Tanné de la publicité? Devenez un membre privilège et dites adieu aux bannières!

LPDP - Page d'accueil
Compte privilège
Nouveau compte
Activer un compte
Oublié mot de passe?
Renvoyer code d'activation
Poèmes populaires
Hasards de l'équipe
Poèmes de l'année
Publier un poème
Liste détaillée des sections
Poème au hasard
Poème au hasard avancé
Publications
Règlements
Liste des membres
Fils RSS
Foire aux questions
Contactez-nous
À Propos
::Poèmes::
Poèmes d'amour
Poèmes tristes
Poèmes d'amitié
Poèmes loufoques
Autres poèmes
Poèmes collectifs
Acrostiches
Poèmes par thèmes
::Textes::
Nouvelles littéraires
Contes d'horreur
Textes érotiques
Contes fantastiques
Lettres ouvertes
Citations personnelles & Formes courtes
Textes d'opinion
Théâtre & Scénario
::Discussions::
Nouvelles
Portrait sous vers
Vos parutions
De tout et de rien
Aide aux utilisateurs
Boîte à suggestions
Journal
Le coin de la technique
::Images::
Album photo

Membre : 1
Invités : 120
Invisible : 0
Total : 121
· Jevousaime
13208 membres inscrits

Montréal: 28 sept 12:43:52
Paris: 28 sept 18:43:52
::Sélection du thème::
Ciel d'automne
Lime trash
Soleil levant



LPDP :: Nouvelles littéraires :: L'esprit de Noël vertical_align_bottom arrow_forward_ios

Page : [1] :: Répondre
ISOLA
Impossible d'afficher l'image
on ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible à l'oeil
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
28 poèmes Liste
3148 commentaires
Membre depuis
6 octobre 2002
Dernière connexion
23 juin 2020
  Publié: 24 oct 2004 à 04:39
Modifié:  28 oct 2010 à 05:48 par Lunastrelle
Citer vertical_align_bottom

L’esprit de Noël


Le pouvoir de méditer en lévitation… Penser cela aurait pu le faire sourire alors qu’il possédait encore un corps humain.
Ce nouveau jour qu’il regardait poindre tout là haut au sommet des montagnes, lui arracha un soupir de bien être. Comment avait-il pu rater pareil spectacle lorsqu’il fut un homme, ici, sur cette terre !
Il étouffa un rire en pensant aux animistes. S’ils savaient…
A bien y réfléchir ils n’étaient pas loin de la vérité, mais bon traverser la matière afin de lui donner une âme, jamais il n’aurait cru en être le responsable.
C’est ainsi qu’un jour il avait découvert son état, au hasard d’une de ses errances dans la forêt.
Il cherchait à se rappeler qui il était et d’où il venait, lorsque soudain sans s’en rendre compte, il traversa de part en part l’énorme tronc d’un chêne !
Les sensations qu’il en retira lui coupèrent le souffle !
Tous ces petits bruits, là juste sous l’écorce. Les grouillements de vie de milliers de larves. En avançant vers le centre du tronc, s’offrait à son regard, une immense structure vivante parcourue d’innombrables flots de sève. Il leva les yeux pour apercevoir une multitude de ramifications, un plafond que seule la splendeur des temples et des églises pouvait égaler. L’intimité de l’arbre regorgeait de vie, de sons similaires à ceux des battements d’un cœur humain.
Il se laissa bercer par tout cela juste un instant, comme un petit enfant à l’intérieur du ventre de sa mère.

