putain de femme ! Et oui, c’est bien elle, la femme du douzième ! Je comprends, Gamin ! C’est difficile à croire ! Mais la femme qui a rompu ton couple et pour laquelle tu lévites à présent comme un satellite autour de mon balcon ! C’est la même salope qui a brisé le mien et pour laquelle je m’enivre tous les jours !
_ Quoi ? C’est impossible ! Samantha ! La femme du douzième ! Dans tes rêves vieillard ! Je sais où elle habite ! C’est de l’autre côté de la ville, et surtout pas dans ce putain de building à la con !
_ C’est vrai qu’elle habite toujours rue des quatre roses, dans le quartier d’Oban. Mais cela fait main …
.....Je n’entendis pas la fin de sa phrase, cette dernière se transformant en courant d’air. L’exactitude de son adresse venait de me frapper comme une batte de baseball. En pleine tempe. Sans pour autant me faire tomber à la renverse, j’étais toujours retenu dans les airs par la soie de ma cravate. Vraiment, non, rien de toute cette histoire ne tenait debout, et je ne parvenais toujours pas à croire en mon cauchemar. L’amant de ma femme, ce coquin-connard responsable de tout mon merdier, l’homme que je voulais assassiner de mes propres mains, ce mécréant sexuel, c’était impossible ! Ce n’était pas réel ! Il ne pouvait pas incarner ce vieux croulant alcoolique, sale cocker miséreux et poussiéreux, au balcon duquel j’avais accosté tranquillement ma barque ! Je tentai dans le doute de lui arracher l’épaule mais elle resta bien en place, plus ferme que ne l’étaient mes doigts, et il retira aussitôt la faible ancre de mon bras en ricochant dessus le sien d’un coup sec. Il me prit alors brutalement par le col avec ses deux mains, ma chemise s’y déchira, mains de bûcherons qui devinrent au plus près de ma pupille des pelles humaines carrément énormes :

