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La fée bleue


Le difficile, ce n'est pas de donner, c'est de ne pas tout donner. Colette
   
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  Publié: 25 jan 2006 à 13:57
Modifié:  13 nov 2010 à 07:20 par Lunastrelle
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Bonsoir,
Pour me faire pardonner de ne pas vous avoir transmis hier la suite de ma nouvelle, je vous la donne en entier.
Bonne lecture.
Amicalement.
La fée Bleue.

Un violon pleure.
La fenêtre entrouverte laisse les notes s’infiltrer dans la chambre. La musique exprime une telle douleur que les yeux d’Elena se voilent de larmes.
Qui joue à cette heure ?
Tels des sanglots, les sons déchirent la nuit.
La maison est isolée.
Elena n’a pas de voisin à moins de cinq cents mètres. Alors d’où vient cette triste mélodie ?
Elle se glisse hors du lit et, guidée par la complainte, descend les escaliers en se dirigeant vers le vestibule.
Elle a l’impression que l’archet arrache ces notes plaintives sur son perron.
Emue, elle ouvre la porte.
Personne.
Seuls, les effluves du champ de lavande la submergent.
Toutefois, non seulement elle devine une présence mais perçoit aussi la sonate. Elle pourrait presque toucher le violon s’il se matérialisait.
Elena l’entend mais ne le voit pas.
Elle n’éprouve aucune crainte, ne ressentant pas d’ondes négatives mais plutôt un appel qui se manifesterait en musique.
Elena n’ose l’interrompre avec des mots.
Quand le violon s’emballe, elle devine la dextérité des doigts et l’envol de l’archet. Les notes s’élèvent et semblent l’encercler comme si brusquement plusieurs violons jouaient le même morceau.
Une spirale invisible l’entoure et l’entraîne dans un tourbillon mystérieux, troublant et envoûtant.

Sans crainte, elle se laisse guider. Ses pas deviennent légers, ils tournoient de plus en plus vite telle une toupie. La musique la porte. Elena vole d’étoile en étoile.
Le violon la suit. Sa sonate la baigne dans une lumière blanche. Elle est infiniment heureuse. Elle voudrait que ce moment de béatitude dure éternellement. Elle n’a pas peur. Le vide ne l’angoisse plus. La vertigineuse ascension la grise autant que cette musique qui la pénètre.

Le soleil nimbe la chambre de rayons d’or.
Le corps d’une femme repose dans la clarté de ce beau matin d’été.
Un violon épouse la courbe de ses reins.
Un archet caresse son cœur.
La violoniste Elena Florio vient de s’éteindre après une longue maladie dans sa trentième année, titrent les journaux.

***

- Bonjour ! Vous avez quelque chose pour moi ? demande Damien au luthier.
- Oui ! Je t’ai enfin trouvé un violon de qualité. Le chevalet était brisé, aussi je l’ai retaillé. Il est, à présent, comme neuf. Écoute-moi cette sonorité !
Le luthier tire quelques sons du grave à l’aigu sous l’oreille attentive du musicien.
- Magnifique !
- Veux-tu l’essayer ?
Le jeune homme pose sa canne blanche puis tend ses mains. Après avoir senti et caressé le bois, il pose sa joue délicatement sur l’instrument, prêt à communier avec l’âme.
Et le violon vibre sous ses doigts.