Alors une voix se fit entendre :
- Qui es-tu ? Que viens-tu faire ici ? Sors d’ici tout de suite !
Sans demander son reste après ce qu’il pensait être comme un sursaut de surprise, il se dégagea aussitôt du tronc de l’arbre.
Il ressentit un souffle dans le dos qui le fit se retourner presque instinctivement. Là devant lui, ce qu’on pouvait qualifier d’une entité transparente semblait l’observer.
- D’ailleurs pourquoi me pose-vous une telle question ? Est-ce que je sais qui ou quoi je suis moi ?
L’entité tressauta sous l’effet de ce qui pouvait paraître pour une crise de fou rire.
- Et le ‘ça’ ne sait même pas qu’il est un esprit de Gaïa !
- Ah ! Il me semblait bien avoir perdu quelque chose en route !
Et Gaïa ? Qu’est-ce au juste ?
- La terre cher ami ! Vois-tu lorsque l’être humain meurt, son corps et son esprit retournent à Gaïa. Ton corps est partit nourrir Gaïa et ton esprit est là pour la servir.
- Fichtre ! Et le paradis ? Le ciel ? L’enfer ?
- Ce sont des sornettes, des contes pour enfants voilà tout !
- Pourtant les prêtres l’enseignent ! Et Dieu dans tout ça ? Existe t-il ?
L’entité semblait prise à nouveau par une autre crise d’hilarité, ce qui renfrogna un peu notre ? Mais oui notre qui au juste ?
- Cher ami avant de me poser tout un tas de question, sais-tu au moins comment te nommer ? Car bon tu sais nous n’avons pas vraiment de noms ici, mis à part le terme « d’esprit » !
Il chercha quel était son nom bien avant tout ça, mais sa mémoire se faisait si trouble. Alors voyant que rien n’y faisait et en fixant un énorme sapin il dit presque malgré lui :
- Noël ! Appelez-moi Noël ! car je ne sais plus comment…
- Ok Noël ! Alors on va dire comme ça et moi je suis Racine.
- Enchanté… heu, Racine… De faire ta connaissance.
- Et moi de même… heu ! Noël.
Il continua à rire sous cape en le frôlant, ce qui sûrement pensa Noël, devait passer pour une poignée de main entre grands esprits qui se rencontrent !
Racine venait de le rassurer sur ce qu’il pouvait désormais qualifier de son état, mais il ne savait encore pas trop quoi en penser.

- Donc cher Noël pour en revenir à ta question de paradis et d’enfer, sache que ce ne sont que des sornettes inventées pas le clergé pour mieux amadouer les hommes. Vois-tu je ne sais pas si un jour dans ta vie d’homme il t’est arrivé de lire un livre qu’on appelle la bible! Car là je vais te faire une confidence… Dieu existe bel et bien mon ami ! Lui au moins n’est pas comme les hommes car il nous a raconté la vérité au fil des pages de ce livre.
Noël buvait les paroles de Racine, enfin quelqu’un allait lui dévoiler la grande énigme qui précède la mort.
Bien évidemment durant sa vie d’homme ce genre de considérations ne l’empêchait pas de dormir et loin de là !
Le secret ! Le secret ? L’esprit en alerte, ses pensées se bousculaient un peu trop vite.
- Ah bon ? Mais quelle confidence ?
- As-tu lu le livre de la Genèse ?
- Non
- Hé bien tout au début de ce livre, il nous est raconté d’où nous venons. Dieu nous a tiré du sol de Gaïa, ce qui veut dire que nous sommes bien ses enfants.
- Oui, tu as raison et c’est tout à fait logique en y repensant…

Racine n’avait pas du tout l’air de raconter des sornettes et Noël le trouvait de plus en plus sympathique malgré cette sale habitude de se gausser de sa naïveté.
- Mais ? Ça ne m’indique pas de devenir de l’homme ! rien ne me
raconte ce que nous devenons après la mort.
Le regard brillant de malice Racine lui répondit :
- Tu marques un point Noël, mais si tu avais lu la suite de ce livre, il est dit que lorsque Dieu se fâcha après que l’homme lui a désobéi ; il le condamna à retourner à la poussière !
- Donc … à Gaïa !
Te voilà donc là où ton créateur a désigné ta place !

- Donc poussière mon corps est redevenu. Et mon âme… Un
Esprit !
- Tout juste mon ami !
Sur ces paroles, Racine fut obligé de prendre congé de Noël en prétextant devoir aller aider le chêne qui avait un énorme besoin de sa présence.
Noël avait bien quelques centaines de questions à lui poser, mais là aussi dans le monde des esprits, les êtres semblaient tous fort occupés par leurs devoirs et obligations.