_ Vous … Vous … Vous êtes le gars qui m’a trompé avec ma femme ? fut la seule défense que je lui ricochais dans la face.
_ Pour ce qui est de l’ordre, mon gars, je ne suis pas au courant de tout, me répondit-il en me jetant un visage agressif.
.....Des postillons alcoolisés s’égaillaient autour de nos deux bouches qui étaient bien trop proches l’une de l’autre à mon goût :
_ Mais c’est exact, reprit-il, j’ai malheureusement couché avec ta femme qui a brisé ma vie comme la simplicité du cristal tombé par terre.
_ Comment c’est possible ?
_ J’ai croisé Samantha un beau jour l’année dernière dans un ascenseur de cet immeuble. Quand j’y repense, elle venait certainement te rejoindre à ton bureau. À bien plus de soixante ans, j’avais encore tout pour être heureux : argent, toujours de bonne santé, famille. Dès mon premier regard posé dans l’appât de ses prunelles de pute, j’ai su que j’allais tout claquer pour pouvoir la baiser. Et c’est ce qui s’est passé ; j’ai déboursé tout mon pognon pour lui plaire, puis je l’ai baisée, en enterrant bêtement ma conscience sous une tombe. La suite, tu la connais, évidemment ma femme et mes enfants l’ont découvert. Et tout le monde s’est rapidement barré. Dans la même semaine.
_ Tout ce que tu me racontes, c’est des conneries ! Samantha m’a quitté il y a seulement trois mois !
_ Juste la confirmation que ta femme est définitivement un parasite, mon pauvre ami.
_ Tu dérailles, tu dis n’importe quoi, vieux con … !
_ Elle vit depuis près de trois mois chez son nouvel amant, un illustre professeur de glenmorangie, le plus grand spécialiste au monde de l’étude des artères reliant le cœur au foie, un chirurgien richissime qui possède la plus grande terrasse de l’immeuble au douzième étage, où est situé aussi son cabinet. Tiens, tu vas rire ! (il me donna l’occasion d’admirer une nouvelle fois sa dentition dégueulasse, et en gros plan en plus !) Figure toi que ce salaud est tellement réputé qu’il connaît du beau monde sur l’ensemble de la planète ! Le Président Duff, le Colonel Mac Allister, la chanteuse Britney Ballantines. Et j’en passe ! Parait même qu’il aurait remis à neuf Keith Richard, en nettoyant tout son foie de rocker débauché ! Elle a plutôt bien choisi sa proie ta Samantha sur ce coup-là !
.....Nouvel uppercut. Cette fois ci en plein sur la zone cardiaque, mais le temps de prononcer un mot, le vieux me ballotait déjà comme si je ne voulais pas me rendre à l’abattoir. J’entendais à peine les craquements de ma chemise. Puis il me balança une grande baffe du côté droit, on aurait dit la main de Lino Ventura corrigeant la jeune Adjani :
_ Et maintenant, tu vas arrêter de jouer au jeune con ! me cria-t-il dans les oreilles. Et tu vas m’écouter mon bonhomme, parce que je ne te le répéterai pas deux fois ! Je vais t’expliquer une bonne fois pour toute, ce que tu vas faire !
.....Par une glu de peur et de surprise, j’avais la gueule collée. Les muscles de ce vieux fou ne correspondaient définitivement pas avec son visage saccagé par la vieillesse. Mon silence le détendit quand même un peu, tranquillisa au moins le ton de sa voix :
_ Hé ouais mon gars, que veux-tu que je te dise ! On s’est bien fait baiser tous les deux, et puis c’est tout. Toi plus longtemps que moi c’est vrai. Mais la blessure reste la même, et on n’est pas les responsables. Et tu sais le pire ! Pendant qu’on souffre, qu’on agonise, qu’on répand notre fumier en voulant se tuer ou s’entretuer, Samantha continue de son côté la destruction masculine autour de son passage. C’est pour ça que tu es là, reprit-il après un bref silence, y’a pas d’ironie au hasard ! Tu n’arrives toujours pas à comprendre pourquoi ton suicide ressemble à un ballon de baudruche ? Et bien moi je vais te l’expliquer clairement ! T’es là pour venger tous les hommes ! Et tant que tu ne l’auras pas fait, tu ne parviendras jamais à mourir.
_ Comment cela ?
_ Tu dois buter cette pétasse, Gamin ! Y’a pas d’autres alternatives ! C’est pour cela que tu es parvenu en flottant jusqu’à moi. Et c’est pour t’y préparer que je t’ai offert ce verre. Puis certainement un second bientôt, parce qu’avec ta figure toute bleue, faudrait pas que tu tombes dans les pommes avant d’accomplir ta mission !
.....L’idée d’une caméra cachée ou d’un jeu de télé-réalité m’effleura tout à coup l’esprit. Mais le vieux me resservit quand même une double dose de Chivas. Comme pour me prouver qu’il ne déconnait pas, devant ma mine intégralement hallucinée, il me montra aussi un léger poignard tout neuf en ivoire qu’il dissimula dans le fond de ma poche. Et bien après avoir décroché mon nœud de cravate, entre plusieurs gestes d’encouragements manuels, il me regarda encore longtemps chuter libre comme un cosmonaute dans l’espace, sirotant plusieurs verres du haut de son balcon, accoudé près de ma veste que j’avais laissée en paix sur la rampe. Pendant ce temps, je descendais, je chutais le regard perplexe et en berne, inexorablement tuer ma femme adultère au douzième étage, en tripotant nerveusement dans ma poche le métal de sa lame.






(à suivre)




© Mr B.
Février 2012





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Jeanne


Les mots savent de nous ce que nous ignorons d'eux. René Char
   
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  Publié: 8 avr 2012 à 15:04 Citer     Aller en bas de page

Totalement étrange et bien ficelée cette histoire. ça me fait penser dans le film "la haine" au gars qui tombe et ne cesse de se dire "jusqu'ici, tout va bien..."
J'attends la suite...avec impatience.
Blottie

 
datura.✿


Existe car il parait que tu existes
   
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  Publié: 8 avr 2012 à 16:57
Modifié:  8 avr 2012 à 17:01 par datura.✿
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L'idée est sympa (le début un peu dense mériterait peut-être d'être simplifié, j'ai failli m'arrêter là) mais finalement pas mal, par contre y'a des incohérences bizarres ou des omissions (je veux dire plus qu'un type qui tombe sans tomber devant un balcon) par exemple pour le temps qu'il est resté avec sa blonde ou avec l'ancien.

