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LPDP :: Nouvelles littéraires :: Décembre 1916, sur le front : 48 h dans une tranchée pas com Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Y.D Cet utilisateur est un membre privilège


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  Publié: 4 nov 2018 à 08:19
Modifié:  5 nov 2018 à 04:28 par Emme
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Ecrit en 2014 je reposte en 2018 ; Dernier clin d’œil à nos aïeux, ils sont entrés maintenant dans la grande Histoire
1914/2014 Il y 100 ans débutait la grande guerre

Décembre 1916, sur le front : 48 h dans une tranchée pas comme les autres


Décembre, humide et froid transperce les capotes, les godillots, les bandes molletières… Les corps martyrisés par l’hiver n’ont pas le choix. Ils se taisent. À quoi bon hurler sa rage d’être dans la fosse commune. Résignés, attentifs aux regards de camaraderie, ces petits éclats de lumière, qui s’entrecroisent, réchauffent le peu d’humanité qu’ils gardent au fond de leur cœur.

La fin du mois est proche, en principe le bataillon ou ce qu’il en reste, doit être relevé. Un mois de front, un mois de tranchée à partager avec la boue, les rats… Un mois sans aucune toilette de corps, un mois de vermine qui laboure la peau, la barbe qu’ils grattent au sang, un mois de sommeil haché.
La nuit, un travail de docker, pour réalimenter la tranchée en munitions. La nuit, des veilles à se crever les yeux pour observer les ombres obscures. Ne pas voir un groupe de corps francs allemands qui rampent sous les barbelés, c’est des gorges tranchées, des pluies de grenades qui tuent des dizaines d’hommes et qui laissent une entrée béante pour une attaque ennemie.

Et le jour, dès l’aurore, des tirs de barrage, un déluge de feu interminable, qui obligent chacun à se protéger comme il le peut. Reconstruire les abris casemates, deviner, anticiper la tombée des obus en fonction du réglage supposé de l’affût des canons, évacuer les blessés, entasser les morts pour que la tranchée ne s’engorge pas et puis attendre à son poste, les canonniers pour la riposte, les chargés de mitrailleuses pour contenir la charge, les fantassins, baïonnette au fusil pour les corps-à-corps.
Tous, les tripes nouées de coliques attendent… les ordres…

Une rumeur rassure les poilus. L’état major n’aurait pas prévu d’attaque dans les prochains jours. Non pas, par compassion pour les hommes mais par simple calcul. Il sait que les mitrailleuses allemandes ont décimé 50% du bataillon, et maintenant, le nombre de soldats est insuffisant pour simplement s’approcher des lignes ennemies. La prochaine attaque sera lancée par la relève.
Par contre, les hommes savent qu’ils devront aller chercher les camarades qui gisent dans le no man’s land.

Dans cette guerre absurde, il y a quand même quelques comportements, qui s’apparentent à des actes civilisés. Un accord tacite, un accord d’habitude permet à chacun de récupérer ses blessés et ses morts dans une relative sécurité. Malheureusement, personne ne peut exclure un sniper, qui profite de cette pause pour augmenter son tableau de chasse.

Mais, simplement savoir, qu’aucune attaque n’est prévue, c’est une bouffée d’air pur ; enfin, c’est attendre un peu plus serein le moment de se retirer sur des lignes complètement sécurisées.
Le front est calme. Le moment semble propice. Le capitaine de brigade réclame des volontaires pour aller chercher les tués et peut-être des blessés oubliés.

Une dizaine de poilus se mettent en ligne. Trois d’entre eux nouent chacun un chiffon sur une perche et l’agitent bien visible au-dessus de la tranchée, les soldats hissent aussi les brancards pour bien marquer leurs intentions.
Un guetteur, l’œil rivé sur sa lunette vérifie que l’action a bien été comprise. Il signale que les Allemands ont, eux aussi, hissé leurs brancards et des fanions blancs.

- Le capitaine : C’est bon ! Les garçons, allez- y !
Armés de pelles, ils fouillent avec patience et minutie les trous d’obus. La quête est bonne, déjà trois camarades, enfin ce qu’il en reste… Peu importe ces chairs déchiquetées seront ramenées vers l’arrière des lignes pour être identifiées et ensevelies.

Un soldat hèle le Sergent, car il ne sait quelle attitude adopter devant sa découverte macabre. Le tué est un jeune Allemand. Sans l’ombre d’une hésitation, le gradé prend le drapeau blanc et tout en l’agitant se dirige vers les boches qui sont aussi à la recherche des leurs.

