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Joker


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  Publié: 6 avr 2017 à 07:09
Modifié:  12 avr 2017 à 15:28 par Joker
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Mon bourreau

Chaque soir, je parlais à Cunégonde à la taverne de la rue du Haut-Moulin et, voilà la conséquence, je me retrouve attaché au pilori, point de mire de tous les regards. Mon rival, un châtelain qui raffole des roturières m’a sévèrement puni pour l’exemple. La volonté du prince dans toute sa sévérité s’est exprimée sans autre forme de procès. J’espère qu’un jour le peuple de Paris se révoltera contre ces injustices. Il pleut. Les gargouilles de la cathédrale crachent des tonnes d'eau sur la foule qui s'est amassée sur le parvis, à quelques encablures du château de mon rival. Le clocher sonne le glas avec quelques minutes d’avance. Toutes sortes de badauds affluent, attirés par les lamentations d'un homme innocent prêt à être sacrifié sur l'autel de l'amour. L’amour d’un étranger pour une Parisienne. Dans la foule, je reconnais la fameuse catin du Pont-Neuf et mon ami crève-la faim à la voix nasillarde. Le service d'ordre est assuré par des archers, des arquebusiers, des arbalétriers et par vingt-deux lanceurs de pierres.

Bizarrement, il n'y pas de corbeau dans le ciel, ces oiseaux de malheur. Seules des mouettes venues de la Seine survolent l’île de la Cité. Soudain, c’est le silence à peine rompu par le bruit des gouttes d’eau qui se fracassent sur les pavés, puis un roulement de tambours. Mon cœur bat à tout rompre. Le bourreau avance avec son acolyte. Par sa démarche gracieuse, je comprends que c’est une femme qui me donnera le coup de grâce. Elle porte une longue cape noire capuchonnée et un masque métallique. Un vent glacial s'engouffre dans la vallée de la Seine et s’abat sur mon corps frêle à peine enveloppé d’une guenille déchirée. La chaleur du bûcher me réchauffe quelque peu. Je pleure. Le bourreau s'arrête devant moi, son acolyte me demande ma dernière volonté. Je lui réponds : « Un baiser de mon bourreau ».

J’ai toujours les mains attachées dans le dos. Elle prend ma tête d’une main ferme, déplace le bas de son masque et me donne un câlin langoureux qui a un goût de fruits rouges et d'agrumes comme un vin de Loire. L’assistance est sous le choc par ce geste inattendu que tout le monde réprouve car, en cette époque d’hygiène douteuse, la grande majorité des personnes dégagent une haleine de cheval et ont des dents cariées. Henri IV ne s’était lavé que quatre fois dans sa vie, il avait l’odeur d’un fauve. Sans doute ignorent-t-ils que le bourreau est une femme. C'est le comble de l'horreur. La foule se disperse. L’acolyte quitte la scène du supplice en courant. Le tonnerre gronde dans le ciel et la foudre rate de peu mon ami crève-la faim. Un groupe de moines se signent. Les lanceurs de pierres sont en débandade. Un maréchal ferrant oublie ses outils dans sa fuite. La catin du Pont-Neuf a disparu. Je reste seul avec elle sur le parvis déserté de la cathédrale Notre-Dame. La pluie s'arrête subitement. Les gargouilles n'ont plus rien à cracher, mais gardent leur gueule grande ouverte et nous dévisagent de leurs yeux exorbités. Le feu du bûcher s’est éteint. Un rayon de soleil éclaire son visage masqué qui scintille. «Mais qui êtes-vous ? ». Un silence interminable s’installe. Je sens qu’elle hésite à retirer son masque. Le suspense est à son comble. « Je sais qui vous êtes, vous n’avez pas besoin de me répondre. Vous êtes Cunégonde. Ce soir, faites-moi un bouillon de pieds de porcs, je viendrai manger avec un ami » lui dis-je. « Non, j’ai mieux pour vous. Vous mangerez une poule d’Inde mijotée dans son jus, avec notre nouveauté, des pommes de terre ».


  Une insurrection des vulnérables face aux infaillibles
libellules

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  Publié: 6 avr 2017 à 08:43 Citer     Aller en bas de page

Incroyable histoire magnifiquement racontée.
J'ai eu l'impression vers la fin de passer de la 'réalité historique' au rêve.

Amitiés

  Libellules
Joker


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  Publié: 6 avr 2017 à 09:25 Citer     Aller en bas de page

Merci Libellules. Tu ressens bien les choses. Dans une version antérieure lue par Varh, c'était un rêve. Pour une même histoire j'ai toujours 36 versions comme tu le sais.

Amitiés,

J.

  Une insurrection des vulnérables face aux infaillibles
Varh


la vie, ce rêve réel qui peut se tranformer en cauchemar en gardant les yeux ouverts; je les ferme
   
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23 décembre 2019
  Publié: 6 avr 2017 à 18:14 Citer     Aller en bas de page

Encore une surprise de taille.... Joker A, combien as tu de cartes dans ta manche ????
Superbe... Cette facilité de passer du rêve à l'Histoire et de l'Histoire aux histoires... et quand les unes rencontrent les autres alors... un bouquet de senteurs diverses mais toujours harmonieuses...
la faim d'un plaisir sans fin ...

Je ne me lasse pas de tes textes ... la magie opère encore et encore...

Merci Joker A
Mon amitié sincère

V.T

PS : Libellules ... Tu as l’œil aiguisé et tes commentaires sont toujours justes... Mon amitié

 
Joker


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20 juillet
  Publié: 6 avr 2017 à 19:10 Citer     Aller en bas de page

Merci Varh T. Tout le plaisir est pour moi.

J. A.

  Une insurrection des vulnérables face aux infaillibles
Maschoune

Modératrice


Un petit baiser, comme une folle araignée, te courra par le cou... A. RIMBAUD
   
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30 juillet
  Publié: 12 avr 2017 à 10:01 Citer     Aller en bas de page

Franchement ?... J'ai adoré !!!

  "Me reviennent les instants partagés. D'autres ont disparu. Et s'inventent ceux que j'ai manqués."D. de Vigan
Joker


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20 juillet
  Publié: 12 avr 2017 à 15:40 Citer     Aller en bas de page

Merci Maschoune !

  Une insurrection des vulnérables face aux infaillibles
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