des suites logiques pas si logiques que ça

L'idée de les faire se renconter, leurs deux moyens de destructions (quoi que clichés) et leur paroles sont sympas. On distingue bien les deux personnages et leurs "voix" respectives.

la suite peut être fun

dommage que l'on perde l'incongruité de la situation, je veux dire là où ça devient vraiment dantesque c'est quand on arrive à établir une cohérence dans l'incohérent. anyway

si tu le retravaillais il pourrait être vraiment fun

par contre, bien que la citation poutre un Poney elle ne me semble pas vraiment coller avec le texte.mais c'est un simple ressenti et puis vaut mieux mettre des citations miteuses, on apprécie d'autant mieux la valeur d'un texte qui arrive à les dépasser

 
Marcel42


Le poète est un collectionneur de mots. Dans son album, chacun devient une fleur imaginaire.
   
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  Publié: 9 avr 2012 à 01:40 Citer     Aller en bas de page


Cordialement,
Marcel.

  Marcel
Mr Barnabooth


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  Publié: 18 avr 2012 à 09:35
Modifié:  18 avr 2012 à 09:38 par Mr Barnabooth
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Merci pour toutes ces lectures, anonymes ou non,

Oh la la j'ai seulement rajouté c&c parce que j'ai particulièrement besoin d'avis et de critique à propos de ce texte, et non pour la correction, merci pour les compliments de ton commentaire, après ma première nouvelle "toutes des cruches" pour ceux qui l'ont lue l'année dernière, et cette année "toutes des salopes" on va finir par me prendre pour un misogyne, mais je tiens à vous rassurer les filles, c'est d'une part un peu comme les frites mac cain, plus on en parle et moins on y croit, et d'autre part ce n'est pas du tout l'essence qui a motivé l'écriture de cette histoire ... Mais pour donner envie à tous ceux qui n'aiment pas , j'enchaîne bientôt avec ma troisième nouvelle "toutes des saintes"

Enfin bref c'est vrai qu'à creuser autour des femmes on peut trouver toute sa vie des trésors de littérature ...

Cela étant dit, Datura, pour répondre à ton com, je te dirai : c'est exact quand on part d'une idée complètement incohérente, on crée forcément des incohérence, c'est d'ailleurs pour cela que j'ai fait accrocher mon personnage à la balustrade par son nœud de cravate.
A mon sens, pour qu'elle puisse vivre, cette incohérence, il est important de préciser par ci par là quelques touches de concret, de réalisme, mais il ne sert à rien de scientifiser l'ensemble, si l'on veut que le ton reste "absurde"
la suite peut être fun ? je l'espère bien, on verra, et quant à la cohérence dans l'incohérence, tu me diras ce que t'en penses aussi à la fin, enfin je le retravaillerai peut être l'année prochaine mais là j'ai déjà donné et je n'ai pas encore fini de donner, donc pour le moment ce qui est déjà bouclé reste comme ça , mais je suis preneur de toute critique et suggestion pour améliorer le résultat ...


Marcel, Oh la la, Datura, Blottie, encore une fois merci pour vos traces, la troisième partie est déjà écrite mais reste en phase finale de correction, elle sera publiée quand la dernière virgule sera enfin justifiée.

Amitiés de Mr B.

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Chevalier Liqueur


Je ne suis pas là pour être aimé...
   
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  Publié: 24 avr 2012 à 11:08 Citer     Aller en bas de page



Vas-y j'aime!

Bises

  N'attends pas que je sois tombé pour la France...
Mr Barnabooth


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  Publié: 27 avr 2012 à 13:11 Citer     Aller en bas de page

Merci chevalier pour tes encouragement , je vais bientôt publier la suite aux doigts de tourbe...

  Si tu copy mes textes, je te casse la gueule ! ... Right, mec ?
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