À sa surprise l’un d’eux l’interpelle en français :
- Que veux-tu ?
- L’un de vos gars est là-bas, si vous voulez le récupérer, allez-y !
- Merci
- Tu parles français
- Oui, je suis alsacien.
Tout en disant cela, il s’approche du Sergent, ouvre sa capote tire de sa poche intérieure une tablette de chocolat et lui tend rapidement.
- Bon Noël
- Merci ! Mais moi, je n’ai rien à te donner
Avec un vrai sourire…
- Si tu peux ? laisse-moi vivant !
….
Le sifflet sonne le rappel. L’escouade de brancardiers alourdie par leur fardeau regagne la tranchée. L’équipe qui doit emmener les corps vers l’arrière est là…

Nous sommes le 24/12, la journée s’écoule dans un silence absolu, les canons se sont tus. De part et d’autre, Les unités sont épuisées. Probablement, les soldats allemands attendent eux aussi la relève, et puis demain, c’est Noël !

Ce répit est le bienvenu. Les poilus en profitent. Comme des gamins, du plaisir dans les yeux, ils ouvrent leurs colis que les marraines de guerre ont envoyés. Ils partagent, ils troquent, font un pot commun des bonnes choses, pour que demain, jour de Noël, personne ne soit oublié, même si les parts communes sont ridicules.

Ces colis étaient attendus avec impatience. Bien qu’il s’agisse essentiellement de nourriture, ils représentent des petites fenêtres, qui s’ouvrent sur l’autre côté des tranchées. Elles laissent entrevoir un ailleurs, une raison de résister à l’ennemi et peut-être de mourir…

Cette journée de calme en cette veille de fête fait courir sur la tranchée un je ne sais quoi de particulier.
Certains sifflotent, chantonnent, beaucoup essayent de faire un brin de toilette. Même Pierre qui, d’ailleurs, n’a jamais caché son homosexualité veut être « belle ».
D’aucuns ne se moquent, car tous reconnaissent son courage. Il faut dire qu’il est impressionnant, quand il ajuste sa baïonnette sur son Lebel, qu’il maquille ses lèvres d’un rouge carmin et qui, d’un coup de reins puissant, se projette le premier hors de la tranchée pour courir sur l’ennemi.

La chance l’a toujours sauvegardé mais pour combien de temps encore ?

Assurés que ces deux jours avant la relève seront tranquilles, les hommes se détendent, vaquent à leurs occupations comme si la guerre n’existait plus. Bien sûr les sentinelles veillent, mais une confiance, relative s’est installée.
L’intendance a amélioré l’ordinaire, et les colis en nombre ont complété une partie des souhaits et des envies, la ration de gnôle a été doublée. Une soirée, presque euphorique, sous la lune blanche se marque du signe de la vie. Les Allemands étonnés ont même entendu la Marseillaise, et le « je vous salue Marie » !

Cette nuit de décembre, c’est dans une grande paix que chacun s’est endormi...

25 décembre, un brouillard cotonneux retient l’aube dans un silence ouaté. La plaine est blanche. Il a neigé une bonne partie de la nuit. Les poilus se réveillent toujours surpris mais heureux de ce calme.

Comme la veille, chacun s’active à ses obligations, tous désirent être prêts pour midi, pour partager ensemble les provisions mises en commun, un vrai repas de fête, un peu comme à la maison… Les plus imaginatifs ont composé des petits cadeaux qu’ils ont mis au pied du sapin, un simple dessin sur une feuille d’emballage …

Le soleil d’hiver a réussi à percer les brouillards matinaux. Le poste de veille discerne maintenant les lignes adverses. Le RAS du guetteur se mue en ;
- Capitaine venez voir ! Les boches sont sortis de leur trou. C’est bizarre, ils ne sont pas armés, ils ont disposé des drapeaux blancs sur le terrain. Est-ce qu’ils se rendent ?
Le capitaine s’empare des jumelles et observe à son tour la ligne de front. Sa surprise est totale !
- Non, je ne crois pas, ils s’installent pour faire un pique-nique...
- Pardon ! Mon capitaine vous plaisantez, qu’est-ce qui vous fait dire cela ?
- Regarde toi-même
Le capitaine tend les jumelles au sergent
- De dieu, mais c’est vrai ! Il faut dire que la nappe blanche a été mise cette nuit par une main céleste. Ils installent des vieilles caisses pour faire une table, à chaque coin ils ont planté un drapeau blanc pour nous signifier que ce n’est pas la préparation d’une attaque.

Tout en observant les détails de cette mise en place, le Sergent, reconnaît l'Alsacien qui lui a donné la tablette de chocolat.
- Mon capitaine, vous avez raison, la bagarre, n’est pas pour aujourd’hui, et si l’on faisait comme eux. Vous savez bien que dans la tranchée on ne peut rien foutre, chacun est obligé de bouffer dans son trou. Et puis, j’ai parlé avec leur gradé, un Alsacien, je vous assure que c’est un brave type. Il est comme nous, il attend la relève.