Il décida donc d’aller voir le monde qui l’entourait, mais à chaque fois qu’il perçait une matière il s’en retrouvait repoussé, voir même parfois repoussé très violemment, par des esprits forts et très protecteurs. Était-ce un résidu de la conscience humaine ? Un instinct beaucoup plus fort que lui cherchait à prendre possession de quelque chose. Comme un besoin de se sentir sécurisé, choyé et aimé.
Il analysa cela comme ce qui devait être le grand principe de vie, l’amour, ce besoin de servir à quelque chose, le réconfort.
Cette quête commençait à l’épuiser et il se sentait faiblir sans se rendre compte que passer au travers de la matière à chaque fois, étiolait son énergie de pur esprit.
Un soir, vers la tombée de la nuit, au milieu d’une clairière, il le vit là, tout petit, quelques branches commençaient à mourir par endroit. « Pauvre petit sapin » se dit Noël, « il n’a pas l’air pourtant si vieux que ça pour dépérir autant »
Pour la énième fois il se risqua de pénétrer à l’intérieur d’une chose et Oh miracle ! Enfin il y fut le premier et non plus le second !
Il sentit l’arbre frémir de bien être et la communion des deux se fit tout naturellement. Noël pansait les endroits endoloris, acheminait la sève pas les canaux qu’il avait rebouchés. Petit à petit le sapin revenait à la vie.
Ainsi Noël découvrit une satisfaction des plus intenses d’être un esprit et enfin de pouvoir prendre part à l’amour infini de Gaïa en toutes choses.
Communier avec nature, se fondre en elle, quoi de plus beau en ce monde ?
Une toute petite voix toute timide lui répondit un « merci »
- merci ? Mais qui m’a parlé ?
- « moi » répondit la petite voix, ton nouvel ami, celui qui te doit tant, je suis l’essence de cet arbre.
- parce qu’alors ça n’est pas moi qui suis ton âme ? Je ne comprends plus rien !
Les connaissances de Noël, jusqu’ici quelque peu limitées en ce qui concerne le monde des esprits, se trouvèrent à nouveau toutes chamboulées.
- Comment te nommes-tu cher ami et protecteur ?
- Noël et toi ?
- Moi je suis « sapin » tout simplement, sans chercher à faire plus compliqué par un autre nom.
- Donc si je calcule bien nous sommes deux ? Mais alors je sers à quoi ?
- justement Noël le chiffre deux ne te rappelle t-il plus rien ?
- heu ! oui l’union, le mariage, l’harmonie…
- Voilà tu as tout deviné car seul on finit toujours par dépérir parce qu’il n’y a pas d’échange possible, d’entraide, d’amour, de dualité. Le principe de vie de Gaïa a pour base le nombre 2 !
Fort de ce nouvel enseignement nos deux esprits s’apprivoisèrent et passèrent de longues soirées à philosopher sur le sens de la vie et de l’amour. La combinaison des deux les firent grandir l’un en sagesse et l’autre en taille et en ampleur.