***

Dix années plus tard, Damien prend quelques jours de vacances en Provence avant de faire une longue tournée à travers l’Europe. La bastide qu’a loué son agent est assez excentrée et il pourra y travailler sans gêner son voisinage. Dès le premier jour, il a aimé cette maison qui dégage des ondes bienveillantes et il se sent en harmonie avec elle.
Son grand plaisir est de prendre son violon et d’aller jouer sous un olivier. Guidé par le parfum grisant du champ de lavande alentour, il se sent attiré vers cet arbre centenaire qui devient son seul public. Quand le vent murmure dans le feuillage, Damien croit entendre la respiration d’un être humain. Plus il répète sous cet olivier, plus il perçoit cette présence qui finit par le troubler. A ce moment là, l’essence de la lavande est plus perceptible, comme si l’être déplaçait avec lui ce doux parfum d’été.
C’est un bel après-midi, les cigales accompagnent Damien. Cet allegro champêtre étonne, mais ravive toute la splendeur de la symphonie qu’il interprète. Pourtant, plusieurs fois Damien accroche sur une harmonique qu’il répète inlassablement sans pouvoir en être satisfait. Son interprétation de l’œuvre d’Edouard Lalo le déçoit au point de penser qu’il en mutile le morceau.
De rage, il repose son archet et soupire.
- Vous devriez jouer les deux dernières notes un peu plus hautes.
- Qui êtes-vous ? demande Damien, étonné.
Un léger rire fuse. La voix est douce, jeune et mélodieuse. Damien ne doute plus que cette personne l’écoute déjà depuis plusieurs jours. Il a senti sa présence à plusieurs reprises sans pouvoir la localiser.
- Rien qu’un bouquet de lavande !
- Je vous en prie. Mon prénom est Damien, dites-moi au moins le votre.
- Sol, ré, la, mi… Une amie du violon.
- Pourquoi vous moquez-vous de moi ? Parce que je n’ai pas la possibilité de vous voir, mais je vous sens, vous savez ! Votre voix est jeune. Vous devez avoir dans les trente ans, je me trompe ?
- Dans l’absolu, vous avez raison.
- Que voulez-vous dire par dans l’absolu ?
- Rien. Reprenez votre archet, il est temps de répéter. Plus tard, je vous dirai mon prénom. Allez ! Il faut que vous arriviez à le jouer comme Elena Florio.
- Vous aimiez aussi le jeu d’Elena ?
- Elle était la seule capable d’interpréter la Symphonie Espagnole avec une totale maîtrise et surtout avec son âme. Son violon faisait partie d’elle-même.
Damien sourit.
- Quand vous apprendrez que c’est le sien que j’ai depuis dix ans déjà !
- Alors, vous n’avez plus aucune raison pour que votre âme n’épouse pas celle de son violon. Mais faut-il encore que la vôtre s’ouvre à l’amour. Elena l’aimait comme on aime un amant. Cet amour fou l’a conduit à l’inaccessible pour celui qui joue mécaniquement. Vous êtes un excellent technicien, Damien, mais interprétez cette harmonique aussi avec votre cœur, et vos deux âmes s’élèveront vers le grandiose, le sublime, vers Dieu. Cherchez, au plus profond de vous, l’émotion transmise par Elena dont ce violon garde encore les vibrations, saisissez-la ! On reprend ce sol, sol dièse ?
Damien remet l’instrument contre sa joue. Déjà, le bois lui semble plus chaud comme la peau d’un être. Il imagine que c’est celle de cette femme qu’il ne voit pas, mais dont le parfum de lavande embaume son cœur. Celui-ci cogne fort dans sa poitrine lorsque l’archet caresse les cordes. Alors, un merveilleux son en sort et les notes ruissellent en totale harmonie.
- J’ai réussi !
Damien exulte.
- Vous ne dites rien. J’attends vos remarques.
Seules les cigales lui répondent.
- Sol, ré, la, mi ! Où êtes-vous, dit-il en riant.
Rien que le silence de Provence, ce silence peuplé de mille bruits.
- Ce n’est plus drôle, insiste Damien.
Il tend ses bras, avance prudemment sur le terrain escarpé et tente d’encercler un bouquet de lavande imaginaire.
Elle a disparu.
Les vacances se terminent sans que Damien n’entende de nouveau la voix de cette femme. Son seul souvenir fait battre son cœur plus vite. Il ne connaît même pas son vrai nom, il ne sait rien d’elle sauf qu’elle maîtrise la technique du violon et qu’elle admire comme lui Elena Floriot.
Il reprend ses concerts.
Lorsqu’il interprète la Symphonie Espagnole d’Edouard Lalo, il transcende les mouvements avec toute son âme. L’amour désespéré pour sa mystérieuse inconnue éveille toutes les sensibilités émotionnelles de son cœur pour l’Allegro, le Scherzando, l’Andante.
C’est un triomphe.
Damien regagne sa loge. A peine a-t-il ouvert la porte, qu’un puissant parfum de lavande l’inonde.
- Vous ! dit-il le cœur battant.
- Oui. Je vous ai écouté ce soir. Demain, les critiques vous encenseront, Damien. Je suis si fière de vous. Vous l’avez joué avec plus d’émotion qu’Elena l’interprétait.
- Peut-être parce qu’Elena n’aimait que son violon ! Mon cœur vibre aussi d’amour pour un être que je ne vois pas mais que je sens comme un champ de lavande, comme vous, mon merveilleux Amour.
- Taisez-vous. Il ne faut pas m’aimer.
- Pourquoi ? N’êtes-vous pas libre ?
Un long silence.
- C’est un peu ça.
Damien tend vainement ses bras vers cette odeur qui le grise tant.
- Je vous en prie. Ai-je un espoir que vous puissiez m’aimer un jour ?
Elle prend le violon et joue.
L’émotion reste palpable. Les cordes chantent un amour si fort, si violent, si douloureux que les yeux de Damien se noient de larmes. Il n’a jamais entendu une telle musique. Elle naît sous l’archet au rythme des battements de leurs cœurs.
Quand le violon se tait, Damien pleure.
Puis, le silence devient angoissant.
- Parlez-moi, supplie-t-il. Ne me laissez pas ainsi ! Dites-moi au moins votre nom que je puisse le crier dans mes rêves les plus fous !
Ses mains cherchent fébrilement un corps, il ne rencontre qu’un bouquet de lavande posé à même le sofa. Il y enfouit son visage et sanglote.
Depuis, il ne se sépare jamais de ce bouquet qui le suit dans sa longue tournée à travers l’Europe.
Elle n’est plus jamais venue le voir dans sa loge. Toutefois, il sait maintenant qu’elle partage son amour. Il poursuit sa carrière en jouant avec toute la beauté de son âme, gardant l’espoir de la revoir un jour.
C’est une route de montagne verglacée, Damien se repose à l’arrière du véhicule quand celui-ci quitte la route.