- Le capitaine : Sergent c’est impossible, et si c’était une ruse ? Nous avons eu assez de tués.
Les gars qui avaient écouté le dialogue se rallièrent au sergent.
- Oui ! Oui, ils scandent « notre repas de Noël en dehors des tranchées, oui, oui… » Certains entament à plein poumons
« quand la Madelon vient nous servir à boire… »

Un vent de rébellion festif s’abat sur les épaules du capitaine. Pierre toujours le premier est déjà hors de la tranchée avec son drapeau blanc.
- Allez les gars ; sortez la bouffe et venez me rejoindre !
Le sergent pour canaliser cette déferlante, décide de s’occuper du « déjeuner sur l’herbe ».

Le capitaine vexé s’est retiré dans ses quartiers en proférant des menaces, mais devant la détermination des hommes, il fait profil bas car, il a en mémoire des mutineries qui se sont achevées dans le sang.

Le sergent organise « des services comme à la cantine » pour ne pas déstabiliser l’organisation des postes de combat.
En quelques heures une ambiance surréaliste s’est installée sur ce bout de plaine meurtrie par trois ans de bombardements. Un ruban de terre de quelques dizaines de mètres sépare les deux tablées. Tous, Allemand et Français gueulent, chantent à effrayer les vols de corbeaux qui ne s’arrêtent plus sur ce no man’s land.

Le sergent quelque peu éméché décide de rendre la monnaie de sa pièce à son ami alsacien, une bouteille de gnôle dans la poche de sa capote Poiret, il embarque Pierre avec lui. Chacun, un drapeau blanc sur l’épaule d’un pas hésitant mais déterminé se dirige vers la tranchée allemande.

L’accueil est chaleureux, la folie des hommes a cédé la place à une confraternité humaine. En quelques minutes la bouteille de gnôle est partagée. Le sergent bien que son regard soit brumeux d’alcool remarque un jeune Allemand pas trop en forme
À son ami alsacien :
- Qu’est-ce qu’il a, il est malade ton gars ?
- Oui, il a attrapé la crève, la relève est dans les prochains jours, il sera soigné plus tard.
Le sergent :
- Donne-lui mon écharpe de laine, ma marraine m’en tricotera une autre. Quand on a chaud au cou et aux pieds, on a chaud partout !
- Merci pour lui.

Titubant, mais heureux, les deux compères regagnent leur tranchée.

La fête de Noël est finie, la normalité a repris son cours tous attendent maintenant la relève.
Cadeau de l’état major : la relève aurait lieu avant la fin de l’année, un geste pour que les hommes puissent fêter le nouvel an en famille.

Personne ne revit Pierre et le sergent sur le front.
La rumeur distillée laisserait entendre… Qu’ils ont été traduits en cour martiale pour trahison et qu’ils ont été fusillés un petit matin dans la cour d’une prison sans âme loin des tranchées.

Le capitaine, lui non plus ne survécut pas à la guerre. La rumeur laisserait entendre… Que la balle, qui l’a tué ne serait peut- être pas allemande.

  YD
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Qu'importe si l'alexandrin est mal chaussé à partir du moment où il a une semelle musicale
   
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15 février
  Publié: 4 nov 2018 à 17:05 Citer     Aller en bas de page

Un morceau d'histoire bien raconté où surgissent divers sentiments à la lecture! Bravo et merci

 
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19 février
  Publié: 6 nov 2018 à 05:37 Citer     Aller en bas de page

Citation de M@rselo
Il n'est pas sans me rappeler le film "Joyeux Noël" de Christian Carion, avec Guillaume Canet, sorti en 2005.



Merci d'avoir pris le temps pour lire cette nouvelle. le film de Crhistian Carion, je ne connais pas, mais l'idée de confraternité doit être aussi traitée.

Pieds enVers

Merci, si cette nouvelle t'a suscité quelque sentiment et réflexion mon but a été atteint.


Amitiés

Yvon

  YD
Varh


la vie, ce rêve réel qui peut se tranformer en cauchemar en gardant les yeux ouverts; je les ferme
   
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23 décembre 2019
  Publié: 30 déc 2018 à 04:23 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Yvon,

j'ai relu ton texte le soir de Noêl devant ma mère et elle a souri ... se souvenant d'une histoire similaire dans un petit camp de prisonniers autrichiens... Pourquoi donc cette trêve n'est -elle qu’éphémère?

Merci de re post; il méritait encore de nouvelles lectures...

Avec ma sincères amitié

Bises

Valérie

 
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19 février
  Publié: 30 déc 2018 à 12:08 Citer     Aller en bas de page

Valérie

Lire un de mes textes à ta maman, me touche beaucoup - merci - il est bien vrai que les textes trop longs n'attirent pas beaucoup de lecteurs - dommage pour eux ( rire)

Amitiés

Yvon

  YD
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