Mais le destin ? Pour peu qu’on veuille en réchapper, est bien une chose que rien ni personne sur Gaïa ne soit arrivé à éviter et ce même dans le monde des esprits…
Ils sont arrivés par un beau matin de décembre alors qu’un épais manteau blanc les recouvrait dans leur sommeil pré-hivernal.
Leurs scies et leurs tronçonneuses ont commencé à l’abattre. Noël sursauta sous l’intensité des vibrations et ce bruit qui les transperçait.
Il avait beau crier mais personne et d’ailleurs… qui pouvait les entendre ?
On les attacha et on les chargea dans un camion. Noël les entendait parler du marché de… Noël. Pour la première fois de son existence il détesta ce mot, jusqu’au nom qu’il s’était donné dans la forêt.
« Non ! Pas ça ! Pourquoi nous ? » Mais à quoi bon crier à l’injustice seul le peu de sève qui restait à l’intérieur de son ami les maintenait encore en vie.
- Noël ? Noël ? Que m’ont-ils fait ? Qui sont-ils ? J’ai du mal à respirer ! Je me sens si faible mon ami.
Il expliqua à son ami le sapin ce qui était arrivé et même ce jusqu’au nom qu’il détesterait porter à tout jamais !
- Pars Noël ! Va-t’en sinon tu risques de mourir en restant là en moi. Tes forces vont mourir avec les miennes et tu es un esprit toi, tu peux t’échapper et t’en aller, mais moi c’en est fini, je suis condamné à retourner à Gaïa sous forme de cendres. Dieu ne nous a pas donné une âme comme la vôtre, la nôtre est destinée à mourir avec nous.
- je ne peux pas t’abandonner mon ami, c’est au-dessus de mes forces, je veux rester près de toi jusqu’à ta dernière heure.
- Sois raisonnable, regarde-moi ! Déjà mes aiguilles tombent une par une. Nous allons finir dans un beau gâchis tous les deux. Je t’en supplie va-t'en !
Noël ne savait plus trop à quoi pouvaient donc rimer toutes ces belles phrases, tous ces beaux principes sur l’amour s’il fallait les laisser mourir ainsi.
Ils finirent à côté d’une cheminée dans une maison toute décorée pour les fêtes, même les branches de son ami portaient des parures. Des parures de deuil pour son ami et pour lui.
- Noël ?
- Oui mon ami, je suis encore là avec toi.
- Noël, je voulais te confier une chose. Quand un pur esprit décide de mourir il a le droit de faire un vœu ! Notre mère Gaïa en a décidé ainsi. Alors voilà je te l’ai dit, à toi de ne pas oublier de le faire juste au moment de notre mort.
- Sache encore une chose mon ami. Tout là-haut notre créateur se souvient de chaque esprit et quand il retourne à lui il le garde dans sa mémoire jusqu’au jour du jugement dernier.
Nous le savons tous car cela a été prononcé depuis la nuit des temps et nous en avons gardé la mémoire.
Noël après avoir mûri un moment le peu de réflexion dont il fut capable et sentant le moment de leur mort arriver à grand pas lâcha ces dernières paroles :

- Je souhaite que les hommes, même s’ils ne m’ont jamais connu, prononcent mon nom avec l’amour dans leur cœur. Car je suis l’esprit de Noël !

 
Fleur noire


aucun poème ne trouve de fin, la mort elle-même n'en est pas une
   
Statut: Hors ligne
Visitez le site web de ce poète. Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
51 poèmes Liste
898 commentaires
Membre depuis
13 juillet 2004
Dernière connexion
9 août 2012
  Publié: 25 oct 2004 à 09:12 Citer vertical_align_bottom

Cette nouvelle est absolument magnifique, c'est une belle philosophie et une belle trouvaille!

J'ai réellement adoré même si je l'avoue je ne suis plus prête a acheter un vrai sapin pour noel!

Ta nouvelle est tres bien écrite et réfléchie, c'est un vrai plaisir a lire!

Je te félicite c'est superbe!

Amitié

Fleur noire.

  Une petite saveur d'angoisse s'echappe a l'instant
Page : [1] :: Répondre

 

 



Répondre
Version imprimable
Avertissement par courriel
Autres poèmes de cet auteur
Cocher cette section lue
Cocher toutes les sections lues
Visites: 4101
Réponses: 1
Réponses uniques: 1
Listes: 0 - Voir

Page : [1]

Les membres qui ont aimé ce poème ont aussi aimé les poèmes suivants :



Nous n'avons pas assez de données pour vous afficher des recommandations. Aidez-nous en assignant une cote d'appréciation aux poèmes que vous consultez.

 

 
Cette page a été générée en [0,0216] secondes.
 © 2000 - 2022 VizFX.ca - Tous droits réservés  | Pour nous joindre
L'utilisation de ce site Web implique l'acceptation des Conditions d'utilisation. Tous les textes hébergés par La Passion des Poèmes sont protégés par les lois de la protection des droits d'auteurs ainsi que par des traités internationaux. Il est strictement interdit de distribuer, d'afficher ou d'utiliser ces textes de quelque manière sans l'autorisation de l'auteur du texte en question.

           
 
Oubliez votre mot de passe? Cliquez ici.