***

Damien marche droit devant lui, attiré vers une lumière blanche. Plus il avance plus une félicité sans nom le baigne. Au bout de ce couloir lumineux, une silhouette se dessine peu à peu. Il prend alors conscience qu’il voit ! Il aperçoit distinctement une femme qui l’attend en souriant. Elle est jeune, belle, munie d’un violon.
Au moment où Damien la rejoint, elle interprète une musique étrangement familière, une musique unique qu’il n’a entendue qu’une seule fois dans sa loge. Son cœur se met à battre violemment et une bouffée de lavande l’enveloppe.
- Mon merveilleux amour, lui dit la jeune femme, je ne suis là que pour te demander de t’accrocher à la vie. C’est trop tôt pour me rejoindre. Tu as tant de choses à accomplir que je n’ai pu réaliser dans ma courte existence. Toi, seul, peux le faire comme je l’aurais fait.
- Mais tu es Elena, Elena Florio ! Alors, tu m’as volontairement donné le secret de ton interprétation de la Symphonie Espagnole !
- Oui. Tu m’as apporté l’amour, un amour si puissant que le parfum du champ de lavande que j’aimais tant m’en a transmis toutes les senteurs. Je ne peux vivre qu’à travers toi, Damien. La musique nous unit. Retourne vers les hommes. Réalise-toi. Sois un grand violoniste. Un virtuose qui donnera envie à la jeune génération de continuer d’interpréter des œuvres immortelles.
- Elena, je t’aime ! Je t’en supplie, garde-moi près de toi.
- Un jour tu emprunteras de nouveau ce couloir et nous nous retrouverons. Pour le moment, c’est encore trop tôt. Va, mon amour. Va, vers l’avenir. Je t’attendrai.
La sonate amoureuse d’Elena accompagne Damien dans sa descente vertigineuse vers un corps qu’une équipe médicale s’évertue à rendre à la vie.
- Encore une fois, monte la puissance.
Le corps inerte s’arc-boute sous la décharge électrique.
- Le cœur repart !
- On peut dire qu’il revient de loin ! Dis-moi, tu ne trouves pas bizarre cette odeur dans la salle de réa ? On se croirait dans un champ de lavande !






  Colette Abbate
La fée bleue


Le difficile, ce n'est pas de donner, c'est de ne pas tout donner. Colette
   
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17 février 2006
  Publié: 26 jan 2006 à 05:20 Citer     Aller en bas de page

Je vous remercie pour vos encouragements.
Ma nouvelle, si elle est triste comme l'écrit Masque Rouge, elle est pleine d'espoir.
Pour moi, il y a une vie après la mort.
A bientôt sur la toile.
Bises à tous.
La fée bleue.

  Colette Abbate
Ladybird

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30 mars 2011
  Publié: 27 jan 2006 à 18:12 Citer     Aller en bas de page

Tes mots sont magiques.

J'attendrai tes prochaines nouvelles avec hâte.


Amitiés,
Calimarose

 
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